‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 29 sur 144 · CHAPITRE PREMIER.-COUP-DOEIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER.-COUP-DOEIL GÉNÉRAL

Nous emhrassons ici une vaste étendue dr- pays • Pon o se rf Rouen, la Seine et fiisors eu sont le* limite*. Ce pays renferme une grande itnrtic du Vexin français et du Vexin normand.

Le Vexin français est presque en ent er composé 'le I iuim-ns ' p'atcau de Mai ine. « plateau, disent MM. Cuvier et Ition- « gniart est ti rmioé au nord, o l'ouest et au sud par des t oi- « lines 'le craie : il porte dans plu i urs en irn ts ou d< s inas-es « de sable nu des masses de gypse, surmoute de sable et de « terrain d'eau douce.

t H est i:'ser. élevé au-dessus du lit des rivières qui le hor* « dent, telles que l'Oise, la Seine, l'Kpte et le Troène. 0"«n<l «■on csl sur ce paleau, on ne monte plos d une man ère re- « marquable que pour pass- r p;ir-des>us les collines de sable « et de avpse qui le surmontent, telles que celles de Cilsy, de « Ma. ine" de Séians. de Moi.tjavoux. de Tii.1, etc., ei on ne « descend que pour trav r»cr le» liis des rivières qui le sillon- « nent; alors on voit l. s couches épaisses qui composent <etle

• puissante ma.-se calcaire, comme à M ars, ou rneme la craie ■ qui la suppoile, cuinuie à Gisors, à Saint-Clair, a Magny.à « Mantes ci a Juzicrs. »

Dans la partie s pienlrionale. en suivant la route de Pontofse A Cii«o s et la v alite de Troène, on trouve, au bas de Coruieides, au pied d une monlagn- uyps use. ui.e cnu ite mince de qunrlz caverneux qui nffre ties-cei tainement le caractère des deniiei's lits d- la formation e deane. P.cs de laUuivilie, un peu avant de de-cendre a Ctsors et d'arriver a la craie qui se mouttv naos la vallée de l'Fpte, nn trouve des coquil es fos-iles; ce lit « le carnclère des couches inférieures de In formation . ak'.<i v. On le rel ouve emore, I* au Mont-Ontn. à l'est de Cis"rs,mi il est placé sur un lit de sable calcaire, rcnfcrma.it .les nummu îles qui sont tou ou s inférieures aux coquilles dont nous ven >ns e parler; au-dessous < \ vers le sommet de cette bulle, se ■■ oulr< nt des écrites; V sur la pente méridionale de la vallée de Troène à Laill ry et* Liaucourt près «ic Cluiummit-, le banc qui est ici épais el riche en e pèces exti4mcmt-ni variées a rendu ce lieu célèbre parmi les amateurs de» coquill s fo>s les *.

l-a parl e meri lionale ou plat, a i de Marine offre quelques particularités dans la disposition des coitt h-s de In fo mait n calcaire. « Ko sortant de l'ois y, on ttoiive un terrain d alluvion « lres-ét:'ndu, après lequel on arrive au cap nnri Uonal «tu p!a- « teau calcaire d'où on extrait du moellon. » D i lô ède fuel, on trouve une carrière où l'on remarque ries puiis nalor- ls, qui ne sont pas les seuls qu'offrent les environs de Paris, mais qui ront peut é re les plus curieux.

• C-s poils verticaux, à parois assez umas et comme u ées

• par le flottement d'Un lorreut, ont environ < inq ilccirnèties

• rte diamètre; Us sont remplis dune argile su l'Ion • eus; et fer-

• ruginr useet de cailloux siliceux roules. Mais ce qu'ils offr> nt « de plus remarquable que les premitrs (e ux du plaieaud'i mrc „ Seme-et Oise). c'e?t qu'ils ne p rceni pas l.s ourles supe- « r cures; ils commencent lous au même ui»eau. On doit .-on- « dure naturel) menl de celle dispo-itiou t|ue ces puits uv aient « été ouverts et étaient déjà remplis lorsque les couches e.l- « caires supérieures ont ete dépo ées. Celte ol>-et vation ju nie

• A celles que nous avons fai'es sur les diiïeren es qui ex slent

• constamineut entre leseoqudles fossiles des principaux svs m tèmes de lits cal aires, concoureul A nou- prouver que les

■ couches calcaires ont ete déposées a dos ep > i»cs a-ser. eloi-

■ vnée* les unes tevautres ; car il parait évid< n qu'il a fallu i|ue

• h s couches inférieures fussent touies déposées, que I. s pui s « eussent ete creu-és par la cause inconnue qui les a formés et

■ quia dû agir pendant un eer aio temps pi.urtinir leurs parois n comme . Iles le sont ; il n fallu ensuite qu ls aicm été renij lis « par les argi'es ferrualneuses, les -aides et les cail'onx, avant

• que les couche» calcaires qui les ont fC' niés se aoieui dépo- « sées; ces opérations o.it du néce saiiemenl se succéder; et « leur succession suppose un temps usses considérable. Mais

i CetxjrqpM» miménlag^n» du B—ira%* 4» Pfit, cliip. n, | »»•

* Vtftx peur du d«Uil( l'aavr«(* pr««U*.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARTS

■ ne-os n'av. ns aucune donnée qui puisse nous faire évaluer € ce tcmp<. même par Approximation. »

• Ces puits sont d'aKIeur» ascex communs dans le calcaire

■ marin. »

Le long de la cote, entre Triel et Meul m, la formation ralcalre est très-épai- se : et le coteau lui même, très-élevé, pré tente deux sortes d'exploitations de carrières placées immé lia- Irmenl l'une au-dessous <te l'autre : le calcaire en bas et le plaire eu haut. • lei, dirent I s auteurs précités, la formation a calcaire pré -ente quel mes particularités >iue nous n'avons pas

• «nés ai II ur* Premiert ment, les courbes y sont inclinées a dans quelque- endroits, notamment à la sortie de TYiel ; mais

• celte inelmaison n'a aucune régularité. Il parait cependant « que toute la masse va un peu en moulant du côté de Meut»», a et qur les bnno» qui sont au tiers intérieur de la rôle se

■ relèvent du rôlé de la rivière. Ces banc» pré en Un t des

• sillons longitudinaux, arrondis dans leur fond, et qui >em- « bleni avoir été cr> usés par un courant ; os érosions se repré- « sentent eneore sur le» rochers calcaires du mamelon d Issoud,

• enlre Mtu'ao et Maotes. et se continuent jusque vis à-vis « noIiehoUe. En second lieu, on remarque, vers le milieu de la « fn.m iiion calcaire, des banc» puisants de sab e »ilWu\,

• tantôt pesq ne pur, taiitôl mêle rl <- calcaire, mais renfermant « toujours des coquilles plus ou moins nombreuses: et changées

• eu caleaire blanc, elles soiit irc>l.ien eonseï vtfes. d'cspèos

• n>sex variées Ce sable est quelquefo s Inable, comme on

• l'observe immédiatement à la sortie de Trie! ; mais plus sou-

• vent il est agulut'né en grrs, tantôt lendre, blanc et opaque. « tantôt dur, luisant, gris et translucide. Ces deux sortes sont « mêlée» dans la même couche. Du p. end la plus dure pour « paver la mute. Toute la co e, jusqu'au* deux tiers de sa bau- « leur, présente ces bancs de grès coquiliier alternant avec des a marnes caleai e*, ou avee du calcaire atsn solide et qui

• | araltmoii-s coquiHier que ce grès.

« Au nord est de Meuiau. à la na's*ance du joli vallon de > Sa<iy, sont les carrières célèbres de Saillnnrourl, exp'r>ilé«s

• pour le compte du Gouvernement et pour l'usage particulier

• des ponls-el chaussées.

• 1-e calcaire marin présente dans ce lieu un aspect un peu

• différent de celui qu'il offre l'an» 1rs environs de Paris. C'est

• une masse sans assises distnetes, laissaut voir seulement « quelques lignes sinueuses, à peu prrs horizontales, mais dont

• le» sinuosités ne sont pas même parallèles.

• Celte masse caleaire a « aviron dix-litiil mètres d'épaisseur, « depuis le point le pl»s élevé, jusqu'au lit de sable sur lequel « repose le aertiirr banc. Elle peut être divisée en deux par-

• tics.

• Lu partie supérieure nommé d/tombU par les ouvriers, a, a eau» sa plus grande épaisseur, douze mètres cinq décimètre» ;

• le colcai e qui la compose est blanc, tendre, même friable, « et ne peut guère, par ces raisons, être emplové dans les cont si niellons. Elle rouferme les coquilles fossile* des couches a moyennes du eal aire des environs de Paris; mais ces coa quilles sont tellemrni brisées, qu'oo ne peut guère eu disliu-

• gwr quelque*- unes que dans la partie inérieurc de la a masse..... Les parties moy nues de cette masse supérieure

• présentent, e.mme à Chà illou, à Saiui-Nom, etc., destine preiiitts de feuilles Irés-b eu conservées....

c l.a pa lie inférieure est composée comme celle que nous « venons de décrire, et peut-être même, plus évidemment

• qu'elle, d'une ma»se continue de calcaire généralement j'iu-

• natie, et formé de graius asses gros, mai* solidement agglu-

• Unis ...

a Ces grains sont de toute nature; on y voit un grand nombre « de débris de coquilles, des coquilles entières, du sable sili-

• ceux tt ou sable caleaire. On trouve dans certaines paities « de celte masse des amas «le grosses coquil es, ayant qttelque-

■ fois conserve leur brillant narré, et abxolumcut semblables à « celle* d- s assises à ch or te terreuse de Mcudon, de Bougival,

• etc. Mils e qu'oo y trouve de plus que dans ees demie. s « lieux, c* sont de gandsouisins du genre des cassidulrs....

• (^uoi.iu'il n'y ait point «l'assises réelles et distinctes, on y « reconnaît cependant de» lits >te pierre qui diftVr» nt enire eux a par leur ci-ul ur, par leur solidité, par la natqre des fossiles a qu ils reiif.rm nt. Un remarque que, quand on enlève de

• grandes parties de ces lits, les blocs, en se détachant, indi-

« qucnl i l.ddt une stratification oblique qu'une s ratilication € horizontale ....

• l a ma»se d- calcaire marin exploitée à Saill»ncourt rentre

• donc dan» les loi- de anpcrpo<iii'»n que nous avons r c-nimes « au calcaire des environs de Paris. Les seules différence» a qu'elle offre exi tent dans l'épaisseur des Couches Inférieures, « plus considérable ici qu'ail 'eu rs, et surtout dans la sotidi é et « dans la durée a l'air des pierre* de taille qu'on en entrait....

• Après aleulan, le ea ealre coquillier de Metry et celui qui « coui-onne la craie au-dessus de Juziers n'offrent rien de p.ir- « ticulier a

Mou* ne sommes pas aussi rirhes en observation' mlnérnlogiques sur le Vexiu normand que sur le Vevin françnU ; ivus sninines réduits à rassembler ici ce i»u'eu ont dit plu icurs auteurs, dont l'autorité est loin d'avoir la même force que celle de MM. Cuvier et Bcoinniiart.

Le S"l de la Normandie coupé par un grand nombre de mon- •a«nes et de vallées qui lui donnent un asoect lou'-à-fait pittoresque, renferme pevi-élre plus quo celui d'nueune autre province de France des mines de métaux précieux. On a même écrit que les min s d'or .et d'argent n'y sont pas ra e». « Celle a province, dit un ancien ée<hain ». ne doit rien céder aux a richesses du Potosi, de la Floride et de la Caslille d or; «Ile a a ses mines; et il ne manque que il s ouvriers. • Le mime auteur assure qu'à Trary est une montagne d'or qui ne demanda que l'indu>trie pour le foudre, l'aftiicr et le rendre mil 'cable ; que sur la paroi -se de Carol>e* on a découvert des mines d argent ; ailleurs, de l'argent vif, etc. Il faut souvent -e «léfler des assertions de cette sorte, puisées dans des ouvrages p-hli>>s4 une époque où la minéralogie n'cail encore que p u avancée. Qm* la Normandie renferme de* mines d<- euivic. que le» mines de fer y soient très-communes, c'est un fait cet tain ; mais la se borne In certitude.

On y trouve aussi de belles carrières de toute espèce de pierres noiies à crayon, de pierresdures. de marbre, d.- fjrés. de meules de moulin ; on connaît cette pierre naturelle qui se trouve dans les environs tl'Hertié. connue sous le nom de uiamant d'Aieuçon ; on y trouve en lin de l'ârgi e plastique, de I argile à porcelaine et ues terres de pipe.

Plusieurs rivières parcourent en tous sens le pays que nous embrassons ici ; la plus considérable, la Seine, dont t ous avons déjà parlé plusd'unef»is,en foi me a peu près In limite méridionale ; celte rivière commem-e à baigner les eUrémiés du Vexm, un peu au- 'essus de Poissy, et ne le quitte plus.

Les aulres rivières du Vexin, qui toutes se rendent dans la Seine, sont, en allant de l'est a loi et, l'Oise, l'Aubel, le Troène, l'Kpte, la Boude, VAudelle, et dans le» murs de Itoutu, l'Aubelte e' le Kobee.

L'Oise, VI tara des Latins, sépare les peuples de l'an ien Vexin d<- ceux du Perisîs, depuis l'Ilc-Adnm ju-qu'à Pontoi-e. I a Viorne ou Viosne vient se joindre à celle ri «ère. dans les murs de Pomoise, dont elle arrose la partie méiï liona'e ; I Océron se jette d ns l'Oise, on peu au-d* ssons de l'Ile- «dam.

Deux ruisseaux portent le nom d'Au et : le premier se j tte daus la Seine, piès de Mculau, de môme que le Monc.au ; le second se perd dans l'Epie.

Le Troène, la Bonde et la Levrière réunissent aussi leurs eaux à celles de l'Epte, qui se Jelleui à la Seine après avoir arrosé G i sors rt Saint-Clair.

Ou trouve ensuite deux petits ruisseaux : le Gamhon qui tombe dans la Seine âpre* uu cours d'environ une lieue, et le Lieure qui prend «a source dans la forêt de Lions, et >e réunit & l'An telle, qui, bientôt après, se rend elle-même dans la :»eme.

Le Robec et i'Aubette sont deui petit» ru sseaux qui sapproclu ni, se touchent presque à un« lieue de Rouen et se jettent l'un et l'autre nan» la Seine, après uvoir arrose la ville. Ou a érrii qu autrefois ces deux rivières se réunissaient an-de.-sus .le Rouen, et ne formaient plus. Ju-qu'.i celle ville, qu un graud lac; mais cette opinion n'est appuyée d'aucune p euve.

a Encore que la Norman lie s ni une de» plus (roi :cs régions « de France , dit Du no >liu * . I air y est ns-ez tempe i , bien « sain, fort propre pour la digestion et surtout > our la fecon-

• dité. > La Norinunditf, en effet, produit touU espèce de cé-

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IHSTOIUK DUS ENVIRONS DE PARIS

réaies, toute espèce d'arbres, « voire mes me des cèdres. » On y volt même des cyprès, mais rarement ils résistent aux hivers très-froids. Les figuiers n'y portent point de fruits. Du reste, les autres fruits y sont en grande quantité, surtout les pommes et les poires qui produisent ces deux boissons si connues en ISormnndie : le cidre et le poiré. On a évalué à plus de trois millions d'hectolitres de cidre te produit annuel de la Normandie '.

De même , les arbres de baute lige ne manquent point dans celte province ; on y trouve plusieurs forêts considérables.

Mais la Normandie est surtout renommée pour ses bestiaux. On sait que les chevaux de ce pays forment une race particulière ; presque tous sont lourds , et plus propres aux travaux rudes qu'à la selle; on élève encore des bœufs, des vaches en quantité dans les gras pâturage» de Normandie; les moutons s'y trouvent aussi en grand nombre.

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