ÉLECTIONS JUDICIAIRES
Liégeois (lit : « Nous soiimies les maîtres; nous avons des sabres, il faut liaclier les bourgeois. » Alors ont connnencé les désonlies. Un nombre considérable d'ot'liciers ci'iant : Vice le roi I vive la joie ! courent devant la maison du major duréi-iment de Lauzun. M. de Latour, colonel du régiment de Royal-Liégeois, se réunit à eux, et cric : Vive le roi! au diable la nation ! Le délire s'empare des esprits ; on tire les épcesft les sabres, au bout destjuels on attacbe des moiiclioirs blancs. Le mépris le p'us insultant contre la constitution l'ut at'ficlié, et l'on vomit les injures les j)lus grossières. C'est ainsi que les oflicicrs parcourent les dilTérenles rues de la ville.
Ils se rendent ensuite aux casernes pour soulever les soldats. La circonstance était favorable, car les hussards de Lauzun, ayant régalé deux cents de leurs canvirades qui arrivaient de Troyes, étaient tous dans le vin. Les soldats soitent; les citoyens sont Trappes et assaillis jusque dans leurs maisons par les soldats et les ol'iiciers; on les oblige de crier : Au diable la nation! En vain appelle-t-on la garde. Un sergent du régiment de Royal-Liégeois, de garde à la porte de Brissac, retient quelque temps ses soldats ; enliu il les laisse aller en leur disant : « Si ce sont des bourgeois, assommez-les ; si ce sont des soldats , faites-les évader. » Les chefs se transportent devant riiôtcl de ville, oi^i s'étaient rendus les officiels municipaux et le [irocureur-syiidic, dans le dessein sans doute d'apaiser les désordres. Ces ofdciers sont insultés, maltraités; les portes de l'hôtel de ville sont enfoncées. Le major de la place et les ofliciers municipaux paivicmieut enliu à rétablir le calme. C'est sur l(> réquisitoire du procureur-syndic de la commune que la municipaliié a dressé procès-verbal des faits dont je viens de vous rendre compte.
Le lendemain, l'arrivée de M. Bouille mit fin aux alarmes. 11 donna ordre au régiment de Royal Liégeois de partir sur-le-champ, et promit de faire partir celui des hussards de Lauzun. Il oidonna au colonel, au major et aux deux ofliciers de Royal-Liégeois, et à un oflicier de Lauzun, de se rendre aux arrêts.
Après avoir examiné touti's les pièces, nous avons demandé au miuislre de la guerre s'il n'avait pas de nouvelles ofticielles ; il nous a répondu qu'il en avait reçu depuis trois jours, et ((u'il en avait rendu compte au roi, (pii avait doniK' des ordres ponr (jiie les ofticiers, à (pii M. Bouille avait ordonné- de garder les arrêts, fussent mis eu iwisoii. Lli quoi! le minislie était instruit depuis trois jours, et il laissait ignorer à l'assemblée de pareils délits !
— Nous terminons l'histoire de cette période par quelques faits hors ligue. Les élections pour la réorganisation des tribunaux