I. Rio. op. cit., u ÎS
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part, et avec un surcroît de sympathie de la part des nouveaux patrons que la ferveur de son zèle lui avait procurés. Ces patrons n'étaient pas seulement les dominicains de Sainl-Marc, fiers de posséder un de ses fils ; c'étaient les trois familles religieuses, dans le sein desquelles leurs prévoyants fondateurs avalent déposé les germes les plus vigoureux de régénération pour le jour où le besoins'en ferait sentir; c'étaient les franciscains restés fidèles à l'esprit de la règle, et surtout les franciscains de l'Observance qui, depuis les conquêtes spirituelles de saint Bernardin, étaient devenus l'Ordre le plus populaire et le plus respecté d'un bout à l'autre de l'Italie '. Enfin quiconque a voyagé en Italie a maintes fois admiré dans les nombreux tombeaux ou tabernacles de Mino de Fiesole, la douceur sérapbique des anges, le cabne de la mort chrétienne que reflètent les statues des défunts et l'impression de piété sereine qui se dégage de toutes ses compositions.
Plus encore que l'école florentine, l'école ombrienne resta fidèle à l'Idéal chrétien, comme si l'esprit de saint François, le grand saint de l'Ombrio vivait toujours dans l'âme des poètes et des artistes de ce pays, pour la prémunir de toute influence païenne. Qu'y a-t-il en effet de plus évangélique que le tableau de Gentile da Fabriano représentant l'Adoration des Mages ^ ? De Gentile à Raphaël, le glorieux aboutissement de l'école ombrienne, les traditions chrétiennes se sont transmises d'un artiste à l'autre ; on les retrouve dans les retables et les bannières que peignirent Bunfigli et Santi, dans les fresques de Pintaricchio, de Spagna et de Signorelli.
Ce qui prouve combien était vivace le sentiment chrétien dans ces âmes d'artistes éprises, d'un autre côté, d'amour pour la beauté antique, c'est l'impression que