Hisroiiii-; ots gailks
invasion du ciiKiiiiènie siècle. Il est évident qne le setTi'l de ces puissants niuuvements réside en ^i;rande partie dans les troubles intérieurs de l'empire.
La nalionalilé française sortit du sein de ces troubles. Elle fui instituée autant dans le but de protéger les populations gauloises, que diins celui de défendre et de fortilier le catliolicisme. La narra lion suivante va nous en oITrir la preuve.
Dans les premières années du cinquième siècle, les habitants des Gaules commencèrent à sentir la nécessité de former un centre militaire indéjtendant et national. Cette pensée leur fut évidemment inspirée par les événements qui se pressèrent à cette époque et par le peu de conliance que devait leur inspirer un pouvoir impérial constamment baHotté entre des partis contraires. On avait appris, en iUO, qu'Alaric, roi des Gollis, était entré en Italie, et qu'on ne l'avait arrêté qu'en lui promettant le gouvernement des Gaules et de l'Kspagne. Pour lui résister, le gouvernemeni avait appelé au delà des Alpes toutes les troupes ijiii gardaient les lignes du Uliiii et de la Meuse. Cette frontière n'étant plus défendue, en iOG, des bandes innombrables de baibares, Alains, Vandales, Suèves, Bourguignons, après avoir vaincu les Francs, passèrent le Rhin et vinrent inonder le pays. Mayence, \\ orms, Reims, Amiens, Arras, Tournai, Spire, Strasbourg, Langres, Trêves, Toulouse, les provinces d'Aquitaine, la première Lyonnaise, les Narbonnaises, furent saccagées. Tuut le monde accusa de cette grande calamité le maître de la milice, Stilicon, qui était en môme temps le premier ministre, le tuteur et le tyran du jdine empereur d'Occident. Cet ambitieux, disail-on, d'oiigine vandale et de religion douteuse, voulait doimer l'empire à son propre lils. C'était lui qui avait appelé les barbares (I) et les avait poussés sur les provinces dont il craignait l'opposition. H avait pronns à ses alliés de détruire le calliolicisiuf!, et il avait, en garantie de ses promesses, fait élever son lils dans le culti; des faux dieux. Stilicon ne survécut pas à celte double accusatidii; il lut assassiné par ordre de l'empereur, lùdin, eu 41U, on apprit que Rome venait d'être prise et détruite par les Golhs ariens.
Le scandait! des andiitions (|ui agitaient les parties méridinuales d(! l'empire, le bruit des di^cussions religieuses qui en étaient l'ocoasioii ou la suite, avaient, sans doute déjà depuis longtemps, détaché les contrées calbiiliques du Nord. L'histoire fait foi de la
l\) «Qui nnstris, cnnira nos. opiluis ariTinvit ininiirns. p S. lIi(>rom. lip. ml Gcnint.
1>A.\S LE CINyilÈMK SI^UJ.H. I,")
tran(|uil!ité des Églises dos Gaules. Elles élaient encore, dans la piviuière ferveur du sentiment religieux, tout occupées à Tu-uvre d'une conversion qui n'était pas conipléleinent achevée. Les évoques devaient être disposés à saisir la première cccasion d'isoler leur troupeau du contact des terres hérétiques.
Cette disposition morale se manifesta par une .suite d'i-vi-nements sur lesquels les historiens n'ont pas assez insisté, et qui domient un caractère tout nouveau à l'origine de la monarchie française. D'abord, les troupes roniaijies, en garnison dans la Grande-Bietagne, cherchèrent un chef capable de chasser des Gaules les barbares qui s'y étaient établis. Après plusieurs essais elles trouvèrent \m homme du nom de Constantin, d'une naissance obscure, sorti de race militaire. Elles le revêtirent de la couronne impériale. Il se montra digne de la fonction à laquelle on l'avait appelé. Il pas^a dans les Gaules à la tête des soldats qui l'avaient élu. Toutes les cités et tous les corps de légionnaires épars dans ce vaste pays le reconnurent. Il se trouva aiusi à la tête de forces assez puissuites pour combattre l'ennemi de la civilisation. 11 réussit en etïet à reconquérir le sol sur les barbares, dont une partie fut rejetée vers les Pyrénées, et une autre fut. reçue, parmi les ripuaires des Gaules, à prêter le serment de l'ofOce militaire. Enlin, il rétablit les postes retranchés que les Romains avaient sur la frontière du Rhin.
Vers le même temps, pludeurs cités des Gaules commencèrent à s'associer. Cette confédération désignée le plus souvent sous le nom d'Armoricaine, et quelquefois sous celui de Bagaudia (1), comprenait les deux Aquitaines, la deuxième, la troisième, la quatrième Lyonnaise, et une partie de la deuxième BLilgique, c'es!-àdire les provinces que nous nommons aujourd'hui l'Auvergne, le Berri, la Bretagne, la ^Normandie, l'Ile-de-France, l'Artois, la Champagne, etc. Ainsi, d'après la notice d'Iîonorius, environ quarante-neuf cités s'engagèrent dans un pacte d'union (2). D'ailleurs, l'insurrection ne tarda pas à devenir complète. Les villes insurgées formèrent des congrès pour délibérer sur les intérêts communs; elles levèrent des troupes; enfui elles s'attribuèrent l'administration de la justice, des impôts et de la guerre. Il paraît que, dans ce changement, les évêques reçurent généralement le gouvernement des alïdires temporelles et en disposèrent avec la même autorité qu'ils portaient déjà dans l'administration spirituelle. Celte der-
(1. Voyez la Nolilia imperii romani. Voyez le beau travail de l'abbé Dubos. Voyez le volume des préfaces.
2j « Sibiquadam republioa pro arhitrio ronstifuta. n fZo?im., 'le Gallis,]\b. \'. TOME I. 2
li IIISTOIHK DKS GAI l.tS
nière circonstance expliqiii' cuiiimtMit, peu d'années après, la poliliqiic du [»ays sitné eiilie la Meuse et la Loire reçut une direction si positivement catliidique.
La coulédrialion des Baf^audes n'acquit son complet développement que vers l'an iO!). Elle se serra et se forlitia à mesure que le besoin qui l'avait créée devint plus pressant. Ainsi, lorsque l'élu des léiiions, ce Constantin que les légendes grecques apjtt lient lyran, ce Constantin qui avait chassé les barbares, eut dissipé sa fortune dans des guerres entreprises en Espagne, en Italie, et eut été vaincu et pris par une armée impériale, les Bagaudes présentèrent un faisceau assez puissant pour (jue le gi-m'ial de la cour de Ravenne n'osât compromettre son armée en les attaquant.
Leur lésislance lu! un bienfait dans ce temps d'anarchie. Elle signalait un besoin de conservation auquel l'empire romain ne pouvait plus satisfaire. BitMilôl les deux [)rovincos germani(|ues essayèrent de prendre part à ce mouvement d'indépendance, mais elles agirent avec moins de sagesse que leurs aînées; et, au lieu d'un congrès, elles mirent à leur léle, connue empereur, un noble gaulois, Jovinus (I). Celui-ci s'adjoignit, comme auxiliaires, des Francs et d'autres Itarbares.
La cour de Ravenne, dans l'impuissance de rompre celle grande association formée de la répid)lique des Armoriques et du nouvel empire des bords du Rhin, livra les Gaules aux Visigoibs pour y faire le service militaiie. Elle en délivra ainsi l'ilalie en 412. Ceuxci accomplirent en partie leur mission. Ils réussirent à détruire l'uni(ui qui formait l'empire de Jovinus, et le livrèrent lui-même vivant aux Romains; ils entamèrent même la première confédération des Biigandes, à laquelle ils enlevèrent une partie des Aquitaines. Ces victoires furent sans doule obtenues difiicilem^nt, car bientôt les Romains pensèrent à recourir aux négociai ions pour obtenir leur soumission délinitive. En couM-quence, ils tirent passer les Visigolhs en Espagui!, et chargèrent, en il 7, un Exuperantius, citoyen du diocèse de Poitiers, de traiter avec les cités indépendantes : il réussit en partie. Ainsi, il obtint des cités d'Aquitaine et de la seconde Belgique, qu'elles renonçassent au pacte d'uriion et qu'elles revnssenl les ofliciers de l'empereur. Mais les villes des trois Lyonnaises résistèrent à ses avances. Ainsi, vingt- deux cités, Paris, Maux, Auxerre, Troyes, Chartres, Sens, Rouen, Bayeux, Avranches, f^vrenx, Séez, Lisieux, Coutances, Tours, le Mans, Rennes, Angers, Nantes, Quimper, Vannes, et deux antres villes de Bretagne qui n'existent [dus, conservèrent leur indépendance.
'1) V .loviiins, vir riallinnim iiobilissinius. » (Oms, lili, VU, fap. ii)t.)
DANS LE CINQUIÈME SIÈCLE. iK
Pour assurer la (idélité des provinces ramenées à roht'issance, soit parles armes des Visi'^olhs, soit par les iiégocialions dTxnpérantius, Hoiiorius et ïhéodose, empereurs, publièrent, en 418, un ëdit qui renferme les dispositions suivantes : Il devait y avoir, chaque année, depuis le 15 août jusqu'au J." septembre, à Arles, un concile ou une assemblée civile, composée des juges et des autres officiers des sept provinces, ain.»-! que des évêqnes et des notables, c'est-à-dire des députés de la propriété. L'assemblée devait être présidée par le préfet du prétoire. Une amende considérable était prononcée contre ceux des élus qui manqueraient de s'y lendre. Les sept provinces étaient la Viennoise, la province des Alpes, la seconde Narbonnaise, la première Narbonnaise, la Novempopulanie, la seconde Aquitaine et la première Lyonnaise, c'est-àdire tout ce qu'on appelle aujourd'hui le midi de la France. Quant aux deux Germanies et aux Belgiques, on y envoya un général et une armée, et Exupérantius fut nommé préfet du prétoire à Arles, capitale des sept provinces du Midi.
Ces dispositions, qui semblaient faites dans l'intérêt de garantir la tranquillité et l'indépendance des Gaules, eussent réussi, sans doute, à rattacher l'opinion publique aux Romains et à ramener les Bagaudes à reconnaître les officiers de l'empereur ; mais, six ans après, on apprit, dans les provinces insurgées, que de nouveaux troubles s'élevaient en Italie : Honorius et Constance, empereurs d'Occident, étaient morts, et l'on se battait, de l'autre coté des Alpes et jusqu'en Afrique, pour recueillir ou partager leur succession. Peu de temps après, l'on sut que l'empereur d'Orient l'avait emporté; mais c'était en introduisant sur le vieux sol romain une nouvelle nation barbare, une bande de Huns dont on racontait avec frayeur les mœurs féroces. En même temps, à Arles, les troupes romaines massacrèrent le préfet du prétoire. Les Visigoths. qui étaient revenus d'Espagne et qui étaient rentrés dans les provinces méridionales, recommencèrent leurs courses; et vers le Nord, des Bourguignons et des Francs se mettaient à piller deux cités gauloises, Metz et Trêves. Il était évident qu'il n'y avait plus rien à espérer de l'empire, et qu'il fallait chercher des secours seulement en soimême. Il est vrai qu'une armée impériale, commandée par Aétius, vint d'Italie forcer les Visigoths à reconnaître l'empire et à lui prêter le serment militaire; elle poussa, le long du Rhône et de la Saône, jusque vers Metz, rejetant dans leurs limites quelques bandes de Francs et de Bourguignons ; mais cette armée fut bientôt rappelée et alla se dissiper dans une guerre civile. Aussi toutes les cités des Gaules qui n'étaient point retenues par la présence des
in lirSTOlRE DJ;S «iAl'f.F.R
\isif^ollis ossayèreiil de se rendre indépciidaiilLS et d'enlrer dans !a coiifédéralion des Baf^audes. Kn iô.";, celle conspiralion était 11agranti- partoul el avail même déjà réussi dans la partie seplentrionaie, sous la conduite d'un citoyen nommé Tiluton.
Klle fut arrêtée dans ses progrès par le retour d'Aôlitis. La guerre civile était terminée, et il accourait poiir rétablir Tordre, c'est-àdire la soumission dans les Gaules. Il amenait avec lui une armée de ces barbares, Huns, Alains ou Scythes, tant délestés. La ligue commandée par Tibalon fut atta(]uée et vaincue. Les Bourguignons, qui s'avançaient vers le Uliûne, lurent repoussés; les Visigoths furent forcés de renouveler leur serment. Vers 440, il ne restait plus à soiunettre que les vingt-deux villes de la puissante union armoricaine ; mais, après tant de succès, achetés sans doute à grand prix d'hommes, Aétius se trouva trop faible et craignit de se compromettre en tentant cette entreprise : il la conlia à un certain Kocari.x, roi de barbares auxiliaires. Celui-ci fut arrêté dans sa marche, dit la légende, par les prières de saint Germain, évèque d'Auxerre. Il est probable qu'il recula devant une expédition dont ce saint envoyé sut lui montrer les dangers, et qu'il accorda un armistice qui permit de négocier les conditions de la soumission des villes rebelles. Kn ellet, ce même saint Germain se rendit à Ravenne, en 4 lô ou 4 17, pour traiter, avec la cour, de la pacilicalion des Baiiaudes.
(Juelles pouvaient être les bases sur les(|uellos saint Germain TAuxer rois était autniisé à traiter? Il est facile de le deviner d'après ce (jui s'était passé el d'après ce qui arriva bientôt. L'union devait être peisuadée du danger de se mettre à la disposition de la cour im[iériale : l'étiil allVeux des parties des (îaules restées sous son administration, constanuuent parcourues par des armées mues seulement dans des intérêts particulieis, leur oIVrail un exemple de ce ((u'elles devaient craindre. Lu outre, les évêquos, qui avaient la principale part dans le gouvernement des villes associées, devaient éprouver une profonde horreur contre cet usage impérial de se servir iudilléremmenlde généraux el de soldiits barbares ou ariens, elcontre celle indillérence qui abandounailà leurs violences des populations chrétiennes. Les Bagaudes devaient donc se proposer seulement de tagner du temps. Llles étaient si peu disposées à se soumettre, (pTelles chassèrent un émissaire d'Aétius; rt, les tioiipes romaines ayant réussi à se faire ouvrir les portes de Tours, d'Oiléans el d'Angers, elles armèrent pour reprendre ces villes ft di-l'endirent avec lénaeilé tous les postes qm dépendaient di' leur territoiie el ipie la trahison ne leur avail [las enlevés.
DANS I.P. (.INQLlî'Mr. SIÎÎCLE. 17
Ccsl dans co but triiulépeiulaiieo (iii'i'llos iluroiU voir avec plaisir rélaljlissi'nu'Ut (les Francs, cunnnanili'S |»ar (lludion, sur les iiniilos sepleuli ionales de la seconde lk'lgi(ine, iirovince qni obéissait tont entière aux officiers d'Aétius. Ce dut être à leurs yeux une diversion favorable, et une ;j;arantic pour leurs propres frontières de ce côté. Clodion était parti du pays de Tonj^res (I). Après avoir traversé la forêt Cliarbonnière, qui couvrait alors tout le terrain si riclie que nous appelons la Flandre, il entra dans Cambrai d'abord, puis s'empara de Tournai, en cbassant de ces deux cités les officiers et les soldats impériaux qui les occupaient. Clodion était un barbare ; mais son expédition dut avoir un caractère d'iiinnanilé inconim dans ce temps. Kn elVet, le territoire de Touinai était occupa depuis lonjj;teinps par un peuple qui était en partie d'origine fKUKpie et qui y avait reçu des terres à titre de bénéfice militaire. Dans Cambrai , il existait encore un i^rand nombre de païens non convertis. Il est donc probable que le roi franc avait été appelé par une conjuration des citoyens, et les nouveaux venus apprirent de ceux-là à respecter les évèques. D'ailleurs, c'était un établissement stable qu'on voulait fonder, et Ton respecta les mieurs de ceux dont on voulait se faire des associés ou des fidèles : le pays était en outre trop pauvre et trop peu peuplé pour qu'il put être un but de pillage. Il est très-remarquable que Clodion entra en guerre avec Aétius dès le premier jour; mais il fut en paix avec les Bagaudes; il arrêta même ses conquêtes là où il rencontra leurs frontières. Il ne clierclia à s'étendre que du côté où était le territoire appartenant aux Romains. Au reste, ses conquêtes furent peu étendues; elles ne dépassèrent pas la partie de la seconde Belgique située entre l'Aisne et la mer. Mérovée, qui succéda à Clodion en i-i.S, imita son exemple : il ne dirigea ses empiétements que du cùié des provinces germaniques.
A cette époque, le représentant du pouvoir impérial se trouvait encore gouverner directement par ses officiers un grand tiers des Gaules. Les deux autres tiers étaient au pouvoir de diverses bandes militaires ayant cbacune leurs cb. fs propres, lesquelles n'obéissaient aux ordres du lieutenant romain, en quelque sorte, que comme feudataires. Le plus puissant était le roi des Visigotbs. Deux parties détachées de ce territoire étaient en insurrection ouverte : c'étaient celle où s'était établi Clodion et enfin les cités armoricain; s, ou la Bagaudie.
Nous trouvons une notice exacte de ces divisions dans l'Histoire
(1) Voyez à cet égard la discussion de Dulios. [Uist. ail. de ht mon.Jranç., liv. II. I
18 HisTOinE DES galles'
de rinvasion d'Attila, par Jornandès. Aétius réunit alors, un moment, sous sou commandement toutes les forces confédérées des Gaules; ce fut à leur tête qu'il battit Attila, en 4al, dans les plaines de Cliâlons. Le danger les avaii réunis, la victoire les sépara. On trouve dans la notice que les Romains et les Visigoths furent rejoints par les Francs, les Sarmates, les Armoricains, les Lètes, les Bourguignons, les Saxons, lesRipuaires, lesBréons(l) et quelques autres nations celtes ou germaniques.
Les événements qui se passèrent dans l'empire, après cette grande victoire, le mirent à jamais hors d'état de menacer aucune des indépendances partielles qui s'étiiient constituées. Dans l'espace de dix ans, l'Italie fut pillée par Attila; Aélius fut assassiné par l'empereur même qu'il servait ; et celui-ci, bientôt, péril frappé par ses soldats. Maxime alors s'empara de la couronne. Presque aussitôt, un parti appelle les Vandales d'Afrique en Italie ; ils prennent Rome, et la pillent ; ils livrent Maxime au peuple, qui le met à mort. Alors les provinces des Gaules restées romaines s'unissent aux Visigoths pour élire empereur leur préfet du prétoire. Celui-ci abdique l)ientôt : Majorien lui succède à Ravenne. Ce fut lui qui nomma iggidius, de la fimilie lyonnaise Syagria, maître de la milice dans les Gaules. Ce nom est le dernier chaînon par lequel les événements de notre pairie se rattachent encore à l'histoire de l'empire d'Occidt^nt. Le préfet du prétoire vécut plus longtemps que le maître qui l'avait nonmié : celui-ci périt assassiné en 4G1. Nous avons hâte d'abandonner cette histoire, où tout est trouble, désordre, accident; où nul fait n'est intelligible, parce qu'il émane d'une source toujours secrète, la personnalité et l'égoïsme. Qu'on juge, par le dégoût qui nous saisit, après quatorze siècles, au spectacle de ces désordres, (pielle devait être la répugnance des Gaules pour le pouvoir impérial !
C'est sous l'adminisiratioii d'.Egidius que l'on vil paraître les commencements de celle politique qui, trente ans plus tard, réunit tout le nord des Gaules sous un siul nom et dans un même but d'activité. Doit-on alli ibuer celte innovation à l'habileté de ce maître de la milice, ou à l'elTet des circonstances? Il impoitepeu. Lorsqu'il prit le gouvernement, les provinces fidèles aux Romains étaient bien réduites. Leur domaine était une longue bande de teriitoire qui allait des Alpes aux bouches du Rhône, suivait ce lleuve, et venait, en traversant la Chaiiqtagne, s'élargir et se terminer en comprenant une jurtie des deux Helgii]ues. Le point le
(I) « Quondum milites romani, tiiiic vcru Jani iniiunicro nuxiliiiriuruiu. « JorliUMclèa, de Jinbiit Gtlicis,