‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 85 sur 201 · I. Histoire de l'art, m, p. 6oj · texte numérisé non relu

I. Histoire de l'art, m, p. 6oj

i. Rio, de l'Art chrétien, i, p. loî 3. Ibid. p. Il 3.

l'J8 HISTOIRE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE

raviva la foi et l'amour de Dieu dans tant d'âmes italiennes de ce siècle, saint Bernardin de Sienne; d'autre part, sa dévotion pour la Vierge fut la source inépuisable de son inspiration. Dans l'un de ses plus beaux tableaux représentant saint Bernardin de Sienne, il a écrit sur le livre que tient le bienheureux ce texte qui a été sa devise comme celle de saint Bernardin • Qtiae sursum sunt quaerite et ■lion quae super terrain^. »

Quoique plus pénétrée de l'imitation antique, l'école florentine a produit plus d'un chef-d'œuvre chrétien, non seulement par le sujet qu'il représente, mais surtout l>ar la pensée et le sentiment qui l'inspirent. SiDonatello, le grand sculpteur réaliste du xv" siècle, atteignit rarement les sommets de la mystique chrétienne, on peut dire qu'ils furent familiers à son émule Ghiberti, l'auteur de < es portes de bronze du baptistère de Florence qui, au (lire de Michel Ange, auraient mérité d'être les portes du paradis. La statue de saint Ktienne qu'il a fait poser à San Michèle est de la même famille que les figures si suaves de saint Etienne et de saint Laurent que peignit plus tard fra Angelico dans la chapelle de Nicolas V. C'est que « ses inspirations lui venaient de la même source à laquelle puisait fra Angelico da Fiésole, son contemporain et ipême son collaI)orateur pour un tabernacle-. Elles ne l'empêchaient pas d'ailleurs de goûter profondément les beautés de la sculpture grecque et d'en imiter les chefs-d'œuvre.

Lorsque l'on considère les fresques peintes par (iliirlandaio (Domeuico) dans le chœur de Sainte-Marie. Nouvelle de Florence, on serait lente de faire de cet artiste un adepte du naturalisme delà Renaissance; ses personnages évangéliques ne sont que des portraits de florentins et de florentines de sontemps ; leurs toilettes somptueuses

I . « Cherchez les choses d'en haut et non celles de U terre > 3. Uio. op. cit., I. p. 3u*

leur élégance affinée, leur attitude savamment étudiée n'ont que des rapports fort éloignés avec les scènes évangéliques.

Mais qu'on aille dans le bourg de San Gemignano ! Les fresques que l'artiste y a exécutées dans la collégiale nous ramèneraient à l'idéal chréUen le plus pur. Représentant la mort, à la fleur de l'âge, de sainte Fina, Ghirlandaio « plana, pour ainsi dire, dans les régions familières aux peintres mystiques et produisit une œuvre que n'auraient désavouée ni Beuozzo Gozzoli ni fra Angelico da Fiesole. » Peul-on, d'autre part, concevoir figures plus idéales ', plus surnaturelles que celles de la Vierge et de saint Bernard, dans le tableau de l'Apparition de la Vierge à saint Bernard, peint par Filippino Lippi?

A la fin du xv° siècle, les prédications éloquentes de Savonarole réagirent énergiquement contre les influences païennes de la Renaissance ; dès lors, l'inspiration chrétienne qui, au cours du siècle, n'avait jamais cessé de se produire, devint plus forte que jamais. C'est elle que l'on trouve à tout instant dans l'œuvre si riche des délia Robbia. « Le chef de la famille, Andréa, avait alors pour disciples quatre fils auxquels il avait communiqué son enthousiasme pour le prédicateur dominicain. Bientôt la préoccupation de l'idéal et même de l'idéal ascétique vint absorber toutes les autres, dans cette famille privilégiée et l'on vit le plus jeune de ses membres, Agostino délia Robbia, prendre l'habit religieux dans le couvent de Saint- Marc, tandis que les autres, restés dans l'atelier paternel, transformé en oratoire, aidaient leur père à mouler sur des médailles le profil révéré du moine qui était pour eux tous un nouveau prophète. A dater de cette époque, les affinités instinctives avec l'école mystique, affinités vivaces qui faisaient en quelque sorte partie de son héritage, se développèrent avec un surcroît de verve, de sa

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