TOME IV
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sont dans la rovoliUion, et nont d'autre règle après celle-là (pic de céder au parti populaire , dont ils craignent les dénonciations. Les courtisans sont comme ils étaient, bien bêles, bien vils, bien aristocrates; la reine est résignée à la révolution, espérant que l'opinion changera un pen, mais redoutant la guerre ; et le roi ne veut que le bien et la tranquillité, à commencer par la sienne. J'oubliais de parler de moi : je suis violemment attaqué par tous les chefs de parti, qui me regardent comme un obstacle incorruptible et impossible à intimider, et le premier article de tout mauvais projet est de me renverser. Joignez-y deux haines très-méritées : les aristocrates et le parti dOrléans, qui a plus de moyens qu'il ne paraît en avoir; joignez-y la colère des Lameth, avec lesquels j'ai été intimement lié ; de Mirabeau, qui dit que je l'ai méprisé; joignez-y de l'argent ei des libelles répandus, ainsi que de l'humeur que je donne à ceux que j'empêche de piller Paris, et vous aurez la somme de tout ce qui agit contre moi. Mais, à l'exception d'un petit nombre de têtes exaltées qu'on égare, tous les honnêtes gens, depuis la partie la moins éclairée du peuple jusqu'à ce qui n'est pas aristocrate enragé, sont pour moi. Je suis bien avec la gaide nationale, à l'exception de quelques jacobins mésestimés ; car les jacobins honnêtes gens sont pour moi, malgré mon obstination à ne pas aller à leur club. J'ai eu, depuis denx mois, moins de rapports que jamais ave; la cour, parce que cela n'était bon à rien, et que je ne fais que ce qui peut être utile à mon pays ; mais je crains qu'on n'ait proiité de ma négligence pour intriguer; je sais même qu'on a été au moment de les entrahier dans de grandes sottises, et qu'ils se sont arrêtés au bord du précipice. La reine est entourée si mal, les petites tètes des Tuileries adoptent si avidement les espérances et calculent si mal les obstacles, qu'il faut craindre qu'on ne néglige cet instrument si précieux d'ordre public, et qu'on ne fasse du roi un moyen d'ambition personnelle. Voilà la situation générale. »
On voit que M. Lafayette se trompait, particulièrement sur la résignation de la reine ; mais il connaissait certainement fort bien sa propre situation et celle des partis publics. Les grandes sottises auxquelles il disait que le roi avait manqué d'être entraîné n'étaient pas autre chose que la conspiration de Lyon. Le mouvement avait dû éclater au mois de décembre précédent; mais, ainsi que nous l'avons vu, Louis XVI y avait opposé sa volonté. Bouille confirme d'ailleurs ces détails dans ses mémoires (p. 206).
(Cependant le marquis de Bouille répondit à Lafayette. On reniar- (pie dans sa lettre les passages suivants : « Déjà 0!i entend dire et on répand (pie l'assemblée n'a pas de pouvoirs constituants; cpie le
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njiiî-eiittMneiil tacite (lu peuple ne suffit pas; que le rui n'est pas libre; que rassemblée même ne l'est pas; que l'opinion publique peut chanjuer, qu'elle doit niènie cbaugor. Que serait-ce si cela arrivait?... Je vous demande si tout votre édifice ne serait pas renversé, et si vous ne seriez pas écrasé sous ses ruines?... Que faut-il faire pour prévenir ces malheurs?... Un pouvoir légal à l'assemblée constituante pour faire des lois, une force nécessaire pour les faire exécuter, l'entière liberté au monarque, qui en est le chef. Voi à ce qui peut établir solidement une constitution libre, et vous éviterez alors une série d'anartbies qui doit produire nécessairement une catastrophe. — ^lais cela est-il possible ou non? Je l'ignore. Puis-je etdois-je même m'en' occuper?... Me taire, obéir, me renfermer dans l'exercice de mes devoirs : telle est la règle que je me suis imposée. »
— « Je cherchais par cette lettre, continue le marquis de Bouille dans ses Mémoires , à tirer Lafayelte de son funeste aveuglement, et je faisais une dernière tentative. Je savais que, le lendemain du départ du comte de Lamarck pour Metz, Lafayette avait eu, à Palis, chez Éinery, une conversation de trois heures avec Mirabeau , qu'il avait sollicitée lui-même. J'espérais qu'instruit de ses projets, ou les soupçonnant, il avait peut-être conçu le désir de s'y associer et de les servir. Cette réunion de Mirabeau, de Lafayelte et de moi pouvait sauver le royaume. Mirabeau disposait, en quelque manière, de la majorité de l'assenddée ; il avait une grande influence [larmi les jacobins. Lafayelte, dans le déclin de sa puissance, avait con- 5t>rvé un grand parti dans Paris et même dans les provinces. J'avais regagné une grande influence parmi les troupes... »
Or, quels étaient ces projets de Mirabeau? Pourquoi M. de Bouille voulait-il ébranler la lidélité de M. Lafayette à la révolution? il nous rap[)rend lui-même : il venait de recevoir, le 6 février, de la part de Louis XVI, [)ar la bouche du comte de Lamarck, comnuniication d'une proposition de Mirabeau, relativement au nouvel enlèvement du roi, dont on trouvera le détail plus bas. Mais continuons l'exposition de la situation des partis au moment où iKiu.'' sonunes. C'est toujours M. de Bouille qui parle.
« Le duc d'Orléans atta(juait ouvertement Lafayette... Le duc ilOrléans avait des chefs et des agents secrets distribués dans tous les points de la France. Le club des jacobins de la capitale, qu'il dirigeait, correspondait ave<; tous ceux du rnyaume ; il n'y avait pas de petites villes, de bourgs, de villages même, où il n'y en eût de piésidés ou conduits par les hommes les plus hardis, les jilus entreprenants... Le jacobinisme était un monstre dunt la tète était à
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Paris et dont les bras s'étciidaient sur toute la surface de la France. Il employait, dans ses moyens de destruction, un art approfondi, et alternativement la force ou l'adresse; ménageant les constitutionnels en cherchant à détruire Lafayette, leur chef... Le duc d'Orléans avait une armée de sans-culottes, soldée et organisée à Paris, à laquelle se réunissaient la populace et les aventuriers qui abondaient dans la capitale. 11 avait des chefs, à lui, dans Paris et dans les provinces ; Santerre, par exemple, avait le département du faubourg Saint-Antoine ; le marquis de Saint-Hurugues avait celui du Palais-Royal. Il avait des chefs dans toutes les provinces. On a même dit qu'il avait été singulièrement secondé par les francsmaçons, dont il était grand-maître en France. Ajoutez, à ces moyens, le club des jacobins de Paris à sa disposition, qui était dirigé par un conseil révolutionnaire, composé des scélérats les plus habiles qui ont brillé sur le théâtre de la révolution ; l'habileté de ses conseillers, à la tète desquels on comptait l'abbé Sieyès, Laclos et d'autres du même genre; enfin les richesses immenses de ce prince, qu'il a épuisées, ainsi que son crédit, dans la révolution. On peut remarquer qu'au commencement de la guerre, en 1792, presque tous les généraux des armées étaient à sa disposition ; Dumouriez, Kellermann, Dillon, Valence et le duc de Biron étaient entièrement à lui. » {Mém. du marquis de Bouille, p. 213.)
Le marquis de Bouille exagère, certainement, l'influence du duc d'Orléans : la haine qu'il avait contre la révolution ne lui permet pas de voir autre chose que des effets de l'intrigue ou de la corruption dans le zèle, l'activité, la passion révolutionnaire qu'inspirait fort natuiellement au peuple le ressentiment encore présent des abus de l'ancien régime, ainsi que la crainte d'un retour vers le passé. Sans doute, les partis cherchaient à se faire un appui de ces justes sentiments; ils irritaient la défiance et la colère, qui étaient déjà extrêmes: ils pouvaient même provoquer des émeutes; mais ce n'est point à leur action qu'il faut attribuer cette imanimité qui faisait que toute la France pensait et agissait, dans certains moments, en quelque sorte comme un seul homme, ni ces mouvements des masses qui produisirent les grandes journées de la révolution. Quoi qu'il en soit, les renseignements de M. Bouille sont précieux. Il avait une connaissance personnelle des intrigues orléanistes, dont il nous donne lui-même le secret. Il était fort lié avec M. de Biron. Celui-ci, qui était d'ailleurs un partisan connu de la maison d'Orléans, était venu le voir à Metz, pour lui parler du duc, de ses fautes, de ses entraînements, de ses projets. Il lui assura que le ducaKait complètement changé d'opinion, et que maintenant il avait
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la rt'iiiie iiili'iiliuii do <aiivor le roi et la monarchie. Jlem. cités, p. 227.) Il est permis de croire que M. de Biroa n'étail pas de bonne foi et qu'il voulait seulement sonder M. de Bouille sur ses intentions et ses espérances, peut-être même éclaircir quelques vagues soupçons; mais pour obtenir sa confiance, il dut lui faire beaucoup de confidences, et c'est là sans doute que le général a puisé les renseignements qu'il nous donne sur le parti orléaniste. On a pu voir, au reste, dans quelques extraits de journaux précédemment cités, que plusieurs organes de la presse patriote étaient accusés d'être dans la dépendance de d'Orléans. Desmoulins, Danton même, avaient subi des accusations de ce genre. Quant au premier, soit indifférence pour ces imputations, soit légèreté, soit bienveillance réelle, il ne manquait guère l'occasion de faire l'éloge du duc de Chartres (aujourd'hui Louis-Philippe, roi des Français.) Ainsi, en tête de son n" I.XIF, il place une gravure représentant ce jeune prince saignant un malade à rH(Mel-Dieu. Au bas de la gravure se trouvent ces mots : « Ceux qui n'avaient que des occupations et des titres frivoles deviennent respectables par les lumières et les connaissances qu'ils acquièrent, en avouant que le premier devoir de l'homme est de secourir son semblable. » Dans le n" LXIV, il présente cette gravure comme une maladresse du dessinateur : « Si j'avais eu, ajoute-t-il, à offrir le portrait de M. de Charges, j'aurais imité ce tableau du jeune législateur des chrétiens, s'escrimant à douze ans dans le Temple, et j'aurais peint la désolation de sa mère, quand elle le trouve au milieu des jacobins, comme Jésus au milieu des docteurs. )> On disait que Desmoulins exaltait le fils, ne pouvant louer le père. Au milieu de toutes ces accusations sur lesquelles il est difficile de se prononcer, Marat reste exempt de soupçons. Mais son esprit de défiance excessive, sa confiance en certains hommes fort suspects, son exaltation, faisaient de lui un instrument très-facile à manier, pour ceux qui voulaient pousser les choses à l'extrême en renversant le parti constitutionnel.
Pour ajouter une preuve à ce que nous venons dire sur la faible influence du duc d'Orléans, nous citerons ce fait, qui en outre ne manque pas d'intérêt par lui-même. A la séance de l'assemblée du 1 1 janvier, Camus avait proposé, au nom de la direction de liquidation et du comité de l'extraordinaire, de décréter que la créance de 4,1o8,8o0 livres de la dot de Lonise-Élisabeth d'OHéans serait payée au duc d'Orléans de mois en mois, en quatre payements égaux. Celte dot avait été attribuée à la fille du régent, afin de la désintéresser parcelle-ci dans la succession de son père; mais elle élait morte sans enfants et c'était le duc d'Orléans qui venait récla-
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mer son héritage. Cette demande excita une réprobation unanime dans la presse, et la question fut ajournée par l'assemblée.
Telle était la situation des partis, telles étaient les intrigues, au moment où la question du serment du clergé jetait le trouble dans toute la France. Aussi le n' LXXXI des Révolutions de Paris commençait par ces mots : « Au milieu de reffervescence qui agite aujourd'hui la capitale et les départements, la plus légère étincelle suflirait pour allumer la guerre civile ! » Nous n'avons pas, cependant, encore tout dit : les menées de la cour et ce qui en transpirait dans le public allaient encore augmenter cette effervescence.
La correspondance enlie le roi et Bouille était, comme nous l'avons vu, en pleine activité. On discutait sur le choix delà ville où le roi devait se retirer. Différents plans contre-révolutionnaires avaient été formés. Suivant Beitrand de MoUeville et Bouille, Mirabeau en présenta un dans les derniers jours de janvier, qui fut communiqué à Bouille par le comte de Lamarck. Il avait été discuté avec M. de Montmorin, le 2 février. 11 consistait à dissoudre l'assemblée, à convoquer une nouvelle assemblée par provinces et par bailliages, et sur les bases de la propriété, et h inviter les bailliages à donner leurs mandats pour une nouvelle constitution. Le roi se serait retiré, soit à Fontainebleau, soit à Compiègne, où Bouille aurait réuni des troupes. Le tout devait être provoqué par une adresse émanée des provinces et soutenue par Paris et une partie de l'assemblée nationale.
Un autre plan fut aussi présenté par M. de Montmorin. Mais le roi et la reine, tout en acceptant ces conseils, ne suivaient que le plan de Bouille. Ils se déliaient de leurs serviteurs et notanmient des émigrés et des princes de la famille royale réfugiés à l'étranger. Aussi le plus grand secret couvrait-il toutes leurs démarches.
Cependant l'émigration continuait, et comme si l'émigration de la famille royale elle-même eût été la suite naturelle de celle de la noblesse, le bruit de préparatifs pour la fuite du roi se répandit dans le peuiile. On venait d'apprendre, d'ailleurs, que Mesdames, tantes du roi, se préparaient à quitter Paris pour se rendre à Rome. «Personne ici, disait un journal le l*^" février, ne peut plus douter du projet constant et opiniâtre qu'on a de faire partir le roi, et des manœuvres successives et diverses qu'on emploie pour préparer et faire réussir ce départ. Huit ou neuf cents membres de la société des Amis de la constitution ont entendu de leurs propres oreilles, dans leur séance de samedi dernier 2"J janvier, le rapport de deux commissaires que celte société avait en-
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voyés à Versailles, auprès de la société des Amis de la constitution ('■lablie dans cette ville. Ces conimissaires, accompagnés de plusieurs aulres de Versailles ont visité les écuries du roi, et celles des ci-devant gai des du corps, et y ont trouvé au delà de t^ept cents chevaux, ioujours sellés, bridés et prêts à [lartir au moindre signal. Ces mômes commissaires ont vu de leurs deux yeux plusieurs voitures du roi sur lesquelles on chargeait dans Tinstant même de très- grandes vaches de cuir bien remplies, et dont les armes peintes sur les panneaux étaient presque entièrement effacées. Dans la même journée loute la maréchaussée de Tlle-de-France, au nombre de plus de deux cenis cavaliers, s'était rendue, avec armes, chevaux et bagages, dans l'hôtel d'un lieutenant général, M. de la Salle, faubourg Saint-Germain, sous prétexte de réclamer une masse de oO mille lianes, comme s'il convenait d'aller s'enfermer avec armes et bagorijes dans l'hôtel d'un officier général, pour faire une pareille réclamation. On a su hier que le sieur Priorau, commandant de la maréchaussée et connu pour un des plus vils instruments de l'ancien régime et de l'aristocratie actuelle, était revenu secrètement de Turin, et qu'il se tenait caché au Louvre. Toutes ces décotivertes, ainsi que plusieurs aulres que l'on fait à chaque instant sur le même complot, nous prouvent donc qu'on n'a point abandonné et qu'on n'abandonnera pas le projet de faire partir le roi. Mais pourquoi les ennemis de la patrie et de la liberté s'acharnent-ils spécialement et constamment au projet d'emmener le roi au ilelà de nos frontières? La raison en est sinqde. Les princes d'Allemagne et Léopold veulent bien fournir des troupes contre la nation iranyaise, mais aucun d'eux ne \imi alla que r cette nation en son propre nom ; ils voudraient que ce fût le roi des Français qui marchât contre les Français sous prétexte de rétablir son ancienne autorité, et ce que les rois appellent leuis droits divins. Us diraient alors que ne connaissant que le roi, et non la nation, et que n'ayant jamais traité qu'avec le roi, ils lui doivent tous les sec-ours possibles contre les rebelles. Voilà le grand mot de l'énigme, et voilà pourquoi les aristocrates fugitifs font des recrues sur nos frontières, en attendant qu'un beau jour (le cet hiver ou de printem[)S, le pouvoir exécutif de la France leur soit amené pour commencer la guerre. « {Annales patriotiijues, l^r février.)
Le Monilein- démentit une [lartie de cet article : « On parle, ditil, depuis plusieuis jr)urs d'une très-grande quantité d(! chevaux réunis dans les écuries de Versailles; un nombre assez considéiabh^ (If cavaliers de la maréchaussée est arrivé à Paris; des préparatifs de départ faits à Bellevue doimaient dis inquiétudes. Nous devons
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lassurer ceux qui auiaient pu olre eflVayés. 11 n'y a, tant dans la grande et la petite écurie de Versailles que dans celles de Mesdames, que six cents chevaux, et, depuis le séjour du roi à Paris, ce nond)i'e n'a pas varié. On a vu, dans notre numéro du 51, la cause de l'arrivée des cavaliers de la maréchaussée (c'était, dit le Moniteur^ pour l'apurement des comptes d'une partie de ce corps.) Quant au départ fie Mesdames, tantes du roi, il paraît certain qu'elles ont eu le projet de voyager en Italie.
« On a répandu le hruit qu'il y avait un complot pour enlever le roi et sa famille ; ce bruit est absolument dénué de fondement. » {Moniteur, 3 février.)
Nous laissons le lecteur juge de la vérité de ces explications. Quoi qu'il en soit, les constitutionnels se méfiaient si peu des intentions du roi, qu'ils s'adressèrent à lui pour empêcher le départ de ses tantes.
Les procès-verbaux manuscrits de la conuuuue renferment, à la date du -i, la délibération suivante : « Le corps municipal étant informé par M. le maire et les administrateurs au département de la police, que Mesdames, tantes du roi, avaient fait demander un passe-port dans l'intention de sortir du royaume, a arrêté qu'il ne serait point délivré de passe-port, et sur l'observation que l'ordi'e et l'intérêt de la sûreté prdilique exigent que dans une circonstance aussi délicate, la municipalité ne néglige aucun des moyens qui peuvent les assurer; le corps municipal, ouï et ce requérant le premier substitut, a unanimement arrêté que demain, ]\L le maire et MM. Penou et Jolly, ainsi que le premier substitut adjoint, se retireraient devers le roi pour lui exposer les inquiétudes des citoyens sur le voyage de Mesdames, et les inconvénients qui peuvent en être la suite. »
Cette démarche eut lieu en elîet. Bailly se rendit aux Tuileries, à la tête d'une nombreuse députation. Le roi répondit que : « Quand on lui montrerait un décret de l'assemblée qui défendit de voyager, il em[)êcherait ses tantes de partir; mais que jusqu'à ce moment elles étaient libres de sortir du royaume ainsi que tous les autres citoyens. » — « La réponse du roi aigrit les esprits, dit Ferrières. Les jacobins dirent hautement qu'il fallait empêcher le départ de Mesdames : les constitutionnels résolurent en conséquence de paraître s'y opposer. — On fit agir les dames de la Halle; on leur insinua d'aller à Bellevue, où était la résidence des tantes du roi, et de les forcer de se rendre à Paris. Mais elles prévinrent cette scène désagréable en revenant, le soir même, coucher aux Tuileries. Ce refour ne calma point les inquiétudes du peuple. « [Mnn. dumarq. de Ferrières, t. II, p. 229,]