EusÈBE. Ilist. eccL, VI
8. Sur cette question on lira avec profit Lesne. Histoire des origines de la propriété ecclésiastique.
de Milaii de 313 accentua le développement des biens et de la charité ecclésiastiques. Bientôt, grâce aux libéralités et aux testaments des évêques, des prêtres et des fidèles, aux dons des princes et des empereurs, aux quêtes de toutes sortes, des biens considérables ne tardèrent pas a s'accumuler autour des églises cathédrales, des sanctuaires, des églises rurales et des monastères, et ces biens tirèrent un nouvel accroissement des grands travaux agricoles qu'entreprirent les prêtres et les moines dans tout le monde civilisé. Dès les temps mérovingiens, la propriété ecclésiastique était considérable.
Ces richesses de l'Eglise furent dépensées en grande partie à des œuvres de charité que saint Ambroise énumérait avec orgueil dans sa fameuse controverse avec Symmaque à propos de l'autel de la Victoire : « Che? nous, disait-il aux païens, les biens de l'Eglise forment le trésor des pauvres. Combien vos temples rachètent-ils de captifs? Combien d'aumônes distribuent-ils aux indigents ? Combien de subsides envoient-ils aux proscrits ^ ? »
En un temps où les invasions de barbares faisaient tant de prisonniers et réduisaient tant d'hommes libres en esclavage, le rachat des captifs était l'une des principales œuvres de la charité ecclésiastique. Saint Augustin, évêque d'Hippone, Déogratias, évêque de Carthage, Ennodius, évêque de Pavic, la plupart des évêques galloromains lui consacrèrent une grande part des revenus de leurs églises.
L'aumône sous toutes ses formes était pratiquée par les administrateurs des biens d'Eglise. « Socrate mentionne que Atticus, évêque de Constantinople, était si charitable envers les pauvres qu'il envoyait des sommes considérables aux villes voisines pour y assister les indigents. Les règles qu'il doima au prêtre Calliope de l'église de Nicée, en lui envoyant 300 écus d'or à distribuer, sont