‹ Histoire Phsique, Civile Et Morale De ParisChapitre 17 sur 29 · orli sur 1 1 rive gauche «le la s. ine · texte numérisé non relu

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\« is le point où a*él ve le pavillon oriental du palais des Beaux-Arts ci-devant collège Mazarin. Elle était contiti m ,i i ancienne tour de M tour ronde fort élevée ,

accoupfi • i uue tour moins forte, plus élevée, et qui coni. h lit 1 es( alier, Le b&timeifl de la porte, Danqué de deux loi rs rou i fut, i cequ i! parait, restauré sous le règne de Henri IV. On traversait le fossé, alors très-large en Iroit, -i rempli parleseaux de la Seine, sur un pont de quatre an In b en pi< ri

/.'.- porU Daupkme. Elle fut construite sous le règne <!<> Denri IV, après Pan IG07 . o r extrémité de la rue Dauphine, que ce roi avait fait ouvrir^ elle était situé

ÉTAT PHYSIQUE. ll\5

l'endroit de la maison de cette rue qui porte aujourd'hui le n° 50 : elle fut démolie sous le règne de Louis XIV, en •1675, en exécution d'un arrêt du conseil vhi 25 septembre de cette année \. Après cette démolition, la rue Dauphine fut prolongée jusqu'au carrefour deBuci.

La porte de Buci, située dans la rue Saint-André- des- Ars , vers l'endroit où la rue Contrescarpe y débouche. Cette porte était flanquée de deux tours; et, jus<jue-là seulement, le fossé de la ville était ordinairement rempli par les eaux de la Seine.

La forte Saint-Germain , située rue des Cordeîiers , aujourd'hui de l'Ecole de Médecine , à l'extrémité de la rue du Paon, à l'endroit où se voit encore l'ancienne fontaine des Cordeîiers. Sa construction était fort? simple: elle fut démolie en '1675, et l'édifice de la fontaine fut élevé à sa place.

La forte Saint-Michel , plus anciennement nommée forte d'Enfer, ou forte de Gibard ou Gibert. Sa construc tion était simple : on y entrait par un pont en bois; une pile s'élevait du fond du fossé , et supportait les deux travées de ce pont.

Auprès et à Test de cette porte est un édifice ou espèce de fortification qui la protégeait. Cet édifice est évidemment celui dont il a été parlé ailleurs, et où le prévôt des marchands et les échevins tenaient leurs assemblées avant la construction de l'Hôtel-de-Ville. On le voit dans le jardin de l'hôtel de Brabant, rue Saint-Hyacinthe, n° 4 5.

Cette porte lut réparée en 1394 5 et démolie en 1684.

1 t'oyez ù dessus l'ail. Hue , Place cl Porte Dattphine.

2 46 HJSTOlîlE DE PARIS.

A l'endroit où elle existait, on a construit la fontaine de la place Saint-Michel.

La porte Saint- Jacques, située entre les rues des Fossés- Saint-Jacques et de Soufflot, du côté oriental, et entre la rue Saint-Hyacinthe et le passage des Jacobins, du côté occidental. Celte porte présentait un édifice fortifié par deux tours , un pont en charpente et un pont-levis : elle fut démolie en -1684.

La porte Bordelle ou Bordet,- ou de Saint-Marcel. Elle se composait d'un édifice flanqué de tours. On y arrivait par un pont en bois et un pont-levis : elle était située vers l'extrémité de la rue Bordet , aujourd'hui nommée rue Descartes , non loin de l'endroit où cette rue débouche éans celle des Fossés-Saint-Victor. Cette porte , munie de tours et de ponts en charpente, fut démolie en -1683.

La porte Saint-Victor , située dans la rue de ce nom, et entre la rue des Fossés-Saint-Victor et celle d'Arras. Elle était composée d'un édifice fortifié, et on y passait sur un pont en bois : reconstruite en io70, elle fut abattue en -1 684-.

La porte de la Tournelle , depuis nommée de Saint- Bernard, située sur la rive gauche de la Seine, vers l'extrémité septentrionale de la rue des Fossés-Saint-Bernard, sur le quai de la Tournelle, entre les nos I et 5. Elle se composait d'un édifice assez considérable, flanqué de tourelles ; elle était protégée par une forteresse , appelée la Tournelle, balie sur le bord de la Seine. Henri IV la fit rebâtir en 'Î606 ; elle fut démolie en '1670; en 167.4, on éleva à sa place une porte tri^phale sur les dessins de Blondel. J'en parlerai ailleurs.

Au-delà de ces seize portes de Paris, si l'on en excepte celles qui se trouvaient sur les bords de la Seine , étaient autant de faubourgs, dont plusieurs furent ruinés pendant le siège de Paris : la plupart de ces faubourgs avaient donné leurs noms à ces portes.

On communiquait d'une rive de la Seine à File de la Cité et à l'autre rive par six ponts : le pont Notre-Dame , le Petit-Pont, le Pont* au- Change , le pont Saint-Michel , le pont Marchand , qui remplaça l'ancien P ont- aux- Meunier s , et enfin le Pont-Neuf. Ces deux derniers furent construits sous le règne de Henri IV. Tous ces ponts , excepté le Pont-Neuf, étaient bordés de maisons , de manière que Ton pouvait traverser la rivière sans apercevoir sor cours.

Quais. Les seuls quais existant alors à Paris étaient, sur la rive droite de la Seine, ceux des Célestins , du Portau-Foin, et un autre, qui , depuis le bas du pont Notre- Dame , se terminait au Louvre , et se nommait le quai de l'Ecole.

Sur la rive gauche était un quai qui s'étendait depuis le pont Saint-Michel jusqu'à la tour deNesle. Les autres parties des rives de la Seine, l'île de la Cité tout entière, étaient, avant 4603, dénuées de quais.

Ces quais , en général , se composaient de maçonneries irrégulières , d'ouvrages en bois uniquement destinés à préserver les bords de la Seine de faction destructive de ses eaux.

Places. Si l'on excepte la Place-Iioyale, et, si Ton veut, la petite place Dauphine , on ne trouvait point à Paris , sous Henri IV, d'emplacement qui méritât le nom de place publique, il n'existait nulle promenade plantée

1L\% HlSTOUtE DE PÀK1S.

d'arbres, où les habitants pussent venir, librement et à l'abri des feux du soleil , se procurer un exercice salutaire, si ce n'est le Pré-aux-Clercs. On nommait généralement place ce qui ne serait aujourd'hui considéré que comme un carrefour : partout les arbres étaient rares.

Édifices. Les abbayes situées dans les faubourgs , telles que celles de Saint-Antoine, de Montmartre, de Saint- Germain-des-Prés , de Saint-Victor , étaient fortifiées comme des places de guerre.

Le château des Tuileries et la galerie du Louvre furent continués, mais restèrent imparfaits pendant cette période. Dans la cour des Tuileries , on voyait encore , même jus*» qu'au commencement du règne de Louis XIV, les chantiers de bois, fours et autres objets nécessaires à la fabrication des tuiles et briques : c'est ce que prouvent des plans manuscrits qui ont passé sous mes yeux.

Hues. Les rues de Paris, et surtout celles qui se trouvaient au centre et dans les parties les plus anciennes de la ville , étaient fort étroites : on n'y pouvait pénétrer en voiture.

La plupart n'étaient point pavées ; d'autres ne l'étaient qu'en parties, et presque toutes se trouvaient encombrées de gravois, de boues et d'immondices. Cet état de malpropreté et de gêne , indices d'une administration mal ordonnée, dura encore longtemps, comme on le voit par un procès-verbal l'ait , en i63G, sur l'état des rues de Paris1.

Un rimeur de ce règne a mis en vers l'énumération des rues comprises dans l'enceinte de cette ville :

* Histoire de Pans , par Félibien , preuves , t. IV, p. 24 9.

Il en compte dans la Cité 56

Au quartier de l'Université , qu'il nomme

Hulepoix 85

Au quartier de la ville, qu'il nomme de

Saint- Denis 294

Total 44 5'.

Cet auteur n'est pas très-exact. A la fin du treizième siècle , Guillot de Paris , qui a dénombré les rues de cette ville , en compte pareillement trente-six dans la Cité; et, du temps de Henri IV, le nombre de ces rues s'était accru au moins dune , de la rue de Harlay.

Echelles, Les rues et carrefours de cette ville offraient souvent les tristes témoignages de la perversité humaine ou des rigueurs de la justice : des potences , des carcans, des piloris et des échelles. Pour inspirer la terreur, on a quelquefois élevé des potences dans presque toutes les places de Paris. J'ai parlé des piloris.

Les échelles où l'on attachait les condamnés , où on les fustigeait, et où on leur lançait des injures et des pierres , étaient communes à Paris. Saint Louis en fit établir dans toutes les villes, pour y placer ceux qui proféraient le vilain serment2.

1 Dedans la cité de Paris Y a des rues trente-six, Et, au quartier de Hulepoix, Kn y a quatre-vingt et trois ; Et» au quartier de Saint-Denis , Trois cents il n'en faut que six.

Contez-les bien tout a votre aise, Quatre cents y a et treize.,

( Les cris et les rues de Paris , p. G7.)

f" a « Et commanda que l'on meist cscliiclcs cz bonnes villes en lieu commun » sur lesquelles les blasphemeurs de Dieu Fussent mis et lie/:, en despit de cet pév chic. » {Vie de SainL-Louis , par le confeseur de la reine Marguerite; Histoire de saint Louis , p. 30b. )

a DO HISTOIRE DE PAiilS.

L'abbé de Saint-Magloire avait son échelle placée visà-vis l'église de Saint-Nicolas-des-Champs. Elle subsistait encore en 4548 *.

L'évéque de Paris avait aussi son échelle , dans la rue qui de celle Saint-Honoré conduit à la rue de Rivoli. Cette rue , nommée de f Echelle, doit vraisemblablement son nom à l'existence dun pareil instrument de supplice.

Enfin , le grand-prieur du Temple avait fait établir , à l'extrémité de la rue des Vieilles-Audriettes, une échelle qui n'a été détruite que vers l'an 1 780. Elle avait environ cinquante pieds de hauteur.

Une autre échelle figurait au parvis de Notre-Dame , devant la façade de l'église cathédrale. C'est là qu'en \ohk fut hissé , chargé de chaînes, Henri de Malestroit , diacre , frère de Geoffroi de Malestroit, chevalier, décapité Tannée précédente. Henri de Malestroit, accusé de conspiration , étant à l'échelle , souffrit beauconp de maux; on l'accabla d'injures, on lui jeta de la boue et autres choses puantes , et même des pierres qui le blessèrent jusqu'au sang ; à la troisième exposition , le patient expira. Les sergents du Châtelet , qui , suivant les chroniques de France, étaient ministres du diable, commettaient ces actes de cruauté. Cependant les commissaires et l'official firent publier qu'il n'était permis à chaque assistant de ne jeter sur le patient qu'une fois de la boue ou des pierres.

C'est pour faire connaître ce qu'était le supplice de l'échelle , que je suis entré dans ces détails révoltants.

Croix. Divers carrefours, ou emplacements devant les

* Histoire de la ville et du diocèse de Paris , par Lebeui', t. I , p. -94. — Antiquités de Paris . par Sauvai , t. III , p. 422.

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églises, étaient ornés d'une croix. On en voyait aux Halles, près du pilori , au milieu de la place de Grève , au carrefour formé par les rues Coquillière , du Jour et d'Orléans. Dans la vue Saint- Honoré, au bout de la rue de l'Arbre-Sec , il en était une célèbre sous le nom de Croix du Tiroir ou du Tralwir; à l'extrémité septentrionale de la rue des Petits-Champs, était la Croix des Petits-Champs, qui a donné son nom à cette rue ; à la place Baudoyer, où commence la rue Saint-Antoine , on en voyait une autre.

Plusieurs rues et places doivent leur nom à la présence d'une croix : telles sont la rue de la Croix-Boissière, celles de Croix-Cadet , de la Croix-du-Roule, de la Croix- Neuve , de la Croix-Rouge, etc. 11 existait des croix dans tous les cimetières ; et chaque église , chaque communauté religieuse avait la sienne.

Lorque Henri IV entra dans Paris , cette ville et ses environs étaient dans un élat déplorable. Voici le tableau qu'en fait un contemporain : « 11 y avoit peu de maisons » entières et sans ruines; elles étoient , la plupart, inha- » bitées , le pavé des rues étoit à demi couvert d'herbes ; » quant au dehors, les maisons des faubourgs toutes ra- » sées. 11 ny avoit quasi un seul village qui eût pierre sur » pierre et les campagnes toutes désertes et en friche • . »

Trois ans après l'entrée de ce roi , cet état de dégradation, à plusieurs égards, subsistait encore.

Le 15 mars -Î597, dans le temps où l'on s'occupait de la reprise d'Amiens dont les Espagnols s'étaient emparés, le prévôt des marchands dit , dans l'assemblée de l'Hôtelde-Ville, « que Paris est dénué de toutes choses ; que les » boulevards sont tombés, les fossés pleins et remplis en

4 Libre cl salutaire discours des affaires de France au roi, j». \ b\

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