LES SCIENCES AU MOYEN ACE
nous, ayant pour principaux centres de vulgarisation le collège de Tolède et la ville de Toulouse et pour principal initiateur Ilermanu le Dalmate ^ ».
Le même rôle fut joué en Italie par Léonard Fibonacci, plus connu sous le nom de Léonard de Pise. Fils d'un notaire public de la factorerie pisane de Bougie en Algérie, il fut, de bonne heure, en rapports scienliKques avec les Arabes. Il visita ensuite l'Egypte, la Syrie, la Grèce, la Sicile, la Provence, pour se perfectionner dans les mathématiques à l'école des grands maîtres de ces divers pays. Revenu à Pise, il publia, en 1220, un traité de géométrie et, en 1228, un liber Abaci, « qui contient une exposition originale de tout le savoir arabe en arithmétique et en algèbre et qui a été, pendant des siècles, la source où les calculateurs et les algébristes puisèrent leur savoir. Léonard se montre dans cet ouvrage complètement maître de son sujet ; il a'est nullement effrayé ni de la forme singulière que lui ont donnée les Arabes, ni du grand nombre de questions qu'il doit aborder. Son exposition, qu'il s'agisse de questions simples ou difficiles, est toujours d'une clarté magistrale, aussi détaillée qu'il le faut pour ses contemporains, accompagnées de démonstrations rigoureuses quand elles sont nécessaires. Bref, Léonard est vraiment un mathématicien, comme on n'en rencontre aucun, pendant le Moyen Age, chez les chrétiens ou chez les mahométans *. «
Ce magnifique hommage rendu par un savant à Léonard de Pise, nous permet de demander à ses œuvres à quel point d'avancement se trouvaient les sciences exactes, au commencement du xin' siècle.
L'une des grandes nouveautés de l'algèbre de Léonard de Pise et ce qui, au dire de M. Marie, « la rend particulièrement remarquable », c'est l'application qui y est faite