‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 27 sur 201 · PoRTAL. Histoire de Vanatomie. I, p · texte numérisé non relu

PoRTAL. Histoire de Vanatomie. I, p

}. Uiclionnaire des Sciences médicales, article Anatomie de hé

D'Italie l'usage de la dissection se propagea en France. Il fut inauguré à l'Université de Montpellier. En 1370, Louis d'Anjou, fils de Charles V et gouverneur du Languedoc, accorda aux cliirurgiens la permission de prendre tous les ans le cadavre d'un des suppliciés. Cette ordonnance fut ratifiée, eu 1377, par Charles le Mauvais, roi de Navarre et seigneur de Montpellier, et en 1396, par des lettres patentes du roi Charles VI. Il y déclarait que « depuis longtemps les gouverneurs de Montpellier avaient l'habitude de délivrer à l'école de médecine les corps morts des suppliciés, mais que depuis quelque temps, ils le faisaient avec plus de dilUculté. » Il leur ordonnait de se conformer plus volontiers aux usages et aux anciennes ordonnances i. Bientôt, à Montpellier et à Paris, les dissections se firent publiquement, comme à Milan.

La chirurgie profita plus que la médecine des découvertes des sciences pliysi(iucs et naturelles. Tandis que les ordonnances médicales du Moyen Age sont souvent enfantines, on est étonné des opérations qui étaient déjà faites en ce temps-là. Nous sommes particulièrement bien renseignés à ce sujet par la Grande C/iirwr^i'c qu'a écrite, en 13G4, le plus grand chirurgien du Moyen Age, Guy de Chauliac. Il était né au village de Chauliac, dans le Gévaudan, dans les dernières années du xm" siècle. Il commença ses éludes à l'école de la cathédrale de Mende et alla les poursuivre à l'Université de Montpellier; il séjourna aussi aux Universités de Paris et de Bologne. Il fut ensuite attiré par les papes à Avignon où il fut successivement le médecin de Clément VI, d'Innocent VI et d'Urbain V. Son travail contribua plus que tout autre ouvrage à taire de la chirurgie un art méthodique; il peut donc être considéré comme l'un des auteurs de la science chirurgicale^ et son livre nous permet à nous-

I . Ordonnances des rois de France. VIII, 73. a. « Ce maître, dit M;iLaAicxE, mérite le nom defondaUurdi la chirurgie didactique. »

61, niSTOIUE PAnTIALE, IIISTOIHE VRAIE

mêmes de constater à quel point de son développement elle se trouvait vers le milieu du xiv» siècle.

Le Gnidnn nous donne le dessin d'un grand nombre d'instruments, alors en usage pour les opérations; ce sont desgrattoirs pourlacariedes os, des cautères, deslanceltes, des bistouris, des scalpels. Il décrit les interventions chirurgicales ; pratique par exemple la suture du tendon ; en cas d'amas de pus dans la poitrine, il ordonne l'opération de l'empyème; l'opération de la fistule à l'anus figure aussi dans sa chirurgie.

Avant Chauliac, d'IUusIres chirurgiens avaient illustré l'Italie du y.ui" siècle. Ce fut par exemple Guillaume de Saliceto que Chauliac considérait comme son précurseur. is'é à Plaisance vers 1200, il enseignait à Bologne dès 1270 etdevenait, bientôt.le médecin oHicicl de la ville de Vérone. De 1270 à 1275, il composa sa Chirurgie et mourut vers 1280. Il s'occupa particulièrement du traitement des hydrocéphalies par des cautérisations répétées. 11 cite luimême un certain nombre de guérisons opérées par lui : « Un homme se coupe l'œsophage et la trachée-artère, la "uérison est opérée au moyen de la suture. Cas nom. breux de guérisons de plaies graves du cerveau, d'abcès protonds des membres, de hernies chez de jeunes sujets guéris par des emplâtres et la compression; réduction d'une luxation de la cuisse après un an, chez un jeune homme de vingt-cinq ans, etc. ' ». Citons aussi l'un de ses contemporains, le dominicain Théodoricquidéjàâgé, écrivit un traité de chirurgie, en 1265, alors qu'il était évoque de lîitonto, dans l'Italie du Sud. Il employait déjà l'anesthé.^ie produite par des inhalations. Il parle des plaies à la tète, des plaies artérielles, des anévrismes traumaliques guéris sans ligature par la compression, de l'exci-

1. IlicUonnuiic enryduinJi'lucdcs Hctcu rurytc (Aisioiie de ia), i>. 5i3.

Page 1