CONSPIRATION DE LYON
plétement au plan de Bouille, doul nous avons parlé plus liant (p. 87). Madame de Campan nous apprend que le roi envoya à Turin M. J....e, colonel attaché à Tétat-major, pour dissuader les princes de leur projet et que celui-ci n'y parvint qu'avec beaucoup de peine. Dans ce moment même ou presque dans ce moment, on s'occupait activement, aux Tuileries, dos arranpemenls relatifs à rémigration projetée vers Metz. Louis de Bouille, lils du marquis de Bouille, arriva, le Sfi décembre à Paris, porteur de communications de la part de son père. M. Louis de Bouille a écrit des mémoires dans lesquels il donne des renseiiinements qui ne sont pas dans ceux de son père, et que nous allons consigner ici afin de compléter les révélations dont nous avons précédemment entretenu nos lecteurs.
M. d'Agout, évêque de Pamiers, avant d'aller à L'efz présenter nue lettre du roi au marquis de Bouille et s'entendre avec lui, avait passé par la Suisse, où il s'était concerté avec le baron de Breteuil. Le baron de Breteuil avait été choisi par le roi pour traiter, en son nom, avec les puissances étrangères, d'après un plein pouvoir qui devait lui être envoyé. Louis XVI comptait principalement sur les dispositions favorables de l'empereur et de l'Espagne. Depuis le moment où Ton était convenu du plan général avec le marquis de Bouille, le baron de Breteuil, usant de son plein pouvoir, avait traité avec les puissances étrangères. M. Louis de Bouille fut envoyé à Paris pour faire connaître à la cour le résultat des démarches de son père et pour recevoir la réponse du roi. Il arriva dans la capitale, comme nous venons de le dire, le 26 décembre. Dans sa première entrevue avec l'évêque de Pamiers, comme il lui témoignait quelque doute sur le caractère indécis du roi, celui-ci lui répéta, pour le rassurer, ces paroles de Louis XVI au comte de Fersen, le jour où il avait sanctionné le décret du 27 novembre : « J'aimerais mieux être roi de Metz que de demeui'or roi de France dans une telle position; mais cela finira bientôt. » Il lui confia en outre que, depuis le 6 octobre, ce prince avait envoyé au roi d'Espagne sa protestation contre tout ce qu'il pourrait saiu> tionner par la suite, comme n'étant pas libre de ses volonlt'S. Il lui confirma les bonnes dispositions du corps helvétique, celles de lEspagne, qui promettait de l'aire avancer incessamment des troupes pour appuyer la démarche du roi, et les promes.ses de secours d'Iionunes et d'argent de la ]»art de l'empereur. L'évêque de Pamiers ajouta (pi'élantau moment de se retirer lui-même en Suisse, Leuis Majestés désiraient que la négociation fût coiilimiéepar lecomlf de Fersen, qui avait toutes leurs instructions.