‹ Histoire parlementaire de la Révolution françaiseChapitre 8 sur 92 · DANS LK CINQUIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

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plus étroit i't;iit placé sur les rives du Hliûiie : c'était uu isthme pressé d'uu côté par les Bourguignons, de l'autre par les Visigoths. Les Bourguignons occupaient déjà l'Alsace, une partie de la Suisse, le Doubs, la Haute-Saône, et menaçaient Lyon. Les Gotlis étaient arrivés sur la Loire et faisaient elîurt pour traverser le Rhône. Le Nord, au contraire, était tranquille. Childéric avait succédé à Mérovée dans Tournai; les Ripuaires étaient paisibles dans leurs cantonneinents. En conséquence, /Egidius, que nos chroniques appellent (iillon, se transporta dans le Nord et vint solliciter l'alliance des Armoriques. Il mit sans doute en avant l'intérêt religieux et se tit aider des évêques. En efl'et, on vit celle confédération qui, jusqu'à ce jour, n'avait pris les armes que pour défendre bcs loyers, fournir des soldats pour aller combattre au loin. C'est que les Bourguignons et les Visigolhs, contre lesquels on leur demandait secours, étaient des ariens. Ces derniers étaient particulièrement détestés, parce qu'on les accusait de plusieurs persécutions sanglantes exercées contre les catholiques. /Egidius n'eut pas seulement le secours des Bagaudes armoricains : il fut élu roi par les Francs de Tournai qui chassèrent Childéric. Alors, iEgidius alla combattre les Golhs à Arles, en Auvergne, sur les bords de la Loire. Ce général, au reste, s'occupa de conserver des provinces, moins pour la cour de Raveniie que pour la foi catholique, dont il était lui-même profondément imbu (1). On ne le voit pas même, depuis son élection, entretenir le moindre rapport avec les empereurs. Un fait semblait devoir déranger la bonne harmonie qu'il avait réussi à introduire dans le Nord, ce fut le rappel de Childéric par les Francs. 11 est probable que nos chroniqueurs ont rapporté inexactement les causes de ce retour, ou que nous les avons mal interprétées. En eflet, on voit Childéric à la tête d'un corps de troupes dans une armée que commandait yEgidius; bien plus, on dit qu'ils régnèrent ensemble. Childéric reçoit un titre dans l'administration delà milice; eulin il reste allié des Armoriques.

iEgidius fut tué dans un combat au bord de la Loire. Après sa mort, son fils Syagrius lui succéda dans le gouvernement dont Soissons était le centre ; un comte Paulus resta commandant des troupes qu'on voulait bien encore nommer romaines; la confédération continua d'ailleurs à être très-unie. Ainsi, les chroniques nous montrent Childéric allié avec le comte Paul et conservant l'administration de la chose militaire. Le chef franc fut surtout

(1, " Virum, ut fama comm«ndat, Dco bonis operibus complacentem ». Tdatii ehron.

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occupé contre les Bipiiaires, qui liabitaienl entre Rhin, Mense et Moselle. Dès ce nionienl les rapports d'obéissance furent rompus avec les Italiens. En effet, la cour impériale accorda le titre de chef de la milice à l'aîné des rois bour;;uignons. Cen.v-ci en prolitèrenl pour s'emparer de Lyon et de Vienne; les Visigolhs s'emparèrent d'Arles et du pied des Alpes; enlin les Hérules se rendirent maîtres de l'Italie. Le Nord se trouva séparé du centre de l'empire par des royaumes ariens.

Les choses étaient en cet état, lorsque Clovis succéda en -481 à Childéric. Ce roi chassa Syagrius et s'empara de Soissons. Il soumit les Francs du pays de Tongres ou de Thuriuge ; mais il fut arrêté par la confédération armoricaine. Il assiégea Paris à diverses reprises, pendant dix ans, dit-on. C'est dans ces luttes que Geneviève de Nanterre se sanctilia par son dévouement religieux à la chose pilblique. Cette vierge depuis longtemps consacrée au Seigneur, était déjà aimée et respectée pour des services de même genre rendus au temps de la guerre contre Attila. Son exemple et ses prédications donnèrent aux Parisiens le courage de résister à des attaques moins redoutables par elles-mêmes que par les ravages ({u'eiles occasionnaient. Clovis sentit alors la nécessité de lier ses intérêts à ceux du catholicisme. C'est sans doute dans ce but qu'il fit enlever la jeune Clotilde, laquelle, quoique de Bourgogne, pratiquait cependant la vraie foi. Il s'unit à elle en mariage. D'un autre côté, les évêques faisaient leurs efforts pour amener Clovis à se convertir. Ce fut un Romain, c'est-à-dire un chrétien, (|ui lui conseilla son mariage ; et ce fut un ^aint prôtie qui détermina Clotilde à donner sa foi à un païen, dans l'espérance de le changer. Enfin, en iiKi, le roi franc se lit baptiser à Reims avec trois mille de ses lidèles.

Cet acte, depuis longtemps commandé par les circonstances, ne fut sans doule autant ajourné que par la volonté des évêques. Ils exigeaient qu'il lui autre chose qu'une vaine cérémonie, et ils refusèrent en eonséquenee de l'accorder à d'autres sentiments qu'à Ceux d'une foi réelle tt éprouvée. L'Église et tout le monde alors croyait aux sacrements, et c'eût été un sacrilège que de les prodiguer à des intérêts seulement temporels. Eu elïet, il est inexact de dire que Clovis ne tarda tant (jue dans la crainte de méconlenler .ses Francs. Depuis longtemps beaucoup de Francs .s'étaient faits chrétiens; on trouve même à celle époque un .siinf de celte race. Us étaient habitués an respect pour les prètre.s et les vierges du Seigneur, et par l'exemple d'.I-lgidius, et par celui de (Ihildéiic, t't enlin pnr celui deillovi-* lui-même, (pii très souvent consultait

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quelques sainis |iersnnna)ïes ([iii siuvaieiit lialiiluelleinenl son ariiiôe. Clo\ is, d'ailleurs, faisait baptiser ses enfants, ce (]ui fiait promettre au.v Francs des rois chrétiens. Or, rien ne nous apprend que quelqu'un de ses sujets lui ait demandé compte de cet acte. L'histoire du vase sacré réclamé par Tévêque de Reims nous prouve quelle autorité avait, parmi cette peuplade, le respect pour l'Église. Enfin, limmunilé accordée au territoire de la cité des Rémois , Tindépendance qui lui fut laissée, parce qu'elle était sous la protection d'un archevêque, tandis qu'on conquérait vSoissons, parce que cette cité était administrée par un comte; la conduite même de Clovis après son baptême, tout montre que son accession au christianisme fut plus encore un acte de foi qu'un acte politique.

En iOT, un an après ce baptême, Clovis invita les Armoriques à s'allier avec lui, et, par l'inspiration des évoques, elles le reconnurent poilr administrateur de la chose militaire (1). Paris devint la capitale du nouveau royaume. Les troupes romaines qui étaient cantonnées vers la Loire et dans le Berri, ne voulant pas, di.^ent les chroniques, se donner aux ariens, imitèrent les cités : elles se donnèrent aux Francs et aux Armoriques. Alors la nationalité

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