‹ Histoire partialeChapitre 84 sur 214 · I. Mayer. Des États généraux, X, 3^8, SgS · texte numérisé non relu

I. Mayer. Des États généraux, X, 3^8, SgS

LE CLERGÉ PAYAIT-IL l'IMPOT SOUS L*ANCIEN REGIME 181

une assemblée de notables de 1558, c'est-à-dire, en tout, 9.200.000 livres ou 146.749.200 francs, s*ajoutant au produit des décimes. Encore ne comptons-nous ni un don « considérable B accordé en 1551 par six cardinaux, trente archevêques et évèques « d'un mesme accord et vouloir », ni les emprunts forcés, autres présents puisqu'on ne les rend presque jamais, ni les frais de levée qui « reviennent souvent à plus grande somme que le capital par les malversations et pillages des receveurs et sergents », ni l'entretien de l'artillerie et logements des gens de guerre^. »

Pour faire face à des charges aussi lourdes, l'Eglise de France était obligée d'aliéner une partie de son capital et de vendre des terres. Les mémoires du clergé signalent des ventes de biens ecclésiastiques, en 156^3, pour 100.000 écus de rente; en 1568, pour 150.000 livres de rente; eu 1574, pour un million de livres; en 1576, pour 50.000 écus de rente; en 1586, pour 500.000 écus^.

Le protestantisme tenta, contre l'Eglise de France, la manœuvre qui lui avait réussi en Allemagne, en Angleterre et dans les pays Scandinaves ; il essaya d'exciter la convoitise du gourernement royal et de lui faire confisquer les biens du clergé^, les faisant miroiter aux yeux du roi, comme en d'autres temps on a fait miroiter aux yeux du peuple le milliard des Congrégations. L'Eglise de France déjoua cette manœuvre par une attitude à la fois habile et généreuse : elle contribua encore plus largement à soulager la détresse financière du royaume. A la suite

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