‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 26 sur 201 · I . POUCHET, p. a8o · texte numérisé non relu

I . POUCHET, p. a8o

a. CtviER. Histoire des poissons. I, p. 45.

BISTOIBE PABTIALE, BISTOlnP. VRAIÏ

IsrOlRE PAnTIAl.E, HISTOinE VRAIE

Sciences méJicales.

Les progrès de la iiiùiieciiio inarchJ'rent de pair aveLcenx de la physique, de la chimie, de la hotaiiique et de la zoologie, sciences dentelle utilise les résultats. Coaiuie elles, elle fut cultivée, au Moyen Age, par un grand nombre de savants qui ne se contentèrent pas de recueillir les résultats de la science antique dans Hippocrate et dans Galien, mais les enrichirent sans cesse par de nouveaux progrès. En effet, dèsleviii^ siècle, des cours publics de médecine étaient professés à Ravenne et les moines de l'abbaye deSaint-Gall collectionnaient des manuscrits sur celte matière. Elle entrait dans le programme des écoles épiscopales et monasli<iues du Moyen Age et dans unCapitulaire de 8J5 inspiré par Alcuin, Charleraagne en prescrivait l'étude dans tout son empire. Un grand nombre de prélats, de chanoines et de religieux pratiquèrent euxmêmes la médecine. Citons parmi eux l'un des maîtres de l'École de Chartres, qui devint plus tard évéque de cette ville vers l'an mille, Fulbert. Non seulement il savait la médecine et l'enseignait, mais il préparait et distribuait des remèdes pour les pauvres. L'Ecole de Chartres produisit après lui et grâce à ses leçons d'autres maîtres, tels que Pierre de Chartres et Jean de Chartres, médecin du roi de France Henri I''^ « Pierre de Blois, qui vivait au XI» siècle, fait voir, par une consultation de médecine do sa façon, qu'il n'était pas novice dans cette science». » Plusieurs médecins en vue furent préparés à la pratique de leur art dans les grandes abbayes du Moyen Age : Joannclin, sorti de Saint-Bénigne de Dijon et plus tard abbé de Fécamp; Raoul, frère de Guillaume de Normandie, moine de Saint-Evroult; Beaudoin, moine de Saint-Denis

I. CiioMEL.Bssni/ii'sloriiyucs'ur la médecinede France (in-iao 17C3), p. 63.

LES SCIENCES MÉDICALES 5t

appelé en Angleterre par ÉdoiiarJ le Confesseur ; Guillaume, inoiue de la même abbaye on 11G7; Jiau, moine de Saint-Nicolas d'Angers ; Obizon, médecin de Louis VI et religieux de Saint- Victor. Les études médicales avaient une telle vogue que les princes tels que le roi de Sicile Roger et l'empereur Frédéric II furent obligés de les réglementer, tandis que, dans un certain nombre de conciles et de règlements synodaux du xii* et du xiii" siècle, l'Église dut en restreindre l'exercice pour ses clen s et ses religiiux •. Alors étaient florissanles certaines écoles de médecine comme celle de Salernc qui remontait au ix« siècle. En rendant plus fréquentes les relations entre le monde clirélien et le monde musulman, les croisades niénag^rent à l'Occident lalin la connaissance des médecins arabes de l'Orient ou du Kalifal de Cordoue; et ainsi, de nouvelles connaissances firent faire de nouveaux progrès à l'art médical. Enfin, l'élargissement de l'enseignement qui se produisit, à la fin du xii' siècle, lorsque les écoles cpiscopales firent place, en beaucoup do villes, aux Univei'sités, servit encore à l'avancement de la médecine ; car on vit se créer bientôt des centres d'enseignement médical, tels que les Universités de Montpellier, de Padoue, etc., qui, an cours des siècles, donni-rent une extension de plus en plus grande aux recherches scientifiques.

Les progrès de l'anatomie accélèrent ceux de la médecine et de la chirurgie, et ces progrès se firent par l'usage de plus en plus fréquent de la dissection. Un manuel Fcolaire condamné par l'épiscopat nous dit que le Moyen Age a ignoré la dissection et, en nous montrant, dans une image, Rabelais la pratiquant, il cherche à faire croire que la Renaissance l'a inventée. Erreur ou mensonge

1. Voir dans les Conci/ia de Labbe les canons de Uiiims (ii3i) , Lalran (ii.^g); Monlpellier (iiGa); Tour3(ii66); Paris (iai3); Latran (i3i5).

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qu'une telle affirmation! La vérilé, c'est que, déjà du temps de Galien, l'antiquité avait perdu l'usage de la dissection et que c'est le Moyen Age qui l'a rétabli, en réagissant contre l'école de Galien. « C'est à l'école italienne, dit M. Chéreau, qu'il faut rapporter l'honneur d'avoir inauguré de nouveau, après le passage si court d'Erasistraie" et d'Hérophile, l'ère des dissections, d'avoir étudié la nature même de l'homme et d'avoir secoué le joug qu'imposaient les croyances fanatiques aux idées galénique '. »

En elVet, une loi de l'empereur Frédéric II, roi de Sicile, défendait la pratique de la médecine sans diplôme et pour l'obtention du diplôme imposait iin an d'anatomie sur le corps hiunabi. Dès lors, la pratique de la dissection se généralisa rapidement dans toute l'Italie et parmi ceux qui s'y livrèrent, des le xiii" siècle, il faut mentionner Dino del Garbo, Lanfranc de Milan et Guillaume de Saliceto et le plus remarquable de tous, à celte époque, Mon. dino di Luzzi-. Né vers 1250, à Bologne, où il professa longtemps, appelé à Naplespar le roi Robert, il publia, eu 1315, le résultat de ses dissections dans le premier traité de ce genre que nous ail laissé le Moyen Age. Il l'intitula ^Jiflfomî'a omuinm hiimani corporis interiorum membroruin; et déclara que tout ce qu'il y décrivait était le résuUal de ses observalious personnelles. Il y parlait . d'une manière méthodique, des parties du corps humain, de façon qu'il en désignait le lieu, la situation, le nombre, l'apparence, la substance, la qualité, les dimensions, les u.sages, les maladies..., les accideuls. » Vers la même époque, se fit à Milan la première dissection publique d'un cadavre humain^.

< . Dictionnaire des sciences médicales, article Anatomie (histoire).

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