‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 11 sur 201 · I. ClERVAL. op. Cil., p. II · texte numérisé non relu

I. ClERVAL. op. Cil., p. II

a. Massion. op cit., pp. 5o-5i.

HISTOIIIE PARTIALE, UISTOIRE YIIAIB

1« HISTOIRi; PAIITIALK, Hl-^nillll. MlAlb

pour la preiiiicre fois, des moyens d'iiivcsligalions que l'algèbre peut offrir aux spccuhilions gcoinélriqucs... L'auteur y montre une intclligenco très nette des résultats obtenus par la voie géométrique et par la voie algébrique... et les exeniples qu'il en donne ont en effet servi longtemps de modèle, comme on le voit à chaque page de l'Ars maj/HO, que composa Cardan, en 1.54.5, en pleine Renaissance'.» Sa méthode était donc tout à fait scientifique : aussi les résultats qu'il eu tira furent-ils féconds. ■ Son liber Abaci contient les règles de calcul sur les nombres entiers et les fractions, les règles de trois, d'alliage etc., un grand nombre de problèmes du premier degré, résolus au moyen de règles exposées et démontrées avec la plus grande clarté, parfois au moyen d'interprétations géométriques. Vient ensuite l'extraction des racines, la théorie des irrationnelles où il ne dépasse pas, quant au fond, le livre X des Éléments, mais dont la forme est algébrique ; enfin la résolution des équations du second degré avec des applications assez compliquées. »

Dans sa Practica gnomelriae « il réunit tout ce qui est contenu dans Euclide et Archimède sur la mesure des polygones, des polyèdres, du cercle, de la sphère et du cylindre. Il y donne ensuite la partie élémentaire de la trigonométrie d'après Plolémée et les Arabes, la formule de Héron pour l'aire d'un triangle en fonction des côtés mais non les formules approximatives du même auteur. Enfin, dans un écrit spécial, il expose aussi les procédés de division des figures dans des rapports donnés, d'après lo traité d'Euclide sur ce sujet. Partout, les démonslra lions sont rigoureuses, la forme excellente, et çà et là, l'auteur est originaP. »

Le franciscain Roger Bacon doit être compté parmi let

I. M»HIE. Ilistuirc dci sciences nuUhéi}Mli<tiies H (i/iysi^Ui's, l. 11, PII. i53i3.',.

t.ES ?(;ieni:es au movtn âge 10

grands savants non sculciiiout du Moyen Age, iiuiis encore de tous les temps. Son génie universel s'appliqua à toutes les sciences ; s'il brilla tout particuliùreiuent dans les sciences physiques et naturelles, il s'exerça aussi dans les sciences malhématiques. Un des premiers il signala les erreurs qu'avaient commises les astronomes alexandrins, ([ni, sur Tinvitalion de Jules César, avaient établi le calendrier julien, et dans une lettre au pape Clément IV, il réclama la réforme du calendrier que devait accomplir, trois siècles plus tard, le pape Grégoire XUI. « Depuis les temps de Jules César, écrivait-il, et malgré les correcliims qu'ont essayées le concile de Nicée, Ensèbe, Viclorin. Cyrille, Bèdc, les erreurs n'ont fait que s'aggraver; elles ont leur origine dans l'évaluation de l'année que César estime être de 3G5 jours et un quart, ce qui tous les quatre ans amène l'inlercalalalion d'un jour entier. Mais cette évaluation est exagérée et l'astronomie nous donne le moyeu de savoir que la longueur de l'année solaire est moindre de 1/130 de jour (environ 11 minutes); de là vient qu'au bout de 130 années, on a compté un jour de trop et celte erreur se trouverait redressée si l'on retranchait un jour après cette période... Une réforme est nécessaire. » Ainsi s'exprimait un savant de ces temps où, d'après M.M. Aulard et Debidour, la science était en léthargiel

Bacon ne s'en tenait pas d'ailleurs à la seule question du calendrier. Il méditait de refondre tout le système astronomique de Ptolémée qui lui semblait d'une complication en désaccord avec les lois toujours simples de la nature.

Alphonse X, roi de Castille, avait, lui aussi, voulu perfec lionner le système de Ptolémée lorsqu'en 12.52, il avait réuni, à Tolède, les astronomes maures et chrétiens les plus célèbres de son temps et leur avait commandé la construction de nouvelles tables astronomiques appelées de son nom Tables alphonsines. « La théorie alphonsine de

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la lune, a écrit le grand astronome Delambre, ne diffère de celle de Ptoléinée que par quelques corrections légères faites aux moyens mouvements, aux époques et aux constantes. Il en est de même pour les planètes. » M. Marie félicite les rédacteurs de ces tables de la rigueur de leurs calculs. « La durée attribuée à l'année par les Alphonsins est de 3C5 jours, 5 heures, 40 minutes. 16 secondes; elle est comme on le voit très rapprochée. Les tables alphonsines ont remplacé avec avantage celles de Ptoléinée ; elles ont joui pendant assez longtemps d'une grande réputation. »

L'astronomie continua à faire des progrès au xiii» et an xiv« siècle jusqu'à ce que, plus d'un siècle avant Copeinic, un évêque français enseignât le mouvement diurne de la terre. C'était maître Nicolas Oresme qui, après avoir été grand maître du collège de Navarre et l'un lies professeurs les plus illustres de l'Université do Paris, devint, en 13G2, chanoine de Rouen, en iZM, doyen du Chapitre de cette ville, enfin en 1377, évêque de Lisieux. Il composa de nombreux ouvrages scientifiques. Dans l'un, intitulé de Intitudinibus formarum, il lit faire les plus grands progrès aux mathématiques, devançant dans l'invention des coordonnées les travaux de Deseartes et de Fermât. Dans un autre,intitulérraî7e de /■£«/)?)■« (de la sphère), il déclarait enseigner « la figure et la disposition du inonde et l'ordre des éléments et les mouvements des corps du ciel à tout homme qui est de franche condition et de noble engin. » C'était tout un traité d'astronomie.

Enfin, à la demande du roi de France Charles V, il publia la traduction avec commentaires de plusieurs traités d'Aristote, en particulier des quatre livres du Ciel et du Monde. Or tout un chapitre de ce commentaire se compose de « plusieurs belles persuasions à montrer que la terre est mue de mouvement journal (diurne) et le ciel non. » M. Duhem qui a publié ce chapitre d'Oresme dans la Revue

des Sciences, conclut son étude en ces termes : « Quand on

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