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CHAPITRE XV

Le vandalisme protestant au XV1° siècle.

SOMMAIRE. L'intolérance protestante s'attaque aussi aux objets - Doctrines iconoclastes de Zwlngle, Œcolampade, Calvin, Théodore de Bèze. - Vandalisme protestant issu de ces doctrines et non des fureurs de la guerre. - Exemples de ce vandalisme en France,— en Allemagne, - dans les Pays-Bas, - en Suisse.

L'intolérance protestante s'est attaquée aux raonuinenls reli-ieux. aux statues et en général aux œuvres d'art. Au xvi'etmême au xvii' siècle, le triomphe passager ou durable des huguenots de toute confession, anghcans ou puritains en Angleterre, presbytériens en Ecosse, calvinistes en France, en Suisse et dans les Pays-Bas, luthériens en Allemagne et dans les pays Scandinaves, a ete marqué, dans tous ces pays, par la mutilation des églises, destruction des images sculptées ou peintes, la devas- UiUon des « trésors .. avec leurs collections artistiques ou archéologiques. Quand nous déplorons le vandaUsme des Biècles passés devant les niches désolées de nos cathédrales ou devant les statues mutilées ou décapitées qui les ornent tristement ; quand nous maudissons les barbares qui ont martelé au point de les rendre méconnaissables les bas-reliefs qui décoraient les porches et les portailsde nos sanctuaires, quand nous regrettons la disparition ou la destiuction de ces richesses d'orfèvrerie, de tapisseries, qui étaient accumulées dans les sacristies

dlO BISTOIRB PARTIALE, HISTODtE VRAIE

du Moyen Age, c'est aux protestants que nous devons reprocher la plupart de ces actes de vandalisme, à moins que ce ne soit aux sans culottes révolutionnaires.

Sans nier de pareils attentats dénoncés sans cesse par les blessures toujours béantes de nos cathédrales, sans oser les justifier, les historiens protestants ont voulu ks expliquer par les cruelles nécessités de la guerre. A les en croire, la fureur huguenote ne les aurait coiutiiis que sur l'excitation des guerres religieuses et les guerres religieuses elles-mêmes auraient été causées par les provocations catholiques ; et ainsi, ils feraient retomber sur les catholiques eux-mêmes la responsabilité des violences qui ont défiguré les vénérables monuments produits par la collaboration féconde de l'Église et de l'Art.

Dans l'un des chapitres suivants, nous verrons si vraiment, en France et dans l'Europe entière, les protestants ont été, au xvi" et au xvii° siècle, des gens doux et pacifiques, réduits à se défendre contre les attaques des catholicjues, comme nous les représentent les manuels scolaires. Mais, dès mamtenant, il est nécessaire d'affirmer, — parce que c'est la vérité historique — que c'est par fanatisme religieux plutôt que par de légitimes représailles que les Réformés de toute confession ont multiplié les actes de vandalisme. La vraie raison de ces mutilations d'églises et de ces brisements d'images, celle auprès de laquelle les autres sont accessoires et secondaires, c'est que, au xvi» et au xvii'siècle, tout protestant se doublait d'un iconoclaste.

A plusieurs reprises, dans l'Ancien Testament, Dieu défend à son peuple de faire des images taillées pour les adorer... et par là il entend non seulement les représentations scluptées de l'homme, mais encore celles des reptiles, des bêtes et des idoles de toutes sortes, gravées, peintes ou sculptées K

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