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Le mémoire ne va que Jusqu'en 4490, cl ne fait par conséquent aucune de* dépenses postérieures 4 l,pe|°i»».
« bienfaisance toujours active, abandonnn ses pro'égés de f Saint-Germain, et alla s'ensevelir vivante dans le couvent • des Carmélites, & Paris. »
A madame de la Vallière succéda dans le château de Saint- Germain un roi d'Angleterre, Jacques II, qui, deux fols précipité du trône, vint cacher en France sa honte et ses souvenirs ,là, il ne s'occupait qu'à converser avec des moines, et à toucher des écrouelles, qu'il ne guérissait pas. Ce roi mourut â Saint- Germain en 1718 ; en poète a dit de lui :
C'est ici que Jacques second, Sans ministres et sans I.c malin allait A La mes Et le soir «llail au sermon
t C'dtle
qui ait habité le
La ville de Saint-Germain est fameuse par la beauté de sa situation et par la pureté de l'air qu'on y respire ; c'est l'une des plus peuplées des environs de Paris, quoique le nombre de ses habitants soit beaucoup moindre qu'il n'était au moment de la révolution; l'excniption que lui avait accordée Henri IV, et qui lui fut enlevée à cette époque, peut en être la cause. Saintliermaiu devenait assez ordinairement le séjour des rentiers retirés des affaires : ce qui donnait à sa population une physionomie toute particulière qui n'a point échappé au pinceau du caustique Mercier : « Si l'on veut, dit-il, voir des êtres bien « vides d'Idées, bien ennuyés, lourduncnt maussades, et pour a qui le temps allonge osn cours, il faut visiter les bourgeois a de Saint-Germain. Ces rentiers, aux jambes cylindriques, a n'aperçoivent, ne révent qu'aux portes fermées ou ouvertes
■ de l'liôlel-dc-Vi)lc (c'était à l'Hôtel-dc- Ville que les créan- « ciers de l'Etat allaient, avant la révolution, toucher leurs « rentes). Paie-t-ou? tout va bien; le reste de l'univers peut a se dissoudre- Heureux celui qui se nomme Aaron, Abraham, « Antoine! il est payé le premier; on envie son sort.
« Les bourgeois de Saint-Germain, quand ils font un mau- « vais rêve, voient en songe une liasse à'arquitt au comptant, a ou volent fermer les portes de l'Hôtel-de-Villc ; alors ils se
■ réveillent, trempés d'une sueur froide : une comète cm- « braséc, avoisinant la terre, les effraierait moins que ce rêve a dur et pénible.
« Curieux en botanique! Allez, allez voir, sur la terrasse ou a à l'entrée de la forêt, ce« plantes qui font aujourd'hui ce a qu'elles ont fait hier : elles marchent, en vérité ; elles dlgè-
■ rent ; elles tiennent une canne; elles font entendre quelques a sons ; elles manient des cartes. La végétation va son train : a et l'hiver les concentre dans des serres chaudes, jusqu'à la « renaissance du printemps. Ces plantes ont des bas, des cuti lottes, une veste et un habit. Botanistes modernes ! Classcz- < moi ces végétaux ambulants, dont le sommet est couronné. a d'une perruque ronde demi-poudrée. » Plusieurs de ces traits «ont exagérés, sans doute: mais aussi quelques-uns sont vrais encore aujourd'hui ; ce qui prouve que, s'il est facile de tyranniser les peuples, il l'est beaucoup moins de changer' leurs mœurs et leurs habitudes. Bonaparte disait de Saint-Germain, qu'il n'avait de bon que son air et sa forêt.
Nous avons parlé des principaux monuments de Saint-Germain; reprenons-les en détail.
L'ancien rhâtta* est aujourd'hui une caserne; ainsi, c'est plutôt par son état passé que par son état présent qu'il mérite les regards. Ce château était très-solidement bâti ; dans sa construction on a employé beaucoup de briques.
Sa forme était à peu prés celle du vieux château de Chantilly, ce qu'on n'apercevait bien exactement qu'en se plaçant dans la cour ; des fossés l'entouraient. Le comble était une voûte en dalles de pierre, qui formait une terrasse d'où l'on Jouissait de la vue la plus étendue.
La partie du château qui faisait face à l'occident contenait une pièce très-spacieuse, qui servait de salle de bal et de spectacle.
La chapelle était située dans la partie du château qui regardait le midi; elle renfermait ce que la ville de Sainl-Gennain avait de plus rare, et ce qui devait le plus piquer la cur ; arts. Des peintures à fresque, à la i
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
on peu dégradées, ornaient la voûte de cette chapelle. Le Brun avait fourni les dessins de la plus grande partie de cette peinture ; Vouet en avait fait plusieurs autres, et les avait peints presque tous, excepté quelques cartouches et médaillons, qui étaient de la main du célèbre Le Sueur.
Le tableau du maltre-autel représentait la Cène, peinte par • Le Poussin : nommer ce grand maître, c'est faire l'éloge de l'ouvrage. Ce beau tableau a été transporté dans le Muséum du Louvre.
Dans la sacristie, on voyait deux tableaux de moyenne grandeur, au milieu desquels était placé un crucifix d'ivoire. Celui qui était a gauche représentait une Vierge allaitant son enfant; un autre enfant soufflait le feu d'un réchaud sur lequel était placé un vase de lait. Les figures de la Vierge et de l'Enfant-Jesus étaient pleines de noblesse et de grâce; tout était peint avec la plus grande vérité : c'était un ouvrage du Corrège.
Le tableau qui faisait pendant était une mère de pitié. Cet ouvrage, plein d'expression, était d'Annibal Carrache.
Le Christ d'ivoire était, dit-on, de Michel- Ange. Quoique très-beau, on pouvait douter qu'il fût de ce grand maître.
Ces trois prédeux morceaux avaient été donnés par le cardinal Maxarln.
En sortant du château, on arrivait au Boulingrin, pièce de gazon, ainsi nommée pour la première fois en France par Henriette d'Angleterre, femme de Monsieur, frère de Louis XIV. La terrasse présente une vue immense, étonnante par son éteu- I due et sa variété : sa longueur est de 1,200 toises sur 15 de large; d'un côté, la forêt de Saint-Germain l'ombrage dans toute son étendue; de l'autre, une forêt qu'on voit presque en
Elan, la rivière de Seine, des campagnes, des châteaux, on vas le •intain, offrent le tableau le plus agréable. Le château neuf, situé sur la croupe de la montagne, avait différents jardins, soutenus par trois terrasses qui s'abaissaient graduellement jusqu'au bord de la Seine, et couvraient un terrain en pente de 20 toises de hauteur. Il n'existe aujourd'hui que ce qui existait avant la Révolution : des ruines.
Il fut un moment question de rebâtir ce château; et le comte d'Artois ûl jeter les fondements d'un nouvel édifice; mais l'émigration vint suspendre ce projet comme tant d'autres.
La forêt dt Saint-Germain est une des plus belles du royaume; elle est percée de routes magnifiques, et passe pour produire le meilleur de tous les bois qui servent à l'approvisionnement de Paris. Cette forêt, dont le sol sablonneux permet d'y chasser en tout temps, renferme une grande quantité de cerfs, de daims, de chevreuils, de sangliers, destinés aux plaisirs des princes.
Dans l'enceinte tretllagée, on élève des biches et des cerfs ; c'est là aussi qu'est la faitandtrit, au milieu d'un grand terrain clos de murs.
Le parc qui joint le château, et qui fait partie de la foret, est remarquable par la beauté et l'ancienneté de ses plantations.
L'étendue de cette forêt est de 5,650 arpents 12 perches, selon l'évaluation de M. Prudhomme.
La Muette est un pavillon placé dans la forêt de Saint-Germain, au centre de huit routes ; bâti par François 1*', pour y jouir du plaisir de voir les bêtes fauves qui se retiraient dans cet endroit, lorsqu'elles étalent Lassées par la chasse. Il a été reconstruit par Louis XV et achevé par Louis XVI; il est surmonté d'un belvéder, d'où l'on découvre une charmante vue.
Le château du Val est un petit bâtiment situé au bout de la grande terrasse, h une des extrémités du petit parc. Ce n'était autrefois qu'un simple pavillon pour les haltes de chasse. Louis XIV le fit rebâtir dans un autre genre par J.-H. Mansard.
La maison du Loge* est aussi placée dans la forêt, au bout de la grande route qui est eu face du vieux château.
En 1644, Anne d Autriche, épouse de Louis XIII, fonda en cet endroit un couvent d'Auguslins-Déchaussés. Cette princesse y fit bâtir, dans un coin du jardin, un petit pavillon, qui subsiste encore, et où elle allait très-souvent lorsqu'elle était à Saint-Germain. Cest là que fut exilée madame Dubnrry pendant la dernière maladie de Louis XV. Plus tard, on y établit une succursale de (a maison d'Ecouen; enfin, une ordonnance da 1816 en a subordonné l'organisation à la maison royale de Saint-Denis. Ce lieu est célèbre par la foire qui s'y lient tous les ans, le premier dimanche après le 80 août : elle dure trois jours. i
Saint-Germain renferme aussi un grand nombre de maisons de campagne, parmi lesquelles il faut citer en première ligne celle qui porte le nom d'Hôtel de yoaiUet, vendu dans la Révolution à un marchand bonnetier de Paris. C'est assurément l'une des belles maisons des environs de la capitale, aussi remarquable par la simplicité de sa construction que par l'étendue de ses jardins.
L'architecture est de Mansart; le jardin est très-agréablement dessiné dans le genre anglais. Le bon goût, qui en a banni les froids alignements et l'ennuyeuse uniformité, a évité aussi l'excès contraire : on n'y voit ni cette ridicule affectation de produire des contrastes à chaque pas, ni ces nombreuses irrégularités exécutées avec effort, qui choquent également l'oeil et l'esprit de celui qui se promène. Ici la nature, libre dans ses mouvements, ne dérobe aucune de ses beautés; partout elle se montre belle sans contraint».
L'heureuse disposition des groupes d'arbres et d'arbrisseaux, l'agréable mélange des couleurs du feuillage des uns et des fleure des autres, le vert des prairies, les masses d'ombres, enfin tout ce que l'on rencontre dans ce jardin, forment un ensemble tout à fait enchanteur.
On parcourt ce joli séjour avec le plaisir d'y rencontrer toujours de nouveaux objeU.de nouveaux tableaux intéressants; son étendue et sa noble décoration le distinguent de la plupart des jardins anglais, qui ressemblent moins à un lieu de promenade qu'a un magasin d'obiluquet, do pyram»dfi, de kioequtt, etc.
Dont la provision, stérilement féconde, Renferme en on jardin les quatre parts do monde.
Il se trouvait, avant la Révolution, deox maisons religieuses à Saint-Germain ; l'une était un couvent de Récollets, l'autre un couvent d'Ursulines : la première fut fondée en 1690; l'autre dut son institution, en 1681, à madame de Montespan. Il existe encore aujourd'hui an hôpital destiné à recevoir les malades et les vieillards des deux sexes. On voit aussi à Satnt- C.crmain plusieurs maisons d'éducation.
La ville de Saint-Germain est peu commerçante; son principal commerce est celui des cuira; la tannerie la plus considérable est connue sous le nom de manufacture royale.
Saint-Germain, que sa population met au rang des villes les plus considérables des environs de Paris, n'est, à cause du voisinage de Versailles, qu'un chef-lieu de canton, le siège d'une justice de paix, et la résidence d'une brigade de gendarmerie. La population de cette commune est de 9,000 habitants.
Saint-Germain a vu un exemple de cette amitié que nous offre la Grèce fabuleuse dans Oreste et Pilade. Jean de Pechméja et Jean-Baptiste-Léon Dubreuil étaient liés d'amitié dès leur enfance; venus tous les deux à Paris, l'un s'y livra à l'étude de la littérature, l'antre à Pétnde de la médecine Retirés à Saint-Germain, logements, sociétés, biens, peines, plaisirs, tout fut commun entre eux ; la mort même ne put les séparer. Dubreuil mourut le il avril 1785, et Pechroéja, désespéré, suivit quelques jours après son ami dans la tombe. Ils furent renfermés sous même la pierre; et l'on y grava ces lignes :
tJ&ealrilÏÏleur'ottilevice monument, tic. tUMet P *,
Sur deux tables de marbre d'Egypte, furent gravées en lettres d'or deux inscriptions.
Sur la première:
jBAR-BAPTisn-Lion Dcaurou., ituyer, docteur en médecine de la faeullc de Montpellier, médecin d* rai et de* hôpitaux dt cette cille, nia riiltfranche de Rouergur, le 19 ami 1743, mort à Saint-dermain-en-Loye, It 17 avril 1785. univeruUemeM regretté pour $e, rares vertu*, ta tendre humanité, te* profonde* connaistuncet (/am ton or», «( U noble mage qu'il en a fait
Sur la seconde table :
Jban-Josepu Pechméja, ni à Villefranche dt Rouergue, le ÏS janvier 1741, autti etlimi par te* qualité* du cceur que par Ut latent* dt Vuprit ; il avait contaeri ta vit à ton ami, el fa ptrd ue peu de jour* aprit lui, le 8 mot 1785.
HISTOIRE DKS ENVIRONS DE PAR {S