CHAPITRE Ht
LB PIC ET SAINT-LttUCB, VUBBtL-SOlS-HABtT IT rOUBQtJlUl, L'tTANC, SAINT-ROM DB LA BBBTRCHI.
Le Per est un viHnsc situé sur le bord de la Seine et sur le penchant de la montagne que domine Saint-Germain en- lavé.
0 On disait, il y a deux cents ans, Avpre, dit l'abbé l.ebcuf, « pour indiquer la paroisse au-dessus de laquelle la ville de a Samt-Gerroain-en-Laye s'est élevée ; et ce langage «ait « raisonnable . parce qu'il était tout naturellement rtérivé du a latin Alpimm ou Alptrum, qui est le nom que ce lieu porte . dans un titre de plus de mille ans. • Kn effet, ce vt linge est connu des le commencement du vu' siècle. C'était alors une l«rre du fisc: mais, en l'an 704. le roi Chitdebert III donna Aupee a l'abbaye de Fontenclle ou de Saint- Vandrille . en Normandie; et cette abbaye le conserva d'autant plus soigneusement q«e c'était alors on «ignoble considérable d'où eM* tirait annuellement 3fio aaufds de bon vin. On y élevait »u*si beaucoup de cochons. Dans le voisinage de cette terre, «ït le Uvre des miracles de saint Vandrille, «était situé un château uV » Marly on demeurait un chevalier formidable nommé Krvaod.
• Il entreprit de ravir la terre d'Aupec au monastère de Saint-
• Vandrille, pendant que Hurfrede et Vautier, religieux en- « voyé« par l'abbé Gilbert, en gouvernaient le* biens. Hcom- « mença par en enlever tous les porcs que les frères avaient en a graissé», pour avoir de quoi assaisonner leurs mets . mais le o saint patron lui apparut , et lui Ht une si grande peur , qu'il « s'empressa de restituer les porcs ou la valeur de cens qu il « ne put rendre. » Cet événement se rapporte à la fin du xi» siècle
|.e prieuré de Saint-Vandrille était l'un de ceux qui devaient le piment à Motre-Pame de Paris, le jour de l'Assomption.
Voilà à peu prés tout ce qu on sait de phis ancien sur le village d'Aupre-
Le territoire de celte paroisse, autrefois 1res étendu, diminua considérablement dn cote de l' occident, lorsque Saint-Germain fut frisé en cure; toutefois il comprit encore les hameaux de Grand-Champs de Demonval au»des>ous de Mareil, de la Montagne près de l'Étante, et d'Échafour ou de Véainel du côté de Croissy. Nous reviendrons sur quelques-uns d'entre eux.
Kn *i.M>a. Henri IV affranchit pour toujours les habitants du Ptr de ton es tailles , impositions et subsides , à la réserve du taillon. bout le* dédommager de l'abandon qu'ils avaient fait de dix -huit ou vingt arpents destinés eux jardins du château qu'il élevait a Saint-Germain, pour sa maîtresse, la duchesse de Verneurl*. Cet affranchissement fut confirmé par les successeur* de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV; mais, en 16*6, les habitants du Pec, voulant montrer leur zele pour la guerre qui commençait alors, se soumirent volontairement à la taiHc qu'ils avaieut payée jadis. Leur vi<Iiigc fut bientôt ruiné; la plupart des maisons tombèrent f«utc d'entretien ; et ils furent obligés, en 1732 , de demander en grâce qu'on leur rendit le privilège dont ils avaient cessé de jouir: ce qu'on leur accorda. Ils en furent quittes pour un taillon de i.ooo livres par an.
Le collège des Bernardins de Paris avait . an commencement clu xviii" siècle. « une partie de h seigneurie et justice du terri- « lolre du Pec (apparemment en vertu de quelque échange fait « avi c l'abbaye de Suint- Vandrille): mois, en 1709, il fut régie a par lettres- patentes que la justice et seigneurie du Ptr. tant « po ir ce qui en appartenait nu roi que pour ce qui ét ut ii ces a religieux, demeurait éteinte et supprimée, et que le tout était « incorporé au domaine et justice de Saint-Germnin-cn-Late , a pour ne faire qu'une seule et même justice et seigneurie "dia recte '. »
Ou ne sait pas à quelle époque a été bâti le pont du Pec, dont In construction fut toujours de bois
Ijcs écarts les plus considérables de la commune do Pe* sont le Véwuei et Demonval.
1 e premier est le Vitiniolum , cité dans b-s diplômes du ix# siècle. Il est sitné à l'extrémité du pont du Pec et de la forêt
' Lrbeuf, UMr-in du ét farit. loi»* III.
- l'nyj S.iinl Q-tmt ( Adtr<r> nntf
» LcJMlit, tfi.l ».r. du dû*ku dt PmrU, trlirj* Avpr.
du Véslnet. Au commencement du dernier siècle, dans ee lieu^ où l'on fit défricher trois cents arpenta de terre , on établit des fermes, des laboureurs et des v ignerons, en sorte qu'il s'y réunit soixante ou quatre- vingts personnes; on y Ht aussi construire une chapelle, et l'on obtint qu'un chapelain pot y dire la messe, chanter vêpres dimanches et fêtes, et conserver le Saint-Sacrement et les saintes huiles.
La forêt ou le bois da Vésinet a longtemps porté le nom de 6oi« de (a Trahison, parce que. dit Pusqnier, la tradition était que le preux Roland y avait été assassiné par le traître Gane— Ion. Selon le même, auteur , il y avait dans ce bois une mare d'un côté de laquelle une branche d'arbre surnageait comme sur toute autre pièce d'eau, tandis que de l'autre clic tombait aussitôt au fond : conte du bon vieux temps I
Demonvalesl le Demtmvallis d oue charte de 1177.
SAINT- LBOBS.
Saint-Léger était autrefois uo village avec paroisse; son église avait été fon iée , en 608. par Cbildéric II , sons l'Invocation du saint evéque d'Anton, dont le nom fut donné au village. Le voisinage de Saint-Germaiu a beaucoup nul a Saint-Léger. Louis XIV en fit renfermer presque toutes les dépendances dans l'enceinte de la forêt, en sorte qu'aujourd'hui ce n'est phis qu'un hameau eomposé de quelques maisons situées au pied de Saint- Germain , da coté du midi , ou plutôt un quartier de la ville. C'est à Saint-Léger que le spirituel Boufflers avait, dans les deniers temps de »a vie, une petite maison de campagne.
Mareil est un village situé sur le penchant de la colline qui borde la rive gauche de la Seine, à une demi-lieue au sud de Saint-Germain, et à quatre lieues à l'ouest de Parts.
On volt par les anciens diplômes que, dés le temps de* rois de la première race , les moines de Saint • Denis avaient reçn de la libéralité de ces rois des biens situés à Mareil, puisqu'on trouve un jugement du maire Pépin qui reconnaît la propriété de l'abbaye sur ces biens.
Plusieurs antres actes font mention de Mareil iut vtir. xi*, xtt* et xiii" siècles : l'église de ce lien Tut donnée, en »or>o. aux moines de Coulombs, qui depuis ce temps ont nommé à- 1 1 enre ; on voit cependant que, dans le siècle suivant, nn prêtre séculier était curé de Mareil.
On compte un crand nombre de seigneurs de Mareil ; les habitants furent affranchis de la servitude, en 1S3S, en même temps que ceux de Fourqueox.
Ce qu'il y a de plus remarquable a Mareil , c'est ron église, qui, dit l'abbé Lebenf date du xm' siècle; elle est tonte construite en pierre de taille, voûtée et pavée , avec nne aile de chaque côté. \a nef est ornée de galeries dont les ares sont supportés par de petits pilie s carrés. Le portail de la façaie et eelqi du côté sont du nui* siècle ; la tour du clocher latéral paraît être du ni*, a l'exception du sommet, qui est moderne et terminé par un pavillon d'ardoise.
Mareil fait aujourd'hui partie do département de Seine-et- Olse, arrondissement de Versailles, canton de Marly; sa population est de S69 habitants.
•Wonesurestun petit vMsgeàone demi-Meneau sud-ouest de Saint-Germain. La terre de Pourqoeux était autrefois seigneuriale, avec haute, moyenne et basse justice Le village , situé 'sur le penchant d'une colline , ne forme qu'one seule rue trèslongue; il renferme un château de construction moderne, dont le parc, de ISo arpents, est contigu à la forêt de Marly: une portion de ce parc est plantée dans le genre paysagiste.
L'Étang est un village situé dans une vallée assez profonde . et entouré par la forêt de Marîy, à an quart de lieu* à l'oue>t de Marly, a quatre un qunrt à l'ouest de Paris.
« Qu'un village, dit l'abbé Lebeuf, ait été formé en cet ru • « d'oit, qui ne paraissait pas fort sain, je n'en vois aoenn- « raison, sinon celle de loger les vignerons qui cultivaient le* 1 « visnes plantées en assc* grande quantité entre ce lieu et Ma- « reil — Le premier vestige de l'existence de ce Heu est une « charte du don que tlt. vers les années il 40 ou ttôo.ao « prieuré de Salot-Germaln, un habitant de rRt«ng. ■
i Hitttir» àm iiortt* M PmrU.
HBTOIRR DE!*? ENVIRONS Dr. PARIS.
L'église êt re village «s» proure d'ailleurs l'antiquité; les piliers du ehcrur paraissent appartenir à la fin du xir siècle.
La seigneurie dé r Étang n'est §nère mentionnée qu'au xv. Au commencement do siècle s «H* mit, elle appartenait à la famille Séguier. qui la conserva jusqu'à la fin du xvn»
La LombarétrU est le hameau le plu» cousidérable de la commune de 1 Étang ; plusieurs autres ont «té compris dans le parc de MarK. Nous devons dire un mot de celui de C»«r<mdrav. ainsi que d'un lieu nommé aujourd'hui la Manon- R<mf«, situé dans ht partie de la forêt de Cruye, dépendant de la paroisse de l'Etang.
I. un et l'antre existaient vers la An do règne de Charte— magne; car, dans un état des biens de l'abbaye de Saint- (iermnm. on volt qu'elle avait dans cette foret deux églises : I nné a Chambourey, l'outre a* lieu dit lu Mamms. Chambout cy existe cueore.
A (mis quart* de New vers le midi de l'Étang est le lieu dit Mtth»it-fk>«§t, auquel touchait ht chapelle de Saint-Michel de Chr- aorlean. qui appartint de temps immémorial à l'abbaye île Snint-tfermmn-des-Prés. La chapelle de ce petit prieuré était encore debout ea nu, mais ea très-mauvais état, et, depuis vingt ans on n'y disait plus la rms&e; elle fut détruite; et A *n ptaee fut élevée dm croix.
<• A l'égard de la Maison-Rouge, dit l'auteur précité, qui a « »«-an*nti* jusqu'à dos jour» l'ancien nom du village de Mai-. « sons, situé en la forêt deCruye, on Ut qu'en 1724 le duc a d Antin In céila au roi à titre d'échange. » Elle fut alors cnrnprhe dans le nouveau pnrc de Marly.
Le villatie de l'Etang appartient à l'arrondwrment de Versailles et au canton de Marly le-Rol; sa population est de $06 habitants. nrctfioa
Le viflagé de Saint-Nom est situé à cinq lieuea et demie i l'ouest de Paris, à une lieue et demie A l'ouest de Salnl-fiermain. dans une plaine.
Les avis ont été partagés tmr le safnt dont ce village a tiré son nom ; quelques auteurs en ont fait un saint de l'église d'Orient; l'abbé Lebcuf pense que saint Nom fut un de ces eo évéques qne les évéques employaient, pour se soulager, sur les confins de leurs diocèses : ce qui était encore en usage au iv sièrle dans le pays de Pincerais, ou sont situés deux villages du titre de Saint- Nom. Voie! comment 11 s'exprime a ce sujet : « Entre Saint-Nom de Levis ' et Saint-Nom de la Bre- « tèchc, l'on tronve d*ux enfoncements que le diocèse de « Chartres fait dam celui de Paris; de sorte que, pour aller
• de l'un a l'autre, il faut traverser une de ces deux langue* « de terre; puis on se retrouve dans le diocèse de Paria; en- « suite on traverse une seconde langue de terre char trame, « pour se retrouver de nouveau sur le territoire parisien, c C'était la ce canton où saint Nom annonçait la parole de
• Dieu. Il pouvait demeurer a Levis ou â la Brelécbe, ou « successivement dans ces deux lieux, mais* plus ordinalre- «r ment i Villepreux ou à Jouare. On ne sait pas au vrai dans e lequel des deux lienx de son nom il est décédé ; il reste seu- ■ lemenl quelque souvenir qu'on avait presque tout son corps c autrefois a ra Bretéche ; mats ee qui dort porter â croire que
* ce serait plutôt en ce lieu qu'il serait mort et qu'il aurait « reçu la sépullure, c'est qne le corps de ce saint, entier ou
* presque entier, est conservé h Villepreux, qui n'est qu'à a demi-lieue de là; et qu'il est tout simple de dire que, lors « des pierres de la r> hgion. In chasse y aura été mise en refuge a comme dans un lieu de sûreté, puisqu'il était muré, qu'il y « avait one farte tour, et qu'il était entouré d'eau...
« Ponr ce qui e« dn mot Brtttfht, on sait que. ehei les « aniiens.lîrefrwàio signifiait un château ou tour de bois dont « on fortinait un lien, et que cette tour ou château était Uri miné par quelque édifiée qui avançait par le dehors. Il y en « avait sans doute un ea ce heu, situé sur le bord de la foret c de Cruye * »
Dès le xrr> siècle, il y avait à la Bretèeue une eure dont la nomination appartenait à l'abbé rte Mormoutier. Elle avait été démembrée de celle de Villepreux.
i <4 «II*»», p»o twtéttMr, tu Mot fit* i* U peuu ririrre 4'li«il«, une II*»» l'**»4U*il> À I .roi si ilp f.lir > iru»e » Utieuf, Hùlairt 4m iinrUt 4i l'nrit, lam* TU, »**• 1J7.
On ne connaît que peu de seigneurs de ce village ; encore ceux dont l'histoire a conservé1 les noms ne méritent pas qu'on fasse mention d'eux. Saint -Nom de ta tirelèrhe éfatt on marquisat, le château existe encore; les jardins et te paVc sonf rontijrus à la forêt de Marly.
Saint-N..m forme, avec le hameau de la BrefecHé, qui est plus considérable que lui, et les malsons isolées dite* le Val - Martin et la Tuilerie-Bignon en partie, uflr commune de l'arrondiastment de Versailles, canton de Marly, dVnviron 84? habitants.
CHAPITRB IV.
■usons, lb msm-LB-itoi et cAsitsi^-sons-iois, icotttcs,
roissr.
Maisons est un village situé sur la rive gauche de la Seine, à une lieue et demie au nord de Saint-Germain, à quatre au nord-ouest de Paris
Le village de Maisons, quoique peu important malgré son heureuse situation, remonte cependant à une époque éloignée. En Uît. la seigneurie de Maisons-sur-Seine appartenait à un chevalier de la famille des Aunay, seigueur de Poissy ; ce hameau dépendait alors de Sartrouville, qui n'en est séparé que par la Seine.
Maisons ne commença à prendre de l'importance que lorsque le surintendant des finances René de Longueil y eut fait bâtir, par François Mansart, l'un des plus beaux châteaux qui se trouvent dans les environs de Paris.
Ce château fut possédé plus tard par le président des Maisons; Vo'taire s'y plaisait fort; le président y rassembla un jour ee que la cour et la ville avaient de plus aimable. Le poète (levait y lire sa tracéJie de Mariamnt. mais il se sentit indisposé. Sur les neuf heures du soir la fièvre se déclara ; la petite vérole se manifesta bientôt, et troubla la fêle; la maladie fut maligne. Au bout d'un mots, Voltaire, encore très-faible, voulut revenir à Paris ; comme II montait en voiture, le feu éclata dans la chambre qu'il quittait, et embrasa, en grande partie,
| une des ailes du château.
Depuis, le château de Massons devint la propriété dn comte d'Artois : le roi, son frère, et Marie- Antoinette y avaient chacun un appartement.
Dans la Révolution, la château de Maisons fut vendu comme
| propriété nationale. Il fut acheté plus lard par le doc de Mon-
i lebrllo, dont l'épouse Ta revendu à M. LafHtte, qui le possède
i encore.
Trois longues avenues, disposées en croix, accompagnées clin line de <teux pavillons ornés d'architecture, méfient a ee magnifique ehâteau. La principale a pour perspective detrx pavillons décorés de colonnes doriques.
Sur la gauche de la seconde avant-cour est le superbe bâtiment des é.-uries, décoré de pilastres doriques accouplés, et terminé par deux pavillons à pans, avec des portes grillées, ornées de sculptures. Un avant-corps de six colonnes portant des vases, surmonté d'un altique avec un lantérnon, où est l'horloge, occupe le milieu.
Au centre des écuries est un manège couvert, au-dessus duquel règne une galerie; au fond, d'autres petites écuries, et une grotte servant d'abreuvoir.
I.e château, isolé, est dans la position la plus avantageuse. On prétend que Voltaire, décrivant le Temple du G< ùt, faisait allusion au château de Maisons, dans les vers suivants :
simple en était la noble architecture; Chaque ornement à sa place arrêté Y semblait mis par la néceasitf ; L'art s'y cachait «ou* l'air de la Ifitnre ; L'oeil satisfit! embrassait sa structure, fanais surpris et loofoura enebaaU.
La façade du coté de la cour est décorée de <reux ordres d'architecture; le dorique règne dans (e pourtour; au-dessous est l'ionique antique, orné de quatre vases; il est surmonté d'un artique en pilastres corinthiens; le comble est en forme de terrasse bordée d'un balcon de fer. Les deux pavillons carrea qui sont aux denx extrémités de cette façade forment avantx I corps; et * la hauteur dé l'entablement dorique sont deu-
te
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
bâtiments avancés qui servent de terrasse. L'harmonie qui règne daut toute celte composition est une nouvelle preuve du génie de Franc où Mon sort.
Ce château est entouré de fossés secs, bordés d'une terrasse qui règne autour de la principale cour.
Au milieu de cette cour est un bassin ; aux deux eûtes sont deux quinconces; celui de la gauche est termine par l'orangerie, bâtiment d'une architecture très- gracieuse.
Le parc est d'une vaste étendue, et répond, par sa distribution, à la magnificence du château. Toute cette belle propriété, dans laquellè on remarque encore de superbes bergeries, est entourée par la forêt de Saint-Germain.
Quant au village, il n'offre de remarquable qu'un beau pont en pierre sur la Seine, et en face du château ; près de là, sur un bras de la même rivière, est un moulin à farine qui renferme une machine hydraulique, par le moyen de laquelle les eaux de cette rivière sont conduites dans l'intérieur du château et dans ses jardins.
Le village de Maisons-sur-Seine appartient à l'arrondissement de Versailles, canton de Saint-Germain-en-Laye ; sa population est de 826 habitants.
Près de là est le village de MesnU-le-Roi, situé entre la forêt de Saint-Germain et la Seine. Ce village, qui n'a rien de remarquable, forme, avec celui de Carrvra-totu-Boit, une commune de 458 habitants.
Achères est un petit village situé au nord-ouest de la forêt de Saint-Germain, entre cette forêt et la Seine, à une lieue au nord de Poissy, et â une lieue trois quarts au nord-ouest de Saint-Germain.
Ce lieu, peu important d'ailleurs, est très-connu par les revues que faisait Louis XIV dans la plaine qui porte le même nom. Le Dictionnaire géographique de la France, publié en 1763, y compte 87 feux. Il faisait alors partie du diocèse, du parlement, de l'intendance et de l'élection de Paris.
Aujourd'hui, le village d'Achères appartient à l'arrondissement de Versailles et au canton de Salut- Cermain-en-Laye ; sa population est de 4SS habitants.
Petite et ancienne ville située sur la grande route de Paris à Cacn, à l'une des extrémités de la forêt de Saint-Germoin-en- Laye, sur la rive gauche de la Seine.
Le premier nom de cette ville est Piteiatum. De son nom et de sa situation sur le bord de la Seine, les étymologistes ont tiré la conséquence qu'elle devait son origine à quelques établissements de pécheurs ; ce qui en effet présente tous les caractères de la vraisemblance.
Dès l'an 868, Poissy devait être déjà considérable, puisque Charles-lc-Chauve y tint une assemblée nationale des grands et des prélats du royaume. L'histoire ne dit pas si les rois de France avaient alors un château à Poissy ; mais on sait qu'ils en possédèrent un à la An du x« siècle, puisque Robert, fils de Hugues Capet, qui monta sur le trône en 997, faisait souvent des séjours dans son château de Poissy. Sa femme Constance, connue par son caractère impérieux et cruel, avait aussi à Poissy une maison contiguê & celle de son mari.
Poissy joua même un rôle dans les troubles qui suivirent la mort de ce roi : Henri, premier du nom, avait recueilli la couronne de son père en qualité de fils aîné; mais faîtière Constance qui l'aimait moins sans doute que ses autres enfants, forma le dessein de le renverser du trône, où ses intrigues n'avaient pu l'empêcher d'arriver. Quelques-uns de ces seigneurs que les chefs de partis trouvent toujours prêts à prendre les armes, embrassèrent ta cause de Constance, et plusicms villes, au nombre desquelles se trouvait Poissy, levèrent l'étendard de la révolte. « C'était alors, dit Vely\ des places consi- « dérables, et d'autant plus importantes qu'elles étaient plus « voisines de la capitale. *
t L'bUtolr* rapport* que te roi lobert étant à Poissy, el tarant un paître qo| lui deasaadail rramoM, 441Mb* de M lance ua ornement d'artool fort riebe, dont la relae lui avait fait prêtent, et qoe, l'ayant lat-mlme mis <lan« le aae du mendiant. Il lait recommanda secrètement de prendre bien tarde, en sortant, de n'être point aperçu par la reine.
* Histeir* y endroit de Prtme», Une II, page 1*6, In -11.
Le roi, secondé par le duc de Normandie, que sa cruauté, fit surnommer Robtrt -h- Diable, et par quelques autres vassaux fidèles, marcha contre tes rebelles, les battit dans plusieurs occasions, et leur enleva la viUe de Poissy.
liés lors Poissy ne figure guère dans l'histoire qu'au xiii» siècle, où l'on voit un Robert de Poissy prendre la croix pour aller exterminer les Albigeois.
Quelque temps avant, saint Louis fut baptisé à Poissy '. Il paraît que ce roi conserva toujours une prédilection pour ce lieu. Quand il voulait signer son nom sans énoncer sa qualité de roi. il signait Louis de Poissy ou seigneur de Poissy.
PhilIppe-le-Bel fit bâtir A Passy une belle église et un couvent de religieuses de l'ordre de Saint-Dominique, qu'il fonda en 1304 et dota richement; il accorda même de grands privilèges au couvent, notamment celui de n'avoir d'autres juges que le roi ou son parlement.
Une tradition qui n'est appuyée sur aucun monument historique porte que cette église fut élevée sur l'emplacement du château, et le maître— autel dans te lieu même où était placé le lit de la reine Blanche lorsqu'elle mit saint Louis au monde, et que c'est pour cela que cette église n'est pas orientée selon l'usage. Phllippe-Ie-Bel voulut qu'après sa mort son cœur fût dépose dans l'église de Poissy. En effet, en 1687, les ouvriers employés â des réparatious trouvèrent, dans un caveau, une espèce d'urne dans laquelle deux plats d'argent étaient enveloppés d'une étoffe d'or et rouge, avec cette inscription :
Cy fffJen est U tueur du roi Philippe, qui fonda celte église, qui tripasta à Fontainebleau la veille de saint André 1314.
L'église de Poissy ne lut terminée qu'en 1880, par Philippe
de Valois.
Sous ce même Philippe, en 1846, les Anglais, plus que jamais animés contre la France, et secondés dans leur haine psr le roi de Navarre, Cbaries-lc -Mauvais, s'emparèrent de Poissy, qui échappa commr' par miracle aux flammes qui ravagèrent Saint-Germain, Rue), Nanterre, etc. ; mais sous Jean, son successeur, Poissy fut, par le traité de 1859, rendu h la couronne.
Cependant, comme si celte malheureuse ville eût été le point de mire des Anglais, elle tomba encore, en MI9, sous le règne et pendant la démence de Charles VI, au pouvoir du duc de Glocestre, ainsi que Saint-Germain et plusieurs autres villes.
Mais ce qui a rendu Poissy le plus célèbre dans l'histoire, ce sont les conférences connues sous le nom de colloques de Poissy. qu'y tinrent en 1 56 1, dans le chœur de l'abbaye, les docteurs catholiques et protestants \
Charles IX et sa cour étaient présents à ces assemblées; son chancelier en fit l'ouverture. Les chefs des deux partis commencèrent â se disputer méthodiquement, puis ils en vinreut aux injures. Théodore de Béxe s'abandonna à son emportement, et avança des choses dont il se repentit ensuite. Il dit en pleine assemblée que Jésus-Christ est aussi éloigné de l'eucharistie <\ue le eitl l est de la terre. Le P, Laines, Espagnol, traita les protestants de loups, de singes et de serpents ; et c'est â peu près tout ce que produisirent ces conférences, qui ne servirent à rien , si ce n'est a prouver l'inutilité de les employer en pareil cas.
11 y avait à Poissy, avant la Révolution, un cou vent de Capucins, "un de religieuses do l'ordre de Saint-Dominique, un autre d'L'rsulines.
On comptait huit princesses du sang royal qui avaient été religieuses dans le monastère de Saint-Dominique, sans parler de Catherine d'Harcoort, dont la mère était de la maison de Bourbon, et de Marie de Bretagne, fille d'Artus II du nom, duc de Bretagne. •
Au milieu du chœur des religieuses était un tombeau sous lequel reposait le cœur de Philippele-Bel, fondateur de ce monastère; sur ce tombeau, on voyait la figure de ce roi,
« u p*re Moutiaocon, daat ses IfoniMwaJs de ta susurre**» (terne****, a.iute qae «ainl Louis ae aaqait point a Poissi, tomme on le croit cooiiaonémenl , mai* qu'il y Cnt baptise, il cite une dissertation manuscrite, où l'on rapporte trois chartes, deui de Loui» XI, et une de Uenri IV, pai lenqurllrs ces princes donnent exemption de tailles el impôts aoi babitanis de la Nrurille en Hc», dans le Beauvoisis, en considération de ce que saint Loui* est né djns ce lieu.
s l'opei plus loin l'article Ponton*.
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tenant d'une main un sceptre, de l'autre |une main de justice.
Les trois maisons religieuses dont on vient de parler ont été, comme toutes les autres, supprimées pendant la Révolution; les bâtiments eux-mêmes sont si complètement détruits qu'on n'en trouve plus aucun vestige.
L'église paroissiale de Poissy passe pour avoir été bâtie par le roi Robert ; l'architecture cependant ne paraît pas plus ancienne que le xn» ou le xin» siècle ; elle est d'ailleurs trèsbelle, et donne une idée avantageuse de la ville dont elle fut destinée à devenir la paroisse.
L'on conserve dans une chapelle de la nef de cette église, à gauche, les fonts sur lesquels saint Louis fut baptisé. Ces fonts, qui n'ont rien de gothique, sont gravés dans les Monuments de la monarchie française du père Montfaucon.
Dans tous les temps, des hommes adroits ont tiré parti de la superstition des peuples : il s'en trouva qui attribuèrent à la raclure de ces fonts la vertu fébrifuge. On mettait, en payant, de celte raclure dans un verre d'eau; on l'avalait ; et le miracle était accompli. Une pompeuse inscription latine gravée, sur une table de marbre, atteste les miraculeux effets de la raclure de ces fonts.
Les vitres de la mfae chapelle représentent l'accoui-hement de la reine Blanche ; au bas est le quatrain suivant :
Salai Louis Pat on enfant de Porstr, El baplisé en U présente église; Les roots en sont gardés encore ici,
Cette inscription, n'étant certainement pas du siècle de saint Louis, et n'appartenant qu'au xvt' siècle, ne fait point autorité.
A coté de la chapelle de* font», on lit sur une table de marbre l'émtaphe suivante :
A les mémoire de noble demoiselle Marguerite Gallois, femme de noble homme François Pommer el, esruyer, sieur delà Valnde, et de noble demoiselle Pommerai, leur fille. Ici leurs corps gissenl; pasianfj, priez Diau pour eux.
Décidée le 519 novembre I6U, dgie de dix neuf ans.
Celle qu'avoli hymen i mon rewr attachée. El qui fnt ter bas ce quej'aimois te mienv, Allant changer la terre ca de pin* dignes lient, An marbre que lu vols sa dépouille a cachée - Comme tombe une flear que l'hiver a sérbée, Ainsi fui abattu ce chef-d'Œuvre des cleui ; Et depuis le trépas qui lui ferma les jcui, L'eau que versent les miens n'est jamais étanebée. Xi prières, nj vont, ne m'y peuvent sertir ; La rlgoenr de la mort se voulut assouvir ; El mon affection n'en peul avoir dispense. Toi, dont la piété vient sa tombe honorer,
Jamais autre douleur' ne té* ra-se pleurer '
Au milieu du chœur, est une tombe de cuivre, sous laquelle furent enterrés Philippe et Jean de France, (ils dç Louis VIII, et de Blanche de Caslilïc, comme le marque l'inscripltôn qui est autour, en quatre mauvais vers latins. Ces deux prinees moururent fort jeune».
A Poissy, existe encore un hôpital ancien. Lorsque Napoléon décréta qu'il serait, dans chaque département, formé des dépôts de mendteilé, cette ville fut le lieu choisi pour y établir celui du déparlement de Seine el- Oise. On éleva les bâtiments sur l'emplacement qu'occupait jadis le couvent des religieuses de Saint-Dominique.
Vers ce temps, Poissy, au lieu de ses murailles et de ses tours, etc., obtint un marché très-renommé et très-fructueux : depuis le xtii' siècle, il en existait un dans cette ville. Ce marché fut considérablement renforcé lorsqu'on lui adjoignit le marché des bestiaux pour l'approvisionnement de Pans, qui auparavant se tenait dans un village du Val de Callv, nommé Choisy aux-Bœufs. Sous Louis XIV , le marché de Poissy
éprouva une atteinte fâcheuse : « Le ministre Colbcrt, qui
■ venait d'acquérir la terre de Sceaux, et n'épargnait rien pour
• donner quelque illustration a ce village, peut-être aussi pour « augmenter la valeur de ses propriétés, lit transférer le mar- « chc de Poissy à Sceaux, et obtint, pour effectuer celte trans-
• laiton, des lettres-patentes de Louis XIV. Cette conduite « n'était pas fort généreuse ; mais alors Colbrrt était tout-
« puissant ; et les habitants de Poissy furent obligés do souf- « frir cette injustice sans se plaindre. Cependant, le ministre « étant mort, ils demandèrent que le marché dont on les avait
• privés fut rétabli, et ils firent appuyer leurs réclamations par a les marchands bouchers de Paris. Le due du Maine, à qui « appartint la terre de Sceaux après la mort de Colbert, fut a plus généreux que le ministre : il n'apporta aucun obstacle à o la demande des habitants de Poissy : il se contenta de garder « un marché dans son village ; et celui de Poissy fol rétabli par e lettres-patentes de Louis XIV. en 1701. »
Ce marché se tient les jeudis de chaque semaine ; une caisse, établissement fameux par plusieurs débats «et modèle de ce que
• peut, en fait de police, une administration sage, est établie a a Poissy, au compte et au profit de la ville de Paris. Elle est « Instituée pour payer au comptant, aux marchands de btsa liaux, le prix de tous ceux qu'ils veudentaux bouchers de « Paris et du département de la Seine, et pour avancer aux « bouchers le montant de leurs achats, jusqu'à concurrence du « crédit ouvert à chacun d'eux par M. le préfet de la Seine. »
Indépendamment de ce marché, il s'en tient deux autres, le mardi el le vendredi de chaque semaine ; ceux-ci sont beaucoup moins importants que le premier.
La ville de Poissy appartient à l'arrondissement de Versailles; c'est un chef-lieu de canton, le siège d'une justice de paix, et la résidence d'une brigade de gendarmerie. Sa population est de 3,613 habitants, y compris le hameau de Bethemont et l'ancien fief Je Vit liera.