‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 2)Chapitre 55 sur 104 · PRESSE. 2S · texte numérisé non relu

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aux Anglais, aux dilTérenls parlis, et dernièrement il a été traité, en mauvais vers, de fripon soudoyé, dans la Chronique de Paris, par un sieur Delauhie, grenadier volontaire du bataillon de la Trinité. « Moi, dit-il, qui me suis mis cent fois à la brèche pour le pauvre peuple; moi qui vois chaque jour dix mille poignards levés sur ma (ête ; moi dont le corps sera mis en baciiis, si j"ai le malheur de tomber entre les mains des assassins qui sont sur mes traces ; moi qui ne leur ai échappé que par un miracle continuel de la Providence ; moi qui ne saurais me llatter que ce miracle dure longtemps encore. »

Puis, passant à Estienne, Marat fait remarquer qu'il a publié seulement une dénonciation adressée par les vainqueurs de la Bastille au comilé national des recherches; qu'une entiuête a lieu en ce moment ; que vingt témoins ont déjà déposé. « Quant à Estienne, dit-il, né à Milhau (Aveyron), élevé dans le séminaire Saint-Victor, chassé pour vol, enfermé à Bicêtre: après quoi ayant changé son nom de Languedoc pour celui d'Estienne. Voilà, citoyens, s"écrie-t-il, le beau sire de bien (jui prétend qu'on lui compte 2^,000 liv., parce (ju'un jeune liomme comme lui a besoin de la considération publique pour son état de mouchard. » [L'Ami du Peuple, n" CCCXIV.)

De son côté, l'Orateur du P."»/)/r' recueillait quelques mots de Mirabeau, alors président du club des jacobins, contre Lafayette. Il avait dit : « N'esf-il pas honteux qu'un simple citoyen se flatte d'in- Ihiencer toute la république, lui qui a coniribuémoins que tout autre a notre liberté, lui qui par un hetu'eux hasard, ou par quelque autre combinaison politique, se trouve à la tête de l'armée jiarisienne. » (Orateur du peuple, n" LXIV.)

Enfin le Moniteur lui-même disait :

« On se plaint d'un enlèvement d'écrits et d'instruments d'imprimerie (1) exécuté dans le district de Henri !V, il y a quelques jours; (in en regarde l'ordre comme un acte arbitraire, l'exéculion comme une violation de domicile, et la faiblesse de fadministrateur qui Ta autorisée, comme une prévarication ou tout au moins un oubli couda umal>!e de ses devoirs. On ne pardonne point à la police l'illégalité de la démarche pour l'utilité de son objet; et l'on veut que les formes de la loi soient respectées, quand il est question d'un acte privé, sur lequel le pouvoii' politi(|ui' ne peut avoir aucune inllut^nce foercitive.

« Quel (pie soit le fondement de ces griefs, ((uebpie ré[)()nse (pie l'administiateur puisse y donner, la l'aison veut, la justice demande

!!' Peuclint v.c. trompe. L',: prorè>-vcrb,il ne rnciuionnr' point l'onloYcnu'iit d'instriimcnts fl'imprim'rio. ' Xole 'Ji-<! tnOnirs.]

288 (DÉCEMBRIÎ 1790) ASSEMBLÉE NATIONALE.

que la punition du (li'lil personnel soit exclusivement du ressort du magistrat civil ; que la plainte, l'information et le décret du juge la précèdent, et que jamais une déclaration extrajudiciaire ne puisse devenir le litre d'une démarche purement administrative contre la personne ou la propriété de Thabitant domicilié et connu. »

Les provinces n'oiïrent pas de grands événements dans cette période d'émeutes littéraires. La tranquillité cependant n'était pas rétablie. En différents lieux il y eut des émeutes à cause des grains et du rachat des droits féodaux. On apprit à la séance du lo décembre par une adresse de la municipalité de Cahors, une insurrection de paysans qui venait d'éclater dans le haut Quercy. Voici un extrait de cette adresse : « Dès le mois de septembre nous vous avions instruits de nos efforts pour assurer le payement des rentes dues aux ci-devant seigneurs, de la résistance des censitaires, des signes d'insurrection, des potences, des mais élevés pour effrayei' ceux qui voudraient payer... Sur la demande du district de Gourdon, et de quelques municipalités, le conseil gén(''ra! du département requit cent hommes d'infanterie et deux brigades de maréchaussée de se rendre à Gourdon. Le directoire du district se servit de ces troupes pour l'ordie; il fit abattre les potences, les mais; il fit informer contre les principaux auteurs de l'insurrection,

(( Le calme se rétablissait; mais, aux approches du village de Saint-Germain, on sonne le tocsin. Les paysans se rassemblent en armes; les communautés voisines se joignent à eux, attaquent les troupes qui se replient sur Gourdon, et les poursuivent jusqu'aux portes de cette ville. Un chef, M. Joseph Linard, se met à la tète des séditieux au nombre de 4,ijOO. Il se conduit en général d'armée : il fait des propositions de paix à la municipalité; il obtient l'entrée de la ville, et agit en conquérant. Il va à la maison commune; il demande les ordres qui avaient été donnés par le diiectoire de district; il se fait remellre toutes les pièces; il rédige luimême le procès-veibal ; il ouvre les prisons; il pronlet que toutes les troupes seront congédiées, la maréchaussée anéantie, et il annonce qu'il va se retirer lui et ses gens en bon ordre. Il se retire en effet, mais c'est le moment du pillage. La tète des administrateurs est mise à prix ; lems maisons sont les premières dévastées ; toutes les maisons des citoyens riches sont mises au pillage; il en est de même des châteaux et des habitations de campagne qui annoncent, quelque aisance. M. Linaid écrit au déparlement pour annoncer ses exploits; il exalte son patriotisme; il se déclare protecteur du peuple du disiiicl de Gourdon contre le direcloire de ec

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