AVANT-PROPOS
Vers 1868, dans les dernières années du second Empire et quand, par les progrès accélérés de l'opinion |)ublique, il devint possible d'en entrevoir la chute inévitable, un certain nombre d'esprits indépendants se trouvèrent associés pour la publication d'une Encyclopédie gémrale destinée, dans la pensée de ses fondateurs, à présenter au public français tout l'ensemble du savoir humain, étudié et exposé d'après les règles de la méthode expérimentale et de la critique moderne.
Un autre dessein groupait les fondateurs de YEncyclopédie générale.
Ils voulaient que la France, à la veille de reprendre possession d'elle-même, trouvât, dans un répertoire à la fois scientifique et populaire, une sorte d'inventaire de son patrimoine intellectuel et moral, qui aurait été comme le point de départ du nouvel ordre politique et social que la démocratie républicaine se préparait à fonder.
Survinrent les événements de l'année terrible. La
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publication de VEncyclopédie générale fut arrêtée en plein succès. Trois volumes seulement ont été mis en vente ou livrés aux souscripteurs.
L'idée était juste et féconde. Elle mériterait d*ôtre reprise.
C'était revenir à la grande tradition du xviii^ siècle, car les premiers encyclopédistes, en leur temps, n'avaient pas rempli d'autre office ; et tout ce qui subsiste de leur œuvre, c'est l'honneur d'avoir servi d'introduction scientifique aux immortels travaux pratiques de la Révolution française. On pensait, vers la fin de l'Empire, qu'une Encyclopédie nouvelle, c'està-dire une récapitulation des découvertes et des résultats de la science, des travaux et des efforts de l'esprit humain, dans tous les champs d'activité de la pensée, s'imposait à la fin du xix*" siècle, au moment de Tavènement définitif de la démocratie à la direction des sociétés.
A la tête de la publication, il y avait un comité composé de savants et d'hommes de lettres, médecins, jurisconsultes, professeurs, journalistes, ingénieurs, économistes, philosophes, artistes, banquiers, artisans, commerçants et industriels. Ce comité était chargé de dresser la liste alphabétique des sujets à traiter et de distribuer les matières entre les rédacteurs, suivant leur spécialité, leur compétence et leurs talents.
J'ai eu l'honneur, en ce temps-là, d'être appelé, dès la première heure, avec mes amis Castagnary et Ranc, dans le comité de publication de VEncyclopédie générale, et j'y ai pris rang, à] la fois dans la direction de l'entreprise et dans la rédaction de ceux des articles, dont le sujet se rapportait à mes travaux habituels.
Parmi les articles qui me furent attribués dans
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VEncyclopédte générale, se trouvait l'histoire des deux Assemblées constituaute et législative de la seconde République. C'était un tout complet, mais un travail très vaste. Aussi, bien que notre ami, le tant regretté Louis Combes, eût rédigé à lui seul les articles relatifs aux deux Assemblées constituante et législative, de notre première révolution et qu'il y eût là tout ensemble un précédent et un exemple, le comité de publication pensa que c'était trop pour un seul rédacteur que de lui imposer lin aussi long travail, et il me reprit l'Assemblée constituante de 18i8, pour la donner H M. A. Ranc, qui en écrivit l'histoire à grands traits, et de ce style sobre et nerveux si justement apprécié de tous ses lecteurs.
On ne me laissa que l'article à faire sur l'Assemblée législative : c'était encore une belle tâche. Je m'y appliquai avec un surcroit de zèle, et j'apportai au comité un manuscrit assez volumineux, dont l'impression fut décidée, vu l'importance du sujet. Toutefois, à la révision, l'article apparut tel qu'il était, c'est-àdire comme un travail complet et consciencieux, mais trop développé, excédant les limites de la place qui pouvait m'être accordée dans le cadre général du recueil. On me demanda l'autorisation que j'accordai sans peine de pratiquer des coupures dans mon article, et l'on en fit d'assez nombreuses, pour que je fusse encore en droit, même après vingt-deux ans écoulés, (le considérer comme à peu près inédite l'histoire de l'Assemblée législative de 1849-1851, telle que je l'avais conçue et rédigée, poilr le dictionnaire auquel je la destinais.
J'avais conservé soigneusement les placards imprimés et corrigés de mon travail original. L'idée m'est venue récemment de proposer à M. Félix Alcan, le bienveillant éditeur de mon volume des Figures dis-