LA RESPONSABILITÉ DES GUEURES DE RELIGION
L'un d'eux, Jean Leclerc,brisa plusieurs images vénérées dans une chapelle voisine de Meaux, enfin, des prières affichées contre les murs de la cathédrale furent puhhquemenl lacérées. Pour réprimer ces excès, plusieurs protestants furent poursuivis et deux mis à mort . Des faiU analogues se produisirent, dans ces mêmes années, î Grenoble où un cordelier fut supplicié, et dans plusieurs autres villes de France.
On s'explique, dès lors, pourquoi furent mis à mort ceux que la Réforme française considère comme ses premiers .Mirtyrs Avant 1523, la lutte entre luthériens et catholi.jues s'était maintenue sur le terrain de la pure controv.rse • la Sorbonne avait condamné les nouvelles doc- Ulues et, de leur c6lé, les adeptes de Lutlier et de /.wingle. fiers de la sympathie du roi, avaient riposte aux censures par de violents pamphlets. Ils eurent le tort de passer de la discussion à ce que nous appelons de nos ours « la propagande par le fait », et de se livrer à leurs ■f.ireurs sacril.'ges et iconoclastes. L'indignation populaire força le gouvernement de François I" à sortir de sa neutralité bienveillante aux protestants : elles Parlements les poursuivirent. On trouvera peut-être' que des sacrilèges et des actes de vandalisme ne valaient pas la mort d un homme. Mais on devra, d'autre part, reconnaître que les actes de répression furent provoqués par les attentats commis par les protestants et que, sans leurs violences, ils n'eussent jamais été persécutés par un roi qui leur avait témoigné jusqu'alors une faveur si marquée.
Remarquons que ces provocations des protestants précèdent de près de quarante ans celle dont Us auraient ete l'objet à Vassy.
C*RHO. Histoire de Menux, p
Ce» répression» furent parti i5î4 & i5a7, i la faveur de la
François l«^ après P.ivic, éclalère... .-. , --- .
toire, des trouble» qui nécessitèrenl de. me»ur.. .évère.
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Malgré la répression dont elles avaient été l'objet, les violences protestantes se poursuivirent à Paris et dans la plupart des provinces. Les réformés s'imagiuaient toujours que François I"'' leur était favorable et le roi leur donnait des raisons de le croire lorsqu'il défendait Gérard Roussel contre le Parlement, appelait Mélanchton pour le faire discuter contre les docteurs de Sorbonne, nommait Lefèvre d'EtapIes bibliothécaire de son château de Blois, et signait des traités d'alliance avec la Ligue protestante de Smalkade et le roi d'Angleterre Henri VIII.
Bientôt, sur la dénonciation des Réformés, le roi fit arrêter deux sorbonnistes particulièrement hostiles au protestantisme, Béda et Le Picart, et les exila loin de Paris. « L'effet produit par cet arrôt, dit M. Cabantous", fut considérable; les théologiens de Sorbonne stupéfaits, puis épouvantés, crurent à leur prochaine défaite , Mélanchton* rapporte que l'un d'eux mourut de rage. De leur côté, les bons de l'Évangile» se réjouirent de cet acte de justice. » Ils se réjouirent encore plus lorsque, en 1534, François I" emprisonna plusieurs théologiens cathoUques coupables d'avoir dénoncé les tendances hétérodoxes de Marguerite ; et quand le recteur Cop inaugura ses fonctions par un discours que lui avait dicté Calvin, ils se crurent les maîtres de l'Université de Paris, la citadelle du catholicisme.
Celle confiance poussa les protestants à de nouvelles violences. « Fort maladroitement, dit un de leurs amis. M. Lemonnier, ils reprirent l'offensive. Il y avait en effet en France un parti de religionnaires très passionnés qui n'admettaient plus aucune transaction avec le catholi-
i. Op. cil., p. 80.
». Lettre à Spalatin du 31 juillet i533.
S. C'est un prolestant qui parle et qui d<58!pne ainsi ses ccreigionnaires.
LA RESPONSABILITÉ DES GUERRES DE RELir.ION ?..S3
cisme. Ils correspondaient avec les exaltés de Strasbourg et de Bâie; ils accusaient de défection les modérés de France et d'Allemagne; ils déclaraient n'avoir aucune confiance dans le roi et ils étaient devenus incapables d'écouterunconseildcprudence.Peut-être aussi, quelquesuns voulaient-ils empêcher les tentatives de conciliation entre les deux religions dont le bruit courait toujours. » Ces fanatiques recommencèrent la série des provocations protestantes. Dans la nuit du 17 au 18 octobre, ils affichèrent, à Paris et en province, des placards violents contre les catholiques. Ils y traitaient de menteurs et blasphémateurs (' le pape et toute sa vermine de cardinaux, d'évêques et de prêtres, de moines et autres cafards, diseurs de messes et tous ceux qui y consentent », et annonçaient « que leur règne serait détruite jamais » '. ^ es pamphlétaires huguenots prêchaient la desti-uction du catholicisme et demandaient à François I" de la proclamer, à l'exemple de princes luthériensde l'Allemagne ses alliés.
En l'caue, en l'eaue, ce» fols délicieux i Le roy leur est un peu trop gracieux . Que n'a-l-il mis à bas ces sectes folles
Enreaue?
Viens voir, viens voir la bêle sans raison (l'Église catholique) Viens tôt lavoir, avec sa triple crête (tiare); Non chute (tombée) encor, mai» de tomber bien prête.
Ainsi s'exprimait Marot sur le catholicisme ;
De son côté, Calvin, le fondateur du protestantisme français, dédiait à François !«'■ lui-même l'ouvrage qu"il venait de composer pour combattre la doctrine catholique et définir la doctrine protestante, les Institutions de la religion chrétienne.
Quel but poursuivait le grand réformateur en dédiant