‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 174 sur 201 · LiVissE. Histoire de France, V, partie I, p. 38o · texte numérisé non relu

LiVissE. Histoire de France, V, partie I, p. 38o

au roi très chrétien le manifeste et la confession de la nouvelle religion, et quelle était son intention? Voulait-il le braver hardiment? le ton respectueux de la dédicace ne permet pas de le croire. Les auteurs de la France protestante prétendent que Calvin a voulu répondre aux calomnies dont sa doctrine avait été l'objet de la part des catholiques et dont François I'"' s'était fait l'écho dans ses lettres à ses alliés, les princes réformés d'Allemagne. Dans ce cas, Calvin aurait écrit une apologie comme celles que saint Justin et les apologistes chrétiens du ii" et du m" siècle adressaient aux empereurs païens. Que Calvin ait poursuivi cet objet, rien de plus naturel ; mais une étude, même superficielle, du livre VIII de l'Institution chrétienne nous prouve qu'il avait un dessein encore plus précis. Dans cette partie de son livre en effet, il démontre à François l" que la juridiction ecclésiastique, l'immunité et tous les autres privilèges de l'Eglise étaient des usurpations et que le roi devait avoir toute autorité sur elle : « Les Empereurs chrétiens, alléguait-il, ont toujours usé, sans contredit, de leur puissance sur le clergé ^ » Et ce qu'il dit de la juridiction du clergé, il le dit aussi de ses terres et de ses principautés, L'Eglise les a usurpées, disait-il, et elles doivent revenir toutes, avec ses biens, au roi. Qu'est-ce à dire sinon que Calvin cherchait à éveiller la jalousie du roi contre l'Église catholique et son cierge et sa convoitise contre leur puissance et leurs possessions •'' D'autre part, il écrit que, les rois régnant au nom de Dieu et pour le servir, doivent mettre leur glaive au service de la vérité et de la religion, et les faire triompher dans leurs états, à l'exemple des rois d'Israël qui n'hésitaient pas à punir des plus graves châtiments les ennemis de Dieu. Qu'est-ce à dire encore sinon qu'après avoir soumis entièrement le clergé au pouvoir civil, l'avoir séparé de Rome et dépouillé de toute influence et de tous biens, Calvin

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