‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 2)Chapitre 12 sur 104 · CAMP DE JALÈS. ÔT · texte numérisé non relu

CAMP DE JALÈS. ÔT

civile et une insurrection manifeste contre l'assemblée nationale, qui avait commis la sénécliaussée de Nimes pour juger les auteurs des troubles, qui avait voté au l'égiment de Guyenne des remerciments universellement applaudis^ qui avait décrété que les catholiques de Nîmes, signataires de la protestation , seiaient mandés à la barre, et, faute de s'y rendre, privés des droits de citoyens actifs.

« Le plan de contre-révolution se développe dans ces cinq ariêtés. Suit un procès-verbal rempli, d'un bout à l'autre, de déférence, de respect pour l'assemblée nationale, et de vœux ardents pour la paix, qui, on le sent bien, comme l'observe M. de Sillery, étaient loin du cœur de ceux qui l'ont rédigé. Le dernier article de cet insidieux arrêté est que le comité du camp de Jalès sera permanent et demeurera toujours en activité; qu'il sera renforcé et ses membres changés , suivant le vœu de leurs commettants ; qu'il connaîtra les différentes pétitions des membres de l'armée , et qu'enfin il sera le point central de toutes les gardes nationales fédérées, le tout avec l'approbation du département de l'Ardèche. Ce même article allouait un traitement aux mendjres du comité, et, usurpant l'un des premiers attributs de la souveraineté, ordonnait que les frais de la commission seraient répartis sur tout le département qui, lui-même, n'aurait pas eu le droit d'imposer ainsi les citoyens.

« Au camp de Jalès, plusieurs bataillons avaient pour bannière une croix; et des gardes nationales, sans doute les pénitents du pays, pt)rtaient une croix à leur chapeau. Le général de ces croisés était un abbé Labastide, de Villefort, département de la Lozère. M. l'abbé s«! trouvant avoii' une armée de vingt-deux mille hommes, avait nommé poiu" ses aides de camp ou grands vicaires cinq gardes du roi. Sur un cheval blanc, syndjole de la candeur de son àme et de la loyauté sacerdotale, il courait de rang en rang, exhortant les soldats-citoyens à aller délivrer leurs IVères de Nîmes, prisonniers poui' la foi, prêchant le rétablissement de l'ordre et de la paix connue lionillé. Les gardes nationales du dépaitement de l'Hf'raull ont été invitées et ne se sont pas rendues au camp de .lalès. Il faul rendre justice à tout le monde, et parmi tous les i>lans de contrerévolution, c'est ce dernier qui est le mieux conçu : il fait houunu' au château de .lalès. lieuieusement ce château est situé dans le département de l'Ardèche, et je dois ce témoignage au département, que c'est de là qui' me sont venues les lettres h's plus bnilanles de patriotisme. Le diiectoire, aux premiers biuits de l'arrèlé de .lalès, s'est empressé d'en empêcher l'elfet par une proclamation pleine de; sagesse et de vigueur. Voiri le décret proposé par le patriote Sillery, et adopté par rassemhii'e nationale :

fis ^SEPTKMBRE 1790) ASSEMBLÉE NATIONALE.

« L'asst'iiil)l('i' nationale, après avoir l'Utciulu le rapport do son comité des reclierclies, décrète :

i" « Qu'elle approuve les dispositions de la pioclaniation du directoire du département de FArdèclie, qui s'oppose à l'exécution de l'arrêté pris, dans le château de Jalès, par les ofliciers quisequalilient d'état-major d'une soi-disant armée iedérée.

2" « Déclare la délibération prise par l'assemblée tenue au château de Jalès , après le départ des jiardes nationales fédérées , inconstitutionnelle, nulle et attentatoire aux lois.

5» « Cliarge son président de se retirer par-devers le roi, pour le supplier d'ordonner au tribunal de Yilleneuve-de-Berg d'informer contre les auteurs, fauteurs et instigateurs des arrêtés inconstitutionnels contenus au procès-verbal, et de laiie deux procès-verbaux suivant les ordonnances.

4° « Défend aux conunissaires nommés de se rendre à Montpellier pour y prendre les informations sur l'atîaire de Nimes.

o' « Déclare le comité militaire inconstitutionnel : en conséquence, lui fait défense de s'assendjler, et lui enjoint de se conformer à cet égard au décret de l'assemblée nationale du 2 février, qui les a supprimés.

6o « Défend également aux gardes nationales de tous les départements du royaume, de former aucun camp fédératif, à moins d'y être autorisées par les directoires de leurs départements respectifs.

7" « Décrète enfin que son président se retirera par-devers le roi, pour le prier de donner des ordres les plus prompts pour l'exécution du présent décret. »

« Croirait-on que le vertueux; Desmeuniers voulait opiniâtrement la suppression du mot attentatuire! Ce champion de îilalouet, qui tiduvait mes feuilles si sanguinaires, si criminelles de lèse-nation, si liberticides, a presque voté des remerciments à l'abbé de Labastide et à l'état-major pour ses bonnes intentions! »

La conspirati(jn eu plutôt l'alfaiic du canq» de .lalès fit beaucoup de bruit ; mais, quoi q :'en dise Desmoulins, on ne trouve dans aucun écrit du temps ni dans les journaux, ni même dans le Moniteur, un récit [dus circonstancié que celui qu'il nous donne ni aucun des détails qu'il serait pour nous intéressant de connaître. Pour donner sur ce sujet quelques renseignements il a fallu recoulir à un ouvrage de beaucoup postérieur, inq)iimé en hS17. Voici ce qu'on y lit :

(c Chaque jour voyait s'accroître l'audace des révolutionnaires et les périls du monarque. Le peuple, séduit et mis de toutes parts en mouvement, appuyait par des révoltes partielles les projets dévasta-

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