‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 4)Chapitre 36 sur 88 · TOME YI · texte numérisé non relu

TOME YI

206 (décembre 179J) assemblée législative.

la question préalable avant la question principale, M. le président a mis aux voix celte dernière, malgré les réclamations d'une partie de l'assemblée. Voilà pourquoi j'ai demandé la parole contre le président, pour l'honneur de la règle et de l'assemblée.

M. le président. Je rends justice au sentiment d'honnêteté de M. Coulhon ; mais une simple observation va écarter rinculpation qu'il m'a faite.

Il est vrai que la motion principale a été mise aux voix; mais la première épreuve était déjà faite, lorsque j'ai entendu demander la question préalable. J'ai proposé à l'assemblée de renouveler l'épreuve. L'assemblée ne l'a point voulu. (On applaudit.)

M. le président. Je rapi)el!e aux tribunes qu'elles doivent assister aux délibérations, qu'elles ne peuvent ni applaudir ni improuver; sans quoi j'exécuterai contre elles la loi.

L'assemblée décide de passer à l'ordre du jour.

— Le o décembre, à la séance du soir, une adresse de la société des Amis de la Constitution, séante à Auch, excita de nouveaux débats. La société félicitait l'assemblée de son décret sur les émigrés. Laureau demanda qu'on prohibât ces sortes d'adresses, qui étaient au delà de la loi, contre la loi, et qui tendaient à donner l'expression d'un petit nombre d'individus pour celle de la totalité. Thuriot et Lacroix parlèrent en faveur des sociétés, et l'assemblée décréta la mention honorable de l'adresse. A la séance du 13, une pétition, qui dénonçait celle du directoire de Paris comme attentatoire à la souveraineté nationale, donna lieu encore à des réclamations. «11 est temps enfin, .s'écria Girardin, de se pénétrer de cette grande vérité, que le salut de l'empire est dans la constitution, que le salut des patriotes est dans la constitution, que le salut du peuple est dans la constitution; ceux-là sont ses plus grands ennemis qui osent invoquer une autre loi : la loi suprême est dans l'obéissance à la constitution, elle est là tout entière. »

Bazire et Grangeneuve défendirent le droit sacré de pétition, et l'assemblée passa à l'ordre du jour. Les feuillants n'avaient donc pu rien obtenir sous ce rapport, si ce n'est un arrêté qui avait été pris le 4 novembre, sur la proposition de Quatremère, par lequel le dimanche était exclusivement consacré à la lecture des pétitions.

Dans toutes ces afiaires, oli le sentiment des jacobins était d'accord avec la tradition laissée par la constituante, ils triomphèrent à l'aide des centres ; mais leurs succès n étaient pas très-signiticatifs; ils balançaient seulement l'influence de leurs adversaires. Aussi peut-on considérer comme conforme aux faits, si ce n'est comme juste, le jugement général que Paganel porte sur les six ou

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