I . Cité par G. Goyau dans son introduction au Clergé rural
SOUf l'\nrii-i P-'nhn(> r]i' Ar.KORfJES,
Farges et Septaine »
La Faye, »
Feux, »
Fussy, »
Gardefort, »
Garigny »
Givaudins, »
Croises, »
environ
» Herry, » » .... :2.700
traitement d'un vicaire . . 700 »
); Humbligny, revenu net 1.001
» Jalognes, » » environ . 1.200
» Jassy, » » ». 1.200
» Lepan, » » ». 1.200 » Laverdine, portion congrue 700, plus
mandat de 500 soit 1.200
» Levet, revenu net 41:2
M Lissay, » » 742
» Lochy, » » 773
» Lugny, » » 1.500
» Lury, portion congrue 700
» Marraagne 450
» Ménétou 470
» Ménétréol 861 »
» Méreau, portion congrue 700 »
» Méry-ès-Bois, revenu net environ. . 1 .200 »
» Montigny 1.128 »
» Mornay 933 »
» Morogues (1.105 habitants) .... 8.191 »
») Morthomiers 707 »
» Moulius-sur-Yèvre 340 »
» Nançay, portion congrue 700 »
» Neuvy-deux-Clochers, revenu net . 894 » » Neuvy-sur-Barangeon, portion congrue 700 »
« Nohant, revenu net 514 »
» Osmoy, » » 1.321 »
» Parassay, » » 997
» Pigny, » > environ . . . 1.200 »
» Précy, » » 1.639 »
» Quantilly, » » 545 »
» Rians, » 1.230 >
» Sancergues, portion congrue. . . . 700 »
» Sancerre, » » .... 1.862 »
environ
Santranges, » » ...
Savigny, » » ...
Senneçay (307 hab.), portion congrue Sévry, portion congrue environ
Soulangis, » »
Le Subdray, » »
Sury-en-Vaux, » »
Saiut-Bonize, » »
Saint-Cap rais, » »
Saint-Céols, portion congrue Saint. Doulcliard, revenu brut Saint-Éloy-de-Gy, revenu net
Saint-Florent
Saint-Georges-sur-Moulon. .
Saint-Germain-du-Puy, environ Saint-Hilaire-de-Gondilly
Saint-Just
Sainte- Lunaise, portion congrue Saint-Martin d'Auxigny .
Saint-Martin-des-Ghamps .
Saint-Michel-de-Volangis .
Saint-Palais
Saint-Satur (1.450 habitants) Sainte-Solange . .
Thauvenay ....
Vasselay, environ .
Vaugnes.
Vignoux
Villabon
Villeneuve-sur-Clier, environ Villequiers »
Vorly, revenu net ....
Méry-sur-Cher, portion congrue et revenu de 517 ci : à 1.217
Vierzon-Villages, portion congrue . . 700
11 est inutile de poursuivre cette enquête dans toutes
les provinces de l'ancienne France ; les renseignements que nous avons demandés à des régions aussi diverses que la Champagne, la Normandie, le Maine, le Berry, la Provence, la Guyenne, nous conduisent aux mêmes conclusions. Elles donnent un démenti aux assertions de MM. Léouzon-Leduc et Marion. Elles prouvent que le taux moyen des revenus du bas clergé était beaucoup plus élevé qu'ils ne le disent ^ Sans doute, nous trouvons encore quelques chiffres insuffisants comme par exemple le revenu net de 3G0 frans constaté pour certains curés ; mais on peut dire que l'ensemble des prêtres de campagne avaient de 700 à 1.000 li\Tes de rente. Certains, en particulier dans le Bordelais, atteignaient 2.000, 4.000 et même quelques-uns 8.000 livres. Ce n'est donc pas l'insuffisance des revenus qu'il faut accuser, mais plutôt leur inégale répartition. Parce que les traitements ecclésiastiques dépendaient non du budget national à taux fixes, mais des revenus de la terre (dîmes et temporel) essentiellement variables selon la richesse du sol et des cultures et la quantité des terres formant le temporel, ils étaient inégaux de province à province, de pays à pays, et même de paroisse à paroisse. Ce qui accentuait cette inégalité, c'est l'abus des gros décimateurs prélevant, à la place du curé, le tout ou une partie des dîmes paroissiales» ne lui en laissant qu'une partie ou lui donnant, à leur place» le traitement fixe que l'on appelait la portion congrue. En général, les curés congruistes ou réduits à une partie de la dîme étaient beaucoup moins bien partagés que les autres. Mais il est à remarquer que leur nombre était moins grand qu'on ne le croit d'habitude. Voyez les listes des paroisses du Bordelais, du Berry que nous avons données ; elles ne portent qu'un petit nombre de congruistes.
I . N'oublions pas qu'il faut doubler à peu près ces sommes pour leur dcnuier la valeur qu'elles auraient aujourd'hui ; 3Go livres avant 1789 équivalaient à environ 700 francs de nos jours.
C'est d'ailleurs une justice à rendre à l'Ancien Régime que de constater qu'il s'était préoccupé de leur sort et avait pris des mesures pour leur garantir un minimum de revenu. Une déclaration de Louis XIV du 29 janvier 1689 avait établi à la somme uniforme de 300 livres représentant environ 900 francs de nos jours, la portion congrue qui leur était due. En mai 1768 1, une déclaration de Louis XV, constatant que la valeur de l'argent avait baissé, fixa à 500 livres (environ i.OOOfrancs de nos jours) le minimum de la portion congrue. Le 2 septembre 1786, un nouvel édit l'éleva à 700 livres soit environ 1.400 francs 2. Quant aux vicaires, ils devaientavoir une portion de 250 livres (environ 500 francs). Ces traitements du curé et du vicaire congruistes étaient mis à la charge du décimateur; à son défaut, à celle du seigneur laïque qui percevait les dîmes, et à défaut du seigneur laïque, ils devaient être payés par les communautés séculières et régulières ou même par l'ordinaire, qui était autorisé, pour cela, à réunir plusieurs bénéfices en un seul.
La Révolution ne fit que suivre cet exemple lorsqu'elle assigna un traitement fixe à tous les curés. S'appropriant les biens ecclésiastiques et supprimant les dîmes, elle réduisit tous les curés à la portion congrue qu'elle se chargea d'acquitter elle-même. C'est la signification du vote par lequel, sur la proposition de Mirabeau, l'Assemblée constituante décida à la fois, de confisquer les biens d'Eglise et de mettre à la charge de l'État l'entretien du culte et de ses ministres, et le soulagement des pauvres. Les curés durent recevoir la jouissance d'un presbytère et un tiaitement qui devait représenter la moyenne de ce qu'ils tiraient auparavant de leur temporel et de la dîme. Or ce traitement minimum fut fixé à 1.200 livres, soit environ 2.400 francs de nos jours.
Ce traitement, quoique n'ayant rien d'excessif, était de
I. IsAMBERT. Recueil des ordonnances, p. /182, no 960. a. Ibid.^ [). a32, n» 2.271.
beaucoup supérieur à celui qu'a fait, pendant le xix^ siècle, le régime concordataire aux curés. Les desservants ne recevaient par an du budget des cultes que la modeste somme de 900 francs, tandis que leurs prédécesseurs du XVIII® siècles avaient un revenu moyen de 2.000 francs, leur permettant d'avoir un vicaire dans des paroisses de 500 habitants, une servante, parfois même un domestique, et souvent un cheval et une voiture.
Il faut donc en finir avec la légende dont Taine luimême s'e-^t fait le propagateur et d'après laquelle le l)as clergé aurait vécu, sous l'Ancien Régime, dans une noire misère d'où la Révolution serait venu le tirer.
En réalité, ces plaintes sur le sort du clergé paroissial se trouvent sur les lèvres des [ hilosophes beaucoup plus que sur celles des curés, et la pitié qu'affectaient Voltaire et ses disciples pour les modestes desservants était intéressée, ayant p )ur objet d'exciter les jalousies du clergé de second ordre contre le haut clergé. C'était un appel aux basses passions plutôt qu'une sincère marque d'intérêt. Les sentiments qui animaient les philosophes du xviii« siècle inspirent de nos jours les anticléricaux qui se font l'écho des mêmes plaintes. A leurs affirmations intéressées et partiales, les textes, édités par ordre du Gouvernement lui-même, répondent que, si les biens d'Eglise étaient en effet inégalement répartis, et si le haut clergé en prenait trop la principale part, il est inexact de dire que le bas clergé en était, pour cela, réduit à la misère.
L'Eglise et la Charité au Moyen Age.
SOMMAIRE. — Les biens d'Église sont les biens des pauvres. — Temps apostoliques. — Après l'Édit de Milan dans l'Empire romain. — Dans la Gaule mérovingienne,
— Temps carolingiens. — Aumônes épiscopales. — La propriété monastique. — L'hospitalité monastique. — Asiles pour les pauvres, les vieillards, les enfants. — Les enfants trouvés et l'Ordre du Saint-Esprit. ^ Autres œuvres pour les enfants trouvés et les orphelins. — L'Église et les maladies épidémiques et contagieuses. — L'Ordre de Saint- Antoine. — Les lépreux. — Multiplication et gestion des léproseries. — L'Ordre de Saint-Lazare.
— L'Église et les aveugles. — Les Quinze-Vingts. — Les Maisons-Dieu. — Hospices pour voyageurs. — Les Ordres de Saint-Jacques, de Roncevaux, les religieux du Mout-Saint-Bernard. — Maisons-Dieu le long des routes. — Les Hôtels-Dieu. — Soin des malades. — Excellente tenue des hôpitaux du Moyen Age. — Architecture hospitalière. — Soins de propreté et d'hygiène. — Nourriture des malades. — Science médicale insuffisante. — Nombreuses congrégations hospitalières.
Depuis les premiers siècles de son existence, l'Église a professé que ses biens sont le patrimoine des pauvres. Avant leur dispersion, les Apôtres distribuaient aux veuves et aux pauvres les ressources qui leur avaient été données et lorsqu'ils ne purent plus le faire, ils en chargèrent les
diacres^ ; et ainsi, dit M. de Pressensé, « la charité s'organise spontanément et de la manière la plus admirable au sein de la jeune Eglise 2. » Saint Paul faisait un devoir à l'évêque d'être libéral envers les orphelins, les veuves, les malheureux, hospitalier, prompt à rendre service^. C'est à Inique devaient être remises les offrandes pour les pauvres et c'est lui qui les gérait *, avec l'aide des diacres et des diaconesses.
Parlant de l'office du dimanche, siint Justin nous dit « qu'on y fait une quête à laquelle contribuent tous ceux qui en ont le désir et le moyen, que cette collecte est remise au chef de l'assemblée qui vient au secours des veuves et des orphelins, des pauvres et des malades, des prisonniers et des étrangers °. » Les Constitutions apostoliques prévoient l'existence, dans chaque communauté chrétienne, d'une caisse alimentée par les fidèles et devant subvenir aux besoins des pauvres et des malheureux ^. Et ainsi, dès les premiers siècles, se constituait la propriété ecclésiastique pour l'entretien du culte et le soulagement de toutes les misères '. En 251, l'Eglise Romaine assistait 1.500 veuves et indigents et dans une lettre à saint Cyprien de Carthage, le clergé romain exposait que, malgré la fureur de la persécution de Dèce, les secours étaient toujours donnés aux veuves, aux infirmes, aux prisonniers, aux exilés, aux catéchumènes malades^.
En reconnaissant à l'Eglise le droit de propriété et en lui rendant les biens qui lui avaient été confisqués, l'édit