‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 72 sur 260 · È == SE IN · texte numérisé non relu

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sous-œsophagique.

fournit à l’Insecte la résultante totale, l’image complète de l’objet. Comment n'est-elle pas brouillée ? quel est le mécanisme et l'organe A cérébral qui procèdent à l'élaboration de

B cette image définitive, unique? Nous n'en savons absolument rien.

Quelques Insectes, notamment parmi les cavernicoles, sont aveugles.

Le toucher. — L'enveloppe chitineuse des Insectes est parsemée de poils; on y a trouvé des filets nerveux qui fournissent certainement à l'animal la sensation du contact. Ces poils tactiles sont abondants dans les antennes, les palpes de la bouche et les tarses des pattes. C'est par le contact des antennes que les Insectes se rendent compte des objets environnants, que les Fourmis « causent » entre elles ; nous ne savons pas si ces antennes sont le siège d'autres sens.

L’'odorat. — Tout le monde sait que les Insectes sont attirés par l'odeur des matières dont ils font leur nourriture. Mais on n'est pas bien fixé sur le siège des organes de l'odorat. Il est probable que ce sont des poils sensoriels à terminaison nerveuse des antennes ou des pièces de la bouche.

Le goût s'exerce vraisemblablement par des organes analogues placés sur la muqueuse buccale.

L’audition est attribuée à de petits organes formés de cellules spéciales, allongées, appuyées par leur extrémité sur le tégument chitineux, se continuant par un filet nerveux aboutissant au cerveau. Ces cellules peuvent être isolées ou groupées un peu partout sur le corps.

| petites images qui, opérée dans le cerveau,

Fig. 339.

Système nerveux de la larve du Dytique (d'après Blanchard).

À, Jeune: B, Adulte.

Fig. 344, — Simulium pecuarum (d'après Osborn). A, Tête du mâle; B, De la femelle, montrant les yeux énormes.

Cependant, chez les Orthoptères (Sauterelles et Grillons), elles sont réunies sous un cadre chitineux ovale fixé aux tibias des jambes antérieures.

Production de lumière. — Un petit nombre d’Insectes est capable de produire de la lumière; tout le monde connaît le Ver luisant (Lampyris noctiluca); dans le midi de la France se trouve la Luciole; dans les pays tropicaux, il y en a d’autres, tels que les Pyrophores, le Fulgore porte-lanterne, etc., qui jouissent de la même propriété (fig. 345 à 347).

Chez le Ver luisant, la femelle seule est lumineuse: elle est aptère; le mâle ailé n'est pas photogène. L’organe producteur de lumière se trouve dans les derniers anneaux de l'abdomen chez le Ver luisant ; chez le Pyrophore, il y en a deux placés de chaque côté du thorax et sur la ligne médiane du premier segment de l'abdomen. Ils sont constitués par des cellules disposées en lames, parmi lesquelles se ramiñent des trachées, et contenant, d’après Dubois, de la guanine en granules radio-cristallins. Des muscles spé-

Fig. 345, — Fulgore porte-lanterne,

Coupe d’un ocelle de larve de Hanneton.

Fig. 342.

ciaux permettent Système nerveux

au sang de se ré- de Fig. 343, — Schéma pandre dans | ap- Stratiomys longicornis de la structure pareil et de déter- d’après de trois ommatidies

Kunckel d'Herculaïs). (d'après Berlese).

miner la luminosité et, si ces muscles ferment l’arrivée du sang, la lumière s'éteint. Pour Dubois, la production de la lumière est due à l’action de deux ferments l’un sur l'autre. D’après le même auteur, trente-sept ou trente-huit Pyrophores produisent la même intensité lumineuse qu'une bougie. Leurs larves, encore contenues dans l'œuf, sont déjà lumineuses.

Reproduction. — Les Insectes ont toujours les sexes séparés; le mâle et la femelle sont souvent assez différents l’un de l’autre dans une même espèce. Leurs organes sont toujours contenus dans l’abdomen et ouverts à son extrémité postérieure (fig. 348 et 349).

Celui-ci se termine par les pièces chitineuses destinées à l’accouplement. Des glandes accessoires variées sont annexées à cet appareil.

Des pièces chitineuses, dites armures génitales, placées autour de l'orifice, servent à l’accouplement ou à la ponte. Ces pièces sont formées par les appendices des derniers anneaux de l'abdomen; quelquefois elles sont très développées; ce sont elles qui forment le grand appendice en forme de sabre dont les Locustides se servent pour déposer leurs œufs dans la terre.

Il y a souvent de grandes différences entre les mâles et les femelles : c'est ce qu'on appelle le dimorphisme sexuel (fig. 351 à 354); les antennes sont très différentes chez les Hannetons; les énormes pinces des Cerfs-volants mâles manquent à la femelle. Les ailes varient, surtout chez les Papillons, dans leur forme et leurs couleurs: quelquefois même les femelles sont aptères. Les aiguillons des Hyménoptères n'existent que chez les femelles.

Parthénogénèse.— Il arrive que l'accouplement soit inutile et que des œufs se développent sans fécondation : c'est le phénomène de la parthénogénèse. Il peut revêtir divers modes.

C'est ainsi que chez les Abeilles, lorsque la reine n’a pas été fécondée, elle pond cependant des œufs qui donnent exclusivement des mâles ou faux bourdons. Chez les Pucerons on constate, pendant la belle saison, la naissance de jeunes dont les mères n’ont pas été fécondées; ces jeunes sont des femelles; il y a ainsi toute une série de générations de Pucerons vivipares et sans ailes. A la fin de l'été, on voit naître des jeunes ailés, les uns mâles, les autres femelles, qui s’accouplent et pondent des œufs d'hiver; ceux-ci, à la belle saison, donneront des femelles, et le cycle recommencera.

Enfin on a constaté, dans quelques cas exceptionnels, chez les Diptères, que des larves peuvent produire d’autres larves et ainsi de suite, sans fécondation et sans adultes : c’est la pédogénèse.

Développement de l’œuf.— Les œufs, de forme ronde ou ovale, sont enfermés dans une coque protectrice, dont les ornements sont très variés, souvent très élégants. Ils sont ordinairement fixés sur les plantes, sous les feuilles ou les écorces, déposés dans l’intérieur de fruits ou dans la terre, ou sur des matières en décomposition.

L'œuf contient une provision de vitellus destinée à alimenter

Fig. 346.

Luciole,

Fig. 347.

Pyrophore,

ÉES NX RMEROPODES 107

l'embryon. Celui-ci grandit, montre bientôt les segments de son corps, les bourgeons de ses membres, et porte sur son dos une sorte de bosse qui n'est autre que le reste de son vitellus : peu à peu cette bosse disparaît, car son contenu est utilisé pour l'alimentation de la larve.

Métamorphoses des Insectes.

— L'Insecte, tel que nous l'avons décrit, est l'état définitif d'un être qui a subi le plus souvent des métamorphoses compliquées. Il est rare, en effet, qu'il sorte complet de la coque de l'œuf.

Mais ces métamorphoses n’affectent pas seulement la forme extérieure de l'Insecte: il se fait un bouleversement complet de ses tissus et de ses organes qui se détruisent et se reconstruisent. Remarquons, en outre, que l'animal définitif ne grandit plus: il a sa taille finale au moment où il acquiert sa forme adulte. C'est pendant sa vie larvaire que des mues successives lui font rejeter sa peau et la remplacer par une autre plus large.

Chez la plupart des Insectes, les trois phases sont : larve, nymphe, adulte ; quelques réductions peuvent intervenir. Le passage d'une forme à l'autre se produit ordinairement après une phase latente de préparation. Il en résulte que, pour connaître entièrement la structure d'un insecte et sa biologie, il ne faut pas étudier seulement sa forme adulte, mais aussi sa larve, sa nymphe et la transformation organique qui les fait passer de l’un à l’autre état. Les Insectes sans métamorphoses ne se trouvent È guère que chez les Thysanoures, forme très la femelle de l'Abeille inférieure, sans ailes, et chez quelques êtres

(d'après Cheshire). dégradés par le parasitisme, tels que les Poux. À, Ovaire; B, Oviducte. [œuf produit alors un jeune qui grandit à la

suite de mues, jusqu'au moment où ses organes reproducteurs entrant en activité, il est adulte.

Ailleurs, les métamorphoses sont abrégées, en ce sens qu’une partie d'entre elles se passe dans l'embryon encore contenu dansl'œuf. Quand le jeune en sort, il ressemble déjà à l'adulte, mais il lui manque les ailes et les organes génitaux qui se complètent peu à peu à chaque mue. L'animal finit par acquérir l’état définitif qui est précédé de peu par l'apparition de ses ailes. Ces insectes sont dits « à métamorphoses incomplètes » : tels sont les Hémiptères et les Orthoptères.

Les Insectes à métamorphoses complètes sont nombreux. Le type est le Papillon, qui a passé par la chenille (larve), puis par la chysalide (nymphe), avant d'être papillon (imago). Ce sont trois êtres de structure très différente.

Mais certains Insectes subissent plusieurs transformations pendant la période qui les conduit à l’état de nymphe. C’est ce que l'on appelle l'hypermétamorphose.

Quelques formes larvaires des Insectes. — Les larves campodéiformes ont un corps allongé et courent rapidement: on leur a donné ce nom parce qu'elles ressemblent beaucoup aux Thysanoures adultes, intéressants par leur structure archaïque. Ces larves se trouvent chez les Névroptères et certains Coléoptères carnassiers.

Les larves éruciformes (de eruca, chenille)

Fig. 348. — Organes génitaux de la femelle du Bombyx mort (d'après Balbiani).

A, Ovaires.

Fig. 349.

Organes génitaux

Fig. 350.

Thalissa limator, femelle enfonçant

sa tarière dans du bois

pour déposer son œuf us ; Re dans une larve de sirex F1g-351. — Dytiscus marginalis.

(d'après Riley). À, Mâle; B, Femelle.

Fig. 352. — Drilus.

À, Mâle; B, Femelle,

Lampyre anesthésiant une helix. Lampyre femelle pondant ses œufs.

sont caractérisées par leurs fausses pattes abdominales transformées en ventouses, leurs pièces de la bouche destinées à broyer, leur corps mou, leurs antennes rudimentaires. On les trouve chez les Lépidoptères et les Hyménoptères.

Les larves mélolonthiformes, dont le type est la larve dite ver blanc du hanneton (Deere sont lourdes, molles, se déplaçant à peine, en raison de la petitesse de leurs pattes et du poids de la graisse qu'elles renferment. Elles se nourrissent d'aliments végétaux et vivent dans la terre ou dans le bois.

Les larves apodes sont dépourvues de pattes et d'organes de la vue: elles se trouvent chez les Diptères (Mouchés), chez les Hyménoptères, tels que les Abeilles et les Fourmis. Ces larves n'ont pas besoin de chercher leur nourriture, qui leur est donnée par les adultes ou qu'elles trouvent en abondance autour d'elles.

La mue des larves se fait par déchirure du simple épiderme cutané chitineux sous lequel une nouvelle couche s’est formée, plissée, ridée ; aussitôt que la peau, devenue trop petite, éclate, la nouvelle se déplie et produit l'accroissement de l'animal.

La nymphe.— Comme nous l'avons dit, l’état de nymphe est intermédiaire entre celui de larve et celui d'adulte. Dans cette période, la larve subit une véritable destruction de ses tissus qui se reconstituent tout autrement : c'est l'histolyse, suivie de l’histogénèse. Dans certaines nymphes, les appendices du corps sont saillants et libres: c’est le cas le plus fréquent. Dans d’autres, les membres sont repliés le long du corps et le tout a la forme d'un cigare, qui est la caractéristique des chrysalides des Papillons.

Paléontologie. — On ne sait que peu de cho- B

Fig. 354 — Hibernie, À, Mâle ; B, Femelle.

Fig. 353. — Dynastes hercules.

À, Mâle; B, Femelle,

Stenoneura Fayol.

Anthracoblattina sisantea.

Œdischia maxima.

Insectes fossiles du terrain houiller de Commentry (Allier), Muséum national d'Histoire naturelle.

temps primaires; cette lacune est fort regrettable, car c'est par eux que l’on pourrait avoir l'explication des métamorphoses des Insectes actuels. On connaît quelques vestiges d'Éphémères dévoniens ; les Insectes carbonifères sont plus nombreux : on en a trouvé de très grands, dépassant 7/0 centimètres d’envergure ; ce sont surtout des Thysanoures, des Orthoptères voisins des Blattes et des Sauterelles, mais dont les ailes droites ne présentent pas le plissement en éventail de leurs descendants actuels, des Phasmes, dont les ailes sont bien développées, à l'inverse des actuels qui n'en ont plus. On y trouve aussi des Névroptères abondants, quelques Hémiptères. Mais les familles n'étaient pas aussi nettement différenciées qu'elles le sont devenues depuis, car il est aussi à remarquer que tous ces animaux étaient dépourvus de métamorphoses complètes.

Pendant les temps secondaires apparaissent des Diptères, Coléoptères, Hyménoptères, des formes aquatiques. Mais à partir de l'époque tertiaire, la structure des Insectes se complète et ressemble de plus en plus aux formes actuelles avec leurs métamorphoses; les Papillons ont laissé de nombreuses traces, les Coléoptères abondent. On a trouvé, conservés dans l'ambre des côtes de la Baltique, de nombreux Insectes qui, englués dans cette résine, sont venus jusqu’ à nous comme s'ils étaient récemment préparés dans du baume de Canada.

Rapports des Insectes et de l’homme. — Chacun sait que les Insectes, si répandus dans la nature, se rencontrent à chaque instant sous les yeux et sous la main de l'homme. Ce n'est pas que leurs rapports soient toujours très cordiaux, car il ne manque pas d' Insectes qui causent des dégâts considérables dans les matières animales et surtout végétales que l'homme utilise. Mais il arrive que certaines espèces lui sont particulièrement utiles.

Ces êtres sont en outre les plus grands disséminateurs des maladies qui frappent si cruellement l’homme et les animaux supérieurs. Il y a des siècles que nous sommes incommodés par la piqûre des Puces, Punaises, Moustiques, Mouches :

mais on n y attachait pas d'autre importance que l'ennui des démangeaisons, que la fatigue de

Fig, 356. — Piéride du chou et sa chenille,

Fig. 357. — Cossus gâte-bois et sa chenille,

Fig. 355. — Pachytyle.

À, Ponte ; B, Œuf avant l’éclosion montrant une jeune larve (ér. 2 fois): C D, Larves à différents âges : E, Adulte.

quelques mauvaises nuits. Mais on sait maintenant que ces animaux inoculent par leur piqûre des bactéries, des microbes, qui ne sont rien autres que ceux de la Hberctlos de la peste, du choléra, du charbon, du paludisme, de la maladie du sommeil, de la lèpre, etc., et probablement d’autres que nous ne connaissons pas encore. Ces animaux transportent d’un malade, d’un cadavre ou d'une déjection à un homme sain les microbes qui se sont attachés à leurs pattes, à leur trompe, à quelque autre partie de leur corps. L'un des plus redoutables d’entre eux est la vulgaire Mouche domestique.

Les Insectes renferment nombre d'espèces aux brillantes couleurs, aux formes élégantes, qui sont utilisées à la fabrication de parures, de bijoux extrémementgracieux. Les anciens Égyptiens utilisaient le Scarabée non seulement comme ornement, mais comme symbole religieux que l'on retrouve gravé sur leurs monuments, sur leurs inscriptions, dans les lieux funéraires.

Classification des Insectes. — On a proposé plusieurs classifications des insectes, très différentes les unes des autres selon que l'on attachait plus d'importance à certains caractères anatomiques.

On a d’abord établi un groupe très particulier, les Aptérygogènes, qui ne représentent qu'une toute petite minorité.

Les Ptérygogènes sont les Insectes normaux, c'est-à-dire presque toute la classe. Cependant parmi eux se trouvent quelques Aptères qui, étant sans ailes, devraient, au premier abord, être classés dans la division des Aptéryeogenes: Mais ce sont des ctres dégradés par le parasitisme, qui ont perdu leurs ailes, mais qui, cependant, peuvent être rattachés à diverses sections naturelles des Insectes normaux.

Le fait d’avoir des métamorphoses complètes ou incomplètes permet de diviser les Insectes en deux nouvelles divisions : les Holometabola et les Hemimetabola. Puis dans chacune d'elles on a recours à la disposition des pièces de la bouche pour broyer, sucer, piquer, ce qui fournit une nouvelle approximation. Enfin la forme des ailes donne les grands ordres sur lesquels est basée la classification des Insectes. Voici, résumés en un tableau, l’ensemble de ces caractères et les noms des divers ordres :

A. APTÉRYGOGÈNES

Insectes archaïques, sans ailes ni métamorphoses. . . . .. ... Thysanoures. B. PTÉRYGOGÈNES

Insectes ailés à métamorphoses.

1° Insectes à métamorphoses incomplètes (Hemimetabola).

\ 4’ailes.semblables- A eee Te Archiptères.

Type broyeur. Ailes supérieures-élytres . . . .. . ..... \ Oïrtho fes Ù | Ailes inférieures pPhssées RARE PSS Hype piqueut ser te). RU-A ININENT RRRREE ERE Hémiptères. 2° Insectes ailés à métamorphoses complètes (Holometabola). ASailes semblables AR NEA ER ? s Type broyeur. Multinervées . . ..... SR RTE TE Névroptères. Ailes supérieures-élytres . . . . . . . .. . . . Coléoptères. Type lécheur. — 4 ailes membraneuses . . .- . . . . . . . . . . Hyménoptères. Type suceur. — 4 ailes à écailles. .. ............ Lépidoptères.

Type piqueur.— 2 ailes. . ....... Mots eee lle ND)IpIereS

A PIRERPCOCENES LES THYSANOURES

Ces petits Insectes sans ailes, sans métamorphoses, conservent pendant toute leur existence un aspect de larve: et, de fait, un grand nombre d’entre eux ont une larve, dite Campodéiforme, qui ressemble beaucoup aux Thysanoures adultes.

Certains d’entre eux possèdent à l'extrémité postérieure de leur corps des appendices spéciaux qu'ils recourbent sous leur abdomen et qui leur permettent de sauter en se détendant comme un ressort.

Leur peau porte des écailles, et souvent, le long de l'abdomen, on trouve de petites papilles comparables à des rudiments de membres.

Les anneaux du thorax ne diffèrent de ceux de l'abdomen que par la présence de leurs pattes, le plus souvent assez courtes.

Un de ces petits animaux, le Lépisme ou petit poisson d'argent, se voit fréquemment dans les maisons, caché dans le linge, les papiers, les provisions.

On a créé chez ces insectes plusieurs familles, réparties en deux sections, les T hysanoures et les Collemboles.

Les Campodéides (fig. 358) ont un représentant commun dans nos pays, le Campodea staphylinus; il vit dans les bois, les montagnes, les lieux frais et humides.

C'est un Insecte blanchâtre, présentant deux antennes assez longues et dont le corps est terminé par deux autres appendices ressemblant aux antennes antérieures, mais plus grands et tellement délicats qu'on ne peut les toucher sans les briser.

Les Machilides sont représentés dans nos pays par le Machilis maritima qui vit sur les côtes. [ls ont des yeux bien développés, dont la structure montre des complications intermédiaires entre celle des yeux simples et celle des yeux composés.

Les Lepismides sont les plus élevés des Thysanoures; les [Lépismes portent un revétement d'écailles très curieux; les segments thoraciques sont bien différenciés de ceux de l’abdomen.

Le Lepisma saccharina dont nous venons de

Fig, 358.

Campode,

Fig, 359, RE Ph er parler (fig. 361) court avec une grande rapidité ;

mâle adulte

on l'accuse de faire des dégâts dans les maisons, (face dorsale).

mais rien n'est moins prouvé.

Les trois familles qui précèdent constituent les Thysanoures proprement dits: elles ont un abdomen à dix segments; celle des Collemboles n'en a que six.

Ce sont encore de petits Insectes sauteurs dont les plus typiques, les Podures (fig. 360), portent à l'arrière de leur abdomen des appendices repliés sous le corps; comme il vient d'être dit, ils les détendent brusquement, ce qui lance l'animal en avant, souvent à une distance très considérable.

Chez certains d’entre eux on trouve sous le corps une paire de tubes qui peuvent rentrer et sortir et dont on ne s'est pas encore expliqué l'usage.

Sur nos côtes, on trouve souvent un tout petit animal, vivant en troupe et flottant sur l'eau où marchant sur la vase, c’est l'Anurida maritima (fig. 359); il n'a guère plus de 2 millimètres de long.

L'organisation très simplifiée de ces animaux et leur aspect archaïque justifient leur séparation d'avec tous es autres insectes.

Fig. 362, — Jsotoma octo-oculata.

BU tPTIRIOOCENES LES ARCHIPTÈRES

Ces Insectes sont encore connus sous le nom d'Orthonévroptères ou de Pseudonévroptères. Disons, pour fixer les idées, que leurs trois formes principales sont les Libellules, les Termites et les Éphémères. Ils sont caractérisés par leurs pièces buccales construites sur le type broyeur; leurs ailes membraneuses, dont les nervures longitudinales sont reliées les unes aux autres par un grand nombre de petites nervures transversales; le tout forme un réseau semblable à du tulle. Ils n'ont que des métamorphoses incomplètes. Ces animaux sont représentés dès le terrain carbonifère par de très grands Insectes dont nos Libellules actuelles ne sont que de très faibles réductions.

Termitides. — Ce sont des Insectes sociaux comprenant des individus ailés, d’autres aptères. Au repos, les quatre ailes semblables s'étalent en long sur le dos, les antérieures recouvrant les postérieures et dépassant l'extrémité de l'abdomen. Ces animaux sont connus sous le nom de fourmis blanches et célèbres par les dégâts qu'ils commettent.

La vie sociale des Termites est fort curieuse à étudier. Dans une communauté de termites on trouve : |° une reine ou femelle pondeuse sans ailes (fig. 365); 2° un mâle sans ailes; 30 des ouvriers (fig. 366); 4 des soldats (fig. 364 et 366); 5° des jeunes; 6° des jeunes, mâles et femelles, ailés, qui ne sont là que temporairement en attendant de quitter le nid. Le mâle et la femelle ailés représentent la forme normale et typique de l'espèce; les soldats, les ouvriers et la femelle pondeuse ne sont que des déformations adaptatives du type fondamental.

La reine pondeuse est presque toujours unique dans un nid et il est probable qu'elle peut vivre pendant plusieurs années. Elle atteint une énorme dimension par suite du gonflement de son abdomen par les glandes génitales. La ponte s'effectue sans discontinuer et donne, chez le Termes bellicosus, un œuf par seconde.

Cette énorme femelle aptère ne peut pas bouger; elle occupe une chambre spéciale de la termitière, dans sa partie inférieure; elle pèse autant que 30000 ouvriers. Autour de la reine circulent, toujours dans le même sens, d'innombrables ouvriers qui la soignent, la nourrissent, enlèvent les œufs à mesure qu'ils sont pondus, la nettoient.

À côté de la femelle, caché sous les bords de son gros abdomen, se trouve un tout petit mâle unique, le roi, qui n'a pas d'autre fonction que de féconder la reine. Dans certaines espèces le mâle est tué quand il a rempli son rôle génital.

Dans son jeune âge il possédait, comme la femelle, des ailes; mais elles ont été supprimées à l'époque de la maturité sexuelle après que la fécondation s'est effectuée au cours du vol nuptial.

Les soldats comme les ouvriers sont aptères et incapables de se reproduire. Les ou-

Bébé-Termite (d'après Bugnion).

Fig. 364. — Calotermes dilatatus, soldat (d'après Bugnion).

Fig. 366. — Prorhinotermes simplex (d'après Bank et Snyden).

À, Ouvrier; B, Soldat,

Fig. 367, — Calotermes Greent (d'après Bugnion).

SNS RSS ANR

Fig, 368. — Euthrips pyri (d'après Dudley).

Fig. 372, — Thrips du pois.

vriers sont presque toujours aveugles; adultes ils ressemblent à des jeunes. Les soldats sont plus grands que les ouvriers; ils ont une énorme tête, d'où pointent de fortes mandibules; mais les autres pièces de la bouche sont presque atrophiées.

Les ouvriers sont chargés des travaux de la termitière; les soldats sont préposés à sa défense et aussi à la surveillance et à la conduite des ouvriers, mais sans qu'ils prennent aucune part à leurs travaux.

Dans une termitière la ponte ininterrompue de la reine donne en foule des jeunes, au corps mou et flasque, qui se transforment ensuite en mâles et femelles ailés, en ouvriers et soldats aptères. De temps à autre on voit sortir des essaims énormes d'individus ailés qui s’'accouplent dans leur vol; un grand nombre d’entre eux sont dévorés par les oiseaux. Les autres retombent à terre et si la fécondation a eu lieu le mâle et la femelle se coupent les ailes et fondent une nouvelle termitière. Il peut arriver aussi qu’une termitière qui a perdu sa reine en adopte une nouvelle: mais il y a souvent des couples sexués en réserve destinés au remplacement de sa reine titulaire.

Les jeunes pendant les premiers temps sont tous semblables entre eux, quel que soit leur futur rôle. On pense que l’état définitif de soldat, ouvrier, mâle ou femelle est dû à une éducation spéciale et à des modifications dans l'alimentation.

Les termitières renferment une immense population; lorsqu'on les ouvre, on est frappé de la propreté qui y règne : il n'y a jamais d’ordures, ni de débris, ni de cadavres. Cela tient à ce que les Termites dévorent tous les déchets; mais il arrive un moment où ces détritus mangés, puisrejJetés, puis remangés, etc.,n ont plus aucune valeur nutritive: alors ils servent de ciment pour la construction du nid, ou sont en-

Fig. 377, — Mallophages.

Fig. 376.

Trichodectes latus, parasite du Chien.

du Dindon; F, Lipeurus de la Poule.

Fig. 373. — Libellule. a, Larve.

A, Trichodectes du Cheval: B, Colpocéphale de la Poule; C, Lentes du même; D, Goniocotes du Pigeon; E, Lipeurus

se L eme |

an UE pl SES

Fis. 371. — Chrysalide

Fig. 370, — Perle. de Libellule déprimée.

Fig. 374, — Calopterix.

Fig. 375. — Agrion,

fouis dans des oubliettes, ou, enfin, transportés au loin, hors de la

termitière. On croit que les soldats sont préposés à la consommation des cadavres et des individus vieux ou malades.

Les termitières sont des constructions très compliquées, mais qui diffèrent d'une espèce à l’autre. Dans les pays équatoriaux, elles affectent souvent la forme de pyramides irrégulières ayant jusqu’à 5 mètres de hauteur, creusées d'innombrables chambres et couloirs des plus compliqués. C’est surtout dans l'Afrique australe et en Australie que l’on rencontre ces vastes termitières. Ces bâtisses sont faites en un moïtier mélangé de terre fine et de salive collante et d'excréments consistant surtout en bois digéré.

Certains Termites construisent leur nid suspendu aux branches d’un arbre au moyen de bois haché. Ces nids n'ont pas d'autre ouverture que les galeries qui descendent à terre soit à l'intérieur du tronc de l'arbre, soit à l'extérieur sous forme de tubes clos construits par les Termites.

Chez le Termes bellicosus on voit des greniers, une vaste loge royale avec ses dépendances, une nourricerie composée d'une quantité de logettes, des chambres à air sous la muraille destinées à maintenir dans la partie centrale une température constante.

Il y a des Termites qui n’édifient pas de termitières, maïs qui s’en creusent une, non moins intéressante, mais beaucoup plus redoutable pour l'homme. C'est le cas du Termite lucifuge (Termes lucifugus) qui vit dans quelques parties de la France, notamment dans les environs de La Rochelle.

Ces Insectes noirâtres ont environ un centimètre de long: ils fuient la lumière et tous leurs travaux se font à l’obscurité; s'ils creusent une poutre, ils respectent la mince couche superfcielle de bois qui les sépare de la lumière; il en résulte que la poutre a conservé son aspect normal, mais que si l’on vient seulement à appuyer un doigt dessus elle se crève et laisse voir son intérieur semblable à une éponge. C’est encore pour fuir la lumière que les Termites ayant à se transporter d’un point à un autre construisent une galerie fermée, véritable tuyau qu'ils prolongent jusqu'à ce qu'ils aient atteint le point convoité.

L'intérieur du nid est revêtu d’une tapisserie lisse d'excréments cimentés.

Les dégâts considérables que ces animaux ont exercés à Rochefort, La Rochelle, etc., ont été maintes fois décrits. Les Termites lucifuges avaient creusé toute la charpente de maisons sans qu'on puisse s’en apercevoir; à un certain moment toute la bâtisse s'écroulait. Ils ont aussi détruit les « Archives » de La Rochelle, ne laissant intact que le dos des registres et le dessus des liasses de papiers dont tout le reste était criblé de galeries qu'il était impossible de soupçonner du dehors. Ils détruisent les meubles en passant par les pieds étroits sur lesquels ils reposent, creusent fe galeries même dans, les enduits de plâtre, et installent la partie centrale du nid dans quelque grosse pièce de bois, poutre ou arbre de jardin, d'où ils rayonnent dans tout le voisinage.

On détruit très difficilement ces Termites; quand les circonstances s’y prêtent, on peut user contre eux du sulfure de carbone ou du chlore; mais le plus simple est encore de renoncer à em-

Léopold-\Mariin,

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