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Lettres à Grcjoire, p. aiG

l'instruction populaire avant la révolution 371

« Avant la Révolution, écrivait-il, il n'existait d'écoles gratuites que celles des différentes maisons religieuses des Ursulines ; il y en avait quatre de cette espèce à Besançon, à Saint-Hippolyte, à Clerval et à Ornans. Ces écoles étaient destinées à enseigner aux jeunes filles à lire, à écrire et à travailler. Il n'existe plus d'établissements de cette nature aujourd'hui. »

Bourgogne. — Le savant historien d'Autun, M. Anatole de Charmasse, a voulu faire la statistique des écoles primaires que possédait, avant 1789, l'ancien diocèse d'Autun^ Mais l'absence de documents l'a forcé à réduire ses recherches à 14 archiprétrés fsur 25), ceux d'Arnayle-Duc, Avallon, Beaune, Corbigny, Couches, Duesmes, Flavigny, Nuits. Pouilly-en-Auxois, Quarré-les-Tombes, Saulieu, Semur-en-Auxois, Touillon et Vézelay. Les documents qu'il a découverts et qu'il publie dans son livre l'ont conduit aux conclusions suivantes. L'archiprêtré d'Arnayle-Duc, sur un total de 33 paroisses, comptait 28 maîtres et 2 maîtresses d'école, en tout 30 écoles. Dans l'archiprêtré d'A vallon, qui comprenait 28 paroisses, on trouve 27 écoles, en comprenant dans ce nombre celle des Ursulines d'A vallon, qui donnaient l'enseignement gratuit aux filles. L'archiprêtré de Beaune comptait 46 paroisses rurales et 4 paroisses urbaines, en tout 50; parmi les premières, nous trouvons 35 écoles et 3 parmi les secondes, en tout, 38. Nous ne possédons que peu de documents sur l'archiprêtré de Corbigny (jui, sur

21 paroisses, ne nous fournit que neuf écoles, non compris Gacogne et Cussy, où l'instruction était donnée par le curé du lieu. L'archiprêtré de Couches, composé de

22 paroisses, comptait seulement 7 écoles pour les garçons

I. Ce diocèse s'étendait dans les départeiueiils actuels de la Saône-et-Loire, de la Cùte-d'Or, de 1" Yonne, de la Nièvre, de l'Allier, de la Loire et du Rhùne ; il comprenait 667 paroisses réparties

entre 2Ï> archiprétrés.

et 2 pour les filles, en tout 9 écoles. L'archiprêtré de Duesmes était formé de 27 paroisses où nous trouvons 23 écoles. L'archiprétré de Flavigny était un de ceux où l'instruction primaire était le plus répandue : sur ses 29 paroisses, il y avait 29 écoles. Dans l'archiprétré de Nuits, sur 29 paroisses, on trouvait 26 écoles. L'archiprétré de Pouilly-en-Auxois comprenait 23 paroisses dans lesquelles on comptait 21 recteurs d'école. L'archiprétré de Quarréles-Torabes comptait 21 paroisses et 14 écoles. L'archiprétré de Saulieu, sur 32 paroisses, présentait un contingent de 19 écoles. L'archiprétré de Semur-en-Auxois, qui comprenait 23 paroisses, possédait 12 maîtres et une maîtresse, en tout 13 écoles. L'archiprétré de Touillon comptait 16 paroisses et 16 maîtres d'école. Enfin, sur 29 paroisses, l'archiprétré de Vézelay avait 18 maîtres et 3 maîtresses, en tout 21, non compris Asnières et Monceau où l'instruction était donnée par le curé. « Ces chiffres donnent un total de 295 écoles pour les 383 paroisses des 14 archiprêtrés sur lesquels a porté notre étude ^. » La proportion des écoles était encore plus élevée dans l'ancien diocèse d'Auxerre, correspondant à peu près à l'arrondissement actuel d'Auxerre. A la fin du xvii® siècle, il comprenait déjà au moins soixante paroisses munies d'écoles. Ce résultat avait été dû au zèle de l'évêque Colbert, fils du grand ministre. « Ses statuts de 1683 recommandent au clergé l'instruction de la jeunesse et surtoutcelle des pauvres et des bergers. Il va jusqu'à inviter les curés à aller eux-mêmes chercher ces derniers dans les champs, s'ils négligeaient de se rendre aux leçons ^. » Beaucoup de paroisses établissent des écoles à sa sollicitation'. En 1695, il se fait encore plus pressant. Il prescrit

1 . DE CiiA.nMAssE. État de l'instruction primaire dans l'ancien diocèse d'Autun, pp. 98-99.

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