THOMASSiif, op. cit., Ilf, p
iGi UISTOIUE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE
sition. Il envoyait ses officiers prendre possession des châteaux et des villes, établissait des garnisons dans les forteresses du diocèse et gérait à son gré les biens d'Eglise... L'intérêt de la royauté était, on le conçoit, de mettre le plus possible à profit cette occupation momentanée des évêchés. Aussi les premiers Capétiens s'empressaient-ils, une fois la vacance déclarée, de faire acte seigneurial en prélevant sur la population des diocèses des tailles dont le nombre et la quotité restèrent longtemps illimités ^. » Les rois trouvaient que ces revenus étaient pour eux une bonne aubaine ; aussi s'eflTorçaientils de les prélever le plus longtemps possible, en prolongeant la vacance des sièges épiscopaux ; c'est ce que saint Bernard reprochait énergiquement au roi Louis VII et à ses conseillers, Suger, abbé de Saint-Denis et Joscelin, évéque de Soissons *. Ce droit de regale, qui a duré pendant toute l'ancienne monarchie, a fait passer dans la caisse de la royauté et de l'Etat des sommes considérables prélevées sur les revenus ecclésiastiques.
Les seigneurs et les rois imaginèrent de bonne heure une autre manière de percevoir des sommes importantes sur les biens d'Eglise; ils les frappèrent d'un droit d'amortissement. L'origine de ce droit nous est exposé en ces termes, dans un mémoire qui fut rédigé, eu 1740, par ordre du Contrôleur général des finances : « Après que les fiefs furent devenus héréditaires, sur la fin de la seconde race et au commencement de la troisième, les