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L'ÉGLISE ET LES ORIGINES DE L'IMPRIMERIE 2J

XVI» rimpriraerie pénétra dans les pays les plus reculés, la Pologne la dut, dans plusieurs de ses villes, à ses prélats. En Suède, elle fut établie dans la plus iraportan e abbave du royaume, illustrée au x.v» siècle par sam e Biieilte rabbaye de Wadstena. en IWÔ. La métropole religieuse du pays la reçut de son archevêque Jacques Ulphonis. en 1510. ... ,;

File passa rAtlanlique avec les missionnaires qui allèrent évangéliser les pays nouvellement découverts do 1- Amérique. Les premiers livres P^^"%;^",M^;"Î"«; VÊchelle céleste de saint JeauCliraaque (1.32). le Manual des adultos(im), la Helacion del ^^'-''^f f'^''^^'' mala (1541). la Doclrina Chnstiana de Petro de Cordova furent imprimés, par ordre de Juan Cumarruga eveque de Mexico. Or la ville de Mexico fut. avec ces éditions la première ville d'Amérique dans laquelle la typographie ait été installée».

En Asie, ce furent les jésuites qui l'importèrent a^ec les typographies fondées par eux à Goa (156.Î) et a Tranquebaî (1569). dans llnde ; à Macao, en 1590. et a Pek.a dès 1603. en Chine: à Amakusa et à Nagasaki, dans le Japon, à la fin du XVI» siècle.

Arrêtons là celte longue énumération d imprimeries, iondées, dirigées ou protégées dans tous les pays par des gens d'Église. A tout homme de bon.ie foi, quels que soient d-ailleurs ses sentiments religieux ou P» 't•q"«;^• elle prouvera que a le merveilleux art » de Gulemberg n-eul pas de plus puissants propagateurs que es papes les cardinaux, lesévéques. les chanoines, les ahbes et les religieux. Comment, dès lors, pourrait-on raisonnablement 1., "accuser d'avoir vu d'un mauvais œil et considère comme satanique cette invention qu'ils ont plus que .ersonne. fait connaître au monde entier'. Esl-il possible d'autre part, qu'ils se soient trompés grossièrement au

,. Grande Encydopidif.ari. imprimerie.

point de développer pendant plusieurs générations, ce qui devait porter un coup mortel à leur influence et à leur croyance? Une pareille aberration serait inexplicable de la part de l'Eglise qui, de tout temps et en particulier au xv» et au XVI" siècle, a produit les politiques les plus avisés, les esprits les plus profonds.

En réalité, l'Eglise a vu dans l'imprimerie non une ennemie ou même une rivale, mais une auxiliaire. Elle avait toujours travaillé à répandre non seulement dans le clergé et les hautes classes de la société, mais encore dans le peuple, les sciences divines et humaines. C'est pour cela que, dès les siècles les plus reculés du Moyen Age, elle avait multiplié les écoles et les manuscrits. En augmentant le nombre des livres, en les mettant, par leur bon marché, à la disposition des humbles et des pauvres, l'imprimerie permettait de pénétrer plus profondément le peuple et de donner plus d'efficacité au rôle éducateur qu'avait sans cesse rempli l'Eglise. Voilà pourquoi des prélats tels que l'évéqued'Aleria.bibliothécairedu Vatican, glorifiaient les services qu'une pareille invention devait rendre à l'Eglise, et félicitaient le pape sous le pontificat duquel elle s'était produite. Voilà pourquoi les premiers livres imprimés sont des Bibles et des ouvrages de piété avec images, pour la formation religieuse de tous, même des moins lettrés, ou des livres de classe tels que la grammaire latine de Douât, sortie des presses de Subiaco. Voilà pourquoi encore les imprimeurs se considéraient comme les propagateurs de la vérité religieuse et recevaient du Saint-Siège et des évéques des privilèges spirituels et des indulgences.

Or c'est précisément le contraire de ce que disent les manuels d'histoire condamnés parl'épiscopat.Ils prennent exactement la contre-partie de la vérité et sur ce point, comme sur tant d'autres, nous les surprenons déformant par ignorance ou parti-pris les intelligences qu'il.s prétendent élever.

l'église es les oniGlSES DE L IMPni.MERlE

BlBLIOGRAPUIlI

Bernard : De l'origine el des débuis de l'imprimerie en Europe. Paris

igâS, 2 vol. in-S".

Paul Ulpoxt : Hisloirede l'imprimerie. Paris i854, a vol. in-S". Christian : Les débuis de l'imprimerU en France. Paris, Imprimerie

Nationale, 1900 i vol. in-4».

FtiiAGALU : Uxikon lypographicum Ilaliae. Florence, Olschki igoS

1 vol. in-40.

lliEBLER : Histoire de la typographie ibérique. La Haye, NighoIT,

Leipzig, Uiersemann, 190a, 1 vol, in-4».

CIIAl'ITHE X Ëtien ne Dolet

AuLARD el Debidour (Cours moyen, p. Bg'».

En tcle du chapilrc IV de la parlic If, tine image représcnlaiit Dolet sur son bûcher, en face d'un cvéque et de prélats et au-dessous celte légende : Victime de l'inlulcrafice retiijieuse, le sovùiit imprimeur, Etienne Dolel, colninisle, fui brûlé vif à Paris, pour avoir traduit un livre qui n'était pas conforme à la doctrine de l'Éijlise catholique.

Cours supérieur, p. i35.

Même image avec cette légende : L'imprimeur Élicnne Dolel brûlé « Paris comme hérétique, (id. p. 137). BnossOLETTE (Cours moyen, p. 55).

Image représentant le supplice d'Etienne Dolet avec cette légende : « La vie n'était pas toujours facile, du temps de la Renaissance, pour les penseurs et les écrivains. En iôùG, l'ÈtjliseJîl condamner à mort, comme hérétique, le savant imprimeur Etienne Dolet... H fut pendu d'abord et ensuite brûlé sur la place Maubert.

Cai.vet (Cours moyen, p. 78).

Le savant Etienne KvUl, accusé du crime d'hérésie.... fut brûlé vifK

SOMMAIRE. — Etienne Dolet et ses protecteurs ecclésiastiques, les évéques de Limoges, de Rieux et de Tulle, et le Cardinal Sadolet. — Attaques de Dolet contrôles humeinistes de la Renaissance. ^ Ses vilains procédés envers Marot, Rabelais, Voulté. — Dolet assassin de Compaing.

1. Ueniarquer la contradiction entre Brossolettn qui dit avec raison que Dolet mourut de pciidaisOn et que son cadavre fui brûle; et Calvot qui, pour rendre le supplice plus horrible, dil que Dolut fut brûlé vif, M. Calvet fait de la surenchère '

Ses mœurs Infâmes. — Palinodies de Dolet. — Jugement Juste de CaWln sur Dolet. — Mépris du martyre par Dolet. — Son procès causé par lui-même. — Les imprimeurs de Lyon. - Dolet sauvé trois fois par l'Eglise. Caractère complexe de son dernier procès. — Examen de 1» procédure et de la sentence. — Dolet n'a pas été brûlé vif. — Vraie slgniflcation de sa mort et de son Apothéose.

Aux millions de inarlyrs chrétiens qui, par leur mort, ont coinjuis à riuimanité le droit d'adorer le Dieu de vérité, la Lihre-Pensee essaie d'opposer ses propres martyrs. 11 les lui faut pour exciter contre l'Église la haine des naïfs et des ignorants. Il les lui faut pour se donner une contrefaçon de la gloire dont l'héroïsme des martyrs a couvert l'Église. Il les lui faut enfin pour doter la religion qu'elle prétend imposer, « la religion laïque de l'humanité », d'une certaine quantité de saints qui seront olfcrts à la vénération de- fidèles de ce nouveau culte, commémorés par des fêles annuelles, célébrés ,,ar des sermons « laïques ». C'est pour cela qu'elle a inventé, trois siècles après sa mort, le martyre d'Etienne Dolet qu'elle nous représente comme un libre-penseur, victime de l'intolérance catholique. C'est pour cela que, depuis plusieurs années, elle convoque la foule bariolée

des personnages

officiels, des internationalistes, des ou-

vriers socialistes, des francs-maçons bourgeois pour célébrer la Libre-Pensée et injurier l'Église devant le monument qu'un vote aussi inintelligent que sectaire d'un ancien Conseil municipal de Taris a élevé, en I8S0, à Dolet, sur la place Maubert, le lieu de son supplice. Qu'y a-t-il de juste dans celte tentative ?

Dolet fut-il vraiment une grande intelligence qui expia sur le bûcher la sincérité et la liberté de ses opinions':' Ful-il une noble victime de l'intolérance de l'Lglise et un martyr de la Libre-l'ensée ?

^36 HISTOIRE PARTIALE, HTSTOIRE VRAlfe

Un rapide coup d'oeil jeté sur la vie de Dolet nous le montre dans l'intimité des prélats de ce temps. Cette tglise qui l'aurait immolé, a commencé par l'accabler de ses faveurs et de sa protection. On en jugera par ces traits que nous empruntons à un protestant anglais, apologiste de Dolet dont il a écrit la vie, M. Richard Copley Christie. Jusqu'à l'âge de douze ans (1509-1521), il demeura dans sa ville natale d'Orléans ; il y fut élevé dans les écoles épiscopales ; et ainsi, ce fut de l'Église qu'il reçut les premiers rudiments. Après avoir étudié cinq ans à Paris, il partit pour l'Université de Padone où il suivit les cours du littérateur Villanovanus, de l'helléniste Musurus, du philosophe Pomponace. Il vécut alors dans la familiarité d'un illustre prélat anglais, cousin par sa mère du roi Henri VITI, Réginald Pôle, ahhé de Saint-André, qui, plus tard, devait subir, pour sa foi catholique, les persécutions du protestantisme. Pendant quatre ans, Dolet vécut dans l'entourage de Pôle et grâce à ses subsides. Il ne le quitta, en 1530, ayant à peine vingt-et-un ans, que pour entrer au service d'un autre prélat, Jean de Langeac, évéque de Limoges, qui, passant par Padoiie pour se rendre, comme ambassadeur de France, à Venise, prit le jeune étudiant de Padoue pour secrétaire. Ce prélat, dit Copley Christie ', « savant lui-même, fut partout

l'ami et le protecteur des gens lettrés il prenait plaisir

à employer sa grande fortune à encourager la littérature et les arts... ce fut à sa générosité que Limoges dut son palais épiscopal et le jubé merveilleusement travaillé do sa cathédrale ^. » Dans son dialogue de Imitatione Ciceroniana qu'il lui dédia, en 1533. n'ayant que vingt-quatre ans, Dolet termine un magnifique éloge de Langeac par ces mots : « Laissez-moi ajouter que personne no s'est montré plus obligeant et plus généreu.x pour les hommes

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