‹ Histoire partialeChapitre 47 sur 214 · I. Arch. du déiôl de la î:U ;iTe v.o ioi8. 3. Ibid · texte numérisé non relu

I. Arch. du déiôl de la î:U ;iTe v.o ioi8. 3. Ibid

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avec l'appui des années étrangères : « Si nos ennemis \ disait-il, en parlant des Français, avaient jeté dans les Cévennes 10 ou 12.000 hommes et qu'ils y fussent fortifiés, il ne serait plus possible de les en chasser et ils rendi-aient presque inutile tout ce qu'on pourrait faire dans la plaine; car de là, ils désoleraient tout le pays. »

Brousson faisait ensuite le calcul des forces royales et il en tirait cette conclusion que la révolte projetée devait être appuyée par l'envoi des contingents étrangers : « Ce peuple ne saurait rien entreprendre, quand même on y envoyerait des officiers, si l'on ne jetait dans les montagnes quelques troupes qui occupent un peu les milices et qui donnent aux habitants du pays le moyen d'agir. » il sollicitait donc de Schomberg un secours de 2.000 hommes « armés de fusils et de baïonnettes parmi lesquels il y eût un bon nombre d'officiers surnuméraires des plus vigoureux, pour commander les gens du pays. L'arrivée de ces deux mille hommes aurait précédé l'invasion de la France par le Dauphiné que devait opérer l'armée de Schomberg, tandis que le Languedoc serait en révolte. Brousson prenait la précaution de tracer la route et les étapes aux 2.000 hommes qu'il demandait : « Débarquement de nuit entre Montpellier et Aigues-Mortes, marche nocturne sur la rive gauche du Vidourle, sur Calvisson, halte à la l)ctite montagne de Canes près Vie où un bois assez épais donnerait abri ; marche d'une heure environ, à travers des plateaux presque déserts, entre Durfort et Sainl-Félix. Partie de ce point, la troupe devait atteindre sans difficulté, grâce aux bois et aux rochers, le vallon supérieur du Gardon d'Anduze par Lasalle et Saumane où elle se tntuverait « au cœur des Cévennes » et où le peuple se ramasserait de tous côtés. Brousson regardait l'entreprise comme certaine ; pour peu de diligence qu'on fit,

I. Histoire du Languedoc (éd. Vaisskte-Molimi r;. XIII. pp. 70G.

les milices du pays n'auraient pas le temps de se rassembler. D'ailleurs, en leur donnant l'attaque, il suffirait d'annoncer l'approche d'une armée régulière pour dissiper facilement ces compagnies dont le peu de solidité était connu. Le pasteur recommandait pourtant de jeter d'abord dans les Cévennes autant de monde que l'on pourrait afin de s'assurer des montagnes et d'y mettre les habitants en état de défense; après quoi, les troupes auraient la faculté de descendre dans la plaine ^. » Les victoires de Catinat, en refoulant l'ennemi au-delà des Alpes, empêcha la réalisation de ces projets protestants et le Languedoc ne se révolta pas.

La guerre de la Succession d'Espagne, qui commença en 1701, fournit aux protestants une nouvelle occasion de se révolter avec le concours des ennemis de la France. Un grand nombre de « voyants » et de « prophètes « se mirent à annoncer le triomphe des persécutés et la destruction de l'Église romaine ; les assemblées interdites par les ordonnances royales, se multiplièrent tandis que de leur côté, les fonctionnaires royaux redoublaient de rigueur à l'égard des « nouveaux convertis », en arrêtant et en faisant mettre à mort un certain nombre d'entre eux. Le meurtre de l'un des missionnaires catholiques les plus détestés des « nouveaux convertis », l'archiprêtre de Chayla, (mi-juillet 1702) donna le signal de la révolte

I . Résumé du plan par dom Vaissète. Histoire du Languedoc (éd. Vaissète-Molinier), XIII, pp. 709-710.

La lettre de Brousson fut saisie aux portes de Genève sur un fluide d'émigrés Picq qui devait la remettre à Schomberg. Picq fut pendu ; Brousson fut arrêté à Oléron, en 1698, jugé et mis à mort à Montpellier, le 4 novembre 1698. Il est certain quil avait été en communications constantes avec les ennemis de la France, qu'il les avait appelés sur le sol français, avait préparé la révolte en leur faveur, démarches qui étaient toutes des actes de haute tra» hison. Cela n'empêche pas M. Weiss de parler de son a martyre », à la ■uitc des Anglais, dos Hollandais et de tous les réformés de 1698.

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générale sous la conduite de deux jeunes gens Cavalier et Roland.

Rarement, guerre religieuse fut aussi cruelle que celle des Camisards; c'est ainsi que se nommaient les protestants Cévenols. Six mois à peine après ses débuts, dans une lettre au ministi-e de la guerre du 28 décembre 1702, le P. de la Rue dressait ainsi le bilan de leurs cruautés : « Quarante églises brûlées et pillées ; deux à trois cents abandonnées, le massacre de près de deux cents personnes : prêtres, gentilshommes, anciens catholiques et nouveaux zélés; plus de cent lieues d'étendue de pays sans nul exercice de religion dans les campagnes... l'audace de cinq à six cents malheureux à qui quatre mois de massacres et leur férocité naturelle tient lieu de valeur *. » Le 6 mars 1703, l'intendant Bâville signalait au ministre de la guerre « du côté du Vigan une bande de 1.500 révoltés qui ont brûlé des églises, tué (les anciens catholiques et brûlé des maisons jusqu'à quatre lieues de Montpellier ^ » ; le 13 mai, il mentionnait le massacre à Fraissinet de 32 anciens catholiques et de beaucoup de femmes et d'enfants, par les Camisards. Un rapport adressé, le 30 août 1703, au ministre de la guerre déclare que, vers la fin de mai 1703, dix mois après leur révolte, les Camisards ont brûlé 409 maisons et 107 églises et que, depuis ce temps-là, ils ont bien achevé pour le moins le nombre de 500 maisons et de 150 églises. « Pour les meurtres, on ne saurait les dire au juste parce que le nombre en est si grand qu'on n'a pu tenir un compte exact; mais on vous dira en plus qu'on a massacré des villages entiers sans épai-gner ni âge, ni sexe, ni condition, qu'on a été près de cinq ou six mois qu'il ne s'est guère passé (lo semaine qu'ils n'aient fait deux ou trois meurtres. Et pour des soldats du roi, ils en ont tué presque autant qu'on

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