I. MuRKi, p. 3i
a. DE Mkaux, p. 91.
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grande punition tous les ennemis jurés du saint Evangile '. » M. de Meaux, dont l'impartialité historique est plus grande, va plus loin : « L'amiral de Coligny, dit-il, connaissant l'assassin, lui avait donné quelque argent, et, ïverti de son sinistre projet, ne l'en avait pas détourné. l,es ministres, du haut de la chaire, proclamèrent qu'il avait agi par « inspiration divine, » et tandis que le Parlement le faisait écarteler, ils le célébrèrent comme un martyr, un héros et un saint. Ainsi s'introduisit l'assassinat dans les guerres de religion. C'est au profit des protentants qu'il fut d'abord commis; c'est par eux qu'il fut d'abord glorifié'^. »
On ne saurait mieux préciser la responsabilité qui pèse sur Coligny, cethonime que l'on présente aux enfants de nos é<oles comme un héros d'humanité, et sur le parti protestant que l'on voudrait faire passer pour le parti de la tolérance !
Ce fanatisme qui fit tremper Coligny dans l'assassinat duducde Guise, inspira aussi les cruautés dontil se rendit coupable au cours des guerres civiles. Cet liomme dont les manuels scolaires et les protestants voudraient faire un modéré, déplorant les discordes auxquelles il se serait trouvé mêlé malgré lui, s'est signalé par des actes de cruauté que ne commandaient nullement les tristes nécessités de la guerre.
Le 12 mars 15G.3, au lendemain de la mort de François de Guise, un accord avait été conclu entre Catherine de Médicis et les protestants, et il avait été régularisé par l'édit d'Amboise, le 11) mars suivant. Malgré la paix qui venait d'être proclamée, Coligny laissa les ministres huguenots exciter la populace d'Orléans aux pires excès ; elle détruisit toutes les églises qu'il fallait rendre aux catholiques aux terme de l'édit. « L'amiral, constate le duc
[. Iloiii-i MiRTix. Histoire de France-, I\, p. 1 54. 3. DE Meau. p. 91.
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d'Aumale, s'associa aux clameurs des ministres et ne fit rien pour réprimer les violences populaires^». Ce faux modéré se faisait complice du vandalisme de ses coreligionnaires, parce qu'il trouvait que la guerre civile n'avait pas assez duré ! Ce fui surtout dans la campagne d'Angoumois. marquée par sa défaite de Jarnac, que Coligny ordonna ou permit contre les populations catholiques désarmées les plus odieuses cruautés. « A Angouléme, les huguenots, qui avaient juré d'observer la paix, pendirent le Père Michel Grellet, supérieur de l'Ordre de Saint-François, en présence de Coligny et de toute sa troupe qui craient « Vive l'Evangile » ! Ce fut ensuite un lecteur du même monastère, tué... après avoir été sadiquement mutilé. D'un coup de hache, ils fendirent encore la tête du frère Jean Avril, octogénaire, et le jetèrent dans les latrines. Le frère Pierre Bourreau, docteur en théologie, fut pendu à un arbre près des remparts, après avoir été retenu huit mois en prison. Les protestants avaient enfermé dans une maison trente catholiques attachés deux à deux et que l'on privait de nourriture dans l'espoir qu'ils se dévoreraient entre eux. Ils y moururent de faim. D'autres furent attachés à des cordes fixées au plancher et sciés en deux ; d'autres, fixés à des pieux et brûlés len. tement par derrière.
« A Chasseneuil, proche Angoulême, un prêlre eut les mains plongées dans un vase de cuivre plein d'huilé bouillante tant que la chair se détachait des os : ils lui versaient encore cette huile dans la bouche et le criblèlent de coups d'escopette. Dans la paroisse de Rivières, un autre eut le menton fendu pour lui arracher la langue ; «n autre encore la peau des pieds arrachée avec un fer brûlant. Le vicaire deFouquebrune fut attaché à des bœufs qui traînaient une charrue et étaient frappés à coups d'aiguillons et de fouet. D'autres furent torturés par les ordres
i. d'Aumale. llUloire des princesde la maison de Condé, I, p. 236.
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du capitaine Piles ' : un des huguenots se fit un collier avec des oreilles de r'"êtres et se vantait de cet exploit devant ses chefs. Les protestants coupèrent les oreilles, les narines et arrachèrent les yeux à d'autres ecclésiastiques qui célébraient l'office, et à un autre, ils ouvrirent le ventre, le remplirent d'avoine et le firent servir de crèche à leurs chevaux. A Angoulème encore, Coligny faisait attacher des moines et des religieuses à des poutres enduites de soufre auxquelles on mettait le feu = . »
Voilà les abominables cruautés que, par fanatisme protestant, Coligny ordonnait ou tout au moins permettait à ses troupes. Néron n'en a pas commis de plus odieuses : les religieux et les religieuses attachées à des poutres soufrées et en flammes rappellent les martyrs chrétiens enduits de poix et allumés comme des torches vivantes pour éclairer de leurs tragiques flammes les jardins de leur persécuteur!
L'un des manuels scolaires condamnés par l'épiscopat loue Coligny d'avoir toujours fait passer avant tout autre intérêt celui de la patrie et de ne l'avoir jamais sacrifié à ses préférences religieuses. Pour montrer combien est fausse — pour ne pas dire mensongère — une pareille affirmation, il nous suffira de rappeler sommairement comment Coligny et le prince de Condé trahirent la France au profit de l'Angleterre, en ISGâ, pour satisfaire leurs haines religieuses et leurs rancunes personnelles.
Après l'échauffourée de Vassy, les huguenots avaient pris
les armes et ils avaient porté leur principal effort sur la Normandie ; car un des leurs, Morvilliers, était gouverneur de Rouen et de la Haute-Normandie. La guerre tourna eu