‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 2)Chapitre 49 sur 104 · LEXTHK AU ROI UE PRISSE · texte numérisé non relu

LEXTHK AU ROI UE PRISSE

torisaient, vis-à-vis les différentes puissances, à traiter, pour le bien de sou peuple, du rétablissement de son autorilt' légitime. Il écrivit ensuite aux différentes puissances de rEurojte pour les inviter à le tirer de la position cruelle où il se trouvait. — Voici la lettre que Frédéric-Guillaume reçut du roi de France : elle était datée du 5 décembre 1790.

« Monsieur mon frère,

« J'ai appris par M. Demoustier riiitérèt que Votie Majesté avait témoigné, non-seulement pour ma personne, mais encore pour le bien de mon royaume. Les dispositions de Votre Majesté à m'en donner des témoignages, dans tous les cas où cet intérêt peut être utile pour le bien de mon penple, ont excité vivement ma sensibilité. Je le réclame avec confiance dans ce moment-ci, où, malgré Tacceptation que j'ai faite de la nouvelle constitution (1), les factieux montrent ouvertement le projet de détruire le reste de la nionarcliie. Je viens de m'adresser à Tempereur, à rimpératrice de Russie, aux rois d'Espagne et de Suède, et je leur présente l'idée d'un congrès des principales puissances de l'Europe, appuyé d'une force armée, comme la meilleure mesure pour arrêter ici les factieux, donner le moyen de rétablir un ordre de clioses plus désirable, et empêcber que le mal qui nous travaille puisse gagner les autres États de l'Europe. J'e-père que Votre Majesté approuvera mes idées, et qu'elle me gardera le secret le plus absolu sur la démarcbe que je fois auprès d'elle; elle sentira aisément que les circonstances où je me trouve m'obligent à la plus grande circonspection : c'est ce qui fait qu'il n'y a que le baron de Breteuil qui soit instruit de mon secret, et Votre Majesté peut lui faire passer ce qu'elle voudra.

« Je saisis cette occasion de remercier Votre Majesté des bontés qu'elle a pour le sieur Heymann, et je goûte une véritable satisfaction de donner à Votre Majesté les assurances d'estime et d'affection avec les([uelles je suis, monsieur mon frère, de Votre Majesté, le bon frère.

« Signe, Louis. >»

Cette dernière pièce complète les renseignements qu'il est nécessaire de donner, en ce moment, sur les dispositions de la cour. Mais pour acbever le tableau de la situation politique à la (in de

(<) L'acceptation des décrets constitutionnels, après les journées des 5 et 6 octobre et ultérieurement. (Noie de l'auteur des Mémoires.)

i2t)8 (dÉCEMBRK 17iK)) ASSEMBLÉE NATIONALE.

1790, il faut rapprocher de ces documents quelques articles appartenant aux diverses nuances du parti révolutionnaire.

Le Journal de Paris, dont le rédacteur en chef et le fondateur était Garât, rendant compte de la séance du 20, où avait été lu le rapport de Vcidel, avait ajouté ceci : « Le roi lui-même , cédant aux instances de la reine, devait violer les serments qu'il a faits à la nation, et se rendre au milieu des révoltés comme dans le seul lieu où il trouverait des Français. » Ce passage fit beaucoup de bruit, et à ce point qu'on considéra comme une réponse faite au journal quelques mots des protestations de fidélité à la constitution, adressées par Louis XVI à l'assemblée nationale, dans les séances du 25 et du 2() (p. 2 io et 250). A Fouïe de ces protestations, le Journal de Paris fut saisi de repentir. Voici comment il s'exprima :

«On voit combien ils se trompent, ces cohspirateurs , s'il en existe, qui se flattent de mettre à leur tête ceux qui ne doivent et qui ne veulent jamais être qu'à la tête de la nation. Et puisque nous sommes obligés de parler de nous, nous n'avons jamais douté que cette espérance des ennemis de la révolution ne fût aussi insensée qu'elle est criminelle. Dans le paragraphe qui a donné lieu contre nous à un si grand reproche, ce n'est ni notre opinion ni notre sentiment que nous avons exprimés. Notre véritable opinion, nos vrais sentiments à cet égard, nous les avons cent fois exprimés dans notre journal. Et puisque nous avons été obligé de surmonter cette répugnance qu'une âme un peu délicate éprouve à parler d'elle-même, alors qu'il s'agit de si grands intérêts, nous parlerons encore avec cette franchise qui convient au citoyen d'un empire libre, et qu'il doit porter surtout autour des trônes. Si cette feuille, qui est peut-être d'un homme qui aime la liberté, depuis (jue nous l'écrivons a été remplie des sentiments que tous lesFran- Vais doivent à un roi qu'ils auraient dû demander au ciel pour la révolution, nous n'avons obéi en cela ni à un respect d'habitude qui n'était point dans le caractère de notre esprit, ni à ces impressions qui soumettent certaines imaginations devant l'éclat des trônes... Il a été manifeste pour nous que ces déterminations prises par le roi ont épargné à la France les malheurs de jeter les fondements de sa constitution sous des flots de sang; et ce souvenir, qui nous a inspiré une confiance inébranlable dans ses vertus, s'est mêlé à tout ce que nous avons eu à écrire de sa personne. » {Journal de Paris, n" CCCLIX, 1790.)

Telle est l'opinion d'un journal qui passait alors pour l'un des plus radicaux de ceux écrits par la bourgeoisie. Elle est, d'ailleurs, assez contonne à celle exprimée par Lafayette devant le jeune

l'RKSSE. 269

Louis Bouille. Or, toiil ccki se passait avant la sandioii du décret du 27 novembre. Voiei maintenant ce que Marat écrivait le lendemain de la sanction, au moment où la confiance était à peu près complète parmi les députés et les écrivains constitutionnels.

Adresse de P. J. Marat, Vami du peuple, à Louis XVI, roi des Français, a Sire ,

« Né simple citoyen , peut-être méiiteriez-vous d'être cru sur votre parole; mais né sur le trône, avec tous les vices de votre éducation, et après trente-six ans écoulés au milieu de la cour la plus corrompue de l'Europe, sans cesse flagorné par les bas valets qui vous environnent, poussé au crime par des ministres atroces on de perfides courtisans, et continuellement entraîné dans la révolte contre vos devoirs par votre famille, quelle confiance pourliez-vous inspirer dans vos protestations d'attachement et de fidélité à la patrie? Que vos agents vénaux applaudis.sent à de pareils témoignages; que vos crédules concitoyens fassent chorus bêtement, cela est dans l'ordre ; mais ne vous flattez pas de donner le change aux patriotes clairvoyants : vous ne pouvez être à leurs yeux que ce que sont les despotes.

« La sottise des rois est de se croire des êtres d'une nature supérieure à celle des autres hommes : ils ont même la folie de prétendre que le ciel les a faits pour commander, passer leur vie dans l'oisiveté, le faste et les délices. A force de s'entendre dire qu'ils sont les maîtres absolus de la terre, ils finissent pas le croire. Bientôt ils regardent leurs compatriotes comme des esclaves nés pour servir à leurs plaisirs, comme des êtres vils qu'ils peuvent impunément immoler à leurs caprices.

(( Parlerai-je de leurs afi'ections? une funeste expérience n'a que trop appris que la soif d'une autorité sans borne étouffe tout autre sentiment dans leur coeiu'. Et qui ne sait que la morale des rois leur fait un devoir de l'astuce, du mensonge, de l'imposture, de la perfidie, de la trahison, de l'assassinat, de l'empoisonnement, du parricide, pour conserver ou recouvrer l'empire qu'ils ont usurpé. L'histoire n'est remplie que des forfaits des rois, et l'état d'abjeclion de presque tous les peuples du monde est la preuve parlante de ces affreuses vérités. ,

« Répondez-moi, Louis XVI, qu'avez-vous fait jusqu'ici jtour mériter (]ue le ciel fit un miracle en votre faveur, en mettant votre àine à couvert de la contagion des scélérats (|ui vous entourent et vous obsèdent sans cesse; et eu vous inspirant les lumières et les

270 (décembre 179U) assemblée nationale.

vertus nécessaires pour triompher de leurs infernales leçons? N'allez pas croire toutefois que je ne m'appuie que sur ces principes infaillibles qui seuls suffisent au philosophe pour juger les rois : non, je vous juge par votre conduite passée; je vous juge par vous-même.

« Parlez, quelle confiance pourrions-nous avoir dans la parole, dans les protestations, dans les serments d'un roi qui n'avait assemblé la nation que pour l'engager à combler Tabîme creusé par les dila[)idations de ses ministres, des princes de sa maison, de ses lavoiis et des autres fripons de sa cour; d'un roi qui essaya de dissoudre rassemblée nationale dès qu'il trouva quelque résistance à ses volontés; d'un roi qui travailla six semaines, et de sang-froid, à l'exécution de l'infernal projet de mettre la capilale à feu et à sang, pour punir ses infortunés habitants de l'appui généreux qu'ils semblaient promettre aux représentants de la nation contre les attentats du despotisme; d'un roi qui ne parut renoncer à ses horribles dessehis, que lorsqu'il vit le peuple en armes prêt h se faire justice ; (l'un roi qui, au mépris de ses serments les plus solennels, et presque au moment même où il venait d'obtenir son pardon d'un peuple généreux, ouvrit l'oreille aux perfides conseils de sa cour, pour tramer une nouvelle conspiration contre le peuple devenu libre ; d'un roi qui, oubliant qu'il avait demandé pardon, osa prendre un ton de mailre, dès qu'il se crut eu foice, et qui s'apprêta à massacrer les mécontents ou à leur échapper, par la suite, si la fortune se déclarait contre lui; d'un roi qui, réduit à demander grâce une seconde fois, n'eut pas plutôt obtenu son pardon, qu'il trama de nouveau; d'un roi qui ferma l'oreille aux dénonciations qui arrivaient de toutes parts contre ses ministres, mille fois traîtres et prévaricateurs; d'un roi qui, loin de les expulser avec ignominie, les a couverts de sa protection, comme s'il était lui-même l'auteur de tous leurs horribles complots, et qui n'a enfin consenti à accepter leur démission que lorsque le peuple demandait à grands cris leurs têtes coupables ?

« Tel est le tableau fidèle de votre conduite depuis dix-huit mois. Soyez donc votre propre juge, et dites-nous, si vous en avez le courage, si un tel roi mérite d'autres noms que ceux (Wudomate stupkle ou de per/idp trompeur! Et vous nous vantez votre attachement à la constitution, et vous nous rappelez vos serments d'être lidèle à la patrie, et vous nous parlez du civisme de votre femme, etvousnousdemandezde nousconfieràvotreparole! Ah! plùtau ciel que nous pussions enfin vous croire; mais le pourrions-nous sans passer nous-mêmes pour imbéciles, sans trahir nos devoirs d'iiom-

ARTICLE DE MARAÏ. 271

mes et de citoyens, sans renoncer à notre liberté, à notre repos, à notre bonlieur ; sans immoler nos amis, nos parents, nos frères, nos enfants, nos femmes, sans nous immoler nous-mêmes! Sire, vous êtes l'ami de notre liberté, comme votre épouse est l'amie des Français. Le ton même dont vous vous êtes exprimé là-dessus n'est propre qu'à élever des soupçons. Quoi donc ! est-il de la dignité d'un roi qui ne serait pas habilué à dissimuler, de nous dire. Je vous parlerai ouiertement et franchement ? ^lais la vérité que vous nous devez et que vous nous cachez, nous allons vous la dire; ayez le courage de l'entendre, et tâchez d'en proliter.

« Vos ministres actuels sont des fourbes, des perfides et des traîtres, comme leurs prédécesseuis, dont ils poursuivent les errements. Un alîreux complot se tramait depuis quelque temps dans votre cabinet, pour massacrer les citoyens patriotes, et rétablir votre despotisme à main armée. La majorité corrompue de l'assemblée nationale, les chefs de l's^rmée et de la municipalité parisienne, tous les commandants des troupes de ligne, vos agents et vos satellites dans toute l'étendue du royaume, étaient à l'œuvre pour en préparer le succès. Votre beau-frère l'Autrichien et vos confrères les rois d'Espagne, de Naples, de Sardaigne, rassemblaient des troupes pour vous seconder. Les Capets fugitifs devaient rentrer dans nos provinces à la tête des mécontents conjurés ; et vous, sire, cherchant un prétexte pour allumer la guerre civile, faire couler le sang et renverser la constitution que vous avez juré de maintenir, vous avez saisi celui que vous ofl'rait la révolte du clergé, vous avez souffert qu'il jiortàt à Rome ses réclamations, dans l'espoir que les menées de ces prêtres factieux armeraient les peuples en leur faveur, que le fanatisme mettrait TÈtat en feu, et que les conjurés l'inonderaient du sang des amis de la libeité. Le ciel a confondu cet affreux projet ; et ce n'est qu'après l'avoir vu renversé en tous lieux que vous consentez à accepter le décret rendu pour réprimer ces prêtres factieux, et que vous colorez votre lefus opiniâtre du prétexte ridicule de laisser aux es[»iits échauffés le temps de se calmer ; comme si ce refus opiniâtre n'était pas le vrai moyen de les porter à un cou}> de désespoir, et d'allumer les flambeaux de la guerre.

(( Les voilà, sire, dans (ouïe leur pureté ces vérités aflVeuses qui n'osaient sortir de votre bouche... Leur publicité est faite pour vous glacer d'effroi, l'iiissent-elles enfin couvrir votre front d'une sainte rougeur et i appeler au sentiment de vos devoirs votre cœur égaré par les scélérats qui vous obsèdent! En vous rendant le docile organe de leurs impostures, vos ministres ont fait leur métier

272 (uÉCEMBKt: 1790) assemblée nationale.

ordinaiie ; en dévoilant ces impostures aux yeux indignés du pu-

J)lic, je remplis le plus saint des devoirs.

« Mais non, la nation ne veut point prononcer ; elle se confie de nouveau à votre parole, et elle prend acte de vos protestations pour juger de votre bonne fui, de la sincérité de vos serments, par le zèle que vous déployerez pour assurer le châtiment des prélats qui oseraient encore se montrer rebelles au décret que vous venez d'accepter, qui oseraient encore refuser ou violer le serment civique que Ton doit exiger d'eux. Si un seul échappait par votre négligence à le faire arrêter et à le livrer aux tribunaux, vous passeriez, sire, pour un ennemi de la liberté publique, pour un perfide conspirateur, pour le plus lâche des parjures, pour un prince sans honneur, sans pudeur, pour le dernier des hommes. Puisse la crainte d'être couvert d'opprobre aux yeux de l'Europe entière, fermer votre cœur aux conseils des scélérats qui vous environnent ! puisset-elle vous déterminer à les livrer vous-même au glaive des lois ! Craignez enfin de repousser la vérité qui ose approcher de vous, (j'est sur cette nouvelle épreuve que vous jugeront et les générations présentes et les races futures.

« P. Marat, l'ami du peuple. »

Cependant à Paris la bourgeoisie s'organisait conformément à la législation nouvelle. Nous avons vu dans la période précédente finstallation de la nouvelle municipalité (p. 82) ; dans celle-ci un passa à l'élection des juges. Les électeurs du département se réunirent en effet dans la grande salle de l'archevêché, le 18 novembre. Dans cette première séance, on décida entre autres choses que le doyen d'âge des électeurs ecclésiastiques dirait une messe basse à neuf heures précises, pour l'ouverture des élections; que cette messe serait précédée du Veni Creator, et terminée par le Domine salvam fac gentem, salvam fav legem, salvum fac regem. La rédaction de cette dernière prière proposée par Danton excita de grands débats. Ces élections ne furent terminées que le 11 décembre. Le 9, on avait installé un tribunal provisoire composé des premiers juges élus. Les présidents des six tribunaux établis à Paris étaient Duport, Fréteau, Thouret, Treilhard, Target, Merlin. On remarque parmi les juges les noms de Hérault de Séchelles, d'Agier, de Voidel, de Bigot de Préameneu, de Biauzat, de Tronchet, de Rœderer.

A la suite de l'émeute de la rue de Varennes, le corps municipal s'occupa de la garde nationale et discuta un projet dé consigne. Cette discussion n'eut d'autre résultat que l'envoi d'une députation à

ÉLECTIONS. "llo

rassemblt'io pour lui demander rexplication de Taiticle 5 du décret (lu 23 février sur la trariquillilé publique.

Dans sa séance du 1" décembre, le corps municipal, « désirant contribuer à rencouragcment, et nuiltiplier, autant qu'il est en lui, les moyens de reconnaître les services (jue la jiarde nationale a continuellement rendus à la révolution, a arrêté qu'il serait admis dans cliaque compagnie du centre, ainsi que dans les compagnies des grenadiers et des cbasseurs soldés, un enfant d'oflicier, sous-olTicier ou soldat de la compagnie, lequel ferait nombre avec le surj)lus des soldats. » Le procès-verbal du 6 porte que les cbasseurs soldés, établis pour la garde des barrières, seront au nombre de buit cent cinquante à douze cents. A la séance dulS, «des députés de la société des gardes nationaux des différents départements (club des fédérés), qui sont venus annoncer au conseil général, dans la séance du 11 décembre, la dissolution de leur club, ont été annoncés et introduits. Ils ont déposé sur le bureau une délibération de leur société, en date du 12 de ce mois, par laquelle, en réitérant la déclaration faite dans leur précédente assemblée, ils en arrêtent FinqDressiou, l'envoi aux départements et districts de France, et jirient la coumiune de recevoir en dépôt la bannière des gardes nationq,ux, bénie le 27 septembre dernier, et de leur donner un detacbemcnt [lour conduire à la commune les gardes nationaux ([ui iront remettre ce dépôt. »

Nous pensons que le lecteur nous saura gré de trouver ici une notice sur les drapeaux de la garde nationale. Gbaque bataillon avait le sien. La plupart avaient été brodés et donnés par des femmes; quelques-uns étaient entièrement blancs et sans devise; d'auties, en grand nombre, portaient des tropbées, des emblèmes, des légendes. On remarquait sur presque tous le vaisseau, symbole de la ville de Paris. Il y en avait très-peu de parfaitement tricolores : ils appartenaient aux bataillons connus pour êlre les plus dévoués à la révolution.

Comme nous l'avons déjà dit , la garde nationale de Paris était divisée en six divisions et soixante bataillons, conformément à l'ancienne division de Paris en distiicts. Nous allons, dans l'ordre des divisions, décrire les drapeaux remarquables, et rapporter leurs légendes.

PKEMitRK DIVISION. — Le premier bataillon de la première division (Saint-Jacques-du-Haut-Pas), avait sur son drapeau : Ex servitute libertas. — Le deuxième (Saint- Victor) : Loi, concorde, liberté. — Le troisième (Saint-André-des-Arts) : Union , force et liberté. — Le quatrième (Saint-Marcel) avait sur le sien, peint par

i274 (DÉCKMBUK 1790) ASSiiilBLÉli NAllpJNALK.

Belle, peintre du roi, un paysan armé d'une faux, courant dans la campagne ; on voyait dans le fond des châteaux livrés aux flammes ; l'inscription était : Mort ou liberté. Acloque, commandait ce bataillon. — Le cinquième (Saint-Louis-en- l'Ile), commandé par Bouclier d'Argis, parlementaire fameux par les satii'es de Desmoulins, avait un drapeau entièrement blanc. — Le sixième (Valde-Gràce) portait écrit sur le sien : Liberté, crains Dieu, honore le roi. Ce bataillon, commandé par Soufllot le Bomain, se fit distinguer par un arrêté très-vigoureux dans l'affaire de Nancy. Il est rapporté dans notre histoire. — Le septième (Saint-Étienne-du- Mont) avait reçu son drapeau des génovélins. Jl repiésentait un vaisseau voguant à pleines voiles, et accompagné du haut du ciel par sainte Geneviève. On y lisait : Il ne périra pas. — Le drapeau du huitième (Sorbonne) portait : N'obéir quà la loi. — Celui du neuvième (Saint-Nicolas-du-Chardonnet) , un lion tenant une pique au bout de laquelle était le bonnet de la liberlé, avec ces mots : Qui me le ravira? — Celui du dixième (Mathurins) : Liberté.

Deuxième Divisto.x. — Le premier bataillon (Prémontrés), une croix, avec cette inscription : Immortahté. — Le deuxième (Barnabites) : Patrie, liberté. Carie commandait ce bataillon. — Le troisième (Cordeliers) : ce drapeau, très-remarquable par sa simplicité, n'avait aucune devise; il était tricolore. Une croix bleue le divisait en quatre carrés, dont deux étaient rouges et deux blancs. — Le (|uatrième (Notre-Dame): tricolore; croix blanche, carrés bleus et rouges. On y lisait : Le salut de la patrie. — Le cinquième (Saint- Severin) : le chilîre du saint et une crosse d'évèque, accolés dans ime palme de martyr, ' et une branche d'olivier. — Le sixième (Petils-Augustins) : Union et liberté. — Le septième (Saint-Germaindes-Prés) : tricolore ; un vaisseau. — Le huitième (Jacobins Saint- Dominique) : Force et prudence, inscrits sur la pyramide des droits. — Le neuvième (Théatins) : Armé pour la loi et la liberté. — Le dixième (Carmes déchaussés) : la France coiffée d'un bonnet de la liberté, assise sur un vaisseau. 11 avait été donné par Monsieur, frère du roi.

Troisième division. — Le premier bataillon (Récollets) : Pour ta patrie. — Le deuxième (Saint-Nicolas-des- Champs) : Sans union point de liberté. — Le troisième (Sainte-Elisabeth) : Vaincre ou mourir; tricolore. — Le quatrième (Saint-Médéric) : Force, liberté, paix; tricolore. — Le cinquième (Carmélites) : Notre union fait notre force ; tricolore. — Le sixième (Hllcs-Dieu) : on lisait d'un côté : Union, prudence, fermeté; de l'autre, Jeanne d'Arc

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