CHAPITRE VI
àaUfM.
Au nombre des peuples conpris S'm» la dénomination g' nerale de Belges étaient les Amuiam qui tenaient un fppg ois gué dans la Gaule Bclgi |ue; lors de >a division de la Bel.iqu eu ihux piovinces. les Ambiani tirent partie de la seconde.
Le cUef-heu des Ambiant e»t nomme par les auteur* anciens
t Ldiki-i. /?■•< >ir« dt la ville d* Bmunim, p. XSS. ' lti»rruirê d f ini à Âmimt, IkVtt, pi|* 01.
• i h-ni buhtéma.
188 HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Samarobrita, dénomination toute celtique qui désigne simplement un pont ou un passage sur In Somme, Samara.
Dan* la suite, ce chef-lieu, devenant métropole, chaiu nom de Samarobrita, et reçut celui du peuple auquel il appartenait : il fut uommé Ambiani. On lit dans Ammien-Marcelliii : Ambiant urb$ intrr aliat animent ; c'est-à-dire Mlle célèbre entre les autres de la seconde Belgique : la notice de l'empire parle d'une fabrique d'armes dans celte ville.
Le premier évéque d'Amiens fut saint Kirmin, dont les actes, qu'Adrien Raillet regarde comme suspects, peuvent être du tl* ou du vu* siècle. Firmin, ne a Pampelune, fut un des nombreux missionnaires qui s'expatrièrent pour aller propager la connaissance du Christ. Il parcourut successivement l'Àgcnois, l'Auvergne, l'Anjou, la Normandie, se lit emprisonner à Beauvals, et parvint enfin à Amiens, où, disent ses actes, il abattait les temples des idoles, brisait leurs statues, et combattait la superstition en apôtre. Le gouverneur romain de Paris, quelques-uns disent Julien, le fit arrêter et Incarcérer. Dans son cachot, il opéra un grand nombre de miracles, comme cela se pratiquait toujours alors; il était sans cesse entouré de paralytiques, de boiteux, d'aveugles qui venaient recevoir la santé: mais, pendant que ces choses se passaient, le procès de Firmin s'instruisait; et il eut la téte tranchée dans ce même cachot où, par sa vertu, s'opéraient tant de merveilles.
Saint Firmin avait baptisé de sa main un enfaut d'un des principaux de la ville et lui avait donné son nom; cet enfant fut le troisième évêque d'Amiens : on le nomma Firmin le Confis, pour le distinguer du martyr. La vie de ce nouveau saint, compilée par un inconnu vers lexiroulexiii' siècle, n'est qu'une rapsodie de faits insoutenables qui se détruisent l'un l'autre'; et Adrien Balllct avoue que le temps auquel a vécu saint Firmin-lc-Confesseur n'est pas plus connu que les actions qui l'ont fait mettre au catalogue des saints.
Quoi qu'il en soit, les premiers chrétiens, ayant enlevé le corps du saint martyr, lui donnèrent la sépulture; on pense qu'il fut transporté depuis dans une église que l'on croit avoir été dédiée, sous le titre de Notre-Dame, par saint Firmin-le- Confès. On prélent que cette église, qui fut longtemps la cathédrale d'Amiens, devint plus tard celle de l'abbaye de Sainl- Acheul, et que le corps trouvé là, au tu* siècle, par le saint évéque Salve ou Sauve, fut transporté dans une église nouvelle qu'il avait fait bâtir au milieu de la ville, sous le nom de Sotre-Damt, et destinée pour être dorénavant la cathédrale. Cette translation se fit avec toute la pompe possible : les évoques de Cambrai, de Beauvais, de Noyon, et du Mans y assistèrent; « mais ce qui augmenta fort la joie de cette fête furent a les miracles insignes que le ciel lit pour l'honorer. Une odeur « Incomparable se répandit par toute la ville et bien loin « aux environs; le seigneur de Beaugenais, atteint de lèpre, a en fut guéri par cette o leur médicinale : ce qui l'obligea de « faire un don d'importance à l'église où reposent ces saintes a reliques.
' a Mais ce qui surprit davantage, ce fut de voir.au IS janvier, « les arbres pousser des fleurs et courber leurs branches pour a faire hommage à la châsse qui passait ; c'est pour conserver la « mémoire de ce prodige que h» chanoines, à pareil jour, vont • en procession au même lieu avec leurs habits d'été, et qu'ils « brûlent quantité de parfums dans l'église de la Station*.
La première enceinte d'Amiens fut extrêmement resserrée : ce n'était, tel Otl la tradition1, qu'une seule rue appelée la Chauta sée-au-Bltd , à cause du marché qui s'y tenait; en sorte qu'elle ne contenait que l'espace compris plus tard entre le pontd» l Hôtel-Dieu cl le ponf à Fillettes,
On l'éten lit ensuite jusqu'au pont Dolent, au pied de la citadelle ; et ce terrain composa longtemps toute sa longueur, loi distance, depuis le pont du Cange et celui de* Arts jusqu'au pont Saint- Michel, faisait toute sa largeur, que l'on poussa ensuite Jusque vers le milieu de la rut de* Sergents.
Cependant la population, croissant considérablement, obligea de bâtir, près de la ville, des bourgs qu'on ferma de murailles et qu'on nomma faubourgs : ce furent ceux de Saint-Michel, de Saint-Remy, de Saint- Jacques.
' Adrien ■aitlel, Vit det Saint*, l'r Mplembre, tablr critique
* S.-J- de air mur, Vit dt* Saint*.
* nain, Bùloire da ta tilla d'Ami***, lot», i, page «.
Pour contenir, dit-on, les habitants, les Romains avaient construit deux châteaux qui commandaient la ville. Le premier, dans le lieu occupé depuis par l'église de Saint-Firrnm t*n Castillon, était le palais ordinaire du Prétoire, l'autre, plus récent, était bâti à l'endroit où fut depuis la maison dite le Clultelet, dans la rue des Sergents.
Dans la suite, l'enceinte reçut un nouvel agrandissement. Le circuit dè la ville commença a du côté de l'orient au pont k du Cnngt et * la porte des Arts, et remontait le long des mu- « railles de l'cvêché. De là, il passait entre la cathédrale « et l'église de Saint-Michel, où était la porte d'Argent; et, « après avoir gagné la porte de Saint-Denis qui était à l'entrée o du cimetière de ce nom, les murs continuaient le lonj: de la a rue des Fosses, aujourd'hui des trois Cailloux, gagnaient la
0 rue de la Friperie jusqu'au Bailliage, le terrain occupé par a le couvent des Carmes et l'église de Saint-Firmin à la port : ■ Ils descendaient de là au pont Saint-Michel et au pont dit « à Cornaillet, près duquel était la porte aux Fagott. Le reste « du circuit, vers le nord, était le même qu'à présent1. »
On croit qu'Amiens resta dans cet état pendant plus de mille ans. malgré les ravages des Barbares en 407, malgré les guerres des Francs et des Romains, et malgré les courses des Normands dans les ix« et x* siècles.
La ville d'Amiens, comme les autres cités de la Gaule, avait un comte et un évéque qui se disputaient l'autorité. Il parait que l'évèque fut obligé d'en céder une partie à divers seigneurs dont le parlerai.
L'évèque avait son vidante dont la fonction devint héréditaire dans la famille decelui qui la possédait, suivant l'usage du temps. Ces prélats conservèrent une partie de leurs droits Mule comté jusqu'en 1 ISS, comme on le voit par une charte datée de Compiègne. L'évèque Thibaut céda au roi , qui tenait le comté eu fief de l'église d'Amiens, l'hommage qui lui « tut dû sur le comté mouvant auparavant de la dignité épiscopalc ; de son coté, le roi Philippe-Auguste exempta l'évèque de la charge de procuration, c'est-à-dire de défrayer le roi pendant sou séjour à Amiens. « On ignore, dit le pere Daire, l'ancienne « origine de celte mouvance du comté; mais Philippe- Auguste a l'avait reconnue en 1183*. »
Les évéques avaient le droit de faire arrêter les clercs dans l'étendue de la ville et de la banlieue, pourvu qu'on ne les prit pas dans des maisons bourgeoises; chaque évéque avait la justice du Cdtel, c'est-à-dire sur les meubles et sur les immeubles, sur les hommes liges de l'évêché et sur les étrangers dans tous les lieux soumis à sa juridiction temporelle
Les biens de ceux qui mouraient ab intestat et sans confession appartenaient à l'évèque. Quand un bourgeois se mai lait ou mourait, il revenait à l'évèque deux que ne» de vin, l'un du plus haut, l'autre dn plus bas prix. Le jour de la Saint-Jcan- Baptiste, l'évèque avait des droits d'herbages et de bêtes à laine dans la ville et la banlieue.
Les nouveaux mariés payaient certains droits à l'évèque pour coucher avec leurs femmes avant le troisième jour de leurs noces. Les habitants d'Amiens s'en étant plaints au parlement, cetlc Cour ordonna la suppression de ces droits sous peine de saisie dn temporel de l'évèque;- et, comme le prélat Jean Chcrchemont faisait peu de cas de l'arrêt, le roi Philippe de Valois, en 1336, fit saisir son temporel. Les Mu cesseurs de cet évéque continuant ces abus, les habitants d'Abbeville, en t40i, portèrent de nouveau plainte au parlement. La cour
1 c mit provisoirement aux épouse* de coucher franchement avec leurs femmes; enfin, le 19 mars 1400, intervint un arrêt définitif, a la requête des maire et échevins d'Abbeville. portant « défense à l'évèque et aux curés d'Abbeville de « prendre ni exiger argent des nouveaux mariés pour i
k donner congé de coucher avec leurs femmes les première,
« seconde et troisième nuits de leurs noces, et fut dit qus cha-
a cun desdits habitants pourroit coucher avec sa femme sans
« la permission de l'évèque et de ses officiers *, »
l Datre, BisMr» <U la ellt* d'Amlrns, lent i, paie 7.
* td.. leiJ., lom. m, pige Si,
* ld., Uld., tain H, ptfr S3.
k Hrfislr** du parltmmt
HISTOIRE DBS ENVIRONS DE PARIS
L'évéque jouissait d'une infinité d'autre» exactions qu'on avait alors la bonté de nommer des droits ; il en prélevait sur les morts, sur les marchands ; il avait la moitié du droit de lonlieu, la moitié du droit de travers par terre et par eau, et le tiers du droit de foué, c'est-à-dire du droit payé pour le bois a brûler ; il levait une somme sur les curés non-résidants et sur l'établissement des vicaires ; il avait le droit de battre monnaie, il en prélevait sur les bâtisses, sur la construction des fours, sur la vente des terres; il avait enfin le droit de tortillage1 sur les brasseurs de bière.
Lorsque l'évéque était obligé de se rendre à l'armée, chaque corps d'artisans lui fournissait quelque objet de sa profession1. La communauté des peintres et des efruAiVri donnait un bouclier peint ; les tanneurs deux paires de bnuehiaux de cuir, espèce de petits tonneaux faits de peaux de bouc ou de chèvre, enduits et couverts de poix : l'un devait contenir un muid de vin, l'autre viiml-quatre setiers; les bouchers fournissaient de la graisse pour préparer ces bnuehiaux. Les feures, fevres ou forgerons donnaient une coignée, les viroles, les pezons des tentes et d'autres ferrements. Les tstahitrs (fourreurs-pelletiers) devaient, à la Saint- Martin d'hiver, <Jn« penne (peau) grant d'aigneaux blancs, appelée le mantel de saint Martin.
Les évèques n'envoyaient ni chars ni chevaux à l'armée ; mais 15 n'étaient pas exempts de régale.
Quant aux comtes d'Amiens, le premier qui usurpa l'autorite vivait sousCharles-lc-Chauve; selon de La Morlière, le dernier forestier de Flandre, Beaudouin-Bras-de-Fer, qui épousa la fille de cet empereur, reçut, à cause de ce mariage, le comte d'Amiens*. *
Le comté d'Amiens passa ensuite dans la maison des Herbert ,
•• Vermandoit, qui i" MNMrva dcfHxii S7», époque de l i
mo.t de Beaudouin, jusqu'au milieu du x« siècle, époque à laquelle, cette famille «'étant éteinte, le comté de d'Amiens passa dans la famille des comtes de Flandre.
L'un des seigneurs de cette famille s'étant révolté contre le roi Louis d'Outremer, ce roi s'empara de son comté, et, en 864, le donna à (.autier, comte du Vexin et d'Amiens : ce Gautier épousa Alix de Vermandois, comtesse de Crépy et du Valois.
Ici, l'histoire des comtes d'Amiens est (rès-embrouillée ; et les«auteurs, qui en ont écrit, n'ont jias peu concouru à augmenter la confusion.
Il parait cependant qu'Alix de Crépy eut de son mariage avec Gautier trois enfants :
Le premier laissa deux fils : Gautier III et Raoul 1", successivement comtes d'Amiens. Raoul moijjut, en 1074, sans laisser d'enfants.
Alix de Crépy, fille de Herbert I V succéda au comté d'Amiens; elle laissa une fille, Marguerite, qui porta le litre de comtesse d'Amiens.
Selon d'autres, et c'est le sentiment le plus suivi », Raoul I" laissa trois enfants :
Simon de Crépy posséda le comté d'Amiens ; mais il se retira dans le monastère de Saint-Claude en Bourgogne, où II prit l'habit de religieux. Ses deux frères, qui lui succédèrent laissèrent, à ce qu'il parait, éteindre leur famille.
Enguerran de Boves, premier du nom, appartenait, par parenté et par alliance, au comte Gautier; ce titre lui parut suffisant pour s'emparer du comté d'Amiens, au préjudice d'Adèle, sœur de Simon. Il parait, en qualité de comte, depuis 1079, jusqu'en 1117.
Les Amiénois souffrirent beaucoup sous ces seigneurs de Boves, dont la scélératesse égalait presque celle du fameux Thomas de Marie, seigneur de Couci, leur parent et leur héritier. De Boves , excommunié dans une a>semblée d'éveques tenue à Bauvais en lit i, dégradé de l'ordre de chevalier A cause de ses cruautés, fut déclare incapable et indigne de posséder aucune dignité; le roi, s'étant emparé du château d'Amiens, le priva de ce comté : il mourut misérablement en l'an 1130.
« TorailU ett va «droit où I on drtsect» «t l'an ht Al« le gninj dertiari ■ faire I* bitre.
« Nammscrit dt Durante, cal* par le P. Dair«. ' Antiqtàitti dt la tille d'Âmiems, page «S. » Halte, Uinoirt dt la ville d Âmittu, pas* »*•
Adèle ou Alix de Vermandois, sotur du comte Simon et fille de Herbert IV et d'Alix de Crépy,; fut mise par le roi en possession du comté d'Amiens, comme légitime héritière. Elle laissa, d'uu second mariage avec Renaud, comte de Qermont, une fille, nommée Marguerite, qui fut mariée à Charles de Danemark, fils de S. Canut, roi de Danemark, auquel elle apporta le comté d'Amiens. Charles parait, en qualité de comte, dans une charte de 1 1 18.
Celte union 'ne donna point de postérité; mais Marguerite eut trois autres maris : le quatrième fut Thierry d'Alsace, quinzième comte de Flandre '.
Béatrix de Camp-d'Avesne, seule héritière de Marguerite, épousa Robert, seigneur de Boves, qui parait, en qualité de comte, l'an 1140 et l'an 1151; mais, conjointement avec Robert, on trouve Raoul, frère de Renaud, qui lui disputa le comté; il fut régent du royaume en 1147, pendant le voyage à la Terre-Sainte de Louis-le-Jeune : il mourut en 1152, et laissa deux enfants, savoir :
Raoul, surnommé de Péronnc, qui mourut sans enfants, en lift;
Elisabeth de Vermandois, sa sœur, qui lui succéda; comme elle n'avait point d'enfants de son mari Philippe d'Alsace, fils aîné de Thierry, comte de Flandre, celui-ci obtint du ruj Louisle-Jeune la jouissance du comté d'Amiens, dans le cas où sa femme mourrait avant lui : Elisabeth mourut en 1183.
Philippe-Auguste avait confirme la jouissance accordée à Philippe d'Alsace; mais Aliénor de Saint-Quentin, sœur cadh Ue d'Elisabeth, protesta contre cet acte ; et, comme la puissance du comte portail ombrage au roi Philippe-Auguste, il soutint Aliénor de ses troupes, qui s'emparèrent d'Amiens il obligèrent le comte à restituer à Aliénor les terres dont elle dev ait hériter et dont elle ne profita pas; car, par reconnaissance, disent les historiens, Aliénor céda au roi le comté d'Amiens pour le dédommager des frais de la guerre.
Cependant comme Philippe d'Alsace faisait hommage à l'empereur Henri du comté de Flandre, et qu'on menaçait d'entrer en campagne, il fut réglé, en 1185, que Philippe et Aliénor jouiraient successivement du comté, qui retournerait au roi après leur mort, « Quand- terram Ambianensem et r<>- « mitalum, Amb. l'hilippo, comité fîandriensi, id nobis relin- « quente, recepimut, » porte la charte donnée & Compiègne, en 1185. Par la même charte, l'évéque d'Amiens abandonne aussi au roi l'hommage do comté; dès lois, le comté d'Amiens fut réuni à la couronne.
Les vidâmes furent anciennement choisis parmi les grands et puissants seigneurs capables de soutenir et défendre les églises : le vidamc représentait l'évéque et tenait sa place dans toutes les occasions purement temporelles.
Les plus anciens vidâmes d'Amiens connus sont de la maison de Picquigny. Adrien de La Morlière pense que, de toute ancienneté, ce vidamé fut dans celte famille, parce que, de son temps, le vidamé et la baronnle de Picquigny ne faisaient qu'un corps de fiefs. • Ce baron de Picquigny voulut relever du bras du dict sainct Firmin*. »
Voici, d'après Enguerran, quels étalent les droits et les obligations du vidame.
Enguerran ou Ingnerran de Picquigny reconnut , en l'an 1218, tenir de l'évéque, à cause de son vidamé, tout ce qu'il possédait à Amiens, a l'exception de ce qu'il y tenait du roi : les lieux désignés comme mouvants de l'évéque sont le château de Picquigny, la ville et la chaussée du même nom, les villages de Clary et Hangest, la rivière de Selle et autres lieux. Dans ce titre, Enguerran se reconnaît homme lige de l'évéque et s'oblige à le servir à Amiens, aux armées, partout où il plaira à l'évéque, pourvu toutefois qu'il soit averti d'avance et que rien ne l'empêche de rendre les services qu'il promet ; auquel cas il s'engage d'envoyer des chevaliers servir à sa place'.
Les vidâmes fuient établis en effet pour être les soutiens et les défenseurs des évèques et de leurs églises : tandis que les prélats vaquaient aux exercices de leurs fonctions, les v idames tenaient leur place et les représentaient en tant que seigneurs temporels ; ils conduisaient les troupes des évèques, lorsque
1 Ih hitlorlena ne a'jrrordenl polni an aujei de tel maria : qael<|ut*-an* u lui donnent iiue Cbarlra et Thierry.
> Charles ds ta rillt d Amiral.
'Datte, Uittaire dt la tille fàmieat, pige 10.
H1ST0IRK \m HNVIRO!» Ht PARIS.
derniers étaient obligés de combattre ; ils défén In'Mit la eu-se des pré'ats dev»nt tes joyes, et rén aient la justice a leur* tenanciers: ils em|vréhat< nt qu'on piltàt le notais de l'évéque décédé, comme «'était autrefois la coutume en plusieurs lieux.
A cs)uré de s>n litre, I * vidante avait droit de p ren Ire att dol»t I anHeàu d'or de l'etèque, lors de sa première eufrée. Il avait' auiref"is te droit de battre monnaie et d'«mortir seterre*, tenues du roi. suie* recourt-- A I a ilorité totale, Il nho'd, tes vidâmes furent révocables? plus tard, leur charge devint héréd.taire.
Les vidâmes d'Amféti» avaient plusieurs droits dm* la ville, tels uueceuX de itfttlngt ou mmmgr, de tayage, à'rttapl<i>tt, de foui en i artle, le droit de ptVjurjrfjf*, consistant m deux plqmt* Mir chaque auuid de gré n, que la vine racheta mo eunant l.Ooo livres décapitai et 500 livre* eie renie. Le vi.lamr se réserva le droit de t'tnlagt. Vingt-deux m.sunurs, a la nomination du vilaine, lui payai- ni 1rs dMits seigneuriaux à chaque mutation ; les boulangers et les cuisiniers lui (humaient 4 sous s denier» pour la permission de tenir leurs fours.
Le* rkdlrlaihi étaient charges de la garde du château. Ils avaient une juridiction supérieure ; en len»|i* rie guerre, ils conduira eut la bourgeoisie a la guerre. Ces seigneurs doivent leur extsUitee aux u-urpatlons d«-s comtes : les comtes et les châtelains. i> s vidâmes même ont toujours dépendu immédiatement du roi. qui ne les tolérait souvent que rtmlg é lui.
Les châtelains joulssni- nt du droit n'a/forage, uommé banum vin-, et de jtrVfc» suWurfie; Ils avalent une part dans les tontUix, les Iruter: le* amende*. • On volt, dit le 1 ère Da fe\ « que le sir* de vinacourt prend, dans la ville, en qualité de « châtelain, et fan eha,ue fu«/« (tal 1 • , i, changeur de moaonyr,
• «ne pnignét de denim >l« atoNaoye Courante en la rili. ■
Les châtelain* étal nt a peu près ce que furent depuis les gouverneurs pariiiulnr* des villes; ils prirent le s«rnom de É'AmirM. dès qu'ils se furent rendus prou létulns de leur charge ; ils élaienl s-igneurs en quatrième ligne dans la t î Je. et n'ava eut rang qu'après les é«éques , les comtes et les Vidâmes.
Adam, premier châtelain connu, commandait dnns la tour d'Amiens; et les chartes l'appelaient pria « dt la eit-. Otte dignité se perdit, en U87, par le mariage de I héritière du (lemirr ehà'< lain avec le vid.ime d'Amiens ;et. comme le vidamé étmt un oi tice supérieur à cel i du ctuVelain. Ie« vidâmes abandonnèrent ce à\ rnier titre, dont il ne fut plus quc«ti»iH Tetle était l'a i min titra '.ton Inférieure de la ville d Amiens :
des événements q<ii se rattache il à son hi-loire. Lorsque l.oula-l -Débonnaire, en 81.i. eur mis entre les mains es omîtes la ville d' Amiens qui avait toujours fait partie du domaine des roi«, ces euneurs devinrent meniot si puissants, qu'ils ht déchirèrent indépendants. I.a mem • chose arri«n rimes >oute la France ; et les Normands, peolliaut dis troubles que devait né essairement «n -ruiner une aussi gronde résolut! mi, firent des courses dnns tout l'empire français.
Ch.irle.»- e Chauve passa par Amiens, en 84 2, et y donna les ordre* nécessaire* pour empéein r les invasions des Normands. Ordres inulites : les Normands, «près avoir ravagé le plat pays, brûlèrent l;i xilir, eu l'an *4«. Ils retinrent a la charge, en I an aôtt, rentieieiit da»s la pl.tce, «t, après l'avoir pillée, mirent i«'Ut à feu el A sang ',
L'an 8Bi *, les Normand* revinrent en plus grand nombre encore ; ils ravagèrent tout le pays et brûler nt la ville : « ils v « élaLl r<-nt dis quartiers ii'hi<cr. c i 8M. Tirant des lOntrta binions excessives faisant des t ours s eoniiuuelles dans le*
• environs, renversant les énh -■ s. b> ùlant les villages, ils firent « un uraud nombre de pri*onnie s. et exercèrent tant de « cruautés, que les clietn n» étaient couvert* de corps morts. » Plusieurs chrétiens renoncèrent à leur religion pour conserver leur « te.
L'année suivante, les Normands prirent encre leof» quartiers d bi.er à Amiens, d'où tls ravagèrent tout le pays jusqu à la Seine.
Eo «94, les Normands désolent encore l'Auiiénois.
i tliilrtrt il la Ht'» timitnt, las. i, s C*rm*<f «• *m .V«nminï«,
Ce|>endant. romme les vil es étaient, moins que les eamprigne<, exposées aux ravage» de ces Barbare-, la crainte ait ra dans Amiens une grande q mntilé de p uple> d< s environs ; • l c'est è ces réfugiés qu'on bttribue riuondu- qui consuma une partie de la fille, en SUS'.
La ville d'Amiens fut pH<e et reprt è è diverses fois pendant lé x* siècle. \« duo de Bour ojne s'en einpua, en 9X0. sur Herbert, comte de Vermaintois ; Heiheil la re.irll peu de t-mps après. Hugu»*s-le Grand, p^rè ne Hu^u<s Op t, due • a Franc, voyant avec peine cette pla<*c occupée par le comte de Vermatidois. s'en approcha et t'assiégea, ayant a sa suite plusie rs évé.|ues<le l-'ren>'e : la ville se rendit. Hugues reçut >l s Oingo* p*iur uaran s de la fidéli é d--* hatiilnnts. et se retira : mais il oc jouit pas longtemps de sa conquête ; car le r»i Louisd'Ontretiier. la lui »nl. va, en 944, et d- nna le Château au cou. te de Pnnthieu pour le mèttre dans s-** Intérêts.
C pendant, l^s Amiéunis. prufilahl delà mort du comte de Pouthieu, dont le ht- avait pris, contre le mi. le parti du duc de I tance Huguis, livrèrent, eh 04». le château au C"inle de Klundre .'Amoul. Le roi seeon la telle mesure; mais Htmi es, en 9fto. s'approcha de la ville dans le temps que le roi était n>ala le à Laou. Il Tut d'aburd reçu dans la forteresse, que hnait un moine d'Arras , et il s'empara ensuite de la ville, détendue par les ^ens U'Arnoul.
Les dtlTéremis au sujet de ce chAteau se renouvelèrent entre le (ils du due de Klandre et le Mis du duc de Pontliieu ; les démêlés dura eut eoeure'en »47 : le roi Lothaire, en U61, »\mpar.i du enmlé et de la fille.
L'an 1030, le duc ae Normandie s'empara de la vtlle d Amiens.
Un seigneur, nommé Dreux, en l0«9. se rendit mahre du château et de la tour, ee qui lui fit djnner le nom de D.eux de la l our.
Une guerre sVtaiit élevée, au sujet du Vermandois, entre le comte de Klandre dt le roi Pbihppe I", la paix fut, en 1090, signée à A mien-'.
&cpt ans plus tard. Richilde, comlesse de Flandre, qui, à forcé d injustices, av. it fa t révolter sis suji ts, se réfugia à Amiens, ou Poilippe l*r vint la trouver avec une armée dés iuée à lâ secourir ; mais cette armée fut défuite près rte Cassel.
L an 1 100. les Ang aïs s'emparèrent de la tille et ta gardèrent neuf mois.
L'an 1107, la ville fut presque entièrement consumée par le feu.
Fatigué des violences continuelle* des comtes, les Amiénois offrirent au roi Loui*4Miros une somme considérable d'argent, el obtinrent lu pirmision d'éiig<r une commune à Atnieus. c ot a dire, un corps de ville qui pùt les d fendre contre les entreprises de ces seigneur*. La chaite «'établissement est de l an 1 1 tS. \xs bahitan s composèrent un cor, s«|ui av iit le droit île se eh drir un maire, des éi-hevms et un tribunal. Ceux de la commune fiaient ob Les d'aller h la guerre quand le roi l'ordonnait. Knguerr;m de Boves, q i se qualitlait corn le d'Amiens, ne manqua point de s'oppn er à l'établisse— meut de cet e commune1, sous prétexte qu'elle portait atteinte a m s d oits, en tneitunt en quelque sorte les hanit tnts hors dé >on obéissance. Il employa même la «toh née : souvent il uttar <|uail k-s Amiénois à main a- niée. Ceux-ci lui résister* nt partout a pce vigueur, et tt r-duitirent suacdif aux plus dures ext'éuittés : le » i >ame d'Amiens cl le fils même du comte tenaient le p trti des bourgeois. Knguerr«u, hors d e at de rést-h r à tarit d t-iinein », fut cottiraint de se c. tuer dans le château. Les hauiiauts d'Amiens appe èrent à leur secours le himcux Thomas de Alerte, qui vint pour les défendre : ce Thomas. qu4 l'on croyait fi s du conve d'Aïuieu*, car sa mere était urié femme qui menait une vie trés-s andaleuse, prit les armes cunire • e eumie. suppo e son père. Bientôt, sedutt par de l'argent et des prum ss<», il anau toiiua ta défense des habnanU, • t tourna ses armes contre eux. Tltoma* de Marie él tit un des seigneurs les plus vicieux, tes plus e u I* et les plus scé;érnis de sou temps; le réeit de ses uihum.n.ltcs f rait dre>-er les cheveux sur la tète : il pilla, brûla les propriétés do l'eglîse d Amiens, enleva un grand nombre d habnanU du i'Awmmhs^
Otira, HuMr, dt la HIU i"Amiru$, UM. i, *t4> t»f
HISTOIRE DES ENVIRONS DF PARIS
ilr fou» âge, de tout sex-, le* rHlfcrma dans une égii-e. y mit le feu, et les fil périr dans If* flamme*
• l e p-'pc. ayant été informé des exncli'>ns de Thomas, rt
• de la in mère indigne ('ont il I aitail les reclésiastiques en » ravalant les lenes ef le» vi|t«2»s nppai tenant n Ii«-c. n sous prétexte que l'évéque et 1rs chanoine-» de la ia'lidrnle
• é'aic t d iiilelli'jenr»' avec I s bourgeois, le lit excommunier.
• Thomas ne »'• potp anta point des foudre* du Vatican; mais, « dans «ne sortie, il fi-l blessé d'un cmip de lance que lui porta « te v Haine : ce q<'i IVblig a de te retirer dans son chà'eau de u Maria, DB<èl a»oir laissé dans celui d Amiens >cs meilleur» a solda s et »a fille, qu'il a> ait protni e nu fils du r atelain. Ces o cl os- s se pa seront en 1 1 M ; et, In même année , le toi Louis- «i le-Cirus dégrada Tliomas des d gnitis qu'il possédait, le dé- » c ara son i nnem\ et donna des ordres aux eap tan es de la o Pua die. pour lui faire a wu rre. Il saporoi-ha en-uite avic " Sun aimée, et. I p'és a»o!r as»ié>»é le chAt-au, pemlant près a de ''eux ans. en présence de I éwque GeolT ov, nui l'accum- « pi-mail, il n'en r n lit maitr* pir f»nvne, l'an 1 1 1 7. Le roi et « lÏMeque c«nvinr<nl eu même temps qu il fallait ra-er celle « forteresse, d'nù de n- nwtMl ennemis pouvaient fuire des « courses p>r la sulie. et ravtwr le pays 1 »
L'an 1 1 4fl, Knliert de Bo>es lit amende I onorabe au chapitre de la cathédrale, pour se n lever de l'excommuni aiion qu il av . I eue urne, aussi b en que son fils Thomas de Ma k
Rii»ab«'tiidc Vi rmandois. ma.ié-au eom'ede Flandre, étnnt. ci m ue non» r.ivnn> dit, morte sans posérilé, Plulippe-Augu> te prétendit rentrer dans rouit»* d'Amiens el «approcha de la vide, que le comte de Flan Ire av.iit munie de toutes les rhoseï necis-aiie* pour une vuourei.se défense. Le roi cummenra par at equer les cl àteaux des enviions : le i ointe demanda In paix et réila Amiens.
& pcndi.nl le Irai é ne fut i as sitôt conclu que le comte s'en repennl; et. pour renir. r dans la pnx»e sion de «on comte, il s a lia avec IVtn iicreur Hemi, a qui il lit hommage du comte de Flandre; mais un nou eau traité fut ion lu a Amiens, en HMI on y arrêta que le comte et A-iénor, sœur de la eomlesse, jouiraient succès hemi-nt delà Picardie, qui retournerait après leur mort au toi. a cause de «-on mariage n\tc Isabelle de liainaut, iiiecc d t comte île FI» mire.
C'est ainsi qu'Amiens rentra dans les mains de son premier mnitre Miis, comme le comte d'Amiens tenait le comté en moutnnre de I evéque. et que le roi ne se soucinil pis de ren Ire hommape à sou 'ujet. ùti i-ccord fui conclu entre le roi ei l'évéqur, p ir leaw I i elui-ci lit abandon de ses dret», mny» n» aut In remise du diolle de gh>, que fil le roi de son coté. Cedn.lt .1. pi e con islait en ce que le roiel «-es officiers devni. ni être logés, nourris et défrayé» pur levèque, lorsqu ils arrivaient ou passa eut a Amiens.
Philippe-Auguste, qui avait été fiancé à Arras, choisit la ville d'Amiens pour y célébrer son m triage avec Ingi rhurge. liM- de Valdeu ar-lr-Giand, roi de llanemnik. Selon une lettre d'Klieiin'-. évequede tou-nay. Iia-erburge égalait Sara en pruden e. R Utrta en s..ges»e. Raehtl en pàie», Anne en dévotion. HeVne ■ n beauté; et son purl éta l aussi noble que celui de l'ith/Tèn*.
l e mnr aj;e se tlt en l'an I 19a ; mal» PhlPppe se démonta de «n femme d«*« la première nui'. Il ne pouvait plus ni la voir ni l'entendre : ce d goût subit fut connu des assistants par la pitleur du visage du roi, et par un fremi-sement tri. que le pcup'c l'ai nhua a un m ilrii-c; on en jupea autrrm* ni lorsqu'on apprit que, >ous pictexle de parenté, la priiicesse était répudiée et exilée à Ktampes.
Cependant la jeune reine ignorait tout ce qui «e tramait contre elle; mai-, instruite piiun, elle s'écria : Mile France, malt France, ll< ne! Ruine t c'- s-à-rtire qu'elle eu appelait au Saml-Siég-. Le pape envoya deux leuats .-nur examiner l'atTair.- ; c t'aient, dit lllfjord *. deur etiient vitfl» qui rraig aient jinur leur peam:il$ notèrent obayrr. L'affaire re ta dans le même <*iat.
l'hilippe alors épousa Apnès de McYanie, remarqnah'e par line raie beaulé et par une uaissauce illustre : elie descendait, rlil-ou, ue Cbailefiia<.iie.
* Dairt. Uitloir$ ét U rilli f Aminé, loin, i, p«*r» sot rt 161.
• Cnia Pkilippt-JmpuU, tMrkotao, tota. m.
Cenendnut Inno cnt III f"L sur res entn-faites, appelé au sié^ede Home. Le Mer pontife I nea loutes les foudre» tle I F ulise sur le mi de Frener. Onemiril' fut, par ses ordns. j*ssi mb'é a Dijon, et prononça la sentence d'inlc di sur tou ev lev terres du mnnarque iranrais l'h lippe, voûtant braver In tempête, fit saisir le tcmpocl des évéques, rnnflsuua t»" S les n<hs de leurs chanoines ei de leurs clercs, envota des Knrnism><che« les cures. I es murmures des Iniques, muscs par la e« É< lion des offices divins, furent ehnlirs pir des exactions iuoul s : il m t sur lis bourgeois cl sur lr« piy-an» des charues eves-hes ; la notl. sse fui lavée au tiers de ses revenus: il n'y eut plus aucun exercice cxlerieur de religion, plus il usage de» sacrement"!, plus de piièns publique-; les iglis s étaient rermees; les nmrt> restaient sms sépulture.
Opeiulnnt le roi, »oy»nt la nwche «les choses, se rendit auprès d'IiiLci liurue, I'» mhrassa, ta film ner en cnmpc sur son i h. ■ val, l'emmena à Puns. el lui rendit, oit un auteur molli rue. Ie titrt de reine, mnit non le* droit» d'epuuit.
Iji princesse Méranie, devenue concubine, en uioitrni de doii- Irtjrj Ingcrbur^e fut reléguée au château d'Ëiampes. d'où <ile ne pomaii sortir
Philippe-Auguste accorda plusieurs privilèges à la ville d'Amiens.
Dans le si< cle suivant, cette ville fut le théâtre d'un événement ordinaire attira. Le bai li lii arrêt, r dans le buis d'Ktouv) six je <u»s «1er s, les fit co .duire à Amims, oit, sans aucune forme de p oces, if les fit peu Ire et é ranger. Celle mauière de u n re -.1 justice était un véritable assassin. .t.
L'evéque futidruya une sentence par Usuelle : nié bailli Ml
• Vo t>oltc,
■. V.rnnf», i»rim Offrl pr».lon m rranrt p«r l'Inirnlit <lu
J« >miv .\t rr.iDrc; tt «ont n'»i!n«rrl pat l> ./u'..rt i.v.m. , , rjfJfUi fmrftt.
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