Ü NE
Altise du chou Ajtise de la Vigne Altise flexueuse (ar nat 2mm.] (gr nat. 4 mm } = { gr nat 3 mm })
Fig. 478. — Altises.
Lis, et le C. asparagi (fig. 474), sur les asperges; les larves du premier ont la singulière habitude de se cacher sous leurs excréments; l'adulte est d’une belle couleur rouge et fait entendre un petit cri quand on le touche: le Criocère de l’asperge cause des dégâts sérieux en rongeant les pointes des asperges.
Le Leptinotarsa decemlineata (fig. 476), de couleur orangée, avec des lignes longitudinales noires, cause, lui et sa larve, de grands ravages dans les plantations de pommes de terre, dont il ronge les feuilles. Une autre chrysomèle fait des dégâts dans l'oseille; d'autres rongent les feuilles du peuplier (Chrvysomela populi), du tremble (C. tremulæ).
Citons encore les Galéruques, qui font des dégâts considérables dans certains arbres comme l’orme, dont les feuilles sont entièrement rongées par les larves de ces Insectes ; les Eumolpes, qui détériorent la vigne.
Les Cassidides ont un thorax et des élytres qui s'étalent de façon à cacher le corps sous une sorte de carapace de tortue très souvent ornée des plus belles couleurs métalliques.
Les Altises sont de tout petits Insectes ayant l'aspect général d'une puce (fig. 478); les unes détruisent les betteraves, les choux, le colza; une autre fait de grands dégâts dans les vignobles.
Les Cérambycides ou Longicornes ont de longues antennes. Ils vivent souvent sur les écorces des arbres. On y compte actuellement plus de 13 000 espèces. Leurs jolies formes et leurs couleurs variées les font rechercher par les collectionneurs. Leurs larves vivent ordinairement dans le bois pourri, et certaines d’entre elles mettent plusieurs années à devenir adultes. On cite le cas de l’un d'eux, qui sortit du bois d’une table vingt-huit ans après sa confection.
Parmi les Longicornes de nos pays, citons le beau Cerambyx cerdo (PI. des XYLOPHAGES, fig. 31 à 34) ou Capricorne du chêne, où e
La
Fig. 481. — Calandre des céréales.
A Grain de blé attaqué.
Fig. 480, — Acrocinus longissimus (très réduit).
Feuilles enroulées par le Rhynchite.
sa larve, qui vit trois ou quatre ans, cause des dégâts considérables en le creusant de gros canaux flexueux; d’autres espèces voisines causent des dommages semblables, en particulier les Saperda populnea et S. carcharias sur les peupliers et les trembles, l’Aromia moschata verte sur les saules, l'Asfunomus ædilis sur les pins. Le Callidium testaceum et C. sanguineum sont fréquents dans nos bûchers où on les introduit avec les bois de chauffage. Il faut placer ici le gigantesque Arlequin de Cayenne (Acrocinus longimanus, fig. 480).
L'Hylotrupes bajulus (PI. des XYLOPHAGES, fig. 11) a des larves qui taraudent les charpentes de bois de sapin, les Hesperophanes cinereus creusent des galeries dans les meubles et les parquets, la Leptidea brevipennis réduit en poussière les paniers d'osier.
Les Bostrichides sont de grands destructeurs du bois. Malgré leur petite taille, ils font des ravages immenses dans les forêts en se creusant entre l'écorce et l’aubier des galeries où se développent les larves (PI. des XYLOPHAGES, fig. 12).
Le grand Bostriche du sapin (Bostrichus typographicus) est un Insecte d’un demi-centimètre, brun foncé, court et trapu, qui creuse sous l'écorce des conifères une première chambre assez vaste où il s'accouple, et d'où il fait partir une sorte de corridor central (fig. 481). La femelle creuse ensuite, à gauche et à droite de ce corridor, des chambres plus petites dans chacune desquelles elle dépose un œuf; chacune des larves qui en sort allonge sa chambre, en rongeant le bois, en tournant le dos au corridor, et cela forme une très curieuse arborisation, semblable à des galeries de mines, s’élargissant à mesure que la larve grandit. Elle finit par se transformer en nymphe dans le cul-de-sac et l'adulte sort par un petit trou quil se creuse dans l'écorce.
Les Bostrichus chalcographus et stenographus rongent l'écorce des branches du sapin. L'Hylésine des pins perce les jeunes branches et en suivant la moelle remonte jusqu’au bourgeon terminal qu'il détruit. L'Hylésine du frêne (Hylesinus varius) creuse ses galeries dans l'écorce de cet arbre; elle le fait périr.
Les RHYNCHOPHORES sont caractérisés par leur tête prolongée en une $orte de corne ressemblant vaguement à un bec : ce sont les Insectes que, d’une manière très générale, on peut appeler les Charançons et dont on connaît 25 000 espèces, très variées de formes, d'aspect, d’ornementation. Leurs pièces buccales sont placées au bout du rostre. Presque tous ces animaux se nourrissent de végétaux.
La famille des Curculionides, la principale, contient l'immense quantité de charançons qui causent des dégâts aux plantes cultivées. Leurs larves aveugles, dépourvues de pattes, ont l’air de vers dodus et vivent au milieu de la matière végétale dont elles se nourrissent. Certaines d’entre elles construisent des fourreaux en feuilles roulées, d’autres vivent à l’intérieur d'un fruit ou d'un bourgeon.
Le Charançon du blé (Calandra granaria) dépose ses œufs dans le sillon d'un grain de blé, dans les greniers (fig. 481); la petite larve dévore la farine, s'y transforme en nymphe, et eu
Fig. 482,
Fig. 483, Anthoncime,
Rhynchite doré,
Charançon du châtaignier.
Fig. 484, — Coccinelles.
a, À sept points ; b, Sa larve: c, Adalie
Larves du Balaninus du noisetier.
bout de cinq à six semaines est adulte; cette multiplication rapide est la cause de dégâts considérables. La Calandre du riz agit de même.
Les arbres fruitiers souffrent aussi des attaques des Charançons ; le coupe-bourgeon (Rhynchites conicus), joli petit Insecte bleu, pond au printemps dans les feuilles tendres du poirier ; il coupe ensuite incomplètement la pousse à sa base, de façon à ce qu'elle se flétrisse sans sécher trop vite et sans tomber, se noircisse sous forme d’un cylindre semblable à du tabac ; la larve tombe finalement sur le sol, passe l'hiver dans Litene ailébt de nymphe et en sort adulte au printemps. Le Rhynchites bacchus, rouge, agit de la même manière ainsi que le Rhynchites betuleti où cigarier, qui roule les feuilles du bouleau.
Signalons encore l'Anthonome du pommier (Anthonomus pomoram), qui fait avorter les pommes en déposant son œuf dans la fleur en bouton; ses méfaits font, en Bretagne et en Normandie, un tort immense aux cultivateurs (fig. 482).
Le Charançon des noisettes (Balaninus nucum) produit le gros ver blanc, qui est sa larve, que l’on trouve dans ces fruits; la femelle perce la noisette tendre avec son très long rostre et introduit son œuf dans le trou ainsi fait. Quand le fruit tombe, la larve perce la coque, en sort, et sa nymphose a lieu dans la terre. Le Balaninus proboscidens (fig. 486) fait des dégâts dans les châtaigniers.
TRIMÈRES. — Cette division est caractérisée par ce fait que les tarses des pattes postérieures ne sont formés que de trois articles. La seule famille de cette division est celle des Coccinellides, autrement dit les Bêtes à bon Dieu (fig. 484). Leur corps est bombé et comme verni ; leurs petites pattes peuvent, surtout lorsque l'Insecte fait le mort, être entièrement cachées sous le rebord des élytres et du thorax.
Les Coccinelles sont des auxiliaires très sérieux de l’agriculteur, car elles dévorent non seulement les pucerons, mais les acariens, les cochenilles. C'est grâce à l’une d’ elles, la Vedalia cardinalis, que l'on a pu arriver à détruire, aux États- Unis, les Cochenilles qui décimaient les Orangers. La Bretons eurie plantes et y fait la chasse aux pucerons ; au bout de quatre ou cinq semaines, après trois mues, elle se suspend par le bout de son abdomen pour se transformer en une nymphe colorée d’où sort l'adulte, par déhiscence de la peau nymphale.
STREPSIPTÈRES.— Ce sont de tout petits Insectes dont les élytres, chez le mâle, sont réduits à de petites écailles rudimentaires. Leurs ailes sont grandes, mais leurs nervures se réduisent à quelques tiges en éventail (fig.487). La femelle est une sorte de sac, sans ailes ni pat- .
tes. [ls sont parasites chez divers Hyménoptères et Hémiptères.
Fig. 485, — Strepsiptères À, Mâle; B, Femelle: C, Larve
: Stylops.
à deux points.
PESRARTHROPODES 131
Te
Galle du Cynips lignicola au chène.
PEStHYMENOPTERES
Nous arrivons à la classe des Insectes la plus hautement organisée au point de vue de l'intelligence ; nous en constatons de multiples manifestations qui confondent la nôtre. Et pourtant quelques coins du voile seulement ont été soulevés par un petit nombre de naturalistes, au premier rang desquels il faut citer Réaumur, Lubbock et surtout H. Fabre, l'illustre entomologiste de Sérignan.
Les Hyménoptères sont représentés par les Abeilles, les Fourmis, les Guêpes, et bien d’autres porteurs de tarières ou d’ aiguillons. Ce sont des Insectes élégants, aux formes sveltes, aux mouvements légers et gracieux, aux ailes membraneuses transparentes, étroites et allongées, rattachées l’une à l’autre par un double peigne, aux pattes longues et grêles, souvent modifiées en vue d’une adaptation industrielle.
Beaucoup d'Hyménoptères vivent en sociétés, dans lesquelles les individus sont partagés en catégories distinctes. Tantôt ils se ressemblent, mais les rôles sont cependant très nettement répartis entre eux; tantôt ils sont très dissemblables de taille et de structure et ont des rôles également différents. On peut cependant les diviser en deux groupes distincts : ceux qui sont destinés à la reproduction, ceux qui sont chargés de l'alimentation et de l'entretien de la république. Ces derniers sont des femelles dont les organes reproducteurs ne se sont pas développés, une seule d’entre elles étant affectée au rôle de mère, ayant par conséquent ses organes sexuels développés. Quant aux mâles, iln'y en a qu’un petit nombre destinés à féconder la femelle; ils vivent peu et ne travaillent pas.
La tête, grosse et:mobile sur un cou grêle, porte de gros yeux, des antennes très développées. Les organes buccaux se partagent en un groupe supérieur, labre et mandibules robustes, faits pour couper et broyer, et un groupe inférieur, mâchoires et labium, faits pour lécher: une langue charnue fonctionne entre ces pièces.
Dans beaucoup d'Hyménoptères, les Guêpes par exemple, l'abdomen est relié au thorax par un mince pédoncule filiforme. Il peut être extrêmement court (Abeilles), ou de dimensions moyennes (Guêpes), ou démesurément long (Eumenes, Ichneumons).
L'extrémité de l'abdomen porte des outils fort complexes et variés. Chez les uns ce sont de véritables scies, chez les autres des aiguillons, adaptation d'appendices des deux derniers anneaux.
Remarquons la grande concentration des centres nerveux et le volume du cerveau qui est surtout développé chez les ouvriers des espèces sociales.
Beaucoup d’ Fyménoptères se reproduisent parthénogénétiquement ; quelques-uns même n'ont pas d'autre mode de reproduction, tandis que les autres l’alternent avec le mode sexué.
Les vestiges d'Hyménoptères fossiles actuellementconnus ne dépassent pas le Lias.
D'après Sharp on connaît actuellement de 25 000 à 30 000 espèces d'hyménoptères; mais cet auteur estime qu'en y comprenant les innombrables petites es-
Fig. 487, — Cephus pygmœæus et sa larve.
Andricus fecundatrix du chêne,
TÉRÉBRANTS ou SESSILIVENTRES (Phytophages) .
Rhodites rosæ, ou Bédégar du rosier.
pèces parasites dont nous ne faisons encore qu'entrevoir le nombre, on arrivera à 250 000 espèces.
La classification d'une pareille quantité d'Insectes n'est pas sans difficultés. On semble aujourd'hui d'accord pour y faire deux grandes sections basées sur ce que les uns portent au bout de l'abdomen une tarière, les autres un aiguillon. Nous adopterons la division en térébrants et porte-aiguillon, en mettant en regard les deux mots sessiliventres et pétioliventres, qui seront expliqués un peu plus loin.
Nous arriverons donc au tableau suivant qui nous donnera un aperçu de la répartition des familles dans cet ordre des Hyménoptères.
\ Céphides Siricides.
a Tenthrédinides.
{ Gallicoles ou Proctotrypides.
PARASITES ou ICHNEUMONIDES . 4 Chalcidides.
Ichneumonides.
Braconides.
PORTE-AIGUILLON ne ; Euménides ai / ie es.
\ \ Scolides.
PÉTIOLIVENTRES FOUISSEURS . j Pompilides.
l Sphégides.
FORMICIDES.
| APIDES.
T'ÉRÉBRANTS ou SESSILIVENTRES. — Cette section ne représente qu'une très faible partie des Hyménoptères; la femelle a une tarière abdominale dont elle se sert pour scier ou perforer les végétaux. Leur abdomen se rattache largement au thorax, différant en cela des porteaiguillon ou pétioliventres, qui ont un étroit pédoncule.
Ces Insectes sont tous mangeurs de végétaux ; ils sont beaucoup moins intéressants que leurs collègues du second ordre; ils n'en ont point la vie sociale ni les manifestations intellectuelles.
Céphides. — Ce sont de petits Insectes, ayant assez l'apparence d'une mouche, dont nous signalerons seulement une espèce, en raison des dégâts qu'elle commet. C'est le Cephus pygmœæus (fig. 487), noir à bandes jaunes, long de | cent., dont la femelle, armée
Fig. 489.
galeries et adultes,
Sirex commun :
Fig. 488.
Crrov s c S1rex Sas.
Galles du Rhodites de l'Eglantier.
d'une petite scie, perfore le chaume qui porte l'épi de blé et dépose un œuf dans le trou ainsi préparé; la larve, semblable à un ver apode, se nourrit du contenu de la tige et descend jusqu'à la racine; elle a employé la plus grande partie de l'été à ce travail. Arrivée là, elle passe l'hiver à l'abri d'un petit cocon et se transforme en nymphe au printemps, après avoir creusé un petit trou pour la sortie de l'adulte; au mois de mai elle commence, adulte, ses dégâts, qui peuvent être très graves.
Les Siricides (fig. 488 et 489) sont de grands et beaux Insectes dont les femelles portent, à l'extrémité de l'abdomen, une tarière très développée, avec laquelle elles perforent le bois pour y déposer leurs larves. Plusieurs espèces de ce genre causent des dégâts sérieux. Le Sirex gigas dépose ses œufs sur les pins et les hêtres: l'adulte est un fort joli Insecte de 4 cent. de long; la larve, armée de dents solides, creuse des galeries dans le bois le plus dur pendant deux ans, après
! quoi elle devient libre. On croit que cet Insecte dépose ses œufs même sur les planches débitées et il n'est pas rare de le voir dans les appartements sortir des parquets et des meubles. Une autre espèce plus petite, le Sirex juvencus, fait des dégâts analogues ; on cite des exemples authentiques de larves ayant traversé de part en part toutes les balles de plomb de paquets de cartouches.
Les Tenthrédinides (fig. 490), appelées encore les Mouches à scie, parce qu'elles ressemblent beaucoup aux véritables mouches, sont bien connues des jardiniers en raison des dégâts qu'elles commettent dans les arbres. Leurs larves ressemblent souvent à des chenilles.
La scie que la femelle cache dans son abdomen est un instrument de précision des plus curieux, enfermé dans un étui pendant le repos, mais qu'elle fait saillir facilement. Il consiste en deux lames dentées, dont chaque dent est elle-même dentelée, qui sont en outre organisées de façon à ce que l’un de leurs bords fonctionne comme une râpe.
Le Lophyrus pini, guère plus gros qu'une mouche, mais avec de jolies couleurs, pond ses œufs à l’intérieur des feuilles en aiguille du Pin, que les larves dévorent.
La Lyda piri adulte ressemble à une mouche jaune; elle dépose un petit lot d'œufs sur les feuilles des poiriers et les larves qui en sortent filent une sorte de réseau de soie englobant plusieurs pousses (fig. 491 et 492). À mesure qu'elles grandissent, elles ajoutent de nouveaux fils à leur nid et elles finissent par englober plusieurs branchettes. Elles descendent en terre à l'automne et passent l'hiver dans un cocon où, au printemps suivant, elles se chrysalident et deviennent adultes.
Le Nematus Ribesi dévore
Fig. 491. — Chenilles de Lyda pyri.
Fig. 492. — Larves
Fig. 490, — Tenthrède. de Tenthrède.
Galles du Nemoterus numismalis,.
les groseilliers ; l’Athalia spinarum, les navets, raves, choux, etc.
PORTE -AIGUILLON ou PÉTIOLIVEN - TRES. — Cette division comprend la très grande majorité des Hyménoptères. Ce qui caractérise ces Insectes, c'est que leur abdomen est relié à leur thorax par un très fin pédoncule articulé, ce qui permet, chez beaucoup d’entre eux, des mouvements très étendus de cet abdomen.
L'aiguillon est un organe compliqué qui se compose d’une sorte de tige tubulaire portant une rainure dans laquelle deux aiguilles barbelées glissent facilement ; entre les deux aiguilles s'écoule le venin d'une glande à poison. Cet appareil subit de très nombreuses modifications de détail selon les familles. Les glandes à poison sécrètent les unes un liquide acide, les autres un liquide alcalin; elles peuvent coexister. Il y a là, probablement, un fait en rapport avec la faculté que possèdent certains Hyménoptères, de tuer leur proie ou seulement de la paralyser. | $
Les larves de ces Hyménoptères sont presque toujours vermiformes.
Certains Hyménoptères déposent leurs œufs dans l'intérieur du corps d’autres Insectes, de chenilles par exemple. Les œufs s'y transforment en larves qui se nourrissent du sang de leur hôte, en respectant toutefois les parties essentielles, de sorte qu’il ne meurt qu'au moment voulu, quand l’évolution de ses parasites est terminée. Ces Hyménoptères détruisent ainsi un très grand nombre d’Insectes nuisibles et rendent le plus grand service à l’agriculture.
PARASITES où ICHNEUMONIDES. — Au dire de Brauer, nous ne connaissons qu'une petite partie de cette section, qui doit comprendre plus de 200 000 espèces.
Sharp fait remarquer que le pouvoir multiplicateur des Insectes est tel qu'ils auraient bientôt fait de dévorer tous les végétaux sans rien laisser à manger aux mammifères, s’il n'y avait, chez les Insectes mêmes, le remède à côté du mal. Une moitié des Insectes est occupée à détruire l’autre et rétablit l’équilibre. Ce pouvoir régulateur est dévolu aux Hyménoptères parasites. Mais on observe encore que des parasites sont eux-mêmes sujets aux attaques d'autres parasites ; cet hyperparasitisme peut même être encore plus compliqué. Nous ne savons encore que très peu de chose sur ces Insectes, tant leur étude offre de difficultés.
Les Gallicoles ou Cynipides (fig. 493) sont de tout petits Insectes dont les ailes ne portent que quelques nervures; la plupart de leurs larves évoluent dans des productions pareilles à des tumeurs ou galles que leur piqûre détermine sur les végétaux ; ilsont pour cela des organes en forme d’aiguillon ; la pigûre produit une réaction des tissus végétaux qui prolifèrent par suite de l'excitation causée par l'œuf de l’Insecte et par les liquides que sa larve sécrète; les cellules végétales se multiplient et forment des galles de formes extrêmement variées.
L'exemple le plus connu, le plus classique, est la galle du chêne, en forme de boules rouges fixées sur la face inférieure des feuilles. Si l’on ouvre en automne une de ces boules ressemblant à une cerise, on trouve dans son centre une logette ronde occupée par une larve blanchâtre qui, au commencement de l'hiver, est transformée en une petite chrysalide. Au printemps, il en sort un moucheron grêle, le Cynips scutellaris :
c'est une femelle ; il ny a pas de mâles: cette femelle agame va pondre sur les bourgeons des jeunes branches du chêne: un peu plus tard, le bourgeon
Fig. 494.
Nematus miliartis.
Fig. 495. — Rhodite,
EESASREAROPODES 133
Fig,.496.— Lysiphlebus déposant ses œufs dans le corps d’un puceron.
piqué se développe anormalement et prend la forme dite en artichaut; c’est une galle écailleuse brune, déterminée par la larve qui se développe à son intérieur. Celle-ci, au printemps, se chrysalide, puis prend sa forme adulte. C'est un petit cynips très différent, par sa taille et son ornementation, du Scutellaris et, cette fois, pourvu d'organes génitaux. Il s'accouple, la femelle pique les feuilles de chêne et le cycle recommence, en alternant les deux galles et les deux types d'insectes.
Chacun a vu sur les rosiers les boules poilues, vertes ou rouges, connues sous le nom de Bedeguars; c'est une galle produite par un cynips, le Rhodites rosæ. Une galle en boule est produite sur l'églantier par le Rhodites eglanterie.
Quelques galles sont utilisées pour la teinture: de la Noix de galle on extrait du tanin; plusieurs espèces qui fournissent cette matière en proportions variées sont produites sur les chênes. On s’en est longtemps servi pour la préparation de l'encre. Sur la feuille du chêne citons la galle du Nemoterus numismalis.
Proctotrypides. — Ces tout petits êtres, aimant les retraites sombres et tranquilles, déposent leurs œufs dans le corps de divers insectes. C'est ainsi que le Platygaster herrichi détruit les larves d'un terrible ennemi de l’agriculture, la mouche de Hesse, Cecidomya destructor.
Les Chalcidides sont tous parasites. Ces petits insectes sont excessivement nombreux et se reconnaissent à leurs ailes sans nervures, à leur corps brillant et irisé, à leur aiguillon qui, au lieu de sortir comme chez les autres insectes à l'extrémité postérieure de l’abdomen, fait une saillie considérable en dessous de lui.
Leurs larves vivent souvent dans des galles, dévorant les autres larves productrices de ces galles: il y en a qui vivent dans des chenilles, d'autres dans des chrysalides. On en trouve parasites des abeilles, des pucerons, des œufs des Blattes.
Fabre a découvert chez l’un d'eux, le Leucospis gigas (fig. 497), un curieux cas d'hypermétamorphose ; c'est un petit insecte noir et jaune, qui simule assez bien les guêpes, et vit en parasite dans les demeures d'une abeille maçonne, le Chalicodome des murailles, qui construit des cellules en terre durcie où il dépose ses œufs.
Plusieurs moucherons de cette famille sont utilisés pour une singulière opération que l’on appelle la caprification ; on a remarqué, dans les pays où l’on cultive les figuiers, que dans les fruits des souches sauvages mâles vivent des insectes qui, en s’envolant dans les fruits femelles des figuiers cultivés, accélèrent par leur piqûre soit la maturité, soit la fécondation, en transportant le pollen. On dépose dans les figuiers cultivés des chapelets de fruits cueillis dans les arbres sauvages pour obtenir le résultat qui vient d'être indiqué.
Les Ichneumonides (fig. 498) ont des nervures aux ailes, de longues antennes et trois ocelles en triangle; ils ont des larves parasites, surtout des chenilles des Lépidoptères. On n'a pas encore de grands renseignements sur la plupart des représentants de cette famille, dont cependant six mille espèces sont connues.
La femelle a un aiguillon qui peut être énorme et qui lui sert à piquer la peau des insectes où elle veut déposer ses œufs.
Les larves des Anomalonsfont périr les chenilles de divers papillons nocturnes, les Ichneu-
Nid de la Guèpe des bois.
pèces. Leurs travaux de terrassiers sont
Nid de la Guèpe des jardins.
elle dépose son œuf. Comment peut-elle, avec cette fine tarière souple, pénétrer ainsi dans du bois dur ?
Les Braconides ressemblent beaucoup aux précédents; ils en diffèrent par des caractères secondaires; comme eux ils déposent leurs œufs dans des larves d'insectes. Parmi eux, citons les Microgaster, dont les larves infestent les chenilles. Certaines espèces, au moment où leurs larves sortent de leur hôte pour se transformer en pupes, filent un petit cocon de soie : c'est le cas de l’Apanteles glomeratus, qui détruit une foule de chenilles du papillon blanc du chou (Pieris brassicæ); on trouve leurs cadavres entourés d’un tas de petits cocons jaunes contenant chacun la pupe d'un des moucherons qui ont vécu dans sa cavité générale et se sont nourris de son sang.
CHASSEURS. — Cette division très importante renferme comme insectes principaux les Guêpes, les Sphex, les Eumènes. Leurs ailes se plient longitudinalement au repos. Ces insectes se nourrissent de matières sucrées lorsqu'ils sont adultes ou de proies vivantes, d'insectes le plus souvent, pendant leur vie larvaire. Les uns vivent solitaires, les autres se réunissent en sociétés.
Euménides ou Guêpes solitaires. — Leur aspect général ne diffère pas beaucoup de celui des Guêpes. Elles ont une longue lèvre inférieure, de fortes mandibules, des antennes légèrement en massue.
Les Eumènes (fig. 500) sont des constructeurs de nids en terre dont Fabre a étudié la curieuse industrie chez l'Eumenes pomorum ; l'insecte gâche son mortier avec de la boue et de la salive, il y plante extérieurement de petits cailloux dans le but de dissimuler son ouvrage, mais il lisse soigneusement l'intérieur. Il donne la forme d’un dôme hémisphérique à ce nid dont le sommet est terminé par un court goulot: cet orifice, une fois l'œuf pondu, est fermé à l’aide d'un petit caillou. Une fois le nid achevé, l'insecte y dépose plusieurs chenilles paralysées au préalable, mais non tuées; puis il pond son œuf, qui est attaché par un fil délicat à la voûte du nid; c'est de là que la jeune larve se suspend pour mordre les chenilles qui sont au-dessous d'elle; puis elle descend tout à fait quand elle est déjà plus grande et dévore les provisions: elle se transforme alors en nymphe et, finalement, éclôt en détruisant la maçonnerie de son nid.
Les Odynères (fig. 499) sont de petites guêpes noires à bandes jaunes, dont on a décrit un très grand nombre d'es-
mons, celles de divers Sphinx, et se transforment en adulte dans leur chrysalide qui périt. La Rhyssa persuasoria, dont l'aiguillon a plus de 6 cent. de long, perfore le bois pour atteindre à cette extraordinaire profondeur
la larve du Sirex sur laquelle Fig. 497. — Leucospis.
Fig. 498. — Ichneumon.
Fig. 500, —Eumène etson nid.
Fig. 499, — Odynéere.
moins finisque ceux des Eumènes; la femelle accumule, d'après Fabre, une vingtaine de petites chenilles paralysées, enroulées sur elles-mêmes, qu'elle empile comme un tas de petites galettes; au préalable, elleavaitsuspendu son œuf au fond de la loge, comme nous l'avons vu pour l’'Eumène. L'approvisionnement terminé, l'Eumène ferme par une cloison la loge de sa larve et recommence ailleurs.
Il arrive fréquemment que les chenilles emmagasinées sont infestées par des larves de parasites, et que ce sont elles qui dévorent les provisions, ne laissant rien à l'Odynère.
D'autres Odynères (Odinerus rubicola) préfèrent établir leur nid dans les tiges sèches de la ronce, dont elles enlèvent la moelle; puis elles construisent à sa place un nid en terre gâchée où la mère dépose son œuf en compagnie d’une chenille paralysée comme provision ; puis elle le ferme avec son ciment et en construit un autre au-dessus, puis d'autres encore jusqu'à ce que la tige creuse de ronce en soit remplie.
Vespides ou Guêpes sociales. — Ce sont les vraies Guêpes ou Guêpes sociales, dont le genre principal Vespa comprend environ 150 espèces: à l’état adulte elles lèchent le nectar des fleurs, le liquide sucré des fruits qu’elles entament de leurs mandibules au moment où ils vont mûrir; leurs larves au contraire se nourrissent de chair fraîche, insectes (principalement diptères), fragments de viande qu'elles arrachent dans les boucheries et les cuisines. Les parties nutritives seules sont conservées, la guêpe épluchant les insectes pour enlever les ailes, les pattes, la tête ; le reste est mâché, broyé, ensalivé et forme une pâtée qui est ingurgitée dans la bouche des larves. Ces guêpes construisent des nids compliqués où elles élèvent leurs larves dans des cellules; chaque société comprend une femelle et des ouvrières qui sont des femelles infécondes. Les mâles ne vivent que peu et n'apparaissent qu'à l'automne: ils fécondent des femelles
qui hivernent dans KE des crevasses de ro- N chers, trous de vieux
Nid de Frelon dans un trou de hêtre (Muséum),
“, TS “. \ KR 2Dninim
NVELILIT ICT NS TITI
N pi
Fig. 501.
Nid de frelon Fig, 502.
dans Coupe du nid souterrain
l'angle d’un mur (d'après Janet).
A, Coupe verticale; B,Coupehorizontale.
de Vespa germanica (d'après Janet).
À, Puits d'accès ; Au centre, sâteaux d'alvéoles.
€ Fig. 503.
Poliste gauloise et son nid.
Nid de Polistes minor (Mexique).
murs, troncs de vieux arbres, et, au printemps, fondent chacune une colonie nouvelle.
Les espèces les plus communes de nos pays sont la Guêpe vulgaire (Vespa voulgaris) et la Guêpe germanique ( V. germanica). On a l'habitude de les considérer comme des insectes dangereux, piquant à tout propos: rien n'est moins juste; si on ne les attaque pas, si on ne fait pas de mouvements trop vifs dans le voisinage de leur nid, elles ne piquent jamais. On peut les laisser se promener sur la main sans aucun danger: il n’y a à craindre que leur introduction dans la bouche avec un fruit:
alors elles se défendent en piquant la muqueuse buccale, ce qui détermine une enflure et des accidents dangereux.
Les nids des Guêpes sont des constructions très intéressantes que ces insectes édifient au moyen de fibres de bois qu’elles arrachent avec leurs mandibules et malaxent dans une sécrétion salivaire pour former un carton solide avec lequel elles construisent leur nid.
Nous emprunterons à Ch. Janet, entomologiste dont les travaux sur les guêpes font autorité, la description du nid de la Vespa germanica (fig. 502), guêpe qui construit généralement dans la terre. C’est au printemps, la femelle ayant hiverné, que commence la construction ; elle utilise quelque trou de mulot, puis à une dizaine de centimètres de profondeur elle commence à élargir la cavité en une sorte de salle dont elle rejette les déblais au dehors. Elle choisit au plafond une racine qui lui sert d'appui pour fixer une tige solide de carton. Puis elle tapisse la voûte du même carton en feuilles ; c'est alors qu'elle construit un premier plancher de petite dimension sous lequel elle fabrique une dizaine de cellules hexagones prismatiques d'assez faible taille, dans chacune desquelles elle pond un œuf. Celui-ci se transforme en une larve que la mère nourrit ; pendant que cette première ponte de larves grandit, elle ajoute un second plancher de cellules sous le premier, auquel il est suspendu par des colonnettes de carton. Mais il a fallu au préalable creuser la terre plus profondément sous ce nid, puis agrandir la voûte de carton. Tout cela étant fait, la femelle dépose dans chaque cellule de ce second étage un œuf. Mais alors les larves du premier étage se sont transformées en nymphes, puis en adultes. Ces jeunes Guêpes, plus petites que leur mère, non sexuées, sont des ouvrières: elles se mettent immédiatement à agrandir le nid en creusant d’abord le sol en déssous de lui et construisent des étages de cellules suspendus aux précédents, puis elles ajoutent à l'enveloppe d'autres feuilles de carton, en ayant soin de laisser entre elles de l'air pour former un matelas isolant. Ce carton, verni par une salive spéciale, est imperméable. A la fin de l'été le nid est terminé; il a la forme d’une grosse boule écailleuse, n'ayant qu'un orifice, en dessous, et renfermant jusqu'à une douzaine de planchers horizontaux sous lesquels sont fixés plusieurs milliers de cellules hexagonales. À partir du moment où les jeunes Guêpes commencent à travailler, la mère ne s'occupe plus que de pondre: elle ne prend plus aucune part aux travaux du nid et ses enfants la nourrissent. Les ouvrières, à mesure qu’une jeune Guëêpe vient d'éclore, nettoient la cellule qu’elle quitte, de façon à ce que la mère vienne y déposer un autre œuf.
À la fin de la saison chaude, en août, on voit dans les derniers planchers des cellules plus grandes que les autres: ce sont des logements pour des larves qui, par suite d’une alimentation spéciale, deviendront des mâles et des femelles. Leur nymphose a lieu à l'automne ; les mâles fécondent les femelles, puis meurent. Les femelles passent l'hiver dans des trous de murs: les ouvrières meurent et le nid est abandonné ; il n’est pas utilisé l’année suivante.
D'autres formes de nids existent, construits par d’autres espèces
de Guëpes; il y en a, par exemple, qui sont suspendus aux branches des arbres; leur enveloppe ;
est alors faite de carton très dur
Fig, 504, — Scolie des jardins. Fig. 505. — Pompile.
ct imperméable avec l'ouverture au bas.
D'autres, comme le Gros Frelon (Vespa crabro), utilisent les vieux arbres creux ou les chaumes des toitures ; ilsse dispensent alors de construire une enveloppe (fig. 501).
Les Polistes (Polistes gallica) construisent un nid très simple, sans enveloppe, réduit à un seul plancher porté par un petit pédoncule attaché à des végétaux ou à des pierres (fig. 503).
Le nid compliqué d'une Guêpe américaine, le Chartergus chartarius, peut dépasser un mètre ; il est formé d'un carton extrêmement dur et composé d'une série de planchers en entonnoirs emboîtés, tous percés d'un orifice central permettant la communication d'un étage à l’autre.
FOUISSEURS. — Beaucoup ressemblent à des Guêpes; leur pédoncule est de longueur très variable; leurs ailes ne se plient pas en long, et les pattes antérieures, chez les femelles, sont armées de griffes qui leur servent à creuser le sol. Les mâles et les femelles sont peu différents, mais il n'y a pas d'ouvrières asexuées ; les travaux à exécuter le sont toujours par les femelles.
Quelques-uns d’entre eux vivent en parasites chez d’autres insectes; les autres se construisent des nids en boue ou des cavernes dans le sol ou dans le bois. Ils vivent peu de temps.
Scolides. — La Scolie des jardins (fig. 504), dont les mœurs ont été étudiées par Fabre, peut atteindre 3 centimètres de long; elle est noire avec quelques taches jaunes; très vigoureuse, elle a de grosses mandibules et se nourrit de larves de gros coléoptères, par exemple de Cétoines, qu'elle trouve sous terre, les paralyse d'un coup d'aiguillon et dépose son œuf sur le ventre de la proie. La jeune larve de Scolie, sitôt éclose, enfonce sa tête dans le ventre de sa victime et la dévore ainsi peu à peu, sans que la malheureuse paralysée puisse faire un mouvement. Mais ses organes fondamentaux sont respectés, car si elle venait à périr trop tôt elle se décomposerait et la jeune Scolie mourrait de faim, car il lui faut une proie vivante.
Les Mutilles He cephalotes) ressemblent à de grosses fourmis poilues; la femelle est aptère. Ces insectes vivent en parasites dans les nids d’autres Hyménoptères ; l'espèce commune de France, la Mutilla europæa, vit à l’état larvaire chez les Gros Bourdons (Bombus) dont elle dévore les larves. Le mâle, aussitôt éclos, s'envole, la femelle reste dans le nid quelque temps, dévorant le miel de ses hôtes.
Les Pompilides (fig. 505) ont de longues pattes postérieures, des yeux elliptiques, et la plupart d'entre eux font la chasse aux araignées en courant d'un air agité, en remuant constamment leurs ailes. Nous retrouvons encore là les observations de l’entomologiste Fabre qui a suivi les opérations du Pompile usant de ruse pour attirer les araignées hors de leur toile, les saisissant par une patte et bondissant dessus pour les percer de son aiguillon. Certains pompilides américains, les Pepsis, sont assez forts pour paralyser de leur piqûre la grosse araignée velue, la Mygale aviculaire.
Les Sphegides (fig. 508) font alerest preuve d'une grande intelligence dans la capture de leurs proies.
Le Sphex flavipennis vit dans le midi de la France sur certains chardons ; il creuse son terrier dans les talus sa-
Fig. 506. — Chartergue.
Nid de Chartergsus
Fig. 508. — Sphex Latreiller.
apicolis (Amérique).
Fig. 509, — Ammophile.
Nid et coupe du nid de la Guëpe cartonniere (Chartergus chartarius) (Bresil|.
blonneux et ensoleillés. Sa galerie lui sert de retraite la nuit et de logement pour ses larves et leurs provisions, qui consistent en grillons champêtres qu'il a eu soin de paralyser de trois coups d’aiguillon : au cou, au thorax, à l'abdomen, dans des points correspondant aux centres nerveux moteurs.
Le Sphex languedocien, étudié aussi par Fabre, s'attaque à un gros Orthoptère, l'Ephippigère femelle, vingt ou trente fois plus grosse que lui; il la paralyse d'un coup d’aiguillon dans le cou.
Les Ammophiles (fig. 509), dont l'abdomen est longuement pédiculé, ont fait aussi l’objet de remarquables études de Fabre; ils approvisionnent le terrier de chenilles qu'ils ont paralysées en piquant de leur aiguillon chacun des ganglions de la chaîne nerveuse. C'est ainsi que l’Ammophila hirsuta donne neuf coups de dard dans la grosse chenille de papillon nocturne qu'il recherche.
C'est encore à Fabre que nous devons de connaître l’histoire du Pélopée tourneur (Pelopæus spirifex), joli insecte qui recherche les constructions des fermes et plus spécialement les grandes cheminées et ramasse de la terre humide qu'il rapporte entre ses mandibules. Il en fait un gâteau horizontal de cellules où il emmagasine des araignées, généralement huit, paralysées d'un coup de dard ; il pond son œuf dessus et ferme la cellule (fig. 510).
Le Bembex rostrata ressemble à une guêpe:; Fabre raconte qu'il recouvre si bien son terrier de sable qu'il est impossible de reconnaître sa place. Mais l’insecte ne s'y trompe pas. Au fond de la demeure, dans une chambre close, est sa larve, fixée sur le ventre de la grosse mouche verte (Lucilia Cæsar) paralysée. La mère approvisionne sa larve d'autres mouches de plusieurs espèces, à mesure que son appétit augmente avec sa taille et, au bout de quinze jours, elle se transforme en nymphe après avoir consommé une vingtaine de pièces.
Les Cerceris (fig. 511 et alé chassent les abeilles et le C. ornata les paralyse d'un coup d’aiguillon à la nuque et leur mâchonne la tête. Chez le C. fuberculata, Fabre a étudié l'instinct de la direction en capturant plusieurs individus, les marquant d'une tache de peinture, les emmenant enfermés dans une boîte à plusieurs kilomètres et les relâchant alors. Les captifs libérés étaient rentrés le lendemain à leur domicile. Le Philanthe apivore (fig. 515) chasse les abeilles
domestiques et les paralyse sous la tête d'un coup d’aiguillon, mais il
Fig. 510. — Pélopée :
a, Larve ; b, Cocon: c, Nid.
a soin d'extraire violemment le miel contenu dans leur jabot et de s’en repaître avant d'emporter sa proie dans son nid.
FORMICIDES. — Nous arrivons à la section des Insectes les mieux doués au point de vue de l'intelligence ; aussi, il y a longtemps que les Fourmis sont célèbres et, s’il fallait citer et résumer tout ce qui, depuis Aristote, a été écrit sur leur compte, il faudrait de gros volumes.
Entre le thorax et l'abdomen il y a un étroit pédoncule qui donne une grande mobilité à l'abdomen. Leur tête est plus ou moins grosse, selon que l'on a affaire à des mâles, des femelles ou des ouvrières : les mandibules sont fortes et servent d'arme et d'outil, à usages multiples. Les mâchoires, la langue, sont utilisées pour lécher les liquides alimentaires, et aussi
Fig. 512. — Cerceris ornata
(d'après Marchal).
Fig. 511. — Cerceris arenarta.
au nettoyage des nourrissons. Les palpes labiaux et maxillaires sont des organes gustatifs et tactiles. Les antennes sont formées d’un premier article très long, terminé par quelques petits articles (3 à 12); on dirait un fouet à grand manche qui n'aurait qu'une petite mèche; elles sont probablement leur organe du langage, de l’odorat, du tact, peut-être de l'audition. Les yeux sont très variables ; ils peuvent être très développés ou, au contraire, manquer; il y a ordinairement trois ocelles en triangle sur le front.
Le thorax porte des pattes terminées par des grifles; les antérieures ont souvent des peignes ou des pulvilli, sorte de petites pelotes adhérentes et gluantes facilitant la marche sur les surfaces lisses; souvent une sorte de brosse se trouve en face du peigne. Les ailes n'existent que chez les mâles ; les femelles n'en ont que Jjusqu'au moment de leur fécondation.
Entre le sixième et le septième anneau de l'abdomen il existe une surface striée sur laquelle frotte une pointe; quand les deux segments jouent l'un sur l'autre, il se produit une petite stridulation.
Les fourmis vivent en sociétés dans lesquelles on trouve plusieurs sortes d'individus (fig. 517). Ce sont : 1° des femelles pondeuses ou reines; 2° des mâles ailés: 3° des ouvrières neutres:
49 des soldats également neutres. Les ouvrières et soldats vivent de huit à dix mois, les reines un an, les mâles deux
Fig. 514 — Bernbex rostrata
(d'après Sharp). Fourmilière de
malaxant la nuque de sa victime
À, Position habituelle ; B, Exceptionnelle.
la Formica rufa.
semaines. Les reines fécondées n'ont pas d'autre occupation que la ponte ; les ouvrières prennent soin des œufs, des larves et des nymphes, les nourrissent, les nettoient, les transportent d'une chambre à l’autre, suivant la température, l'humidité de l'air.
Les nymphes sont souvent enfermées
ans un cocon qu'elles se tissent; c'est ce que l'on nomme vulgairement « œufs de fourmis », que l’on recherche dans les bois, pour en nourrir les jeunes faisans.
Les mâles et femelles s'envolent pour le vol nuptial : les mâles meurent tout de suite après et les femelles vont fonder ailleurs une nouvelle colonie. Ces Fourmis ailées forment souvent des essaims considérables. Quelques femelles fécondées rentrent à la fourmilière où les ouvrières leur arrachent Îes ailes: elles sont destinées à remplacer les mères anciennes.
On connaît actuellement au moins 2 000 espèces de Fourmis: toutes vivent en colonies. Toutes sont également très avancées
dans leur organisation sociale, où l’on peut reconnaître la préoccupation constante de sacrifier le bien de l'individu à celui de la communauté.
Un des traits les plus caractéristiques des Fourmis est leur aptitude à construire de vastes fourmilières; ces édifices sont extrêmement variés, mais chaque espèce de Fourmi a son architecture particulière. Les larves ne sont point élevées, comme chez les Guêpes, chacune dans sa cellule; elles sont soignées en commun dans des chambres vastes et nombreuses, communiquant par des conduits, le tout formant un inextricable labyrinthe. De plus, les Fourmis sont très attentives aux changements thermométriques et hygrométriques ; aussi montent-elles ou descendent-elles leurs larves plus ou moins près de la surface du sol; de là vient la nécessité d’avoir plusieurs étages à diverses profondeurs ou expositions. Souvent s'y ajoutent des magasins pour les provisions, des salles pour cultures, des étables pour pucerons, pour fourmis à miel.
Les Fourmis sont des architectes fantaisistes qui, dans un cadre réglé d'avance par leur espèce, exécutent mille variantes. Souvent une ouvrière détruit ce que vient de faire un collègue pour improviser un détail nouveau.
Une singulière Fourmiestl' Œcophyla qui, pour construire son nid, se sert de feuilles qu'elle colle au moyen d’une sécrétion gluante de sa larve; elle la transporte sur le bord à coller, lui fait sécréter sa glu et la reporte ensuite dans un berceau (fig. 516).
Un premier type de fourmilière est construit en terre pure; les Fourmis brunes établissent toujours deux étages à la fois: l’un en dessous de la fourmilière, l’autre en dessus: elles utilisent les matériaux retirés du fond pour édifier
Fig. 513. — Formica.
Fig, 515. — Philanthe apivore apportant une abeille pour nourrir sa larve,
BES XRTFROPODES 137
Tronc d'epicea creusé par la Fourmi hercule (Jura).
l'étage supérieur; elles y font des murs, des colonnes, des voûtes. D'autres se contentent de creuser la terre et d'en jeter les débris autour de l'entrée, ce qui fait bientôt un petit cratère. Les Fourmis cendrées, et beaucoup d'autres aussi, apportent par-dessus leurs constructions souterraines un gros tas de terre dans lequel elles se creusent des galeries; ce dôme est la partie chaude de leur demeure, les parties fraîches étant souterraines. Les ouvertures des fourmilières sont souvent très loin de la partie centrale; elles sont au bout de longues avenues qui ne permettraient pas à des intrus d'arriver jusqu'à la cité, car elles sont gardées par des sentinelles. Certaines espèces de Fourmis barricadent leurs portes le soir.
Une toute petite Fourmi, du genre Solenopsis, vit en parasite dans les fourmilières de terre; elle creuse des petites galeries sous les planchers et les cloisons des autres et se nourrit des provisions de ses hôtes.
La Fourmi fauve (Formica rufa) accumule dans les bois d'énormes tas d’aiguilles de sapin, de pétioles de feuilles, de pailles. La partie souterraine comprend quelquefois une quarantaine d'étages.
Les nids aériens sont bien plus simples; ce sont ordinairement des trous dans les murs, les planchers, qui sont utilisés; ils sont souvent très incommodes dans les maisons.
Une autre catégorie de fourmilières est entièrement creusée dans le bois; le Camponotus herculeanus (fig. 519) creuse, dans les vieux arbres à moitié pourris, des chambres variées en respectant des planchers et des cloisons, emportant au loin les déchets.
Le Lasius fuliginosus (fig. 520) remplit les troncs d'arbres creux d'un inextricable réseau de chambres dont les parois sont faites d'un carton fibreux et collé.
Il existe des espèces exotiques qui réunissent plusieurs feuilles par des fils de soie et nichent dans le sac ainsi fabriqué, ou bien qui utilisent les cavités
Fig. 516. — Œcophylla smaragdina.
Ouvriers rapprochant les bords de deux feuilles, tandis que d’autres les collent avec la salive des larves.
Fig. 517. — Feidola instabilis (d'après Wheeler).
À, Soldat ; B, Mäl: ; C, Femelle privée de ses ailes.
Fig. 518.— Jardin d'Af{a texaona pour la culture de champignons (1/6° de grosseur naturelle [d’après Wheeler]}). Fig. 520. — Lasius.
des tiges renflées d'orchidées.
Chez nous on en trouve qui établissent leur demeure dans des bouses de vache desséchées.
Dans le but d'étudier les mœurs des Fourmis, d’ingénieux naturalistes, en tête desquels M. C. Janet, ont construit des fourmilières de formes variées, recouvertes de lames de verre permettant de voir à l'intérieur ce qui s'y passe.
Les Fourmis neutres ont pour principale occupation de soigner les larves, les transportant d'un appartement à l’autre selon les heures du jour, l'humidité, la chaleur. Elles lèchent très fréquemment les œufs, condition indispensable à leur évolution : elles continuentles mêmes soins aux larves, les nourrissant en dégorgeant dans leur bouche le liquide alimentaire que contient leur jabot. Une fois transformées en nymphe, les transports d'une chambre à l’autre continuent, puis, au moment où elles se transforment en adultes, les ouvrières déchirent les cocons de celles qui en possèdent. Elles procèdent ensuite à l'éducation des jeunes, déploient les ailes encore fripées des mâles et des femelles, apprennent aux jeunes ouvrières la propreté et l'éducation des larves, leur toilette personnelle. Peut-être leur apprend-on aussi à ce moment le langage si expressif des antennes. Certaines d’entre elles sont dressées au rôle de croque-mort, car ces animaux ont, non loin de la fourmilière, de petits emplacements où ils transportent et déposent en piles régulières les cadavres des Fourmis défuntes de la fourmilière, mais non des autres, qu'ils rejettent n'importe où, après une bataille par exemple.
Les Fourmis moissonneuses habitent dans les pays chauds: elles ne sont pas rares dans le midi de la France, mais une seulement remonte jusqu à Paris, l’Atta tractor.
Îles se nourrissent surtout de graines qu'elles choisissent avec soin, transportent à la fourmilière, les épluchent et les trient. Dans nos pays elles utilisent les graines et les fruits de la capselle, du mouron des oiseaux, du melilot, de la fumeterre, du coquelicot, de diverses graminées, du blé. Des ouvrières spéciales entassent les provisions dans des greniers cimentés, où elles sont traitées de telle façon qu'elles ne germent pas; comment les Fourmis s'y prennent-elles ? nous l'ignorons : toujours est-il que la germination ne se produit que quand les Fourmis le veulent et qu’elles y procèdent à mesure de leurs besoins, car ce sont les produits sucrés provenant de la fermentation de l’amidon contenu dans ces graines qu'elles consomment. D'autres font germer leurs graines, puis coupent la radicelle et font sécher ensuite la graine au soleil. Il y a des Fourmis qui préfèrent consommer leurs grains secs, en les cassant, les insalivant et léchant ensuite cette bouillie.
Une grosse Fourmi brune du
Lasius fuligmosus, intérieur du nid.
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Fig. 519. — Camponote.
Fig. 522. — Eciton.
genre Pogonomyrmex, vivant Fig.521.— Myrmecocystus horti-deorum en Amérique, dans les plaines gonflé de miel (d'après Wheeler). du Texas, prépare autour de la fourmilière un terrain sec qu’elle dénude en coupant au ras du sol toutes les plantes qui y poussent, sauf une seule, l'Aristida stricta, qu’elle soigne, sarcle, nettoie ; des routes desservent leur champ. Elles y font une riche moisson de la petite graine blanche de cette plante, que l’on appelle Riz de fourmis. Elles le mettent en silo, le font sécher s’il vient à être mouillé.
D'autres Fourmis coupent les feuilles de certains arbres, souvent des caféiers, auxquels elles font un tort énorme, et transportent ces débris dans leur nid, les hachent, en font une sorte de terreau sur lequel poussent des moisissures ; elles utilisent ces champignons pour leur alimentation (fig. 518); ce sont de véritables jardins souterrains, des champignonnières perfectionnées.
Beaucoup de Fourmis utilisent certains pucerons pour se nourrir des gouttelettes d’un liquide sucré produit par deux petites cornes abdominales, et ensuite des... crottins probablement sucrés de ces Hémiptères. Les unes se contentent de circuler sur les plantes, allant à la recherche des pucerons, les sollicitant de leurs antennes jusqu'à ce qu'ils aient émis la goutte ou le crottin sucré convoités; d’autres recou-
NS Apr r se AA fi (ha 0
(a Fig. 523. — Abeille (d'ap. Dreyling).
À, Schéma des anneaux de l’abdomen et plaques cirières c; B, Plaque cirière isolée.
Fig. 524 — Abeilles en posture de sécrétion de la cire.
vrent le troupeau de pucerons d’une toiture, sorte d'étable où ils sont à l'abri des intempéries. D'autres les transportent chez elles et les installent dans des chambres où pendent les radicelles des plantes du voisinage; le puceron, piquant son rostre, se laisse vivre et traire par ses hôtes.
Certaines Fourmis se gavent des liquides sucrés sécrétés par certaines plantes et finissent par devenir tellement grosses qu’elles ressemblent à des outres gonflées qui ont bien du mal à rentrer au nid. Une fois là elles se suspendent à la voûte de certaines salles et y restent pendant des mois, immobiles, attendant d'être utilisées par leurs collègues (fig. 521).
Fig. 525. — Abeille.
Toutes les Fourmis n'ont pas ces mœurs pastorales ; il en est qui n’attaquent pas, mais savent se défendre: d’autres au contraire ont des instincts pillards : ce sont les amazones. Généralement chaque fourmilière a un territoire sur lequel les voisines ne s’aventurent pas, certaines qu'elles sont d’être repoussées ou saisies et amenées à la fourmilière, où elles sont mises à mort avec des raffinements de torture; il se produit de véritables batailles rangées où des milliers de combattants se blessent, se piquent, s’arrachent pattes et antennes et se tuent avec frénésie.
Certaines de ces Fourmis belliqueuses, incapables d'exécuter les moindres travaux, partent en expédition pour des razzias : c'est le cas des Ecitons américains (fig. 522), qui vivent à l'état nomade. Plusieurs espèces vont attaquer les fourmilières voisines pour voler les larves d'ouvrières, qu’elles emportent chez elles afin d'en faire leurs esclaves. Leurs prisonnières semblent si bien habituées à leur sort qu'il se fait entre les deux races une sorte d'association tacite. Parmi ces espèces citons la Formica sanguinea, qui a pour esclaves les F. fusca et F. rufibarbis, qu'elle va, en grande troupe, voler à l’état de larve deux ou trois fois par an. Elle peut même expulser les habitants d’une fourmilière, sauf les larves, et s’y installer.
Il ne nous reste que quelques mots à dire sur les principales familles qui composent les Formicides.
Les Camponotides comprennent de grandes Fourmis atteignant près de 2 cent. :
elles mordent et produisent un venin corrosif, formé surtout d'acide formique, qu'elles lancent à une grande distance. La plus connue dans nos pays est la Formica rufa, qui fait
1. Œufs. — 2, Larve. — 3. Nymphe. — 4. Mâle ou faux-bourdon. — 5. Reine ou mère. — 6. Neutre ou ouvrière, —
7% Abeille récoltant le pollen. — 8. Abeille chargée de pollen. — 9. Tête de l’ouvrière, vue de face (a, antennes: y, yeux latéraux ; o, ocelles ; m, mandibules ; Z, labre; £, trompe), — 10. Tête du mâle, vu de face, — 11, Trompe de l’ouvrière (m, mandibules; mch, mâchoire; P, palpes ; #, trompe ou languette), — 12, Patte postérieure droite de l’ouvrière (A, face interne; B, face externe ; b, brosse: c, corbeille). — 13, Extrémité dentelée de l’aisuillon. — 14, Aïiguillon et ses #landes venimeuses (a, #lande alcaline ; ac, glande acide: Tr, réservoir glandulaire ; aig, aiguillon), — 15. Face inférieure de l'abdomen d'une ouvrière (p, plaques cirières). — 16. Appareil digestif de l'abeille (g, glandes salivaires ; i, intestin ; fm, tube de Malpighi; r, rectum; £v, #lande venimeuse), — 17. Ovaires de la reine, — 18. Ailes séparées et leurs crochets d'attache. — 19, Coupe horizontale de la tête de l’ouvrière (gp, élandes postcérébrales ; ge, $landes mandibulaires externes ; ph, pharynx). — 20. Organe reproducteur du mâle.
des tas de brindilles dans les bois: quand on les démolit, il en sort une forte odeur d’acide formique. F
Les Ponérides sont exotiques: elles vivent dans l'Amérique centrale: elles ont un aiguillon dont la piqûre détermine une vive douleur.
Les Myrmicides ont un pédoncule à
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BEÉSRXRTEROPODES 139
deux segments: on y compte plus de | 000 espèces répandues dans tous les pays. Citons parmi elles la Fourmi des gazons, très commune dans les jardins où elle fait des dégâts en rongeant les racines des plantes. La Fourmi rouge du Mexique fait ses nids au sommet des buissons: ils ont l'aspect d'un citron. Nous retrouvons là les Fourmis moissonneuses (Aphænogaster structor), les Fourmis agricoles et coupeuses de feuilles ainsi que les Ecitons du Brésil.
APIDES ou ANTHOPHILES ou MELLIFÈRES. — Ce sont les Abeilles; il y en a environ | 500 espèces, dont toutes les larves sont nourries de miel. Les unes vivent isolées : ce sont les Abeilles soli- {aires ; les autres se réunissent en grandes sociétés : ce sont les Abeilles sociales. Chez toutes les Abeilles on trouve sur diverses parties du corps des poils pourvus de barbules, qui leur servent à récolter le pollen des fleurs ;: leur abdomen n'est jamais pédonculé. Elles se nourrissent de produits végétaux.
La bouche des Abeilles (fig. 525) comprend une lèvre supérieure mobile, une paire de mandibules servant à la récolte du pollen et à la mastication de la cire, des mâchoires et une langue très compliquée chez les ouvrières, qui sert à lécher les nectaires des fleurs. Les pattes des Abeilles sont intéressantes à étudier chez les ouvrières. Sur toutes se trouve, sur le fémur, une touffe de poils plumeux collecteurs du pollen; sur le tibia des quatre premières pattes on remarque une brosse de poils raides qui servent à l’Abeille à se brosser les yeux quand, après avoir butiné dans les fleurs, ils sont poudrés de pollen. Au bas du tibia de la première paire il y a une autre brosse compliquée pour les antennes. Un éperon du tibia de la deuxième paire de pattes est utilisé pour décoller le pollen. Enfin la troisième paire de pattes est très singulièrement modifiée. Son tibia triangulaire est creusé d'une fossette appelée corbeille dans laquelle l'insecte accumule le pollen; l’Abeille prend le pollen avec la brosse de sa patte droite pour le placer dans la corbeille de sa patte gauche et inversement. Les ailes existent dans tous les insectes adultes.
Leur tube digestif possède un jabot élastique dans lequel elles
accumulent le miel ; il y reste en réserve jusqu'au moment où elles le déversent dans leurs rayons. Elles ont des glandes salivaires développées dont la première paire produit une salive qui, mélangée au miel et au pollen, sert à faire une bouillie pour les larves. La salive d’une seconde paire est employée à malaxer la cire. La salive produite par une troisième paire est mélangée au miel dans lequel l'abeille verse une très petite quantité d'acide formique pour l'empêcher de fermenter. Une glande à venin logée dans l'abdomen sécrète de l’acide formique qui est versé dans un dard barbelé.
Dans une colonie d'Abeilles sociales il y a trois espèces d'individus : une femelle unique, mère pondeuse, c’est la reine ; 2° des mâles ou faux-bourdons en petit nombre : 3° des ouvrières qui sont des femelles non développées au point de vue génital.
La reine est grande, ses ailes sont courtes, elle possède un aiguillon, mais elle ne peut piquer. Elle ne sort seule de la ruche qu’une seule fois dans toute son existence, du cinquième au neuvième jour après son éclosion, pour exécuter le vol nuptial au cours duquel elle est fécondée par un faux-bourdon. Elle pond ensuite pendant toute la belle saison environ 3 000 œufs par jour, pendant 140 à 150 jours par an, et cela pendant 4 ou 5 ans.
Les mâles sont plus larges et plus gros que les ouvrières, ils ont de gros yeux, ils sont dépourvus d’aiguillon, et leurs antennes ont treize articles. Leurs pattes ne portent ni les brosses ni les corbeilles dont nous avons parlé chez les ouvrières.
Les ouvrières sont plus petites que les mâles et les femelles, elles sont velues et rousses,
Xylocope violette.
Fig. 526. — Appareil venimeux de l'Abeille.
A, Réservoir à venin; B, Glande acide; C, Glande alcaline ; D, Aiguillon isolé,
Fig. 527. — Développement de l’Abeille, À, Œuf; BàC, Développement de la larve; D à E, Nymphes;F, G, Insecte parfait.
Abeille reine et deux faux-bourdons.
leur tête est triangulaire et leurs antennes n'ont que douze articles. Elles possèdent un aiguillon venimeux (fig. 526); des glandes productrices de la cire sont placées sous le ventre : dans la partie de chaque anneau qui est recouverte par le précédent (fig. 523), il y en a quatre paires qui produisent de petites galettes rondes de cire.
es ouvrières ne vivent que trente-cinq jours; cependant celles qui naissent à la fin de l'automne hivernent cent cinquante Jours.
Les Abeilles construisent dans leurs ruches des rayons ou gâteaux de cire suspendus à la voûte (fig. 524), formés d'un grand nombre d'alvéoles, ou cellules, placés l’un contre l’autre sur deux plans adossés par leur base, de sorte qu'un rayon se compose de deux lames de cellules superposées dos à dos. Les Abeilles ont trouvé le moyen, en utilisant le solide géométrique dit prisme hexagonal, de réaliser le
summum de la solidité, de l'économie de cire et de place, et de
loger le plus grand nombre possible de cellules dans le moindre espace possible. Chaque cellule a 11 millimètres de profondeur et 5,2 de largeur ; il y en a 425 par décimètre carré, soit 850 pour les deux faces du gâteau adossées. Ces cellules sont un peu obliques, de façon que le fond soit plus bas que le haut, simplement pour empêcher le miel qu'elles y déposent de couler.
Ces cellules, les plus nombreuses de beaucoup, servent les unes à emmagasiner le miel, les autres le pollen, d'autres à l'élevage des ouvrières ; elles occupent le haut des rayons ; il y en a une série, peu nombreuse, (environ 400 dans une ruche), de plus grandes, puisqu'elles ont 15 millimètres de profondeur sur 6,5 de large, qui servent à l’élevage des larves de faux-bourdons ; elles sont au bas des rayons. Enfin, sur le bord, on trouve de 10 à 25 cellules beaucoup plus grandes, en forme de cupule, qui sont les cellules royales où sont élevées les jeunes reines destinées aux futurs essaims, ou à remplacer la reine actuelle en cas d'accident. Une cellule spéciale, dite cellule de sauveté, est destinée à ce dernier usage (fig. 529). Les ouvrières connaissent le procédé, qui nous échappe, pour transformer en, cas de besoin, une larve d'ouvrière en larve de reine; mais il faut que la larve ait moins de trois jours.
La jeune reine, fécondée, com-
ee re FT jé 2 Cellules 22 de mâles
Fig. 528.
Cellule de mère
Cellule d'ouvrières
Fig. 529. — Fragment de rayon.
mence à pondre deux Jours après ; elle dépose ses œufs dans les cellules de la partie moyenne des rayons (fig. 528), celles d'en haut étant réservées aux provisions. Elle se place au milieu du gâteau, introduit sa tête dans l’alvéole pour voir si tout est en ordre, puis, se retournant, elle introduit son abdomen et colle à la paroi un petit œuf blanc de 2 millimètres. Du cinquième au neuvième Jour (fig. 527), la larve grandit en absorbant de la nourriture spéciale que les ouvrières mettent à sa portée au fond de la cellule. À ce moment la larve file un cocon de soie où elle s’enferme pour se transformer en nymphe ; les ouvrières ferment la cellule d’un petit couvercle de cire et la nymphe évolue dans son cocon du neuvième au quatorzième Jour; à cette époque la nymphe est formée et la jeune Abeille se constitue: le vingt- -deuxième jour elle sort de son alvéole et reçoit aussitôt les soins des ouvrières nourrices qui la lèchent, Jui apportent de la nourriture, lui font visiter la ruche ; au bout de quelques heures elle s'envole et commence à travailler.
Le développement des reines ne dure que seize jours ; celui des mâles, vingt-cinq jours. On reconnaît la cellule des mâles à son couvercle très bombé ; ils reçoivent à leur naissance les mêmes soins que les ouvrières; quand leur nombre a augmenté, quand il n'y a plus d'essaim à sortir, les ouvrières, jugeant ces gloutons encombrants, les poussent dans un coin de la ruche, les y laissent mourir de faim ou les transpercent de leur aiguillon. Quant aux larves de reines, elles sont nourries avec une pâtée spéciale qui les fait grandir plus vite que les ouvrières. Quand elles sont écloses, les ouvrières ne les laissent pas sortir de leur cellule : elles percent un petit orifice dans le couvercle par lequel la recluse passe sa trompe et elle est nourrie ; : elle fait entendre un petit cri, dit chant de la reine.
À certaines époques de la belle saison, surtout lorsque la récolte de miel a été abondante, il se produit des essaims. Dans une ruche, les ouvrières s'agitent, se groupent devant la porte, et bientôt s'envolent, emmenant avec elles la reine pour aller fonder ailleurs une nouvelle colonie. Cela peut se produire plusieurs fois dans la saison, mais les essaims sont de plus en plus faibles. Une fois l'essaim parti, ce que savent les j jeunes reines prisonnières, elles sortent de leurs cellules, mais, soit qu'elles se tuent entre elles, soit que les ouvrières lestuent, il n'en reste qu'une seule, destinée, après qu'elle a exécuté son vol nuptiel, à remplacer la reine partie avec l'essaim précédent. Il peut arriver qu'au cours de ce vol la fécondation n'ait pas lieu et que la reine rentre vierge : en ce cas elle pond des œufs non fécondés qui donnent exclusivement des males S'il n ‘y a pas de remplaçante, la ruche périclite bientôt et disparaît faute d'ouvrières.
L'apiculteur cherche à remédier à cet état en dotant les ruches orphelines d’une reine étrangère; il l'enferme dans une petite cage pour lui éviter les coups d'aiguillon des ouvrières; au bout de quelques jours la nouvelle reine est acceptée dans la ruche.
Une certaine quantité d'Abeilles est préposée à la garde des portes; elles empêchent les pillards, les parasites, d'entrer et donnent
Fig. 530, — Chalicodome, Fig. 531. — Osmie.
re 533. — SR et ses cellules dans le bois,
NL
Fig. 532. — Mégachile.
Fig. 534 — Bourdons.
A, Bourdon terrestre; B, Lapidaire; C, Nid.
l'alarme. Un autre groupe se tient soit à l'entrée, soit à divers points de la ruche, et agite frénétiquement les ailes : ce sont les ventileuses ; elles acentle parties hautes de l'habitation et elles déterminent l'évaporation du miel qui doit pe:dre son eau et se concentrer lentement ; elles font ainsi baisser la température dela ruche, ce qui empêche la cire de fondre.
Les nettoyeuses procèdent à l'enlèvement des déchets, des débris et des cadavres des Abeilles défuntes.
Les butineuses vont au dehors recueillir le pollen ou le nectar sur les fleurs; chacune d'elles a son espèce de fleurs préférée et ne va pas sur les autres. Certaines récoltent le propalis sur les arbres résineux. Les butineuses rapportent chacune 7 gr. 1/2 de miel par Jour. D'autres rapportent de l’eau dontelles ont rempli leur jabot.
Les chercheuses sortent dès le lever du soleil et vont se rendre compte des régions où les Abeilles pourront aller butiner.
Les cirières pétrissent la cire, sécrétée par leur abdomen. Les éleveuses sont chargées de l'entretien des larves, de l'éducation des jeunes. Enfin les magasinières sont chargées d'accumuler le miel dans les cellules lorsqu'il est arrivé à la consistance voulue et à fermer ces cellules d’un couvercle de cire, ou opercule, après avoir mis une gouttelette de venin pour F empêcher de fermenter.
Les produits que l’homme utilise sont le miel et la cire. Trop souvent il se contente de tuer les Abeilles pour prendre le contenu de leur ruche. S'il est prévoyant, il se sert de ruches à cadres mobiles : il suffit à l’aide d'un couteau spécial de désoperculer les alvéoles, puis de placer le cadre dans une essoreuse; une fois le miel sorti, on rend aux Abeilles le cadre avec le rayon vidé qu'elles n'ont plus qu ‘à réparer. Il y a des miels de couleur et de parfum très variés, selon l'époque et les plantes dominantes du pays.
Les Abeilles ont des ennemis qui cherchent à pénétrer dans leur ruche. Citons le gros papillon Tête de mort, contre lequel les Abeilles se défendent en rétrécasant lon de EN triongulin du Méloé s'accroche aux Abeilles pendant qu’elles butinent et se fait transporter dans la ruche où elle tourmente les ouvrières au point de les faire mourir. La larve du Clairon des Abeilles s’introduit dans la ruche, y mange le miel et dévore les cadavres des Abeilles ; la Cétoine du chardon dévore le miel ; le Philanthe apivore chasse et tue les abeilles.
Apides solitaires. — Ces Abeilles, très nombreuses, sont caractérisées par l'absence d’ouvrières. Elles ne vivent pas en sociétés et les femelles fabriquent un nid qu’elles placent dans des trous de la terre, du bois, ou bien elles déposent leurs œufs dans les nids d’autres espèces.
Les Anthophores (A. Parietina) font leur nid dans des trous de murailles et le font communiquer avec le dehors par un tube de sable.
La grosse Abeille bleu violet qui fréquente nos jardins, la Xvylocopa violacea (fig. 533), habite dans les vieux bois, où elle creuse une galerie descendante dont le fond est recourbé vers l'extérieur.
Les Chalicodomes de nos pays (fig. 530), dont le type est le Chalicodoma muraria, ont une forme intermédiaire entre celle des bourdons et des Are elles vivent dans le midi de la France, dans les maisons. Elles se font une cellule de terre et de salive et déposent leur œuf sur le miel et le pollen dont elles la remplissent; puis elles font huit ou neuf autres loges qu'elles cimentent entre elles .Après plusieurs mois d'incubation, l'adulte sort de sa prison. On lira les intéressantes observations de Réaumur etde Fabre sur les mœurs de ces insectes.
Les Osmies (fig. 531) sont des Abeilles construisant leur nid dans les trous de murailles, des cavités de vieux bois: Fabre a décrit les mœurs très curieuses d’une Osmie qui enlève la moelle des tiges de ronce
Citons les Megachiles (fig. 532) qui, sous le nom d'Abeilles cu sières, sont connues pour se faire un nid de feuilles coupées. Ces insectes Uilisent (un trou, par exemple un trou de ver dans la terre, et le tapissent de plusieurs épaisseurs de fragments de feuilles ; puis ils remplissent le fond de miel, y déposent un œuf et ferment la cellule d’un bouchon fait de rondelles de feuilles.
Apides sociales. — Nous ne reviendrons pas sur l’Abeille ordinaire, Apis mellifica, dont nous avons parlé plus haut. À côté d’ elle, citons les Mélipones, en général très petites, qui vivent dans les pays tropicaux en colonies très nombreuses. Elles construisent des ruches où elles accumulent du miel d’un goût agréable.
Les Bombus ou Bourdons de grande taille (fig. 534), très velus, vivent en sociétés où il y a rte de femellesetde oui Leurs colonies sont peu nombreuses et leur nid consists en un amas de mousse. Divers parasites se logent dansles nids des Bourdons, qui sont recherchés aussi par divers petits mammifères pour dévorer leur miel.
ESS RTIEROPODES 141
Collection Oberthur.
Thysania Agrippina (grandeur réelle : 35 centimètres).
BÉSSLEPIDORRERES
Ce sont les Papillons. Cette grande division des insectes est déjà suffisamment connue par ce que nous avons dit plus haut de sa structure. Rappelons seulement qu ils ont quatre ailes membraneuses (fig. 335) qui, sauf quelques cas tout à fait exceptionnels, sont couvertes d'écailles délicates, microscopiques, à couleurs vives (fig. 536): des poils colorés forment souvent une épaisse fourrure. La bouche est pourvue d'une longue trompe. Les yeux sont gros, les antennes biéh développées, de formes variées. Ces animaux ont des métamorphoses complètes; leur larve est connue sous le nom de chenille, leur nymphe de chrysalide, l'adulte d'imago ou papillon. [ls vivent pour la plupart de végétaux, sauf quelques larves qui, chez les petits Papillons connus sous le nom de mites, mangent les étoffes de laine, et d'autres qui dévorent des pucerons. On connaît actuellement au moins 50 000 espèces de Papillons. Aussi a-t-on dû, pour s'y reconnaître, subdiviser cet ordre en un grand nombre de familles.
Les ailes sont très grandes par rapport au corps de l’insecte ; elles manquent très exceptionnellement chez quelques femelles. Leur disposition est tout à fait caractéristique des deux grandes sections des lépidoptères; chez les diurnes, elles se dressent verticalement sur le dos de l’insecte au repos, tandis que chez les nocturnes elles sont couchées à plat sur le dos et le couvrent comme d'un toit. Chez les diurnes, les quatre ailes sont indépendantes; chez les nocturnes, un organe, le frein, composé d'une petite soie dure dépendant du bord de l'aile postérieure qui entre dans une boucle correspondante du bord de l'aile antérieure, réunit les deux ailes du même côté. Leur face supérieure diffère beaucoup de leur face inférieure.
Les mâles sont assez souvent différents des femelles. La femelle pond des œufs dans quelque trou, sous des écorces, sur des feuilles, le plus souvent disséminés; quelquefois elle les réunit. Ces œufs sont souvent très élégants et ressemblent à une vannerie en forme de vase ou de corbeille.
La petite chenille qui en sort est énormément différente du papillon qui lui a donné naissance (fig. 537). Elle se nourrit abondamment et croît vite. Sa lé est toujours faite pour broyer, presque exclusivement des végétaux; entre les pièces buccales se trouve une filière, destinée
Fig. 535. — Position des ailes chez les Papillons au repos. A, Diurnes (Piéride) ;
Caligo hioneus, dessus.
à l'émission de la soie. Quelques ocelles se trouvent sur les côtés de cette tête ainsi que de petites antennes. Les trois premiers anneaux, correspondant au thorax, portent chacun une paire de pattes pointues qui seront remplacées plus tard par les pattes de l'adulte ; puis viennent quelques segments, au moins deux, sans aucune patte. Les derniers segments du corps portent ce qu'on nomme des fausses pattes, généralement terminées par une ventouse, qui servent à la locomotion de la chenille ; ce sont des organes exclusivement larvaires qui ne laissent aucune trace chez l'adulte. Tout au bout du corps se trouvent deux autres appendices semblables, les pattes anales, dont les chenilles se servent pour s’accrocher aux plantes.
Le tube digestif est remarquable par sa grande capacité en rapport avec le régime herbacé. Des glandes salivaires s'ouvrent dans la bouche, puis des glandes modifiées en vue de la sécrétion de la soie viennent déboucher dans la filière. Les glandes séricigènes (fig. 539) sont de simples tubes contournés dont le canal excréteur commun aboutit à la filière placée sur la lèvre inférieure; les deux fils de
Fig: 536.
B, Nocturnes (Écaille).
Caligo hioneus, dessous,
soie provenant de chacune des glandes sont enduits dans la filière d'un vernis, ou grès, formé par une glande accessoire; il en résulte que si on Site à dissoudre ce grès on peut séparer les deux fils primitifs ; c'est l’opération du décreusage, qui enlève à la soie grège son enduit et la transforme en soie pure constituée par une substance dite fibroïne. Dans un cocon de ver à soie le fil dépasse souvent la longueur moyenne de | 000 mètres.
Les chenilles ont souvent la peau unie et comme vernie; mais il en est d’autres qui l'ont couverte de poils, de verrues, d'appendices diversement colorés qui leur donnent des aspects très variés.
Quelques chenilles sécrètent un liquide urticant qu'elles peuvent expulser avec leurs poils piquants.
Les chenilles provenant d œufs pondus séparément restent ainsi isolées ; mais celles dont les œufs ont été réunis en tas par leur mère restent presque toujours groupées en famille qui se tissent souvent un abri soyeux où elles se cachent en hiver pendant les heures de repos.
Les chenilles subissent un certain nombre de mues qui les amènent à l’état de nymphe ou chrysalide (fig. 538). Cette transformation se fait souvent à l'abri d'un cocon de soie plus ou moins parfait. La chrysalide est recouverte d’un enduit foncé, chitineux, qui englobe les membres futurs de l’adulte, mais sans qu'aucun fasse saillie.
Les chrysalides n’ont aucun orifice, sauf ceux destinés à la respiration, Leurs tissus sont en pleine évolution d’histolyse, ainsi que nous l'avons déjà expliqué. Il s'y forme des organes nouveaux, en particulier les organes reproducteurs, les ailes, qui manquaient totalement chez la chenille. L’adulte éclôt par déchirure de la peau de la chrysalide.
Les Papillons produisent en général plusieurs générations par an; souvent elles diffèrent les unes des autres ; ce polymorphisme est très remarquable chez certaines espèces. Il est vraisemblable que les variations de la nourriture aux diverses saisons influent beaucoup sur ces
Nid de Cnethocampa pityocampa, 3 processionnaire du Pin.
Fig, 537. — Chenilles,
1, Papillon Machaon; 2, Vanesse Morio; 3, Grand Mars; 4, Smerinthe demi-paon; 5, Grand paon; 6, Oréyie pudibonde ; 7, Dicranule vinule; 8, Cossus gâte-bois; 9, Harpyie du hêtre; 10, Acronycte de l'érable ;
11, Uraptérix du sureau : 12, Boarmie livide.
Apatura ris.
Fig. 538. — Chrysalides.
1, Vanesse Io; 2, Piéride du
navet ; 3, Liménite camille ; 4, Or- P Il d : éyiefasceline;5,Liparisdusaule; Fig. 539, — Glandes séricipares api!lons diurnes et aussi