CHAPITRE n
T1UNT, MAOflT, SADfT-CLAIR-SDR-KPTB, KT CHATBAD-8DR-EPTE, ÊCOS, AND1LYS (GRAND IT pITIT), ECOUIS.
Vigny, petit village situé près de la route de Paris à Rouen, à deux lieues et demie à l'ouest de Pontoise , et A vingt lieues à l'est de Rouen.
Ce village, peu considérable, contenait anciennement une maladrerie dont les revenus furent dissipés, et qu'on réunit, en 1 696, à l'Ilôtel-Dieu deMeulan.
La cure de Vigny dépendait de l'abbaye de Fécamp ; l'abbé en avait la nomination.
H y existait aussi une chapelle de la Sainte- Vierge dans le village appelé le Bordeau de Vigny, nom que, dans les registres de l'archevêché de Rouen de t.r.64 , on a traduit en latin par ces mots ; CaptUa lupanaris de Vigneio *; ce qui donne un sens assez singulier ; car on sait que le mot lupanar désigne un lieu de prostitution. Le mot bordeau signifiait a la fois ferme , petite maison el fieu de débauche, et sa traduction latine par lupanar, dissipe ici les incertitudes'.
La présentation à cette chapelle appartenait au seigneur du Perché en Vexin.
Vigny avait aussi et couserve encore un beau château bâti par le cardinal d'Amboise ; ce château appartenait, avant la Révolution , au prince de Soubise, qui l'avait cédé a madame de Guéméné, sa vie durant. Ce château a été vendu, en 1832, par la famille de Rouan, à MM. Decher et Lctèvre, qui le font réparer avec beaucoup de soins, dans le style gothique, par M. Guillaume, architecte .
glI.-KM»*.
Petite ville sur la grande route de Paris à Rouen , dans une vallée a quatre lieues et demie au nord de Mantes, à trois et au sud de G isors ; sa distance de Paris est de quatorze lieues an nordouest.
On ignore l'origine de cette ville; dont le nom est commun à plusieurs autres lieux de France. Il y existait un prieuré qui fut sécularisé, et dont la chapelle devint l'église paroissiale du lieu, sous le litre de Notre-Dame.
Au xvi* siècle, lorsqu'on rédigea la coutume de Scnlis, Magny, qui dépendait de cette ville , n'y est qualifié que de village. Le seigneur de ce lieu , pendant les guerres civiles de la minorité de Louis XIII, obtint la permission de le faire entourer de murailles, de tours et de remparts: ce qui lui donna la physionomie d'une ville.
Ce lieu peu considérable fut distrait de lachâtellenie de Chaumont, et eut une justice royale érigée en bailliages ressortissant nuement au parlement de Paris, et pour les matières prcsidialcs au présidial de Béarnais; mais il resta toujours compris dans l'élection de Chaumont et Magny ».
Magny avait anciennement, outre sa paroisse de Notre-Dame, un couvent de cordeliers et deux maisons de religieuses.
> Marie Dimirmil, Ckroniqmi nru<IriVi«nrt, ît>l.
i Uiiplriil», Iteieriplion il* U hault Xùrmandit, lom. il, pnge
» tw. »B»ge, bittionnatrt «ymolnfiqu» ét la hnfvt /Vanfoiir.
♦ r«j»» el.apté* l'article eu—tut.
Les cordeliers furent, en 162Î, établis dans une chapelle dépendante du prieuré, mais hors de la ville. Eu 1684, on leur bâtit, dans l'intérieur, une église et un couvent.
Us bénédictines furent établies dans la ville en 1639 ; en pou de temps il se forma une communauté considérable et dotée assez richement ; mais des divisions survenues entre les religieuses, dont plusieurs quittèrent Magny pour aller fonder un nouveau monastère à Issy , diminuèrent beaucoup les richesses du couvent.
Le monastère des Ursulines datait de 1689 ; les premières religieuses éprouvèrent jusqu'où la misère peut aller. Leur fondatrice n'avait fait que leur procurer une maison dont il fallait encore payer le loyer; la fondation fut entreprise avec S deniers pour tout fonds. La supérieure ne recevait des filles qui se présentaient que ce qu'elles voulaient bien donner gratuitement; aucune religieuse n'apporta de dot; et cependant , en moins de dix ans, leur nombre montait i plus de cinquante , qui , toutes ensemble , n'avaient pas 6 sots de revenu , et devaient 46,000 livres. Ces malheureuses filles furent d'abord réduites à un peu de gros paiu; bieutot du pain de seigle ou d'orge et une once ou deux de bœuf bouilli firent toute leur nourriture; plusieurs en devinrent folles ; beaucoup furent obligées de sortir du couvent pour rétablir leur santé délabrée. Mais enfin, dès l'an 1 05 s, leur condition commença à devenir meilleure par les dons qu'elles recurent; et, à la fin du xvr siècle, leur monastère était un des plus riches de la province.
Maguy avait aussi un Hôtel-Dieu, fondé en 1686 ; il subsiste encore ainsi que la paroisse de Notre-Dame.
Dans cette parobsc on voit un baptislaire curieux ; cet ouvrage date de la renaissance des arts; il a été restauré depuis la Révolution. On y lit aussi fépitaphe d'un curé de Magny, par Condorcct.
La petite ville de Magny est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Manies; sa population est de i ,42ft habitants; les hameaux de Blamecourt, Arthieul, les deux Vetanne, Chnrmont et Hodan, forment chacun une commune , mais dépendent, comme autrefois, de la paroisse de Magny.
Le hameau des Bovet. où l'on voit un château rebâti en 181 o, fait partie du la même commune; cette habitation est dans une situation agréable, qui offre une très-belle vue en amphithéâtre sur la ville de Magny et ses environs ; elle est de plus entourée de prairies et d'un petit bois arrosé par des sources d'eau vive.
A l'entrée delà ville, du coté de Paris, est aussi une superbe maisou avec un beau pavillon séparé du corps-de-logis par un parterre; elle est accompagnée de jolis jardins.
On remarque dans les environs de Magny ;
l* Le village de Guiry, avec un ancien château : ce village est Mtué à 2 lieues environ vers le sud-est de Magny; sa population est de 130 habitants.
2* Mamdétour, jadis terre seigneuriale avec haute , movenne et basse justice. On y voit un fort beau château dans le' goot moderne, mais qui ne fut jamais achevé. Maudétour forme, avec le hameau de Tertrt et quelques maisons isolées, une commune de 248 habitants.
8» Cliry, autrefois terre seigneuriale, qui forme, avec les hameaux des TavernttfX du Tillet, une commune de 346 habitants. On y remarque un château et une maison nommée, dans le pays, le Bâtiment.
4" Ambteville, ancienne seigneurie avec haute, moyenne et basse justice, qui compte, avec le hameau du Vaulmion, environ 601 habitants. Il renferme un château avec un beau parc.
5° Saint-Gervais, à une demi-lieue au nord-ouest de MBgny, qui eut, en 1332, une petite chapelle avec un chapitre; cette chapelle existe encore, et renferme quelques tombeaux des seigneurs du lieu. On volt aussi à Saint-Gervais un joli château bâti en 1783. La population de ce villagé est de 669 habitant* y compris ceux d'Estrées, d'Arehemont, de Magnitot et de bucourt
6* Mnnt-Jaeoult, à près de deux lieues au nord de Magny, offre un des points de vue les plus élevés de Vexin : de la on découvre un horizon de douze à quinze lieues.
7* Nucourt ou Neueourl est dans une plaine, â une lieue h Test de Magny; ce village a un joli château, dans la chapelle duquel se trouve, depuis 1791, le corps de Marie de i'lnrarn<i tion, fondatrice, en France, de l'ordre des Carmélites : l'église» est grande et bien bâtie. On voit, â cdté, quelques ruines d'un
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
rhntran qui existait nu xin* siècle. La population rte Nucourt est de 291 habitants, y compris le hameau de Hartlcville. Près de là est un grand espace de terrain connu sous le nom de Camp de Cttar.
g III -auUafc«talMar»Et4« * Ch*toM-«ur>F.p«e.
Saint-Clair est sltoé sur la rivière de l'Epie, et traversé par la route de Paris à Rouen, à deux lieues et demie au nordouest de Mngny, et à égale distance de Gisors; il est éloigné de Paris de suie lieues vers le nord-ouest. ChAtcau-sur-Epte se trouve à une demi-lieue ver» le sud-ouest de Saint-Clair.
Il est difficile de séparer entièrement ce que nous avons a dire sur chacun de ces lieux : l'histoire de l'un se lie essentiellement à celle de l'autre.
Au xn* siècle, l'abbaye de Saint-Denis avait à Saint-Clair un prieuré considérable; près de ce prieuré était un coteau nommé, à cette époque, Ftueel-Mont ou Fietlmont. Sur ce même coteau, le duc de Normandie Henri 11, qui fut plus tard roi d'Angleterre, fît bâtir une forteresse, d'où vient le nom de CliAteau-sur-Ejite.
En 1 163, 1.onis-lc-Jeune fit don de ce château, nouvellement construit, à l'abbaye de Saint- Denis; et quatre ans plus tard, l'archevêque de Rouen confirma à la même abbaye la possession d'une église qu'on irouvc nommée, dans les anciens titres, Cattrum nnvum taneti Dîanitii ou simplement Castrum novum, et qui ne peut désigner que le lieu de Cbàteau-sur-Eptc.
En 1JI5, Robert de Chnumout contesta nui reliEiciix le patronage de Saint-Clair ; mais il se désista de ses prétentions; et le monastère continua de nommer à la cure de Saint-Clair, de même qu'à celle «le Chàtcau-sur-Eptc, qu'on appelait Chdttau-Neuf- Saint- Denit ou Chdltau-\euf en Vrxin. Au* xvn* siècle, le prieuré du Saint-Clair n'était plus qu'un bénéfice simple A la collation de l'abbaye de Bourgueil. Le monastère de Saint-Denis continuait cependant à présenter à la cure, et le seigneur du lien A celle de ChAtean-sur-Epte.
Saint-Clair-sur-Epte est surtout fameux dans l'histoire par le traité qui y Tut signé entre Charles IV et Rollon. Les Mormands, après avoir désolé la France à plusieurs reprises, s'y rendirent enfin tellement redoutables sous leur chef Rollon, qu'on fut obligé de capituler; Rollon devint chrétien, et obtint, avec toute la côte qu'il avait si souvent ravagée, la Bretagne entière, et la princesse Giselle en mariage. Les clauses arrêtées. Rollon se rendit à Saint-Clair, pour y prêter serment de fidélité au roi. On eut une peine infinie à l'amener au cérémonial usité en pareille occasion, surtout à l'u-agc de mettre ses mains entre celles du roi ; mais les difficultés furent bien plus grandes encore lorsqu'on lui parla de tomber 4 genoux et de baiser le pied du prince, formalité pratiquée à cette époque. Le fier Danois jura qu'il ne fléchirait jamais devant personne; ri consentit toutefois à ce qu'un des siens accomplit ce devoir à sa place : mais celui-ci, sans doute peu disposé à une entière génuflexion, prit le pied du roi, et le leva m haut, qu'il le fil tomber à la renverse; Charles n'était pis le plus fort : il prit le parti de rire de la maladresse du barbare *.
Aujourd hui le village de Saint Clair n'offre plus que les restes d'un vieux château seigneurial.
A l'entrée du bourg, dans la prairie, se Irouve un joli ermitage qu'habita et où fut martyrisé saint Clair, au ix* siècle. I.a fontaine de cet ermitage est eu grande réputation pour la guéridon des maux d'yeux : chaque année, le Jour de la féte du patron, on y voit accourir de très-loin une foule de pèlerins; 'a Révolution avait suspendu le pèlerinage ; mais, M. le duc de Caylus ayant fait relever et restaurer la chapelle, la ferveur des fidèles a pris un nouvel essor; le pèlerinage à Saint-Clair dure quinze jours ».
Dans le hameau du Héloi est un chaleau situé sur une hauteur d'où l'on découvre un horizon irès-étendu.
La population de Saint-Clair est de «09 habitants avec celle des hameaux du Héloi, de Brcuil, de Bcaujardin et la ferme du 9 Fayel.
I rrontVnn krtre, t)urhf*ne, lom. lu, page
J Lf« «ml< ri In mntrt <|ui portent le nnm <!r flair no rif finir*, *onl iaroi|aO« pmir guérir 1rs mant J'jcti». poot (air* loirWoir» rcux qui d'j ♦ nlrnl |»oiul ; il en c-l ue même tir «.tint l.*rf, à r,iuw tir* rjpi>orlf rti1 «in non J>«- I* moi l.nui lu-r, lumière. Oiins l o|iniuti <ju nil^iie, lj «erla ilr chjcju* •jmt uni o^-in»- ' r« »»"> nnm.
Dans les environs de Saint-Clair sont :
i" Parnet, village avec un ehflteau très-ancien, qui appartint autrefois à la maison Villeroy. Ce chftteau, entouré d'un parc de deux cents arpents, est dans une situation pittoresque.
3* Aoyer», ancienne terre seigneuriale, est situé vers le nord, et à peu de distance de Saint-Clair.
S» Danqu est situé prés de la rivière d'Epte, sur la pente d'une colline que domine un beau château bAll sur les fondements d'un plus ancien, et de vieilles tours dont on fait remonter l'origine aux guerres de Normandie; le parc M ce cbAtcau est vaste et très-orné.
f, ■ V.— ttttMo* tCeon-Salnl-neala.
Bourg situé sur la rive droite et à quelque distance de la Seine, à quatre lieues au sud-est des Andelys, à trois au nordest de Vernon, et à dix-sept au nord-ouest de Paris.
En 1258 Eco* avait déjà une cure, et I on voit, que l'église de ce lieu fut dédiée cette même année.
Il y avait aussi tout près d'Êcos une abbaye du litre de 7W- $or; mais l'un et l'autre n'obtinrent que peu d'importance. Selon le pouillé du xvir* siècle, le seigneur d'Ecos nommait cinq fois de suite à la cure du lieu; l'abbaye nommait la sixième.
On ne sait que peu de chose sur les seigneurs d'Écos.
Aujourd'hui Écos n'est qu'un petit village, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Andely»; sa population est d'environ 400 habitants, y compris le bameau de Crimouval et quelques maisons isolées. On y voit un château appartenant à M. le comte Louis d'Ambrugeac.
S ▼.-«■•>tra (CfwS «« petit )
Ou désigne sous ce nom deux villes de l'ancienne Normandie situées sur là rive droite et à peu de distance de la Seine, à vingt lieues de Paris, à huit lieues de Rouen. Ces deux > il les ne sont séparées l'une de l'autre que par une chaussée d'environ un quart de lieue; la première ville, qui passe pour In plus ancienne, s'appelle simplement Andtly ou le grand And' (<j. la seconde le petit Andtly; toutes deux sont nommées lu \ndtly$ '. Parlous de chacune en particulier.
OBARD ANDBLY.
On trouve dans les anciens auteurs ce lieu désigné sous le nom de Andiltgum *, à' And t lia, de rup' t Andtli. Duplcsis en fait remonter l'origine au temps des Gaulois : cette opinion n'est fondée sur aucune base solide, mais sur quelques rapports d'étymologie.
L'auteur de la Vie de sainte Clotitde,qui paraît l'avoir écrite très-postérieurement au temps de cette reine, lui attribue la fondation d'un monastère de filles dans le lieu nomme Ande- Uint sur la Seine; en le faisant construire, elle fit d'êclaumts miracle», et changea en vin l'eau de la fontaine de ce lieu. Ce qui fit grand plaisir aux maçons qui se plaignaient de ne boire que de l'eau ; telle est le première mention faite des Andelys; et elle n'est fournie que par une légende fort suspecte.
Peu A peu, il se forma autour du monastère d'Andely une petite bourgade. Au commencement du xn* siècle, il y existait un château, où se réfugia le roi Louis VII lorsqu'on 1 1 19 il (ut battu à Brenneville, par les troupes de Henri roi d'Angleterre. Ce château, l'année précédente, avait été pris sur tes Anglais par un chevalier nommé Eugcrrand de Chautnont-
Orderic Vital donne quelques détails sur l'évasion du roi et sur sa retraite au château d'Andely; il dit que tout le pa>s, dévaste par la fureur des guerres, était réduit en désert, «. Le roi, « ajoute- t-il ', fuyant seul dans la forêt, rencontra un paysan a qui ne le connaissait pas, et le pria, en lui faisant des pro- « messes, de lui montrer le plus court chemin pour aller A « Andtly. Cet homme conduisit le prince qui tremblait d'être « trahi et livré par son conducteur aux ennemis qui le pour- « suivaient. Lorsque ce paysan vit les officiers du roi arrivés o au-devant de lui, il reconnut le prince, et se repentit de n'a- « voir pas exigé une plus forte récompense *. »
• Ce nom paraît ligtiaer le bord, U frontière*! pays i Ami*, pt)a,larrttofe«t .
vt lit, lisière, bord.
' BfdA, historien Mutais, lib. m, cap. S.
> Rtrfvit itt Huiorint A* Frmeë, tome In, paie *»•-
k Rnuriê dtt HMorint <U Franc, tome ni, page 71».
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PATIÎS
Ixs chAtratix attirai nt sur le* lien k où il* se trouvivent tous lr» désa^lr. s de la tuerre. Andely avnt clé rcdc nu >oi d'Angleterre tar un Ira ils «le ilfiO, ln-»<iu'en 1 1 67 la guerre qui a'éia l lalluuée eoirc ce roi et celui de France anit-Q* la ruine d/Andcly.
Le roi de France avait livré an» flammes plusieurs fermes et villages silués entre Mante* et Pacy. Le roi d'Angleterre s'en vengea en brûlunt le chAlenu et le bourg de Chanmont près de Gisors. Le roi de France à ton tour brûla, dans le Vexin, plusieurs bourfgi et vi'lagcs. ei notamment Andely, bourg très fort, dit Robert du Mont, et propriété des évéqur* de Rom-n ; de plus il dévasta tous les biens des environs qui appartenaient à l'égide de la Sainte-Trinité d- Rouen. Après cet exploit, c* roi se retira promptement en France ; mais en se retirant, la f«lm. la soif, la chaleur et la peur firent périr environ mille hommes de son armée
Tels étalent le exploits des guerriers dn mr» siècle : Ils brûlaient, dévastaient bien plus qu'ils ne combattaient.
Piiil«ns de» établissement» religieux : l'nbbayr disparut, sans doute ruinée par les Normands et par l'incendio dont je viens de parler.
Sur 1. s raines de eet ancien monastère s'éleva une collégiale
séculière qui eut besoin «l'être réformée an commt neement du xn Ie siècle : en 1 146 parurent les nouveaux règlement*.
IU portairntque le drnen du chapitre aurait, sous ses ordres. In cure des âmes d«-s>ix chanoines, des quatre vicaires, du secrétaire, du diacre, du sou s- diacre, des cle«eset de toute la paroisse qui s'étendait sur les d>-ux ville» entières du grand et du petit Aude y; mais le w ni c pnndssUl était partagé entre trois églises : celle <lo Notre-Dame ou la collégiale, qui était I» principale ; c< Ile de la Mogde.ène, au grand A> de|y ; celle de S int- SaiMeur, au petit And-ly. Le doyen et les chanoines étaient tenus à h résdenee p«rsonne|le; les quatre vicaires desservaient alternativement et par semaine, l'un au chœur de I église collégiale, lai.Uv A la paroisse de No're-Dame, le Iroisiè ne à I église de Sah.t Sauveur, te quatrième enfin à celle de la Magdelene.
Sous le règne <»e Pbilippe-Aucuste, Andely fut le sujet de longs et vifs, différends • titre ce roi de Frnn e, l'archevêque de Rouen et les rois d'Angleterre. Philippe-Auguste, en t it».>, réclama auprès de l'archevêque Gautier la seigneurie d'Andely. L année suivanie. , l'archevêque , par un accord conclu avec Philippe, lui restitua cette place. Dans la même année, Richard, roi d Angli t rre, s'empara de l'Ile d Andely, et y fil construire une forteresse qui depui- porta le nom de C. h Ait au Gaillard ; Pinl'ppc • btint la propriété entière de ce cl'à'cau, mais elle lui fut iti&puléc p ir I s rois d'Angleterre et leurs partisans: en i JîO, les rois Philippe- Auguste it Jean «-«inclinent un traité par lequel le roi Jean se réserva la possession d'Andely.
Ce ioi, accuse du meurtre de son neveu Artus, fut, comme vassal de la couronne, cité a la courte France; il ne comparut pas : son duché fut cnnf>squ\ la Norman lie envahie; et, en lïoa. Andely, qu'on força de capituler, passa, avec le reste de la promue*, des malus de» Anglais dans celles du roi de France.
En 1204, Philippe-Auguste fut obligé de faire pendant cinq mois le sié^e d'Andely «-t notamment de la forteresse que le roi Ri hard avait élev, e dans Me sur un rocher. Il s'empara de cette forteresse par femme.
Depuis cetic épo |tie l'histoire n'offre aucune circonstance digne d'être rappoitec. si ce n'est la mort d'Antoine de Bourbon, roi «le Navarre, arrivée au grand Andely, en 1552, par suite d'une bles-ure reçue au sié.e de Rouen.
Anciennement U ville du gnm i Andely avait, outre sa collégiale et ses trois églises que nous avons fait connaître, un prieuré de Saint-Jean, un couve t de capucus, un d'ursul ne«, une léproserie et une chspellc dite de Sainte -Clotil Je, ainsi nommée sans doute parce que la reine de ce nom avait fondé dans ce lieu unealibaye; car sou premier titre èuiit de Saitit-Ni.-olas; cil - fut dotée en HQJ
L'étil'Se c dlétiiate «-si fort bien bAtle, le portail extei leur trèspiltuesque parait antérieur > u reste de l'e tilice. le « «lté du midi • est d un joli gothique du xvi* sic- le. le nord eu slv e ionique parait être du x\n' siècle; dans la cliai-e:lc de I- Saimi-
• *~**<l U. Hiutri.*, t» Fret**, i«n>r «m, m» iav. •«•, \
Vierge est un tableau de f.esueur, repré-fntnnt JY>h< r. lr u > doit» fe temple, compos'ttnn pleiee de<"e ehnrme i;m ruiac .'. > • Ici productions de ce peintre; on y admire surtout <■> e >>• d'ange planant a i-dessus de l'e nfant- Jésus ; la tt 'e de » nit Joseph est fort b Ile. Ce t'blesu ainsi qu'une sépulture de .lé-i.*- Christ, groupe de figures sculptées, %knl des Oailreux-ltx- Catllon ; l'acquisition en fut faite en 1803 : tout près de la «ol- . léglale est la chapelle Sainte-Clotilde.
Son principal autel était placé dans un sanctuaire décoré de pilastres ioniques, éclairé par six croisées et fermé par une balustrade: à droite et & tnuche on voyait deux peiitcs chapelles pratiquées dans des espèces de niches circulaires; le san<-luaire et ces ch a pilles étaient précédés tar une cou oie de petit diamèt'e; la coupole est en hois fort hie'i assemblé. Au mileu, dans une ciel pendon'c r chement seul >iee en cul-de-ia-upe, éiaient les statues e i bois, peintes et dorées ave - soin, de sainte Ooijlde, la couronne en lete, le s<-ep're en m <in et le m mteau royal sur les épaules, adossée à son royal époux, Clows, revêtu des mêmes insignes. Sainte Clolilde est conservée: elle regarle l'autel; Clovis tut préipilé de ce p' tit temple et enfoui pendant quelque temps sous des décombres. C- tte ligure conservée est en bois, assez bien sculptée et pein e a»cc le plus grand soin. U chapelle de Snintc-Cloiilde appartient A AI. (irai d qui l a convertie en une vinaig'erie. mai* qui conserve religieusement la clef pi-udaute de la coupole et la statue de la sainte.
La fontaine «les Andelys ist un des objets curieux de ire'tc sille; elle porleaussi le nom de l'.lotilde; et eavait la rcputarioii de guérir des maladies incurable*, par l'intercession de la sainte. Ausm chaque année, le 2 juin, le doyen de la collégiale, accompagné de to . t >ou clergé, venait en procession n la fontaine «le ClotJ ie, et y répanilatt une certaine quantité de vin; aussitôt les |.èleiins qui acenuraient ordinairement de toutes parts à «■cite dévotion te je aient nus dao> U fontaine les ho nnit s d'un rô*é «'t les femmes d'un autre, séparés | ar une muraille, et obtenaient, dit on, la guérison de leurs maux. Celte pratique est c v idi mn ent un reste d un culte antique rendu aux fontaine» : celle cérémonie suhsis e encore.
Us bâtiments du couvent d<* Ursulincs servent aujourd'hui de tribunal, de sal e de comédie et de prison.
Quant à l a.tmiuist<aiion civile. Andely était le cbef-l eu d'une élection; il y av 'il un présldial, une vicomte, une iusti >rovate; le présidial d'Andely étendait sa juridiction sur les badliaufs d ■ Gi-ors, de Veriion et de Lions II existait aus^i au gran 1 Andely un collège a>ec trois régent» : un |iour enseigner À lire cl h écrire, et deux pour les langue- latine et grecque.
Aujourd'hui, le grand And ly est d> venu le siège du n tri buttai de première instance et le chef-lieu d'une so s pré «ttu<e. eompreniiut U's six cantons ce Lions, d Ètrepaguy, de Grainulle, de Gisors. des Andelys et d'Ecos. cet urrouiiisscment compte 62,300 babiUnls; la ville eu a 8,800.
PETIT ABDBLT.
En 1200, Hugues III, seigneur «leGournal. fit don A l'abbaye
du Rie d'un château situé sur un rocher e>rarp-: re cbà du avait été tati, comme il a été dit, par le roi d'Angleterre Richard I", Hugues le possédait en vertu d'une donation faite par J< an-sans-Tcrre : c'était In fameux Cbàteau-Gail'ard
CechAtcau, qui joue un rô e important pendant tout le temps de la ri alité de la France et de 1 Angleterre, fut, comme je l'ai dit. piis, après une résistance des plus opiniâtres, par l'hilippe- Auguste qui venait de s'<mparer du grand Andely; plus de qua re ceuls habitants, pour la plupart femmes et eufants, furent mis hors la ville comme bouches inutiles, et se trouvèrent enfermés entre les assiégeants et les assiégés; la Ils éprouvèrent toutes les horreur» de la famine: on dit qu'une femme, venant d accoucher, vit son i nfant dévore par tous ceux qui l'eutouraieut'. En li n I. s assiégés, n'ayant plus ni munitions ui vivres, >orlireot I épée A la main, résolus de se faire jour au travers des rangs eunemis; mais leur lentaii e fut vaine, et tous lomlièrciit uu pouvoir des troup e r. yale-. Guiil mine l'Aimori.|iie donue la description du Cliàt«au-Caillard et de ses forlifl- . cations.
La reine Marguerite de Bourg igné, é.iouse de Louis X, dit le llutin, fut, en 1315, enfermée dans cette iorleresse, et étranglée
i CnUItlm. àrm«riraK, yttt •»,
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
par ordre du roi de *on mari : elle avait tra''i In foi conjugale. Ses I ellc-snurs. Blanche et Jeanne de Bourgogne, étaient tes compli <s, la reine Marmeriie fui le plu* cm<ll>nirnt punie.
Ce chnicau soutint, en 141&, un autre siège nui est comparable i celui dont on vient de pat 1er. Déjà i« ville de Houen et toutes les place* des environ» eimnt tombées au pouvoir des Aou'ais arm ■ s contre Charles VI. Cl àlenn-Galllar.l fut «toieyé pendant sei7,e mois : cette fol*, la garnison ne se rendit que lorsque les cordes lui mnnqucrentjvour puiser de l'eau.
Ci prudent cette même forteresse , qui avait coulé tant de peine a reluire, fut, en 1 45». fin ilem< ni soumise a Charles VU ; ï'ani ée suivante, 1rs Anglais l'invt «tirent de nouveau; et el'e capilt la encore après six mois de siège Enfin, en 144!), lorsque les Anglais furent coutrninis 'l'abandonner la France, le roi lui-m me vint luire le sie^c de Châleau-Gaillard, qui capitula sîin* r M'tari 'e.
Oh n s la dernière moitié du xvnr* siècle, le petit Andely avait unr église paroissiale, et deux autres églises appartenait à l'Hôtel-Dieu ou Hôlcl-Royal et au couvent des Pénitents ; cet Hotel- Dieu existait au moins en I3tfî. Il était alors gouverné par un p-lcur; en tflio, des chnnoinesscs régulières de Poutoise s'y étahïrcnt et le conservèrent.
Les pénitents turent f- mlés en 1346. On remarque que le lieu occupé par leur couvent avait élé cnni'siué sur un Juif nomme d'Aqu n : voil» ce qu'on appelait une fondation rieuse. Plus tord. iU reçurent quelques pièvis de terre pour agrandir leur maison; enfin, en IfiOH >t en imo, les rois Henri IV et I.i'Uls Mil leur firent encore présent d'une pailie dis démolitions du Chât< uu Ca Pard, pour rebâtir leur enlise qui tombiiit en ruines ; mais ce bâtiment fut de nouveau reconstruit au xv m' siècle.
Les ruines du Château-Gaillard sont encore très pittoresques. On voit , dans les fossés qui les entourent, de» i a ematrs où, pendant hs sièges, on enfermait h s chevaux et les "pnn isi u s.
L'Hôtel-Uieu est un monument remarquable par son élégance.
Les Andelys ont donné naissance a quelques hommes célèbre
Adrien Turnèbe, professeur de langue grecque a Paris, naqnii am Andelys en 1511 ; quilqurs, années âpre*, il lit imprimer se» oeuvres et eiit, pendant un tempo, la dire tion de I imprimerie ri>ynlc. 1rs Italiens, les Kspagno'a, les Anglais et les Allemands lui i>fli irent d<*> avantages considérables pour J'a'lirer rhez eux : mois il aima mieux vivre pauvre dans »on pays que d'être riche ailleurs. On a dit de lut : « Ses actions étaient « iniiocen'cs, ses rmrurs irrepréhcnsll les; rt toutes ses veitos a étaient accompagnées d'une mo lestie sans exemple. ■ Peu de savants oiit mérite cet élotte. Ses œuvres ont été imprimées en C;nq volumes in-folio: il est mort en i486.
Nicolas eou->in, l'un des plus célèbres peintres de l'école française, imjuiu I aussi an hameau de Villers. près d'At dely. « Nicolas Poussin, a dit Voltaire, fut élève de son génie; il se « pi rf etiouna a Rome. ■> Appelé en France par Lour* XIII pour décorer le Louvre, «I y fui abreuvé de dégoûts, ei repartit pour l'Italie, où il mourut pauve et admué. Ce qui distingue encore le Poussin parmi les artistes laineux, c'est son désintéresse n ent «t la candeur de sa t elle Ame : un jour qu'il reconduisait lui-même, sa lampe a la main, le cardinal Manciui : a Je vous p ains beaucoup, monsieur Poussin, lui dit le prélat, a de n'avoir tas seulement un seul valet. — Je vous plains « beaucoup plus. Monseigneur, répondit Pous-io, d'en avoir un « si jf/and nombre. > Il ne faisait jamais de prix pour >cs tableaux; il marqunit sur la loile lu somu e qu'il en voulait, et renvoyait ce qu'on lui donnait de (.lus.
I.'abbe Chauheu naquit au château de Fontenay en 163»; Chaulieu est cimun par sa familiarité avec le grand-prieur de Vendôme, par !<•» sociétés joyeuse* qu'il réunissait dans son appartement du Temple, et parties vers pleins de négligences et de cliarmes. Dans ses medicim-s poésies, on ne trouve qu'un a niable abandon et une imagination tour a tour simple, naïve, enjouée, originale.
On lit dans le Temple du goût :
Je vis arriver vu ce lieu
Le brillant «bbe Je Oranllta,
Qui etiintilt tn sortant de tabla.
Il osait «resser la dira
D'un sir fnmi'ler, mais aimable.
Sa vi«e imaflntiinn
Prndliniilt. ilans h linnee Ivresse,
De» beauié» sans rorrertMl.
Qui rhoqnalrat un pea la jMUaa*
Rl respiraient la pissera.
' % vi.— Ee*«y .m ■*•»!«.
Êcoiiy est un bourg situé sur la route de Parts a Rouen, à
cinq lieurs de • elle dernière ville, à une lieue et demie dit Andelys, à trois «t demie de Cisors.
Au xn' siècle I église i aroissiale d'Écony dépendait de l'abbaye du Bec; mdsdnns le siècle suivant, le roi Pinln-pe le Bel en acquit le patronage par échange, et le transmit, avec la seigneurie du lieu, à Enîiucrranrl de Mari-ny, ce minière qui, après avoir joui de la ni us grande faveur, fut. sou» p éUxle de ses ionc ussions. pendu au gibet de Montfaucon qu'il avait fait é'ever lui-même 1 ; « et, comme onitredu lo^is, dit Mé/erai, il a cul l'honneur d être roi* au haut bout au-dessus de tous les a au res voleurs. »
La vie de Mnrigny est une des plus fertiles en grande Lçons pour les hommes appelés a gouverner des Etats; il fut, par Philippe-lc-Ril. comblé de dignités et d'emp'ois; i' devint chambellan, châtelain du Louvre, sui intendant des fitiaiu'cs, grand-maUre-d'hàtt I de Frain r, premier ininist-e. Il > n«a ea le roi dans plusii urs guerres; il chargea le peii| L d'impiMs et altéra hs monnaie. Son crédit c lendit vain, -a II rte irrita hs grand*, et «s lapines les petits; Us murmur, s eclalcr nt de toutes rarls.
Phiiippe-le-Bel élant mort, le comte de Valois, ehef de< m •• con'culs. détirminal ouisX.oil lellutiif.sonneveii.ad mand r compte » Marigny de l'adnnn si talion des finances. Celui-ci prétendit nvoir donne au prince la plus grande pnrt'e de l'argent enlevé au peuple; le n*te avait, dl'-il, été einplové a payer les délies de l'État : Vont tn acrz menti! dit Val «is;— Ce»t rouimême. Je par répond Mariiiny. Oès lors sa perte fut jurée.
Ouelquc» jour- après, il se rendit, comme de coutume, au conseil du roi ; on lui demanda s^n épée, et on le conduisit a la tour du Louvre, d'où il fut transféré au 'temple au milieu des huées populaires.
Ou instruisit son procès; des délateurs forint payés par le comte pour dép scr contre le ministre. Le roi. les princes, les t otisi ill. r» d'État, les pairs, les prélats se réunirent à Vmce incs; Slargnv parut ; I avocat. J-an Asn-è es. portait lu parole : il parla du sacrillec d'Abraham et d'Iwac, d'une multuu h de serpents qui dés -laiciii la France du temps de *ainl II aire, et leur compara Kiiizueiran I de Marigny. s»-s parents et se- al ii s; puis il produisit qunratiie < hefs d accusation : c'eta l Piiiteration des mo maies, la sureliurge des subsides, le vol de 40,000 èeu< envojés ou pape par le roi, de i5,onn florins donnés à Edmond de Coth, la reddition de faux comptes, la d-'-ra talion des lorél.» royales, le crime d'avoir reçu de l'argent 'es Flaman Is pour faite échouer la guerre qu'on hur prépara»!, e c, etc.
Muii^ny se leva pour repon-lre; on ne lut en laissa p.is la facilite ; il fut chargé de rhaines et mené au supplice. Quel e justii e !
Mais les ennemis de Marigny ne s'arrêtèrent pas la ; Ils cherchèrent et trouvèrent des hommes q«l vinr.nt af Irm ra<oirvu la femme il la sieur de Marlgnv, AMp- de Mons-l la dame e Chantelcu, «neutitrr le roi mmrt C/toi/ei et aulrrt baron*. Le mot emoùlcr, tort connu dans ces s éc'es «l'erreur, exprimât une pratique magique : on fabriquait une imase en cire; on la laisait oindre de saint chrême et baptiser par un prêtre qui .tonnai! à cette ima^e le nom de celui qu'on voulait faire périr : pour atteindre ce but, on torturait cette image; ou la pirçail à l'einli'oit du ca-ur.
Ce- daims lurent arrflécs et enfermées dans la t.»ur du 1.0'ivre; Ja ques Di lort, c> inplice du miléflcc, fut condu t ni Ch.'Hclei ave si fi mine ci un ilmuesti pic ; la femme fu: hrù éc vive, le va et fui pendu, t t Del- r; ètiauulé, a ceq i'il par.ilt.
Man^ny a pas>é pour un grand homme d'Etat ; c ut I. i qui fil re. .dre le parlement de Pmi* sédentaire, ijiii .u III créer un a Toulouse; Il avait conçu le projet, exécute p n- Louis M, de soumettte les grands a l'auiorité « n pi «ce : cela ne prouve pi» que ses msins fussent pures ; son piocë» Tut irregulier, sa mé>
' Vtfsa Mintin i» PirU, s< «m. , UMa. m, Ht* »»••
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
moire fut réhabilitée ; mais l'histoire ne l'en au nombre des sangsues publiques.
Louis Hutin se repentit à sa mort d'une conduite aussi injuste. H fit mettre en liberté la femme d'Enguerrand, et loi légua 10,000 livres, somme alors très-considérable, en considération de Ut grande infortune qui lui était advenue, porte le testament du roi, et pour le grand amour que la reine, ta mère, avait pour la dame de Marigny ».
Le comte de Valois, rongé de remords, finit misérablemf nt sa vie, consumé par une maladie de langueur ; il fit demander le corps de Marigny, et le fit apporter en pompe dans la collégiale d'Évreux; il ordonna une distribution aux pauvres de Paris, auxquels le distributeur disait : Priez Dieu pour monteigneur Enguerrand de Marigny et pour monteigntur Charité de Valoie.
I/Orsque Marigny fut devenu seigneur d'Éeouy, il fit démolir l'ancienne église paroissiale, et, en 1810, en fît construire une autre sous le titre de la eainte Vierge; il y fonda une collégiale h laquelle il unit le titre de la cure. Dans ces temps d'ignorance, on croyait, par des pratiques dévoticuses, racheter toute espèce de crimes ; le clergé, le seul corps un peu instruit, entretenait ces fausses idées où il trouvait son profit; voilà pourquoi les temps les plus immoraux ont vu naître le plus de fondations religieuses.
L'acte d'institution portait que le chapitre d'Eeouy serait composé de douze chanoines y compris le doyen; que la pleine collation de toutes les prébendes, à l'exception de celle du vicaire perpétuel, appartiendrait aux seigneurs du fief de Marigny pour une moitié, et du llef du Plessis pour l'autre; que ceux des chanoines qui ne seraient pas prêtres se feraient ordonner dans l'année; que le doyen et le chapitre auraient la connaissance de tontes les causes criminelles et civiles concernant les chanoines et les clercs. '
Comme les deux fiefs de Marigny et du Plessis, qui étalent mouvants de la baronnie d'Eeouy, forent dans la suite unis a celle du Pont-Saint-Pierre, le seigneur de cette terre nommait, en dernier lieu, à toutes les prébendes.
Enguerrand de Marigny avait aussi fondé à Ëcouy un hôpital du titre de Saint-Jcan-Uaptiste.
Philippe de Valois, fils de Charles de Valois, succéda a Cbarles-k-Bel, son cousin. Il s'efforça de réparer le crime de son père; il donna au fils d'Enguerrand de l'emploi à l'armée, et a sa petite-fille l'argent nécessaire pour racheter les biens du ministre.
La terre d'Éeouy passa ensuite à la maison de Châtillon ; Jean III, seigneur de Châtillon-sur-Marne, etc., maria sa fille à Pierre de Roncherolcs, qui devint par li seigneur de Cbâtillon, d'Éeouy, de Hcuguevilleet de Pont-Saint-Pierrc, premier baron de Normandie, conseiller et chambellan des rois Louis XI et Charles VIII. H mourut en IA03.
Ce qu'il y avait et ce qu'il y a encore de plus remarquable à Éeouy, c'est la halle, couverte en bois ; le château, d'une construction moderne, et la paroisse, ancienne collégiale. On voit aux environs du bourg plusieurs belles maisons de plaisance.
L'église paroissiale est solidement bâtie en croix latine. Le portail c>t flanqué de deux grosses tours couvertes, dans l'une desquelles sont deux grosses cloches du poids de huit à dix milliers ». Au lieu de rose, on voit une grande croisée en ogive; au milieu de cette église est une figure de la Vierge à laquelle l'église est dédiée ; à droite et à gauche sont les ligures d'Knguerrand et d'Alips de Mons, fondateurs de l'église.
Dans l'intérieur de l'église et dans le sanctuaire on remarque deux chapelles voûtées renfermant autrefois les tombeaux des seigneurs de Marigny. On avait transporté le corps d' Enguerrand à Ecouy peu de temps après sa mort ; mais il avait été défendu de lui élever un tombeau, afin qu'aucune inscription ne rappelât le crime de Charles de Valois et la complicité de Louis Hutin ; mais, en 1475, Louis XI permit aux chanoines d'Éeouy de faire élever, sur le tombeau du fondateur de la collégiale, un mausolée où ils pourraient attacher une inscription, à condition, cependant, qu'ils n'y parleraient pas du procès.
Sur ce mausolée on remarque cinq figures, représentant le
• Vitt i*t turiHtniwtU Ut finmueu, tom. l, page »*•
• Millin, dulrïn.ire mIWu, tom. m, art. SS, page *■
jugement de Dieu sur l'affaire d'Enguerrand ; voici Millin explique cette espèce d'hiéroglyphe 1 : « Dieu est assis entre deux anges, avocate d'f du comte de Valois, a Celui de Valois tient une toise pour mesurer la conduite « de son client. Le Père-Éternel n'écoute sa justification qu'avec a humeur; et le comte, voyant qu'il a perdu sa cause, est à a genoux, et Implore son pardon, que Dieu lui refuse.
a L'autre ange, avocat d'Enguerrand, tient une trompette c pour annoncer le succès de son client qui est à genoux près « de lui, et lui présente une couronne de cordes, image sym -
de son supplice
« bi.liii
Voilà comment les chanoines éludèrent la défense de Louis XI. C'était alors un acte de courage. Ils firent graver au-dessus du tombeau l'épitaphe suivante :
Ci dessous pli d« ce par» l'huMuci», , De liarigoy, et de ce lien seigneur, Dit Enguerrand, sage chevalier, Du roi Philippe-le-Bel grand -conseiller, El grand-maître de France; très-utile four te pays, comte de Longoerllle.
Celte église présente fit jadis édifier, L'an mil trois cents el dis, poor honorer Des deux la reine dame ; Cinq ans après, à Dieu rendit son Ame, Le derrain jour d'Avril, pot» fut mit cy. Priex Dieu qu'il lui fasse merci.
A côté du tombeau d'Enguerrand était celui de son frère Jean de Marigny, archevêque de Rouen ; il soutint, avec un zèle louable, les intérêts de Philippe de Valois contre les prétentions des roisd' Angleterre, et concourut puissamment à faire déclarer aux états-généraux que les femmes étaient Inhabiles à succéder à la couronne : il fut garde-des-secaux sous Philippe.
Dans la nef, sur une table en forme de cœur, Tut gravé : •
• Ici gist
i Lecteur de très-haut et très-puissant seigneur « Michel de Roncherolles, marquis de Pont-Saint- Pierre, c Baron, seigneur baut-justicier dudil lieu « D'Êcouy-te.plcssis, etc., etc.... Il est décédé • Le dit-huitième jour de juin 1751. »
ce qui prouve que la terre d'Éeouy était encore, à la fin du xviii* siècle, dans la maison de Roncherolles.
Dans le milieu de la nef et de la croisée, on trouve encore une singulière épitaphe ou plutôt une énigme riroée.
Ci-gll l'enfant, ci-gtt la mère, Ci-gll la sœur, clgtl le frère, Ci-gît la femme et le mari.
Et ne sont que deux corps ici.
On l'explique dans le pays en disant qu'un fils d'une dame d'Éeouy avait eu de sa mère, sans la connaître et sans en être connu, une fille nommée Cécile qu'il épousa ensuite, laquelle devint ainsi fille et sœur de son mari.
Mais il faut remarquer qu'il se trouve dans plusieurs églises de France'des epitaphes semblables : ces compositions seraientelles un jeu d'esprit ou bien le témoignage d'un fait véritable * ? Je ne prononce point.
L'église d'Eeouy a beaucoup souffert dans le temps de la
1 Millin, articles», page 1t.
s Espllly a aut>i dmne l'eiplicalion de ce* fi gares. € An-dessus du mausolée,
• dit-il, (ont cinq figures en pierre, de grandeur naturelle : ou milieu, Nuire
• Seigneur, e»«i« lurua Iriue pour le jui^ment dernier; àscs cotés deus inga,
• dont l'un a ta ironipelie, et l'tuUe la teke a la main, et au bout d'un roii-,
• Kniiuerraad S geaoat en cbemUe, demandant justice, en montrent Je 'a . nain Clwrle». comte de lloit, aussi à «enous, de l'autre cite, les rri.n. . jointe» et les je>'* baisses, la couronne de comte ivr la le ta, et le manteau
• bleu flrurdclité. • (Dittionnairt, tome II, page 717.) » Oaaa IVgliw, d'Allaeourt, entre Amiens et Abbevillc,
G-(;1t le IIU, ci-Bit l> mire, C>-f II la fille a*«o le p*re.
Ci ([il I» wur, o-|;u le frère, Ci-rjil la femme cl le miri.
Et n» tant que uo» r-orpt ici.
Ce»l, dit-on, l'odieate aventure d'une rorre qui, Après avoir ép fils, sans le savoir, ea eut une fille, qu'elle lui donna en mariage. » Millin, article SS, page S.
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