Livre rongé par le Termite lucifuge (Muséum
ke
Planche dont l'intérieur est vidé par les Termites (Muséum),
mité postérieure de l'abdomen porte deux longs appendices analogues à des antennes.
Ces Insectes ne volent que le soir : on trouve sous nos climats la Perla bicaudata au printemps.
Ephémérides. — Ces Insectes ressemblent aux précédents : ils sont délicats, leurs ailes antérieures sont beaucoup plus grandes que les postérieures, leur abdomen se termine par trois longs appendices fliformes, leurs larves sont aquatiques.
Ces animaux sont célèbres par la brièveté de leur vie aérienne, mais on oublie qu'ils vivent trois ans dans l’eau: l'adulte ne prend pas de nourriture. La nymphe, prête à devenir adulte, a des ailes: au moment de sa dernière mue, ces ailes
Less
Nid de Termite dans un herbier (Muséum).
Éphémères adultes (deux espèces).
tombent et sont remplacées par d’autres. Il se produit, certains jours, de véritables nuées d'Éphémères.
Odonates ou Libellulides. — Le type est la Libellule ou Demoiselle (fig. 373), au corps allongé, aux quatre ailes membraneuses irisées, à la tête mobile, garnie d'yeux énormes. Les mandibules sont bien développées: cllesontue griffes pour saisir les proies et les porter à la bouche. L'’abdomen a onze anneaux; il est terminé par un appendice en forme de pince chez le mâle.
Les Libellules sont carnassières et dévorent les insectes qu'elles capturent au vol ; elles en détruisent de grandes quantités, car elles ont un formidable appétit. C'est aussi en volant au-dessus des eaux que les Libellules y laissent tomber leurs œufs fécondés au cours d'un accouplement aérien. Les larves se développent dans l'eau.
Chez quelques espèces, la femelle pond ses œufs dans un trou qu'elle fait dans un roseau. Le jeune, en naissant, dépourvu d'ailes, porte de longues pattes, et, dans la portion terminale de son intestin, des branchies trachéennes ; l'eau pénètre par l’anus dans cette sorte de poche où s'effectue une respiration rectale. De plus, la larve, très carnassière, possède un instrument de chasse très bizarre : la lèvre inférieure se transforme en une sorte de harpon que le chasseur peut lancer contre sa proie.
Les ailes se produisent progressivement à partir de la troisième mue; à la dernière la larve grimpe sur une plante, s'y accroche, sa peau se dessèche, se fend et, après des opérations compliquées, l'insecte devient libre.
On a trouvé de nombreuses Libellules fossiles dans l’ambre tertiaire, dans le lias inférieur, dans le carbonifère de Commentry, où Brongniart a découvert d'énormes insectes précurseurs des Odonates actuels ; un des plus remarquables est le Titlanophasma Fayoli.
Parmi les Libellulides de nos pays, citons l'Œschna grandis, qui est un des plus grands insectes d'Europe, et le Calopteryx virgo (fig. 374), dont les quatre ailes bleu d'acier foncé, du mâle, le font reconnaître, sur les plantes aquatiques, des Agrion puella (fig. 375), d'un bleu pâle.
- Atropos divinaloria, Pou du bois (nuit aux livres).
Nymphes : d'Agrion, en haut; de Libellule, en bas,
Grande Æschne tenant un Agrion.
Mallophages. — Ces Insectes bizarres (fig. 377 }, qui ressemblent à des oux et vivent à peu près comme eux, sont classés souvent parmi les Diptürss mais ils en diffèrent profondément parce qu'ils n'ont pas de métamorphoses et parce que leurs pièces buccales sont faites pour broyer. 2:
Leur petite taille, l'absence d'ailes, l'aspect général de leur corps, leur vie parmi les plumes des oiseaux et les poils des mammifères, les ont fait appeler les Poux broyeurs, par opposition avec les vrais Poux piqueurs qui sont vraisemblablement des Hémiptères.
Ce sont des animaux aplatis, à grosse tête, à petites antennes, à très petits yeux rudimentaires, sans trace d'ailes; leurs pattes ont des griffes pour saisir les poils. Les œufs sont pondus parmi les poils ou plumes, et les larves sont tout à fait semblables à l'adulte.
La plupart des Mallophages vivent sur les Oiseaux ; ceux qui vivent sur les Mammifères sont peu nombreux. On nomme Trichodectes (fig. 376) ceux qui fréquentent les Mammifères; ceux des Oiseaux appartiennent aux Philoptérides et Liothérides.
ÉESSORTHOPTERES
L'ordre des Orthoptères dérive des Archiptères, et ses représentants peuvent être comptés parmi les plus anciens Insectes dont les restes fossiles nous soient parvenus. Leurs métamorphoses sont incomplètes ; la forme nymphale manque dans leur évolution, et les mues successives les amènent progressivement à’ leur état définitif. Leurbeuehe est armée de pièces construites sur le type broyeur (fig. 378). La paire d'ailes supérieure est beaucoup plus solide que la postérieure, tout en gardant une certaine souplesse. Les bords de ces deux élytres se recouvrent sur la ligne médiane dorsale. La paire postérieure d'ailes est plissée comme un éventail, et, repliée au repos, se cache sous les élytres.
Les larves ne sont jamais aquatiques; les Orthoptères sont surtout des animaux aimant la chaleur et la sécheresse. Ils sont très voraces : beaucoup causent de très importants dégâts dans les cultures. La plupart se nourrissent de végétaux, mais quelques-uns, comme la Mante, sont carnassiers ; d’autres, comme la Blatte, omnivores.
Nous diviserons les Orthoptères en deux grandes sections : les uns dont les six pattes à peu près semblables leur permettent seulement de courir, les autres dont les pattes postérieures beaucoup plus longues leur permettent de sauter.
Les coureurs comprennent cinq familles : Forficulides, Hémimérides, Blattides, Mantides, Phasmides. = sauteurs n'en comprennent que trois : Acridides, Locustides, Gryllides.
Forficulides. — Ces.Insectes, dont le Dee est la Forficule (Forficula auricularia), vulgairement Perce-Oreilles, sont remarquables par la pince à deux branches qu ‘ils portent à l'extrémité de leur abdomen. Les ailes, qui peuvent manquer, se plissent et s’abritent sous de petits élytres. Le perce-oreilles de nos pays vivent généralement cachés parmi les feuilles et les fleurs des plantes, dans les fruits et les légumes. [ls fuient la lumière ; quant à leurs pinces, qui font si grand'peur aux
EE re un |
Fig. 378. — Pièces buccales broÿeuses d’un Orthoptère. ke A, Labre; B, Mandibules: C, Mâchoires avec les palpes : D, Lèvres inférieures avec
les palpes. Forficule auriculaire,
EESRARMERORODES 113
enfants, elles leur servent simplement à déplisser leurs ailes et à les rentrer sous les élytres.
Hémimérides. — Ce sont des Insectes aveugles et sans ailes. Ils ressemblent à des Forfcules dont la pince anale serait remplacée par deux antennes. Les jeunes se développent dans l'utérus maternel.
Blattides. — Les Blattes sont répandues dans tous les pays chauds et tempérés du globe. Ces animaux nocturnes, dont beaucoup sont malfaisants, ont une tête infléchie, masquée par le thorax. Les ailes varient beaucoup de forme et peuvent même manquer. Les pattes semblables entre elles sont fort bien organisées pour la course. L'abdomen est très large ; aussi ces animaux ont-ils généralement un aspect trapu. Les Blattes pondent leurs œufs dans une sorte de capsule chitineuse, ressemblant à une petite valise, que la femelle transporte avec elle (fig. 380). Au moment de l’éclosion, la mère aide les larves à sortir de leur coque. Les jeunes ressemblent à leurs parents. Ces ani-
maux se nourrissent de dé-
bris de toutes sortes, mais de
préférence de matières animales. Certaines espèces tropicales ont de fort belles couleurs, contrairement aux espèces de nos climats qui sont de teinte sombre.
On a trouvé leurs débris dans le terrain carbonifère et dans le Silurien.
Parmi les espèces les plus communes (fig. 3/9 et 380), citons la Blatte germanique (Blatta germanica), qui abonde dans toute l'Europe, infestant les maisons, dévorant les provisions. Il en est à peu près de même de la Blatte noire des cuisines (Periplaneta orientalis); elle répand une odeur nauséabonde. La Blatte américaine (Periplaneta americana) et la B. australasiæ sont plus grandes que les précédentes.
Mantides. — Ces Insectes atteignent souvent de grandes dimensions et revêtent les formes les plus bizarres. Un grand thorax élancé supporte une tête mobile que l’Insecte tourne sans cesse pour inspecter les environs. Les pattes antérieures sont modifiées pour servir d’engin de chasse, arme terrible dont elles transpercent les Insectes qu'elles dévorent avec avidité. Le fémur et le tibia, fort longs, sont bordés par une série de dents aiguës se formant vis-à-vis en alternant, et se refermant comme un avant-bras sur le bras. L'animal au repos les maintient fermées, puis se poste à l'affût, les deux branches ouvertes ; les referme brusquement sur la proie, qui se trouve transpercée par 15 dents engrenées. Les deux paires de pattes postérieures sont destinées à la marche; la paire antérieure n'est utilisée que pour la chasse. Les yeux, très développés et souvent comme pédonculés, donnent à la tête une singulière expression qu'accentue encore, chez la Mante religieuse, le frémissement des ailes écartées qui lui donnent un aspect terrible. Les Mantides pondent leurs œufs dans une sorte de matière mousseuse qui se dessèche à l'air; ils se développent lentement à l'abri de cette enveloppe imperméable.
Le type de cette famille est la Mante religieuse (Mantis religiosa), de couleur vert clair, qui tire son nom de son attitude; ses pattes antérieures jointes, ses grandes ailes de gaze qui lui donnent un aspect de religieuse enveloppée d'un voile, la lenteur et la componction de ses mouvements, ne laissent rien deviner de la férocité de cet être. Les femelles dévorent le mâle pendant l'acte même de l’accouplement. On ne peut conserver ces insectes en captivité, car ils ont bientôt fait de s'entre-dévorer. Très commune dans le midi de la France, la Mante ne dépasse guère la Loire vers le nord.
Fig. 379, — Blatte australienne (d'après Marlatt).
Fig. 380 Oothèque de la Blatte des cuisines,
a et b, les deux bouts de la coque.
Fig. 381. — Blatte américaine, faces dorsale et ventrale (d'après Marlatt).
Fig. 382. — Chœæradodis.
Certaines Mantes adaptent leurs caractères extérieurs aux objets environnants; c'est ainsi qu'on en voit, dont les ailes sont très réduites, prendre l'aspect d'un petit bâton, et faire ainsi la transition aux Phasmes dont il sera question un peu plus loin.
Ailleurs on voit des Mantes vivant sur les branches d'arbres, parmi les lichens, en prendre la couleur et les bigarrures ; les Gongyles ont l'air de feuilles, d'autant plus que leurs membres portent des expansions minces qui terminent aussi l’abdomen. Citons encore un Insecte du midi de la France, l'Empusa depauperata (fig. 383); son nom lui vient de sa maigreur et de son air misérable; il prend des postures fort amusantes, et sa férocité ne le cède en rien à celle des Mantes.
Phasmides. — Encore une famille aux formes extraordinaires, dont nombre de représentants sont célèbres pour les exemples d'incroyables mimétisme qu'ils fournissent. C'est aussi parmi eux que se trouvent les plus grands Insectes actuels. On dirait que toutes les parties ont été étirées : leurs immenses pattes grêles, leur corps ressemblant à une baguette, leur thorax allongé. D'autres ont pris l'aspect de feuilles sèches. Beaucoup de Phasmides n'ont jamais d'ailes; ceux qui en ont portent des élytres courts qui ne recouvrent pas complètement les ailes postérieures. La plupart des Phasmes vivent dans les pays chauds, mais ont quelques représentants en France qui se nourrissent de feuilles ; l’un d'eux fait en Océanie des AE \ / importants dans les cocotiers. \
En France, le Bacillus Rossi ressemble à un petit brin de bois long de 5 ou 6 cent. Le Bacille granulé, plus petit, vit sur les arbres de la région méditerranéenne.
Citons le Phasme géant, qui dépasse 30 cent.,etlaPhyllie feuille sèche (Phvllium siccifolium).
Phasmes
: a gauche, Cladomorphus perfoliatus ;
Fig. 383, — Empuse et sa larve, a droite, Phibalosoma Lepeltierr.
Phasmes : Bacteria cœnosa (Australie).
Les Phasmes sont représentés dans le terrain carbonifère de Commentry, où Brongniart en a trouvé de très grandes espèces.
Acridides. — Nous arrivons avec cette famille à la division des Sauteurs, qui est la seconde des Orthoptères, la première étant celle des Coureurs. Tout le monde connaît les Criquets, dont les grandes pattes postérieures, s'appuyant par leur tarse sur le sol, puis se détendant, lancent l'animal en un
bond pendant lequel il prend son vol. Les antennes sont courtes ; l'abdomen n’est pas prolongé en un appareil des-
Fig, 384 — Patte postérieure de Stenobothrus pratorum etdents qui en forment le bord
stridulant.
TECOATIONTETETT — rt
N° Fig. 385.
Criquet pelerin, femelle adulte
(Kunckel).
tiné à la ponte (comme nous en trouverons chez les Locustides). Ces animaux portent un appareil auditif sur le premieranneau del’abdomen.
Les Criquets, très abondants dans la plupart des pays, consomment des végétaux: certains d'entre eux font des dégâts immenses dans les cultures. Les élytres parcheminés recouvrent la seconde paire d'ailes pliées en éventail. L'abdomen des mâles est plus étroit que celui des femelles et les organes de ponte ou d’accouplement qu'ils portent ne dépassent pas son extrémité.
De nombreux Acridiens produisent des sons qui proviennent du frottement de la face interne
Sa Fig: es dentelée des cuisses contre une surface correste pondante striée des élytres (fig. 384). Le gros
Insecte nommé Methone Andersoni, dont les pattes postérieures sont appliquées contre le corps, ne s'en sert plus ni au saut ni à la marche, mais seulement à produire des sons en les frottant contre un appareil très complexe situé sur les premiers segments de son abdomen. Un organe auditif se trouve dans le voisinage, sur l'abdomen chez les deux sexes ; il est composé d'un tympan membraneux sous lequel se trouvent un amas de cellules et de filets nerveux, des trachées et des muscles.
Les femelles déposent leurs œufs dans le sol légèrement creusé par la pointe de leur abdomen, et l’entourent d’une matière qui durcit à l'air et forme une sorte de coque ovigère. On a pu constater que ces œufs, riches en matière alimentaire, sont recherchés par beaucoup d'autres Insectes qui, en les dévorant, sont de précieux auxiliaires de
sortant de la nymphe (Kunckel).
Strauronote
Phyllie feuille sèche (Phyllium siccifolium).
l'agriculture. Généralement les œufs pondus en automne n'éclosent qu'au printemps suivant.
Les Acridiens, qui causent de grands ravages dans nos colonies africaines et souvent aussi en Europe et en France, appartiennent à plusieurs espèces, que l’on désigne improprement sous les noms de de Criquets. Les deux espèces les plus redoutables en Algérie sont le Criquet marocain (Stauronotus maroccanus) et le Criquet pèlerin (Acridium peregrinum) | fig. 385 à 389.
Le Criquet marocain (fig. 388) est petit : il ne dépasse guère 3 cent. de long. Il habite dans les parties élevées de l'Atlas où se trouvent ses stations normales et d'où il rayonne en quantités formidables dans diverses directions. Pendant l'été les femelles déposent leur ponte dans le sable ; les œufs sont réunis, au nombre de trente à cinquante, dans une oothèque cylindrique; les jeunes larves n’en sor-
Fig. 389. — Stauronote marocain.
À, Coque ovisère et œuf; B, Eclosion des jeunes (Kunckel).
tent qu'en avril ou mai. À cet état les Jeunes criquets rampent, et ce n'est qu'après la première mue qu'ils peuvent sauter. Îls s'avancent en colonnes, d'abord rampantes, puis sauteuses, véritables armées d’invasion qui se dirigent vers des lieux où elles ont espoir de trouver une nourriture abondante. Pendant ce voyage, d'abord lent et de plus en plus rapide à mesure que les larves grandissent, elles subissent des mues à intervalles fixes, au cours desquelles les ailes apparaissent ; les Criquets s'élèvent alors en nuages immenses, poussés par le vent, prennent terre, surtout au crépuscule, sur les cultures et sur les prairies: ils les détruisent de fond en comble et il n'en reste rien quand au matin le nuage s'élève pour aller recommencer plus loin. Ils ne s'attaquent pas seulement aux plantes herbacées, ils détruisent tout le feuillage et même l'écorce de tous les arbres fruitiers, des orangers, des arbres forestiers, des vignes.
A l’époque de l’accouplement, ils s'arrêtent dans les localités qui leurs paraissent propices, opèrent leur ponte et repartent vers d’autres localités.
Le Criquet pèlerin (fig. 385) est presque double du Criquet marocain; il semble partir du centre de l'Afrique et, après avoir traversé le Sahara, ses énormes armées arrivent en Algérie au printemps; les femelles pondent
marocain,
femelle (Kunckel).
Fig. 390. — Criquet germanique.
BESRAREAROPODES 115
alors dans les endroits sableux une centaine d'œufs chacune (fig. 387). Au bout d'un mois environ il en sort des larves qui, en six semaines, sont capables de se reproduire. Le poids d'un nuage de Criquets quitraversa la mer Rouge en 1889 fut évalué à 42 850 millions de livres. Les oothèques récoltées en une seule saison à Chypre furent évaluées à plus de 5 milliards, chacune contenant une centaine d'œufs. Aux États-Unis le Caloptenus spretus occasionne les mêmes ravages. .
En France on signale de temps à autre l'apparition de Criquets, mais dans des régions assez restreintes. C'est ainsi que le Criquet italien (Caloptenus italicus) est apparu dans les Charentes en 1901 et 1902; il y en eut, en certains points, de telles quantités qu'ils obligèrent, par leur amoncellement dans les tranchées de chemins de fer, les trains à s'arrêter. Les femelles déposent en juillet plusieurs coques ovigères con-
Locusta viridissima.
le plus souvent que chez les mâles; il se compose de deux surfaces striées portées par les ailes supérieures et qui, en frottant l’une contre l’autre, déterminent des bruits plus ou moins aigus.
Parmi les espèces de nos pays, la plus commune de toutes que l'on appelle la Sauterelle verte (Locusta viridissima), dépassant souvent 5 cent., se cache le jour sous les feuilles des plantes et des arbustes dont elle se nourrit, sans dédaigner pourtant les proies. Deux autres espèces voisines un peu plus petites, la L. caudata et la Le cantans, toutes deux vertes, sont aussi communes en Europe. L'Éphippigère (Ephippigera vitium), gros Insecte vert ou brun, dont l'abdomen est terminé par un grand sabre courbé vers lehaut(fig. 396), affectionneles vignes, maisaussi es bois ensoleillés jusqu'aux environs de Paris.
Gryllides. — Ce sont les Grillons. Encore une famille de musiciens, aux pattes de sauteurs, à la grosse tête ronde surmontée de deux
C1 Soullier.
Fig. 392, — Dolichopode.
tenant de trente à quarante œufs chacune: les larves
Fig. 391.
Eutettix tenella. n'éclosent qu'à l'été de l’année suivante et ravagent les cultures.
Le Criquet voyageur (Pachvtylus migratorius) exerce ses ravages
dans la Roumanie et le sud de la Russie; l’Acridium americanum cause de grands dommages dans la République Argentine.
Ajoutons enfin que les Criquets adultes sont comestibles pour l'homme ; les Arabes les mangent grillés ou salés.
Tous les Acridides ne sont pas aussi malfaisants que ceux dont il vient d’être parlé. Signalons deux espèces faciles à reconnaître : l'une aux ailes d’un joli bleu turquoise, qui vole en été dans les prairies : c'est l'Œdipoda cærulescens; l’autre qui lui ressemble beaucoup, mais dont les ailes postérieures sont d’un beau rouge vif : c'est l'Œdipoda germanica (fig. 390). Citons encore les Tettix (fig. 391), dont les élytres sont réduits à de petites écailles rudimentaires; les Truxalis, dont la tête est prolongée par un front énorme, en forme de corne. L'animal ressemble à une grosse sauterelle que l'on rencontre dans les contrées chaudes et dans le midi de la France; l'espèce type est le Truxalis nasuta, qui peut atteindre 6 cent. de long (fig. 393).
Locustides. — Ces gros Insectes, confondus vulgairement avec les précédents, sont les véritables Sauterelles (fig. 397); ils ont un grand appendice en forme de sabre qui termine l'abdomen des femelles et de très longues et fines antennes qui dépassent souvent le corps en arrière ; ils ont des pattes postérieures disposées pour sauter, terminées par des tarses à quatre articles; souvent ils n'ont pas d'ailes.
Les Locustides sont des animaux herbivores, mais qui, ne vivant pas en grandes troupes comme les Acridiens, ne causent que des dégâts insignifants dans les plantations. Certaines espèces ont une ressemblance très marquée avec des feuilles (Pterochroza). Un autre imite à s'y méprendre une Fourmi. Nous y trouvons encore des espèces qui, comme les Phasmes, imitent les brindilles de bois (Dolichopoda).
Quelques-uns de ces Insectes, même parmi les plus gros, sont aptères. Souvent les Locustides et notamment les Dectiques (fig. 395) ont un appareil musical et un organe d’audition. L'oreille est placée sur la jambe antérieure et consiste en un tympan sous lequel se trouve une chambre à air qui communique avec l'extérieur par un orifice particulier thoracique. L'appareil musical ne se trouve
Lé K£
Fig. 396. — Éphippigère.
Fig. 393. — Truxale à grand nez.
Fig. 397, — Sauterelle.