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LA UÉFORME CATHOLim-E AVAUX LUÏUEH ^H
« L'enquête et la réforme atteignirent au total environ cinquante monastères des deux sexes. • Au mois de mai suivant, Nicolas de Cusa présida, à Sainl-Elienne de Wurzbourg, le quatorzième chapitre provincial des Bénédictins qui comprit soixante-dix abbés venus des diocèses de Mayence, Bamberg, Wurzbourg. HalbersUdt, Hildesheim, Eichslaedt, Spire, Constance, Strasbourg et Augsbourg. « Il y ordonna le retour à la stricte observance de l'Ordre et recommanda l'adoption de la reforme de Bursfeld ; il désigna Hagen, abbé de Bursfeld, comme visiteur de tous les couvents de Saint-Benoit; lui-môme inspecta ceux d'Erfurt et de Magdebourg. Le cardinal accorda toute sa faveur à Jean Buscb, prévôt des Augustins de Ilildesheim, qui travaillait à étendre à tout son ordre la stricte observance établie par lui dans son couvent. On comprend dès lors les termes enthousiastes dont se sert l'historien Jean Trilhème pour célébrer l'œuvre de Cusa en Allemagne. « Il y apparut, dit-il, comme ua ange de lumière et de paix au milieu des ténèbres et des désordres. Il restaura l'unité de l'Église, raffermit le prestige de son chef et répandit en abondance les semences de vie nouvelle. Une partie de ces semences n'a pas levé, parce queUe était tombée sur des cœurs durs comme la pierre ; une autre a germé, mais elle s'est vite Qetrie a cause de l'inertie et de la négligence de ceux qui l'avaient reçue; mais une grande partie a porté des fruits dont nous profitons encore actuellement ^ »
Nicolas parcourut aussi les Pays-Bas, où les frères de la Vie commune avaient donné, au commencement du siècle, le signal de la réforme. On le vit à Devenler, Zwolle. Utrecht, Harlem, Leyde, Arnheim, Nimègue, Maëstncht, Liège et Bruxelles. « Dans chaque localité, dit vanHeilo. son contemporain et son auxiUaire, il donnait au cierge do solennels averUssements, le punissait, le rappelait a
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l'ordre ; mais à côté de cela, il faisait à tous les membres de la famille chrétienne des sermons dans lesquels il leur donnait des enseignements sur tous les points nécessaires. Aussi, beaucoup de gens des iiautes comme des basses classes, laïques et ecclésiastiques, étaient-ils profondément remués par sa parole' ».
Comme le faisait remarquer ïrithèine dans le passage cité plus haut, si une partie de l'œuvre de Cusa ne survécut pas à sa légation, ses efforts eurent d'heureux résultats dont l'Allemagne ressentit les effets jusqu'aux temps de Luther. Grâce à lui, le grand réformateur de l'Ordre bénédictin, Hagen, abbé de Bursfeld, vit un grand nombre de couvents entrer dans la congrégation rélormée dont il était le chef; les abbayes de Corvey, de Genibloux, d'Hersfeld allaient s'y affilier en 1505, 1510 et 1527. La révolte des paysans de 1525 et la persécution protestante allaient l'éprouver forcément, sans cependant compromettre son développement ; jusqu'au cours du XVI' siècle, elle compta cent quarante-deux monastères, suivant, dans toute sa rigueur, la règle de Saint-Benoit'.
Grâce à la puissante intervention du cardinal de Cusa, la réforme des Auguslins entreprise par Jean Busch fut assurée du succès. Elle fut favorisée par des prélats zélés, tels que Frédéric, archevêque de Magdebourg, et bientôt, elle réunit dans la grande congrégation uugustine de Windesheim les nombreuses maisons qui l'avaient adoptée.
Vers le même temps, le célèbre prédicateur populaire, Jean Brugmann introduisait dans un grand nombre de couvents franciscains i'Observance qui triomphait, en Italie, avec saini bernardin de Sienne et saint Jean de tapistran, et qu'Olivier Mailiard devait, dans la suite, implanter en France. Il parcourut, de ilib à 1465, les