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HISTOIRE DES ENVIRONS DK PARIS
La ville de Milly avait autrefois une prévôté royale; on y comptait deux cent huit feux ; aujourd'hui c'ic appui tient au département de l'Oise et h l'arrondissement de Bcauvnl- « III -ti*wai;
Petite ville située sur la rivière d'Eptc, qui la divise en deux pariies, a six lieues environ de Bciuvois, à deux de Gerberoy.
La ville de Gournny joue un rôle eontluuel dans les guerres du moyen Age. Son château, *a position sur les fionlieres de la Normandie, lui donnèrent une grande importar.ee pendant les longues querelles des rois de France et des rois d'Angleterre, ducs de Sormandie.
La ville de Gournay a eu cinq comtes ou seigneurs ; le premier, appelé Hugues de Gournay, vivait au temps dcGuillaumc-lc-Cuuquérant, roi d'Angleterre et duc de Normandie, duquel relevait son comté, il se lit religieux dans l'abbaye du K< Helloin.
Son lils Gérard, qui lui succéda, mourut dans le voyage de la Terre-Sainte.
Hugues de Gournay H leva l'étendard de la révolte contre le roi d'Angleterre, duc de Normandie, Henri I", son seigneur suzt rnin.
Si l'on eu croit Orderic Vital, le roi Henri avait nourri et élevé Hugues de Gournay, comme son fils, l'avait même fait Instruire dans tous les exercices de l'art militaire 1 j Hugues reconnut mal tint de bienfaits, fortifia 1rs châteaux de Gournay, de la Ferle (Firmitat) et de Gaillc-Fontainc, qui lui appartenaient; et, les ayant muni» d'armes et de soldats, il commença à courir la province depuis la Seine jusqu'à l'Océan, mettant tout à feu et k sang. « D'un autre côté, Robert, surnomme « Haehet, «t Gérard de Fécnmp, Knguerand de Guesealie, An-
■ sclmc et Gislebert de Gressi, et plusieurs autres insignes bri- « gandsqui s'étaient donnés a ce rebelle, faisaient une guerre « cruelle dans les environs de Galais : ils profilaient des lon- « gues nuits d'hiver pour faire de grandes courses dans le pays, « où, après avoir rançonné les nobles et les paysans, leuis « femmes et leurs enfants, même ceux qu'ils trouvaient encore « nu berceau, ils les jetaient dons des prisons et les obligeaient. « par des traitements cruels, à leur payer de» sommes im- « men&e*.. .. Les troupes que Hugues avait dans le pays de << Bray, n'en faisaient pas moins dans le diocèse de Rouen ' ; <■ et, en menaçant les peuples de les accabler sous de plus « grands maux encore, ils se rendaient formidables....
« Enfin. Henri, ne pouvant souffrir plus longtemps d'aussi a grands désordres, s'avança avec mille hommes dans le pays « de Bray, mit le siège devant le château de Hugues, nommé
la FiTté; et ensuite, api es avoir ruiné de fond en comble ce
■ pays, il tourna ses armes contre Robert de Meubourg, battit u rudement son château et le brûla. Hugues, voyant l s plus » puissauts d'entre les rebelles abattus..., fil tant par lui-même a et pur ses amis, que le roi, qui craignait IHtu et aimait la « justice, lui pardonna >
A Hugues II succéda Hugues III, contemporain de Henri II, roi d'Angleterre, qui brûla sa forteresse de la Ferlé, parce qu'il refusait l'hommage, et secondait en cachette les ennemis du roi.
Ge seigneur était mort en liai, puisqu'une charte de cette année représente son fils, Hugues IV, en possession du comté.
On voit, du temps de ce dernier comte, une transaction singulière. Dans le traite de paix de 1 196. entre Philippe- Auguste et Richard, roi d'Angleterre, il est dit : a que l'hommage de « Hugues de Gournay demeurera sa vie durant au roi del-'ruucc, « a moins qu'il n'aime mieux revenir sous l'obOissatee du roi u d'Angleterre, cl qu'après sa mort tout son licfdoit revenir au a nu' mm roi d'Angleterre et à ses héritiers. »
Bientôt après, le comte Hugues, soitqu'ilcût manqué à l'hommage qu'il devait au roi de France, soit qu'il eut favorisé le parti de Jean-sans-Terre. roi d'Angleterre, attira sur lui la colère de Philippe-Auguste. Ce roi dè France assiégea sa ville, et s'en rendit maître. Guillaume le Breton, dans »es Philiypides, célèbre longuement ce fait d'armes du roi de France II représente la ville comme inexpugnable, à cause de se» triples
i Orâeritui Vilalit, liti lit, page • «*.
» L« dior^te ir koui'ti t'rtenilail jutqu'l Goarnay, M conipienoil miur la mou. <lr la « lit» ; l'autre moitié a|>parira<lt au .llni-i-c 4a a>«UT«lf. 'OriUrirvt Vifa/ii, lil>. to.pagr ail ri «lit.
! n mparts, de la grandeur de ses fossés, cl du nombre de ses
i habitants; cependant le roi Philippe-Auguste parvint à détourner les eaux d'un étang voisin, et eu inonda pour ainsi dire, l.i ville, qui fut obligée de se rendre. Ce qu'il eu dit fait bien connaître la situation de Gournay à cette époque, a Dans une
I a vallée délicieuse est un boum, orgueilleux d'une population « nombreuse, rempli de richesses diverses, fameux par sa c renommée, assis en plate campagne et défendu pnrun triple a mur. On le nomme Gournay, inexpugnable par sa propre a situation, même n'eùt-il aucun défenseur dans son sein... « Ses fossés sont larges et profonds ; et l'Fpte peut les remplir a de ses euux, de manière a ne laisser aucun accès jusqu'à ses a murs. Voici cependant par quel art le roi sut le soumettre.
o Non loin des murs était un immense élans:, dont les bords, <> de pierre et de gazon, pressent les eaux débordées à la ma- « nière d'une mer en courroux. Le roi fait briser la digue; de là
' « coule un déluge immense; et la vallée entière n'est bientôt
| « plus qu'une mer; le torrent nnverse les maisons, les mon- « tannes, les arbres; les laboureurs fuient et cherchent les a sommets escarpés; ils oublient leurs richesses perdues, « pourvu qu'ils sauvent leur vie... Les bourge<is fuient, afin « de n'être pas submergés; le peuple abandonne la ville et la « laisse v ide, sans craindre que, pendant sa fuite, elle soit prise a par l'ennemi, parce qu'il croit préférable d'être chargé de a chaînes ou de périr par le glaive que de perdre la vie dans a les flots... ; et cette ville, puissante par ses murailles, iwr ses « armes, par ses défenseurs, qui ne craignait ni la ruse, ni la a force des combattants, est prise par un déluge subit....
u Le roi, des qu'il rut ainsi soumis Gournay à son pouvoir, u rappelant tous les habitants à leur demeure, leur donna la a paix et leur liberté première ; ensuite il rétablit les murs et
> a les maisons que le lorreut avait renversés. ■
Tel est le récit du poète Breton ; le roi s'empara de toute la terre de Hugues, appelée le Bray ; et cet événement mit fin à la domination des comtes de Gournay.
Sous Charles VII, Gournay eut encore à souffrir des guerres qui désolèrent la France à cette époque. Le roi Charles était maître d'une grande partie de la Fronce : Soissons, Compiegue, Senlis, Beau vais, étaient rentrés sous son obéissance; mais les
| choses restèrent à peu près in statu quo pendant loutc l'unme N3-I ; en N3i, une victoire remportée près de Gournay
; fut le signal d'un grand nombre d'autres.
Le seigneur de Xaintraillcs cl La Hire s'occupaient à rebâtir et fortifier Gerberoy; pendant qu'ils pressaient les travaux, le ' comte d'Arondel, général anglais, se rendait à Gournay avec huit cents combattants, pour, de là, aller assiéger la petite ville de Rue, depuis peu reprise par les Français; H apprit alors que ceux-ci étaient dans Gerberoy; et les habitant* de Gournay, de Gisors, qui tenaient son parti, lui représentèrent que ce lieu, une fois fortifié, pourrait devenir très-dangereux pour le pays voisin Arondel résolut d'interrompre les travaux.
Il prit donc, avec ses gens, quelques soldats de la garnison de Couruny, et partit pendant la nu.t, muni de vivres et d'artillerie; il arriva vers huit heures du matin près de Gerberoy, et se
I retrancha dans un valkm, qu'on nomma depuis Val d'Arondel. Cependant les Français, incapables de soutenir un siège résolurent d'aller affronter l'ennemi, quoiqu'ils fussent bien inferieuts en nombre. Il fut donc arrête que Xainlrailles tt le seigneur de Fontaines irroient à cheval former l'attaque avec a soixante fusts de lances les mieux montez et les plus evpéri-
' « mentez, et les autres hommes d'armes, arehiers et guisar-
I « mters à pied, et que les plus foib'cs seraient laissez pour la ■ ^.irde du fort, et enfin qu'on paroitroit eu petit uombre, afin <t que l'Anglois ne pût connoltre combien il y avoit d'hommes • à soutenir. »
Mais Arondel n'était arrivé qu'avec une partie de ses troupes; et, lorsque 1rs Français se disposaient à se mettre en marche, le I guet du château annonça qu'une troupe, plus forte que la pre- | mière, arrivait du côte de Gournay. Les Français résolurent alors de prévenir la réunion des deux troupes, et firent sortir, en diligence et avec le moins de bruit possible, leurs gens de pied, qui allèrent attaquer les Anglais. Ils les prirent au dé- 1 pourvu, et, lorsqu'ils y pensaient le moins, chargèrent Invant- ! garde avec tant de violence, qu'en peu de ti mps une partie fut
taillée en pièces, et l'autre mise en déroute, i Pendant ce temps, la cavalerie qui empêchait qu» '«* comte
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
d'Arondcl ne secourut son avant-garde, voyant approcher lu troupe cpii venait de Gournay, l'attaqua si fortement qu'elle la rompit el la mit en déroule complète, • les uns demeurants sur « la pince, morts, les autres pris, et le reste se sauvant vers « Gournay, l< squcls l a Hire mena battant près de deux lieue*,
• dont il fil grand carnage et bon nombre de prisonniers, an
• lieu nommé les Espinrts, proche de l.odencourt. » Pendant que ces choses se passaient, le reste des Français
lAchail d'aborder le comte d'Arondcl. retranché derrière une palissade ; mais, éprouvant de la difficulté, ils firent venir une coulevrine de Gerberoy, qui, pu second coup qu'elle tira, atteignit le comle à la jambe et le blessa dangereusement.
Sur ces entrefaites. La Hirc retournant sur ses pas, vint renforcer les siens ; et tous ensemble chargèrent tellement le comte el «a troupe, qu'ils les délirent promplement ; deux cent quarante hommes restèrent sur la place ; le reste se sauva où il put. Le comte d'Arondcl fut conduit à Reauvais, ou il mourut de sa blessure.
Vu temps de la Ligue, la ville de Gournay ne fut p-<s exempte de n>aux. Le 6 septembre 1589, une armée de ligueurs, forte de dix-huit mille hommes, l'assiégea, la prit tt y mit tout au pillage; les soldats se logèrent dans l'église .collégiale, qu'ils >; engennt, eldonl ils enlevèrent les titres qui furent, par eux, employés n charger leurs armes.
Avant la Révolution, Gournny avait un bailliage, un ri comté, une mairie, un grenier h sel et une église collégiale; ses manufactures d'étoffes de laines occupaient environ cinq cents ouvriers; on y trouve aussi un grand nombre de tanneries; Cournay se recommande par une autre bran lie de commerce, celui du beurre et de fromages qui sont renommé* : celle ville est entourée de très-bonnes prairies Par compensation, elle nourrUsail des capucins et trois couvents de religieuses de saint François, de saint Joseph et de» Ursulines.
Aujourd hui la commune de Gournay appai tient au département de la Seinc-Infcricuie, dont elle forme la limite du coté de celui de l'Oise et à l'arrondis emeni de Neufchatcl, dont elle est distante de dix lieues ; il y a un bureau et relais de poste avec trois foires par an : l'une le l" Juin, une autre le lu septembre, et la troisième le mardi de la Pentecôte.
8 ■»'.— Cerfcerajr.
Petite villedu Beativaisis, située sur une rmiuence qui domine nne vaste campagne, à cinq lient s et au nord-ouest de Reativais. et à vingt-et-unc bu nord de Paris.
Le nom de ce lieu a, par les écrivains du inoyen-nge, été latinisé de diverses manières; on le trouve nommé Cattruin Gerboredum, (iibboracum, Gerbtrarum, etc.
Gerberoy consistait en un vaste et ancien château, placé sur la frontière de la France et de la Normandie ; il se trouvait ainsi expo«é aux attaques des souverains de l'un el de l'autre pays, qui se le disputèrent. Cette forteresse avait appartenu aux évèqu< s de Reauvais, qui y placèrent des officier» qualifiés de rire Domini, en français vidamtt. Dans le siècle des usurpations, celle fonction amovible devint à vie, puis heréditaic dans la famille qui en était pourvue ; mais lévéque de Iteauvals conserva jusqu'au xti* siècle le droit de suzeraineté sur celte forteresse. A cette époque, la famille du vidnmc s étant éteinte, Philippe de Dreux, évéque de Beau vais, réunit la seigneurie de cette forteresse» son évéché, et prit le tilie de vidame de Gerbtroy. Mais revenons aux anciens vidâmes.
Leur juridiction était fort étendue; ils jouissaient, entre autres prérogatives, de celle d'être, ensevelis dans l'église de Heauvais, à côté des évèques et des chanoines, ils avaient dans celte ville une maison, qui depuis a été remplacée par la cha pelle de Saint-Vaast ou de Sainte-Véronique.
Une charte du roi Robert, de l'an 1015, confirme la donation du comté de Reauvais à Roger, évéque de celle ville, ainsi que de ton* les revenus et exaction* que le comle audit comté prélevait sur plusieurs villagrs, et indique le marché que possédait Franco, à cause de son château de Gerberoy '.
Ce Franco était alors vidnmc de Gerberoy. Voici la formule de l'hommage qu'il fit à l évéque Roger, ét celle des engagements que cet évéque prit envers ce vidame.
« Seigneur, J'ai dessein d'observer en loules choses et avec
I Hicvni du //iilonrnj Jt t'rtmee, lame », p»|r i»i
i « une fidélité entière, les promesses que je vous ni ci-devant « faites; et je me carderai bjfjn de manquer, en quoique ce soit, « n mon serment. Je ne vous présenterai aucun héritier {com- : a mtnJatum alqut hereiem), ni à l'evèque de l'église de Reau- • « vais, qui vous succédera ; et même personne ne s'offrira de
• mon ordre, à moins que vous ou votre successeur ne le lui « ayez coaamandé ou conseillé auparavant, ou que l'un de vous « deux ne l'ait accordé à ma prière, pourvu que ce tucceneur « t'obliae à la m/me choie que roue allez faire maintenant. « L'acte de convention de l évéque dont il est ici fail mention est conçu en ces termes : « Franco, je ne ferai aucun dommage ri « toire château de Gerberoy ; et, quand je saurai qu'il sera en « péril, je tacherai de l'en retirer et de le défendre, pourvu que
■ vous me soyez fidèle : et, même quand vous m'auriez trahi « en quelque chose, eu égard à ce serment, je vous avertirai « ou ferai dire que vous vous amendiez, et aurai patience dit* « ranldeux quarantaines, pour voir si vous ne reconnaîtrez pas « vos torts ; que si vous le faites, ou j'accepterai votre amende • « ment, ou je vous pardonnerai entièrement, et dans In suite je
■ vous tiendrai ma parole, poureu que tout ne défendit: pat ce m château de Gerberoy à mon préjudice, que roui n empêchiez d'y « entrer Ut homme* que j'y enverrai pour le conterrrr, et que
• vous me gardiez, avec toute sorte de fidélité, les promess s « que vous m'avez faites, et les conventions dont nous sommes « demeurés d'accord '. »
Ces deux pièces établissent assez bien les rapports alors existants entre le vassal laïque et son suzerain ecclésiastique.
Du temps du roi Robert, il existait un marché à Gerberoy. On attribue aux vidâmes l'établissement d'une maladrerle, la construction des murailles qui entourèrent et protégèrent le bourg, qui devint une ville, et la fondation d'une collégiale, dont les chanoines se distinguaient par une conduite fort scandaleuse. « Dans l'histoire de Gerberoy on lit qu'en l'an lOT'j « les seigneurs de ce lieu, voyant la nécessité qu'il y avait d'un c doyen et d'un curé, à cause de la dissolution des chanoines « cl du peuple privés de pasteur..., ordonnèrent que ces cha- « noines éliraient un d'entre eux, qui, après avoir pris la charge « spirituelle avec la dignité de doyen, veillerait sur leur con- « duile. »
• De plus ils firent bâtir une église ou basilique dans la ville, « où ils établirent un prêtre ou curé, pour avoir le soin des o ames du peuple *. » Telles sont aussi les expressions de l'ordonnance de l'évoque de Reauvais : « Nous voulons, y est-il a dit, que vous sachiez qu'il y a eu depuis long-temps une telle c corruption dans le château et la ville de Gerberoy. que pei - « sonne ne prenait le soin de veiller sur la conduite des chaa noines et de travailler à leur correction, ni a In punition de t leurs fautes; que le peuple même n'avait aucun prêtre qui « prit soin de son Ame, soit pour découvrir ses dérèglements, « soit pour entendre ses confessions, soit pour conduire le* p - « attenta à ircr'que de Btauvait ou à ton archidiacre, afin de « ree+toir une pénitence convenable, et être réconciliés et aba sous, après l'avoir parfaitement accomplie. »
Ceci prouve qu'encoie au xi* siècle les pénitences publiques étaient infligées par les évèques, qui avalent, par conséquent, une juridiction pénale dans leurs diocèses; que les curés et autres ecclésiastiques étaient les agents de celte juridiction, € oulre que les iH^chcurs éloient obligés de se présenter ti l'é- « vêque ou à son arehidiacre, peu après qu'ils en avoient été « avertis par les doyens et leurs pasteurs, pour être mis en n pénitence; ils y éloient encore tenus la quatrième férié qui
» précède le premier dimanche de carême ; auquel jour
« leurs propres prèlres ou curés les présentoient à l'arehidia- « cre, et celui-ci à l'évôque, au porche de l'église cathédrale, a revêtus de sacs, nu-pieds et la veue baissée, pour témoigner, « par cette posture, qu'ils se reconnoissoient criminels.»
Ces peines étaient souvent très-fortes; on punissait l'Inceste par quatorze ans de pénitence; el, ce terme expiré , les pénitonls devaient se présenter à l'évéque le Jeudi-Saint, pour en être absous, a ln prière de l'archidiacre, des doyens cl de leurs propres curés, présents a celle absolution.
L'auteur qui rapporte ces faits se récrie contre le libertinage de» anciens chanoine* et du peuple de Gerberoy, et fail observer
I Variai. mkttm Htlmttntit.
' lh$l"irr ii» <«»r*»r'i|f, »*gr 14.
HISTOIRE HKS KN VIRONS UK PARIS.
que jamais il ne s'est mi un siècle si corrompu : « car il n\ ait « pioluit plusieurs antipapes, plusieurs évèques. siiunniaqurs ,
• plusieurs ecclésiastiques infâmes, qui vendaient et a bêlaient
■ publiquement Us cures paroissiales; qui se mariaient publi- « quement ou retenaient chez, eux des femmes de mauvaise « vie. »
Kn 1076, les environs de Gerberoy oiïrirent le spéci ale horrible d'un fils armé contre son pore : Robert , DU de Cuil- , luume-le-Conquérant , duc de Normandie, combattit contre l'auteur de ses jours et contre son frère Gu llaumc, qui fut i en- j versé de son cheval; pl >sieurs périrent dans la lutte. Orderic Vital dit que le roi de France, Philippe I", présent a ce combat, favorisait la révolte du fils contre le pe e. Qulques mode nés, I pour justifier le roi de France, ont rejeté sur lo vidante de Gerberoy cette Indigne protection. Quoi qu'il en soit, il <st certain que Philippe I" était un prince peu délicat, et que j Robert et ce roi de France fureni mis en déroute.
■ délias, alors vidarne, dit Orderic Vital', et l'autre seigneur a qui gouvernait avec lui ce chat au. reçurent de bonne gràee « ce roi \aincu. et lui promirent qu'ils lui donneraient du se- l « cours et à toute sa suite, quaivl il le désirerait; car, dans ce
■ cl Alcau où commandaient deux seiirneurs, ou était dans •• l'us >ge de donner asile à tous les fugitifs de quelque parti u qu'ils fussent. Robert y rallia sa cavalerie ainsi que les
• troupes des barons français, auxquels ce prince fnisaii des u promesses qu'il était incapable de tenir : il en résulta de « grands maux ; le» fils 'le perdition, par ruse ou par violem e,
• exercèrent contre des bu/urnes innocents et sans armes, d'in- 1 € noinbrahlcs iniquités. •
lie la, les partisans de Robert inquiétèrent quelque temps les frontières delà Normandie; mats (imllaume fit léser des troupes nombreuses «et les envoya. armées de Inulcs pièces, I « directement à tierlxvov , pour y attaquer li s ennemis qui lui « faisaient de grandes menaces; et il assiégea eu pir-onne, « durant environ trois semaines, ce château, avec sa puissante « armée'. » Orderic. Vital ne dit pas quelle fut Il -suc de ce , -i -i ; on sait que Guillauu e y fut blessé nu bras par son bis, et lui donna sa malédiction.
Dans les guerres qui éclatèrent entre le roi de France, Louis VU* el Henri II, roi d'Angleterre, OerbecoT, Important a cause de sa position sur les frontière* des deux États, fut de nouveau, en l'an i iôu, assiégé par les Anulaisqui, après plusieurs assauts, s'en rendirent maîtres, et en renversèrent les murailles; les villages des environ- furent mis a feu et à sang, 1 1 entièrement ruine»'.
(ierbeiov fut l'objet d'un autre siège : en 1107, l'Iul pne- Augusle. de relour de In Terre-Sainte, et m l'absence de llichard-Ccrur-de-l.ion, s'empara d'une partie de la Normandie; Ri liaid. revenu dans se- Ktits, p na la guerre sur le» terres •le France; l'evéque d Riauvais, Philippe de Dreux, p it parti pou-- le roi de France, et fil, avec son archidiacre, des courses en .Normandie. Les dispositions uuerrièresde cotévé.|ue altirer< ni U s Anglais devant son château de Gerberoy ; alors ce prélat et sou archidiacre sortirent de H< ausais et attaqueront bs assaillants avec tant de fur e que le carnage fut ut and de part i i .1 autre, mais l'evêque et I archidiacre lurent pris et conduits n Rouen, où ils furent près n tés au roi Richard parmi capitaine, qui lui dit : t'rpi et doltbi, rex, eaniimm et retpumorem. J'ai prit tt jt le donne le ihunlre et te répondant. C est alors que l'évéque rul rcc uirs au pape, pour obtenu- son élargisson eut ; c'c»t alors aus-l que Ru hard lit répondre a cède nier, en lui envoyant la cuirasse de Yifà me : Yiétri (unira ft(ii tui»it,an non. Vois si c'est la (unique de ton li's, ou non.
Le même évéque ne laissa pas cepi n tant de donner plusieurs relique- à son église de Geiberoy, entre autres, de l'huile du tombeaux de «aiut Nicoln- et de saint*. Catherine.
Lors des mal heu i s qui atiligerent la I- lance sous le règne du roi Jean, les chanoines de Gcrberov, épouvanté*, s'assemblèrent, et conclurent qu'il serait permis à chacun d'eux de se retirer où bon lui semblerait ; cette résolution est de 1 346. Sous le» rois Charles VI, et Charles VU, Gerberoy ue fut pasen proie
• Hittttria tttfmtlHH*, lib. t.
* 0.4triti Vilitlit m. Ufinrim MStMtSfttM lit «. Htrutil dti *utarint dt Framrt, u>m m, pifr nos.
' a«k«rl <J« Muni», Rt€*ril 4*t k"tvru%i d» traau, HMM IU*f yjgt SOI
a de moindres c lia mités. Kn 14 I 7 et M 18, le duc de Rougogne promena son armée victorieuse dons tous le Reanxaisis. ■ Ce
• fut en ce même temps et vers le commencent' ni do c< tte « année (141 H) , que le* Rourguignons, étant entrés dans (ïeru bemy, commodes alliées, furent jusque dans l'église, où Ils u fracassèrent même les saintes reliques; ce qui obligea les « chaiioinesde se sauver ensuite, empuilnnl nveccux les joyaux, a les ornements et les titres de l'égli-c, qui leur étaient N les « après ce pillage, et qu'ils avaient sans doute rachetés des « Bourguigm ns1. »
La même, année, le duc de Rourgomie, s'élnnt réuni n la reine et au roi de France, se déclara eomre le roi d'Anu eterre qui s'empara de plusieurs villes oe France, mire notre-, de Gerberov. La ville fut très maltraitée, l'église collégialocniièromenl brûlée, et une grande l'a ,,,e d''8 maisons renvesées de fond i n comble ; les chanoines furent obligés de transférer leur chapitre dans l'église de Saint Mathieu de la Neuville, qu'on leur prêta pour y "aire le service divin. Cet état de désordre el do destruction dura jusqu'en M 18.
Cependant, eu 1412, les choses avalent changé de face; et partout |ès Violais fuyaient devant les armées viclo ieu-c- do Charles \ II. \ljirs le comledeClernimit, étant venu à Geiberrtv avec de ro pes, y assiégea les Anglais, les vainquit, puis ruina la place, a<iu de louroicr tout secours.
Trois ans plus tard les Ang a s furent une seconde fois défaits devant Gerberoy ; ce qui ne les empêcha pas, en 1437, do se piésenter de nouveau devant cette ville, de l'assiéger et de s'en rendre malins
Mais, eu 1410, les officiers du roi asalégèrenl de nouveau cotte place, que tenaient toujours les An-lais ; elle fut pris»; par es alede, et la plupart des as-iivé* taillés t n pièces. Ou dit même qu'un puits put alors le nom de puits du Anglai». a cause du grand nombre de corps morts des hommes <ic «jette nation qu'on y jeta.
• Environ le même temps, le doyen et les chanoines revin- « rmt à Gerberoy pour aviser aux moyens de f.iirc r. commrn- « cer le service divin, interrompu depuis plus «le v iugt ons. On v commença, pou après, le (établissement de I églire collégiale,
• qui se trouva enfin achevée en 1473.»
Vers le même temps aussi les chanoines nb'inrent de Rome une bul c qui accordait indulgence plcnierc n ceux qui, visitant l é.lise do (m l cmy, lu vrille et le joui do la fèt- de s dut Pierre et de saint Paul, feraient des aumône* pour sou rétab i-sement.
Louis M déclara la guerre au duc de Rourgogue: celui-ci panoiirul et ravagea le Reauvai is, r nver-nni et brûlant tout ce qui se trouvait sur son passage; U.auvaisc. pendant résista a tous se» eiïoils , alors d se jeta sur Gerlxr.iv el mil le IV u à toute» s-»s maisons: l'église nouvellement achevée sortit Cependant intacte de cet incendie.
I u acte du Chapitre tenu a Bcauvai- p ndant ce temps de calamité» donne une triste idée des inu iirs de cette épo pie : il p rte que, la chapelle de Sautte-Ciiherinc ne Ucrhcrny «ayant u été souvent polluée par des hommes el de» femmes, et misai ■ à cause des qoere lus cl de- tcan 1. 1<» qui s'y cumn.e teut , « l'autel en teraôtéel transféré" devant le cruetUi, dan* la nef « de I égli-e'. »
Dnrenl les troubles de la Ligue, où chaque seigneur regardait A peu près comme sa propriété la province nu la ville qu'il go ivernaltj un sieur de Fouquerolie-, Normand et capitaine <'c cent hoiuiiie» d'armes, partit de f'ontoisc, avec ses i.oupc- rt avec celle» du sieur de Cua ilon, se mit eu campagnu, et vint se pre» nter devant Qérbrroy, alors dépourvu do garnison; p y arnva mis le milieu de la nuit et se prêt, mlit parlent d une le In) ndres ée au juge de la ville, l a seiilin. Ile ay.ml répondu qu il n'était ias I l.cun d ouvrir, mais qu il pouvait faire passer sa lettre sous la poiie, il s'en nppio li i n eiïel el y lit attacher un pétard, qui lu brisa en un instant Ainsi s'introduisit Kouquend es dans la ville qu'il pilla, dont il rançonna < I malliaita le» babdants, au nom du roi de NavaTe.
De la ville il rat facile de s introduire dans le château, qui fui pris sans ré-islaoce.
« Enfin, ces soldats.... foicercut l'église et la pdiereul un-
1 Wnlmr» d» 'héltnv n de lit •<!<■ ,1- Otrktroy, p»jr |||
1 Vojri Uittetit du 'haïra* H a* totitU d* Ctrtoroy, »<(c «SI,
HISTOIRE DES ENVIRONS DI PARIS
« portmt 1rs ornements, les calices rt les reliques; le mal B
• venu . on compte* , avec eux, tant rour la rnneon des habi- « tnnts que pour les ornements de l'é.li e. qu'ils rvloehèn I « moyennant quatorze renia éeus qu'on leur bailla.» De ces quatorze cents us, les chanoines en payèrent deux cent*. Des lors Fouquerollcs se relira et laissa libres 1rs habitants.
Peu après, Gerberoy Tut pris par le dur de Mayenne, qui laissa cette ville nu pouvoir du maire et d< s habitants de Beau vai-, dévoues à la Ligue. La garde en lut commise à un lleur de Biisan.
Cependant l'année suivanle un gentilhomme voisin, nommé
de Villers se p: en forée devant Gerberoy, le prit, en
chassa de Bi^nn . s'en rendit lui-même gouverneur, y vécut la plupart du temps a discrétion, et fil fWlilier les tours et h s
murailles.
L'année suivante, le duc de Biron vint assiéger Gerberoy ifi la i-a- 1 du roi Henri IV. emporta cette place, et en confia le commandement au scL-mur de Mouy, qui la fil fortilier ai ni que le ci âteau de Brèves , pour servir de lieux de tetraite aux trouprs qui feraient In guerre aux habitants de Beauvnis, qd tenait ni pour la Ligue.
Peu île temps après, Henri IV, blessé dans un combat contre ics troupes du duc de Parme, se fil portera Gerberoy', qui, dans In suite, eut, comme nous l'avons dit plus haut, ses mui ai II* s détruites, en vertu d'uueconvcntion signée entre le sieur de \touy, pour le roi, et les habitants de Beauvnis. « Le sieur
■ de Mouy, dit lue te, oITie, sous le Ikui plaisir du roi, faire « démanteler Gerheroy et Br<slcs, et les remettre entre les » main de messieurs (le Beauvais. ■ Ht mi IV fit écrire sur cet article : « Le roi trouve bon que les fonificalions de Gcr- « heroy et celles que le sieur Je Mouy u fuit faire a Brésil s,
* ton nt démanlelers , etc. »
Le traité fut bien exécuté. • Le jeudi ensuivant as octobre, le. « sieur Beuudeduit, assisté du capitaine La Tour et d'un ^rand ■> nombre de sobials. s'itani rendus a Gerheroy, mirent la ville
■ et le cbàteau en ruine, et, non contents d'en avoir abattu les a tours, lis murailles et les avant - mu r- . et fait plusieurs b •
a clns contre la foi donnée, prirent Us meubles des luibia tanls. etc. ... lU emportèrent aussi avec eux les chaînes du a pont-If vi<, leg serrures et ferrures des pintes, comme celhs ■c dis barrière* et du pont du château, et même jusqu'aux « p'auclie- diuit il était bâti. Enfin, après avoir rompu l'audia luire oii se leudaii la justice, et brûlé les sièges, ils s'en » rcloui nercnl a Ueauvai», d où croyant n avoir pas assez fait, b ils rrvinr.nl sept jours après, avec cmq à mx c<-nls villageois b du voisinage, qu'ils contraignirent a 1rs aider de mettre les u burins qi.'.ls avaient faites jusqu'à rez-dc-ierre. Ainsi, Ger- « hero» demeura eu rune, et exp >sé de là en avnnl à la merci u des sobiats, qui pouvaient y loger en toutes rencontres*. »
Alors la plupart .tes habitants désertèrent une ville où ils ne !(• trouaient plus in sùreié. ayant continuellement à craindre les mus île guerre et les voh lit s.
Dans ce triste état, Gerberoy eut à souffrir des maux plus grands encore; ou sent que soutins aux habitants de Beauvnis, ci ux ci durent lui faire porter la peine de son dévouenv ni n Henri IV. L'assiette de tailli s excessives fui la première venvenuce des Keauvaisieus; les habitants de Gerberoy étant dans l'unpo-tibilité de les acquitter, lis Beauvaisieus envoyèrent des troupes., « qui, étant arrivées au lieu ou se devait consommer « leur rage, cmi meiieèienl à exercer toutes les cruautés pos- « sibles, mirent le feu à la pot te et à quelques maisons, rouipia mit et brisèrent tout ce qu'il s rencontrèrent, abattireui une a partie des murailles restées du démantèlement, violèrent Us a tid s et U s femmes, prirent tous I svbcstiaux rt tous les meua Ides qu'ils purent rencontrer dans les maisons, et jusqu'aux « maillots des enfants ci les rendre* du feu, di-ant publique- « ment que le* habitants de Gerberoy étaient des Huguenots : a c'est pourquoi Ils étaient venus avec ordre de Us foire tous a mourir.
■ Ils eunnl la hardiesse de saisir M. Etienne de Liniera mont, prêtre, chanoine de Gerberoy, âge de no ans, de le a dépouiller, de le metlre tout nu eu pleine ru , lui AUuil tttù a sa chemise, aliu de l'exposer a ia houle, et le mue I. sujet de
i Mufti du ciiteau tl de la vilit d* Ctrtcrog, pige J 1* ,1 155. • ■<*!•*■ du tkéltau tl dt la vilU il* {.'«rkro», pige ISS.
a leurs railleries. Les cruels, non encore satisfaits, entrèrent « dans 1 egli>r . ou ils tirèrent à coups d'arquebuse, sur ies « saintes itrt'-gcs. Knlin, après avoir pris avec durs maint a sacrilèges le saint ciboire , où reposait le corps de notre saua veur Jésus-Christ, et les saintes huiles, ils se retirèrent, « emmenant avec eux quantité d habitants à Benuvais, où ils >< les jetèrent dans les prisons, et qui n'en fussent pas sortis b sitôt, si celle ville ne se lût rendue au roi, enviion le 33 dr a mois d'août ensuivant1. •
En novembre 1004, un autre désastre vint encore affliger Gi rhrroy . plus curs c ni pantins de gens de cuerre louèrent dans h. ville ; ils en sortin ni quel pies jours après; mais sept ou huit d'entre eux revinrent Mir b urs pas le pistolet au poing, tin rent sur les habitants, et. s'annnnt d'un tison enflammé, mirent le feu à l'une «1rs maisons voisines de la porte Snint- Martin. L'incendie, faisant des progrès, brûla douze outres maisons et plusieurs édifices publics, entre i utn s I Hôel-Dleu. qui fut lé.luit en eendies. nvee tous les grair.s recueillis pendant la moisson précédente, dont la perle fui estimée n trois mille écus : ce qui n'empêcha pas les Bauvnisiens de taxer pour l'année >ni\ anir Gerberoy à quatre cents écus de tailles.
les habitants de Gerberoy portèrent leurs plaintes, et Il ir i IV, louche de compassion pour les maux qu'avait • noff ils. leur ville, l'exempta a l'avenir du logement des troupes. « Nous vous defeu Ions, dit-il a ses ofilciers, en i -elle prendre, u enlever aucuns biens, meubles, blé, vins, foin, avoine, (taille, I chevaux, vaches, moulons, ni autres choses quelconques, a sans le gré et con-entt ment desdils habitants. Vous délcn- « dons sur peine de la vie, de n'attenter * la personne «lesdits b hab.tnnls, leurs femmes, familles et serviteurs, d'autant que, a ces présentes, avons nous le tout p is ei nous prenons et metu tons en noire protection et sauvegarde spéciale, de.» Ceci donne une Idée des guerres el des guerriers du celle époque.
« Pour conclusion de tout ce que j'ai rnpporlé. dit I historien a de Gerberoy, si le lecteur, con<>ni>snut la petitesse rte la a ville, s' étonne de voir qu'elle ait été le sujet de tant d'attaa qui s, de prises et reprises, je dirai que sa situation sur une « montagne, l'enceinte de ses murailles, la p>o«imilé des bois, « le voisinage de Beauvnis el de (î mima y (deux villes de la « Ligue j. ion i assez, voir combien celte place était impoitunte a pour l'un et I autre parti.»
Gerbeioy ne resta pas longtemps fans murailles ; cependant quelques parties des fortdicaiions ne furent rebâties qu'en 1010 et IU14.
Dans la suite, trois Incendies considérables éclatèrent encore à (Jerbcroy : le premier, en IGU, consuma dix-sept malsons, et menaça un instant de laire de la ville entière un monceau de cendres.
I>epuis cette époque, Gerberoy a eu l'avantage de ne plus
figurer dans l'histoire, qui, surtout dans les temps p.-r-sés, n offre que des malheurs et ne célébrité.
prouve qu'une douloureuse
Ou y comptait, en iTno, soixante-dix-huit feux. Aujourd'hui ; il s'y tient deux foires ; l'une les 29 et 30 septembre, ( autre le leudemaiu de la Pentecôte.
SV.-M.~elH*.
Le bourg de Marseille est situé dans un vallon sur la rivière du iVlit-Thriain, au confluent de la petite rivière autrefois dite de Bailly. et plus tard d'Ilerbauval, à à lieues nu nordouest de Benuvais.
laïuvet lacoute qu'en l'an 1533, aux fêtes de Noël, le ciboire d'argent doté fui vole dans l'église de Marseille, pendant la nuit : les voleurs, se contentant du ciboire cnveloppcrciil du crêpe dont il elnit couvert b s hosties qu'il contenait, el les jelereilt dans un buisson près de I église, où eiles restèrent nssci longtemps. Un habitant de Marst ille aperçut ce paquet que les neiges avaient cntouié. mais laisse a découvert, a Dont a en ayaHl donne ndvisà messire Prolbais, docteur en Ihéoloa gie cure rie ladite ville, il les vint lever, accompagné du « peuple, avec grande jeu -• et dévotion, et les transporta en b l'église parocbiale de ladite ville; puis, pour le respect .lu lieu * ou le corps de uotré Sauveur nvoit reposé, on y planta une " croix de bois, au circuit le laquelle ou y mit de-s espiin s, aliu
1 Uùtotrt du thdltau «I dt lu tilt* d* Gtrutrov du* 1S4.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
■ de ne mnrchor sur le lieu où plusieurs malades, allans par « dévotion, recouvrèrent guarison : ce qu'étant divulgué, les t malades de toutes parts commencèrent d'y arriver, dont plu- « sieurs s'en retournèrent guaris, lesquels, en recognoissanec « du recouvrement de leur santé, offrirent tant de doua et « présents que dedans, six mois après, une des plus belles cha- « pelles y fut construite et parachevée le lendemain de la feste « de Saint Jean-Baptiste et le jour de Saint-Éloy, et qu'à préa sent dix mille livres ne pourrolent faire 4. » Dans la suite il s'opéra n la chapelle plusieurs miracles que rapporte l'auteur cité.
On trouve dans le Beauvaisis un grand nombre de ces lieux consacrés pnr des miracles : aussi de tout temps, le clergé y futil nomi-r» ux et riche.
Près de Marseille était autrefois l'abbaye de Lanoy.
Il y a aujourd'hui à Marsëlle un relai et un bureau de poslr, et cinq foires par an, le 25 janvier, le 18 et le 38 octobre, le 30 novembre et le 21 décembre.
8 VI,— Cre*ee«r«r
Crevectrur ett on village situé au nord et h cinq lieues environ de Beauvais, sur la route de communication de Marseille a Breteuil.
Autrefois, Crevecœur était une des seigneuries les plus considérables de la contrée; on voyait dans son église, assez jolie, les tombeaux de IV mirai Bonnivt-t et de M. de Manivillette. Ils fur.nt détrul's; mais un préfet du dérarie.ncnt de l'Oise, ami
Pcllt-Aadtly et ehàtea» Gatllar*.
des arts, M. Cambry, lit recueillir, nu milieu de débris entassés dans le cimetière, le buste et l'oreiller de marbre de l'amiral Bonnivet. « On peut, dit-il, juger par ce morceau, quoique « mutilé, du talent du sculpteur et de la richesse de son travail.
Le cbAleau de Creveeccur est vaste, garni de tourelle*, bâti de briques ; le parc et les jardins sont environnés de grands murs.
Il y a, A Creveeccur, trois foires par an : le > mai, le 29 septembre, et le 1 1 novembre.
g VII -Ci-MMUIIllett.
Grandvilliers est un bourg considérable, bien percé, coupé par quatre grandes mutes et entouré d'une plaine immense. Sa distance, au nord-ouest de Beauvais, est de sept llcucs.
a L'opinion commune, dit Cambry, est que Graudvilliers « fut, en 1313, bâti par Philippe de Dreux, évéque de Bcau- « vais, d Louve t prétend qu'a la place de ce bourg il exista jadis une grande ville.
Les environs de Grandvilliers offrent deux châteaux curieux par les souvenirs qui s'y rattachent : celui de Damerancourt et celui de Sarew.
• JffeMr* «iMtlif »•<<•. JU dur»» <U IttuM'iif, ton II, uuo .1 «01.
Damerancourt est situé à une demi lieue nu nord dt- Grand villiers; c'est, dit Cambry, une miniature des forts châteaux du temps passé. Il est flanqué de quatre tourelles très-élevécs ; u$ murailles sont de briques couronnées de créneaux et de meurtrières de pierre de taille; elles montent A cent pieds d'élé» ai ion ; on pénètre dans les srpt étages qui forment ce chAteau par un escalier pratiqué dans la tour A gauche de la façade principale.
La tradition a conservé le nom d'un ancien propriétaire de cette bizzare et Jolie forteresse qui se rendit redoutable A toute la contrée. Il se nommait Uunois, et avait écrit sur la porte de son chAteau : Craignons Launois, car mieux nom aurons. « Des « cachots, encore garnis d'anneaux de fer suspendus à la voûte o et de quatrr pouces de diamètre, où l'on descend par une « trappe, annoncent quel était jadis l'état des prisonniers*. »
La maison de Saint-Simon posséda la terre de Damerancourt, qui passa ensuite à celle de l.amcth.
Sarem est, selon Cambry, la merveille de ces contrées, « Je u fus frappé, dit-il, de la richesse et de l'inconcevable travail o de la façade A larges cintres pleins, qui se déployait sous mes « yeux : c'est, si j'ose me servir de cette expression, une façade « de dentelle; on oe voit, dans aucune partie du monde, un
1 Cwibr), Ihtrripdim rf* JtpuUmrnt M l'Oin, Un. i, ft» 17.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« luxe de sculpture et d'arabestiueélé^antes, égal a celui que les « artistes, amlt de FlUDCOiS V., ««aient prodigué pour lui
«glaire. »
Ce château fut construit en 1523, et donné par François I" à mademoiselle de Sarcus . qu'il aimait.
Le bourg de Grandvllliers n'est remarquable que par te grand nombre de 'fabriques en tant genre qu'on y trouve et qui y entretiennent l'aisance parmi les habitants. Il s'y tient au marché considérable tous les huits jours.
A peu de distance de Grandviltiers, dans l'é.liie du Hamcl, en voit de grosses chaîne» qui, diton, furent portées par un seigneur de Créquy ; voici à
Joëlle occasion :
rançois I", prisonnier de Charles-Quint, ne pouvait payer sa rançon i Créquy qui ressemblait beaucoup au roi, lui proposa de techargrr de ses fers.
Charles - Quint , instruit de la ruse, fait donner à eedrroier des chaînes énormes; mais an confiance en Notre- Dame-du- Hamel le lira de' ce mauvais pas : il fut, pendant la nuit, miraculeusemeut transporté de Madrid dans un champ voisin du Humel; on berger, surpris de voir ses moulons danser autour d'un homme à longue barbe, fortroalv«n,chargédechaloeStS'apjtrocbeet lesalue:
Créquy lUntarrsfss ge;ilappread qu'il est sur les terrejs voisines de son château, où sa femme, qui le chérissait, forcée par ses parents, qui le croyaieut mort, de cent' acterone nouvelle alliance, de»
vait se marier le même jour. Avant d'entrer cbex lui, Créquy se prosterne aux pieds de la Vierge sa bienfaitrice, et dépose sur les marches de l'autel leschaines dont lebergerl'aidasni sdouteàsedéharasscr. Il serend au château : on refuse de le laisser parlera madame <lc Créquy ; Il est enfin reçu en Taisant présenter à sa femme un anneau sur lequel étaient grav es son portrait et celui de I épouse qu il adorait. Sa barbe, ses cheveux hérissés, ses vêtements le faisaient encore méconnaître -, il est forcé de lui parler d'une marque qu'elle avait sur le corps et que seul il pouvait connaître : on devine les transports des deui époux, qui n'avaient jamais cessé de s'aimer.
Créquy prend les habits d'un chevalier français ; Il se rend à la cour, reproche au roi de l'avoir oublié dans les prisons de Madrid. Ce prince s'excuse en lui proposant pour récompense ce qu'il voudrait lui demander : je ne veux, lui dit Créquy.
qu'ajouter une fleur de lys à mes armes : je vous en donne mille, lui dit François I". Depuis ce temps, le lion des Créquy et le champ qui le renfermait étaient rouverts de fleurs de lys.
On se rendait pieds nos à Notre-Pame-du-Oamel.
Voila la matière d'un conte dévot ou d'un roman du bon vieux temps. .
Il y a à Gi andvilliers une foire tous les mois ; une a Sarcus le 3t* septembre.
| viu .-€mmu.
Petite ville dans
une situation tresagréable, sur* la
Îetite rivière de la elle.àpresde trois lieues de Poix, 4 cinq lieues sudouest d'Amiens.
Quoique cette ville lut très-j d'Amiens, on f marqué queja
elle ne fit du comté d*Am te os, mai s qu'elle fut toujours eomprisedans le Beauvaisls et mouvante du comté de Cler^
StWI
lY.iijun du château de lii^nrs..
, «En iMi, il fut établi à Conti un prieuré do cousentementde l'évéque d'Amiens,
Cest de cette ville de Conti qu'une branche cadette de la maison de Bourbon a pris son nom : le llls puîné de Henri II de Rourbon, prince de Condé, Armand de Bourbon, prince de Conti, frère du grand Condé, est la souche de cette branche.
Armand de Bourbon, prlncede Conti fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique; il quitta l'église pour les armes, et se jeta par inclination pour la duchesse de Km guevtllc dans le parti de la Fronde, dont il fut nommé généralissime. Plus tard, il épontia la
nièce du cardinal Mazarin, auquel il avait fait la guerre : son mariage le rendit tout-puissant et sa femme dévote.
François-Louis de Bourbon , prince de Conti , fut élu roi de Pologne' en 1697 ; mais son compétiteur, l'électeur de Saxe,' lui enleva la couronne; les contemporains ont beaucoup parlé de ce prince de Conti; tous lui donnent des éloges, mais plusieurs apport* nt à ces éloges de singulières restrictions. Selon madame de Caylus1, a comme il passoit pour être un peu vi- < cieux, on disott de lui, ce qu'on a dit de César1. « Selon Saint-Simon, » U fut accusé de plus d'une sorte d'amour, et
' Srmmirt i* madamt dt Cttflta.
* On dlult i» Cttu qu'il Ouil I* suri d* XrntU* le* fwnmn, el li Cri dr lo ai Im mirt».
lion in. i r r — lmp PiLfcoi tréma, L»r«»a» el Costa.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
• e'-loit un de ces prétendus rapport* avec César' » Selon d'à itres. • il n'avoit que d«ux A-rf>w%, celui ''onner un teti c • M" dm* une \ o\< ique dissimulée . et «•«•lui de se livrer a « qtt'l tnet ironls ''rrcj;lé< qui ont d mit nt plus pfompte- « ment altéré «a vie, qu'il étoit d'une faible constitution' > il <■'» t lu — m el matin.
Louis-Armand «le ftourbon. prinee de Cnnli , pclit-lils du précédent, se (il remarquer par son esprit cl son rouraue. Il ci>n» rv« l'un et l'autre jusqu'à ses derniers moments : attaqué de In mnlsdte dont il ne devait pus revenir, il se lit apporter s >n eereucil de ploiob, tts'y coucha pour l'etsayer. Il mourut en IÎ7J.
le »i'lrif»e de Cooti appartient aujourd'hui au département de la Somme.
| IV— ralx.
P« tite vlll' de Picardie, siruée entre Aumale et Contl , à six lieue- au tiul-oursl d'Amiens.
l e ph<t ancien tiire qui fas>c meniiou de la terre de Poix est de i I4B. Les anciens seigneurs prenaient le litre de Unmmi tl pnWîjiM di ca$Ull» dt Pnir : un autre ti re de l ÎSO est remar.ptahie en re que Vau ier Tirel se qualille de setaneur de Poit, par la gràer dt Dira.
I.e chef -e olie maison de Tyrel ou Tirel fut ce Gautier Tirel, seigneur ce Poix, cou i*an .le Guillaume II. roi d'Angle- Yi re et Nue de Normandie, uu d tua, étant à la chasse, d'un coup de fiche tirée sans dessein. Cet évenemeut ariiva en l'an t ioo.
I c* descendants de Gautier Tirel ont conservé la «eiuneuria <te Poix jusqu'en 1416, où le dernier Tirel périt à la bataille
d* Axl •court*
Voleran de Soissons, son neveu, lui succéda dans sa seigneurie.
lté la maison de Soissons. la principauté de Poix passa par mariage <ians celle, de Créqny. Jean de Oéqny. prinee de Poix, lui lue en combattant le m août IU7; "a soeur é« ousa un Blanrheforl, dont la postérité quitta son nom pour celui de Creqny. Charles de Crriuj devint duc de I esdiguirrc». pur khi mariage avec les deux filles du fameux duc de Usdlgniè' es, qu'il épousa l'une après l'autre. Il lut gouverneur du Daupbiné, maréchal il pur de France, et mo<>mt en IB38. la principauté de Poix fui. • n favi ur de son peiil-lils. ericéc en duché pairie, sous le nom de C.requy, par lettres de I6S3.
fils de ce dernier, Fiancoisde Créqny, mourut en I S«7, .1 1 Voltaire*, avec la réputation d'un homme qui devait rempta«-er le vicomte de I iirenoe.
François de Créquy ne laissa qu'une fille mariée a Charles Rolland • c la Ticmouille, due de Thoosr*.
Daos lu Mille, la seiyoenne de Po x fut acquise par Adrien Maurice, duc de Mondes, qui la d nna à son second fil*. Pbi- I n e île Noailles; elle passa ensuite nu fils de celui ci. I.ouis- Phi ippc-Maic-Anioine de Noailles, piince de Poix, et a ses descendants.
Poix a toujours éié une petite vil e de peu d'importance; autrefois de -a principauté relevaient douze paroisses et neuf fiefs. Il y avait un piiroré. et e'était le chef-lieu a'un doyenné de son nom; on y comptai! I A4 'eux.
On y trouve aujourd'hui un bureau et nn relais de poste; il y a deux foire» par an, le 30 mai et le 30 septembre.
OIAPITRE V.
coxirm.LT, cnriL. Ko<;rsT-tis-vigrtcis, LUsrorivT, clervokt-
IK-BI«UVAIslS. Ht LLF.S, SlIST-JUsT, MXICXCLAV, BHETfcl IL, A1LLT.
1 1 -€h»nllll j
Ce lieu eat situé à neuf lieues au nord de Paris, sur la route de Clei mont en-Beau a sis.
a La célèbre commune de Chnntdiy. disait Cambrv en 1803, « enrichie par se» propriétaires avant la Hevolution, nourrie « par les dépense» prodirietft* du prince d* Curule. de sj
1 Suppltmtml aux Jfraunrtj. Ions i, partis.
' 'HWIII dt UlitU 9T\f\»cUt.
* *l«cl« ié t»oi. XI V. Luit ranonnét. Si*. Haric\auz i» ïïrtw
■ cour, et par les étranger» qui se rendaient a >es fêtet ou
• qtn venn eut louir des détiens rte re beau lieu, est depuis la « Révolution dans un délabrement, dans un abandon, daos « une pamrete «'oui on « pe ne n » • faire l'idée quanti «m l'a a connue d»ns les jours de son éclat et de la forlunc f t lice
■ qu'el c possédait inomi nl»nément Sa position avtui'agei se « la -aine lieureitsemeni de la profonde misère dms Impiellc
• elle devrait tomber; des manu'aeiurh rs 1 abi'cs en emploient o les habitants; île-, étahlissem'îuts m rvis par lu Ile* eaux
« vont la viv ifier : a or» elle posséder», comme toiitei les
« commune* de France, d>s nmy us qui lui front propres, « il ne devra pas sou ev'slince au séjour d'un indivi lu qu nn
■ caprice pouvait eu éloigner, a Ce moment prévu par'Cambty est a> rive aujoutd'hui :.lc* dévilo pcments de l'industne ont g'andement compense, pour ce village, l'avnnlaue de sentir ses tavés frémir S"in d s carrosses dores.
Au X' siècle, vivat un Rntholis deSenlis. sei^n' ur de Chantilly et d'Kriuennnv il e ; il fut l'tériliir de tlétert, comte de St-tilis».
Dé. le commencement du xi* siècle, le* Routeiller. comtes de Sentit <|iii se prétendaient issus de Cbarlemague, po>séilaicnt le ehâ'eau de Chantilly.
h taoo, Guil aume, sixième du nom, céda sa t' rre de Chami ly nu »ire d'Kstjuerle : cette propriété cissa par la d'appartenir i la m i mi de Senl's.
U même innée, le sire d Esqueric en fit présent a Jean de Laval, seigneur d'Attichy.
H 1383. Guillaume Bouiei 1er lit embellir le chMcau de Chantlllv , et y fil bâtir une chapelle dan» laquelle il fu< enterré.
Le 18 mat IS86. Guy de Laval la vendit à Pierre «l'Urgemont pour une somme de huit mille livres tournois, avec la lourde Montmélitu et le llef de Mont» y le-N< uf.
Les descênilants mâles de Pierre d Orgcmont élant éteints, la terre de Chant l'y p is a par mariage dans La maison de Monlmorenc»,
Anne de Montmorency, en 1525, fit ért-er celle belle propriété en chAlellenie.
Henri de Montmorency, décapité à Toulouse en Ifl3î. fut le dernier de cette maison qui pos-édn la terre de Chanù ly, celle terre ayant été confisquée par l^nuis XIII.
Alois le roi en lit présent à Henri de Bourbon, prince de Condé, héritier de Henri de Montmorency, i cause de son mariage avec Charlotte- Mai guérite de Montmorency Dès lors celle terre resta dans la maison de Condé jusqu'à la Révolution.
Nous nvon« dit un mot du luxe déployé à Chantilly par ces piim-es; le* pages suivantes n'en donneront qu'une i.téo imparfaite. **
François de Montmorencv avait donné des fêtes brillantes à Charles IX dans an terre d« Chantilly ; Henri |V y ftiiia souvent Henri «lue de Montmorency; mais ce n'est que sous les Onde que ee Heu devint ce qu'on Ta vu depuis
C'est A Louis de Bourbon, surnommé le icrand Condé. qu'on doit les premiers erob. Ilissemenls de ectie terre, les roules de la forêt, los jardins qui furent exécutés par Le Nostre; c'est encore au grand Inonde que Chantilly devait, on peut dir , -on rhâleau. les bols de Silvie et ce labyrinthe célébré ptr Santeuil. La Ir.ditioo. veul même qu'il aiL plante de ses mains ces attires magnifi ques qui ornaii ni la <éle du canal.
En 1671, Louis XIV vint* Chmttlly visiter le grand Condé: des fêles extraordinaires y fuient données; madame de Sevigné nous en a conservé la description dans une de nés lettres. « Le a roi. dit-i l e. doit aller i Chantilly le :& de ce mois (avril), il
• y sera un Jour entier : jamais il ne s'est fait tant d« oépeuses
• au triomphe des empereurs, qu'il y en aura là , rien ne « coule . on reçod toutes les belles imagination* sans regarder
■ à l'argent; on croit que monsci.nc n le prinee ne. >aa pat « quitte pour quarante mille ce us II faut quatre c pas : il y
• aura vingt-cinq taides servies a rinq services, «ans compter « une Infinité d'autres qui surviendront. Nourrir tou't c'est « nourrir la PiWava et la tojrrj tout esi meuble) de p»ms en- ■« droits. qui ne servo eut qu'a mettre ile«arro-o rs. dweieiin-nt t é>s rh unbres de courtisans; il y aura p uir mille éous de
• jonquilles : ju ez a pr>qiortio<i. »
Uans une auire lettre qui peint b en les crnnds de cette époque et surtout le grand roi, madame d* Sévigué parle aint
•Tir -v
IllSTOÎBF PF.S KNVinONS DR PARli*
de In fê'c : et f> n'est pa- une lettre. p'psI une relation que « Mnrpuil vtenl dp me fa're «te re qui b'ps' pssé à < hnnlilli « louHmnt Vnlcl (fimltrt — ô ri du prince de Condc). Voei « l'alTiire m «li t ■> il : l e ml arriva le jeu <i nu soir, I» pmme- « nnde, la collidioti dans un I eu tapissé de jonqullhs: tout « cela fut a «nuhait. Ou sonpa: il y eut quelque* tablps on l<* « rAii manqua a cause d«* plusieurs «Uners, A quoi l'on ne «é-
• toit : mut attendu. Cela saisit Vatel; il dit plusieurs fois:
■ je mil prrdu d'honneur; >oi i un aiïront que je ne suppo - « ler.'i pas. Il dit à Gonrville- In tétc me tour ne, tl y n douze
■ nuits que je n'ai dormi: aiden-mni a donner des ordres. « Gmirville le snuluea en ee qu'il put. le rôti qui «voit mau- « que non p<*A In faillie du roi. mus aux vingt-cinquirnips, a lui revcnoil toujours n l'espr t. Gou' ville le d I n Monsieur « le prince, llon-teur le prinee alla jusque dans la chambre « de Valel, et lui dit : Vatel. tout va bien; rien n'était si beau a que le souper du roi II répondit : Mon c<gneur, votre bouté
• m'achève; jpsais qup le roti a manqué a deux taldts Po nt b du 'ont, dit M. le prince, ne vous fài h i point, tout va t«ien.
■ Minuit vint; le feu d'artifice ne réussit point : il Tut p o.\prt « d'un uunge; il eoiitnit in.000 frnns. A quatre heures du a matin, Vnt 1 s'en va partout : iî trouve tout en oi mi ; il a reneon're un petit pourvoveur qui lui nppnrtoit seulement « deux plages de marée; i\ lui demande : Est-ce cela l«ul 1 m Oui. monsieur. Il ne -avoit pas que Vatel avoit envoyé à i tous li-s ports «le «ner. Va'et attend que que temps; If s autr.s « pourvoyeurs ne vin ent point; sa tete s*«-«-hmi»roit ; il erut
• qu'il n;nitroit point d autre marée. Il tr u\a Gourvllle. et lui dit : Monsieur, je ne survivrai point a cet affront-ci. Gourville se u oqaa de lui. Vatel monte à sa chambre, met M>n epe> pi>nÉre la porte, et se in passe au travers du cœur; mais ce ne fut qu'au troisième coup ; car il s en donna deux lui n éioient pas mortels; il tombe mort La marée c pen-
«« daut ai rive de tous cAté»; on cherrhe Vatel pour la distri-
■ buir; un va à sa chambre, on heurte, on enfonre la porte, « on le trouve noyé dans son sang: ou court a M> ns-eur le « prim e , qui fut au désespoir. M. le duc pleura : cetoit sur « Vatel que tournolt tout son voyage de Bourgogne. Mon-
• sieur le prince le dit au roi lort tristement. On dit que <-V-
• toit A force d'nvoir de l'honneur A sa manière ; ou le loua 9 fort ; on loua pt on blâma son courage... Cependant Gourville « ta ha de réparer In perte de Vatel ; elle fut rép *rée : on dîna c tics bien, on fit collation, on »oupv. on se promena, on joua,
■ on fut A la chasse; tout ctoit parfumé de jonquilles, tout
• étuit rin humé. Mur, qui éio.t samidi. ont lit encore de « même ; et. le soir, le roi alla à Liancourt où il avoil pom- « mandé tnfrfia norht .... Je jctle mon bonnet par-dessus |. s a moulins, et je ne suis rien du reste. • Telle est la sensibilité des grands.
I)e>n<meaux, dans son histolr» du prince de Cnndé, fait monter la dépense de cette fê e a deux o nt mille livres, qui, au temps ou il écrivait, en valaient, dit-il. 'e double, et qui équivaudraient aujiHiM'hiil à i>l «s de trois fois celte somme. L« uis \IV était A Chantilly suivi de t<»ute sa cour; fondé dcpl ya une magnifi ence tille que • Paris, a-t-on dit, se Ironva pend nt trois gours sans musique et sans sp> ctacle*. I.a cour entie>e. défrayée aux dépens du prinre, trouvoii pirtntil des plaisir» nouveaux rt variés ; el e n'nvoit pns le temps «le respire . » Loull XIV, en liante de tant §1 éc!al, Louis XIV, ja'oux peut é re qu'un autre que lui pût étaler un luxe qui, celte Cois au iiimn-. n'é<a>t que In (•die d'un seul, mais non pas In «uine des p< upli», pria le prince de lui céder GfetMfi ly, rt le lais a le mnitre d'eu fixer le prix. • Il est à
• V»lie Majesté pour ic prix qu'elle déterminera plie même,
■ dit t.onde; je ne lui deman e qu'une j>rA-r : c'est de m'en
• faire I* conc eft-e. — Je vous entends, mon cousin, r< pli -
• qui le lui : t Innlilly ne wta p-unnis n n.oi. »
Dans ses dernier, s années., tjmdé, retiré A Chantilly, y mena une vie l'oule différente de celle qu'il avait menée jjo qm-la • il ae livra mtièr. meut à la dévotion: et l'mv e de conv.rtlr les ciIviompn s'einiara «le lui; Il 1rs arnra<t à «et effet dans son palais eu I ur pmnieiliint des ré «impn.s. s; l'ardeur «tu génie qn il posM-da t le por ait ieis des objils tout n fait ilvets Ce feu, .rite vivaeite qui le carneierisaienl, lui tirrnt ni.ner et rechercher la soeirte des U-aux-e^priis «le on terni s. Curneille Bossuet, Bacine, Bodtau, Bouidaloue, étaient souvent a Lbain
t llv. I»ansep«n unions lit«ér;>i-» s, • 'm dé parla*! rWveMthtpMtfll lompi'il -oulinii une l.nnne enusp ; mais, naturelle < eut dur M emiMirlé, son sang 1 1 a s)>ux s'euflnnimnicnt lnnM|u'il en soutenail une mauvaise «t qu'il était ci-ntrcd<t : noile.nn fut un jour («'llcnvnt effrayé par une de sis brusques interruptions, qu'il dit tout l as à son vn s n : « D réuavnnt je serai toujours de I a»is « «te Mm sieur le prin-'e quand il aura to t. a
Les actions d'éclat, la vnle ir, l'rsp-ltdi prince rte Conde, ont trouvé un uranrt uouib-e de panegy- is-e» : le» qualib-s des urauds passeront toujours a la pmiprité »»ns rien perdre de Irur lustre ; peul-<-t«e leurs dcfnuis ne nous sont-ils pas trana- s mis avec In nirnie exactiiude. Ccpen ifint il séle-e, de temps en temps, quelques vols qui, au mil eu «!••* concerts iTél- gcs qui n lent eut de tous col' s. parvd noent enco-e à te f ine ciiiendrc; l'hisiorcn impatli"' «J"'t s'étudier à et»hlir.uu juste équi ibrr entre les témoignages divers, A présenter le pour et le con're au tribunal de la iwtérite.
Assez d'autres ont longuement développé tous les titres du grand Comté à notre admira'iun : nous ne répé'erons pan leurs éloges ; très- peu nous ont fait connaître ses défauts «t ses uns: transcrivons nn passage tiré de» mémoires du comte Jenn de Cidignl. écrits el sirznes de sa mnln sur les marges d un missel '. « Je ne reprends jamais la plump, «lit-il, que ma i ensée ne soit j de dire pis que pendre «le M. le prin e de Coudé, duquel, A la « vé' ilé. on n'en snuroit jamais as»e/. dire. Je I ai «deservé
■ soigneusement durant treire ans que j'ai été nliaehé a lui; « mais je dis devant Dieu, en la présence duquel j'ecri». et
■ dans un livre fait pour l'honorer (le missel), et où je ne vou- « drois pas avoir mêlé, a\cc l'Kvangilr qui y est ronlenu, une a nn nterie : je le pro'rt e donc devant Dieu <|ue je n'ai jamais
• eottm une Ame si terrestre, si vicieuse, ni un «-oeur -i in-
• grat que celui de M. le prince, ni si trnlue, ut si ma in; « car, dès qu'il a obligation A an homme, U première chose
■ qu'il fait est de chercher en lui quelque reproche, pour qu'il a se puisse, en quelque façon, sauver de la recnnnois-an e A « laquelle il est obligé : qm est un^ehose diabolique, et q AI « n'y a peut-être jamais eu que M. le pr née q i a.l été capable
■ de la peser, et qui plus est, de la m t re en pratique II ur « cherche de plus qu'A diviser ceux qui sont , tes de lui. •( me a disoii A Bruxelles : Colitjni, quand jr main l'ara, il t/ aura
■ bien dtt gent qui auront de granit* prrltnlion* d* rtromptHtt,
■ ni'-M il n'y tn a ■ «« «n à qui j» n'ait à rrpondrt tl à lui fuir* « quelque reprorkt oui égale lei obligations qu'on rruii que je
• puit leur aeoir. C'est-a-dire, en bon fiançais, que, d mut « que de partir de Btuxelles. ir étant déjà ré-olu ■ e ne faire « justice a personne; et, avant que les obligaiii n< qu il avoit « /lux gens eussent ces-é. il com uençoit deja A mitonner son « ingratitude et a se préi arcr A ne recoin oitre peraoune. Je
■ voudrais savoir si le olnbte le plus exécrable d'enfer a eu de a telles pensé- s; m-iti II n'en eut et n'en aura jamais d'au res :
• il en est inc.ipnl le. M. «te Ijirocbcfoucand m'a dil cent lois a qu'il n'aveit jnmnis vu un homme qui cul plus d'aversion a a faire plaisir <|u>- M. le prince, et que, les choses même qui a ne lui coùtoienl rien, il enrag oit de les donner, vu qu'en
• les donnant il aurait fait plaisir. Le b qu'il est. cl j.* le
< maintiens b ' sur les salins K'angiles que Je li-ns en
a maint, le b. ... sdunc avéré, lleffé. n'a que deu» bonnes quaa lilés, A savoir : de l'esprit et du MNr; de l'un il s'en sait a mal, et de.l'aulrr il s en e«t voulu servir pour oter la cooa runne de dessMS la tête du roi. Je sais ee qu'il ni en a dit a henucoup de fols, et sur quoi il fon ou se» penne eux desa seins; mais ce sont des choses que je vaudrais oub ter, bien
• loin de les décrire. •
Si a e s traits on joint ceux qui signalèrent le prince de Co*v'é pendant la guerre «> la Fionde, sou ineonsiauci- intéressée, ton orgueil, se* violences sn mniivni-c foi. sa revi lie, s«s inceste*, on jugera que les pamgy istes de ce prune, et notammi nt le célèbre Bnssuet. ont dil trouver de grande» dif Ieulté» pour louer un homme qui n éiait doue que de Uli n's militaires et de l'audace qui les fuit prospet er. Il leur a fui u fermer les veux sur lous lea vices et ire considérer l' homme que dai.s ee» expljilt guerriers, ne faire connaître sou caiac-
1 Ce* mi>n,tiire» n aient été •npili tur airahrau, donl IV«*ruieBr-le*Hn Uir«. rrurhoi, len III aniuneer d*a> a Uerture dt Frumtt, àe ITSt 1 Istm |ilut liaut ( vali.
4 80 .HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
■ Par cette gronde porte on entre sous le dôme ; et, en face, a parait une fontaine, dont l'eau est reçue dans une cuvette où « sont deux chevaux de plomb, de grandeur naturelle : l'un « semble boire, et est accompagné d'un enfant, qui embouche « une conque marine ; l'autre boit dans une coquille que tient t un autre enrant. En haut, sont deux génies tenant un cartel, « dans lequel est l'inscription suivante :
Louis-Henri de Bourbon, septième prince de condé, a fait construire celle «curie et les Miimenis qui en dépendent, commence» en 4719 et flots en mB.
tère que par une de ses faces. Si on le montre sous ses autres faces, alors, comme le dit J.-B. Rousseau :
Le masque tombe, l'homme reste Et le héros s'évanouil. ,
Condé mourut en 1687, la même année que son historien ; ainsi Jean de Coligni écrivait pendant la vie du prince.
Le fils du grand Condé se fit aussi remarquer par quelques actions d'éclat et par beaucoup d'esprit ; mais il était sujet à des vapeurs d'un caractère singulier : pendant ses accès, il se croyait transformé en chien de chasse; et sa maladie s'annonçait par des aboiements réitérés.
Celui-ci fit exécuter à Chantilly ce qu'on nommait le parc de SUvie, l'église, les bâtiments et embellissements de cette de
« Chantilly, dit le duc do Saint-Simon 1 ctoit les délices de « ce prince; il s'y promenoit toujours suivi de plusieurs secré- « taires avec leur écritoire et du papier, qui écrivoient à me- « sure ce qui lui passoit par l'esprit, pour le raccommoder et « ensuite l'embellir : il y dépensa des sommes prodigieuses. »
Louis-Henri de Bourbon en Ht construire les superbes écuries : on parle encore dans le pays des fêtes maguifiques qui furent, par ce prince, données au roi Louis XV.
Au dernier prince de Condé étaient dus le château d'Engliien, rile-d'amour, le hameau, le cabinet d'histoire naturelle et le riche médailler.
En 1787, A l'époque la plus brillante de Chantilly, nous avons fait la description de cette belle habitation ; la voici en abrégé :
« La foret de Chantilly contient 7,600 arpents. Au milieu « est une place ronde qui sert a des haltes de chasse : place a célèbre par les fêtes que le grand Condé y donna « Louis XIV « et à toute sa cour, et où vont aboutir douze grandes avenues, « dont la plupart ont plus d'une lieue de longueur. On trouve « l'ucorc dans celte foret d'autres étoiles, où viennent aboutir « plusieurs routes, d'une^ongueur immense.
« A droite est un château construit a l'italienne, pour mon- « seigneur le duc d'Engliien.
». Le Grand Château est entouré, ainsi que le nouveau, de « beaux fossés remplis d'une eau vive ; les carpes qui s'v sont « multipliées y viennent manger à la main. Pline parle de •i semblables carpes, qui se trouvaient dans les maisons de
* plaisance de César.
■ Cet antique château rappelle à l'imagination la demeure n de nos anciens preux, et les merveilles que l'on en raconte tait. Il e*t flanqué de tours qui communiquent l'une à l'autre - par une galerie extérieure fort étroite, et qui fait le tourjlu « château.
« La cour, vaste et irréguliére, est entourée de bâtiments « ornés de sculptures et de colonnes singulières. Trois arcades « décorées de colonnes corinthiennes et d'un fronton brisé, « mènent au grand escalier. Au milieu de cet escalier, parait
• une belle statue équestre du grand Condé : elle est entou- « réc des attributs de sa gloire.
« Le Petit Château qui communique au Grand par des ponts a cl de petits corridors, est simple dans ses dehors ; mais son « intérieur l'emporte de beaucoup en beauté sur le grand « tliAtcau.
a Outre ces deux châteaux, il en est un troisième appelé « liuquam, destiné au logement des seigneurs; il forme un n carré avec l'orangerie.
« Les écuries, situées ainsi que le réservoir, sur la pelouse « de Chantilly, sont immenses, et d'une architecture magnio hque. A chaque extrémité est un pavillon, dont l'cntable- « ment est couronné d'une balustrade de pierre qui tourne « autour du bâtiment. Ces pavillons ont trois arcades. Celles a du milieu sont des portes avec des amortissements, qui soua tiennent trois figures de chevaux. Dans le renfoncement du « cintre de l'arcade de la principale porte, sont trois chevaux « de demi-bosse. Aux côtés de l'arcade on voit deux groupes a de lions, supportés par quatre pilastres ioniques. La corniche « forme un fronton circulaire, sur le cintre duquel deux anges c tiennent les armes du prince. Le comble est surmonté d'une « terrasse avec une Renommée en plomb.
i IHmoirt, , tome n. *
« Ces écuries peuvent contenir deux cent quarante chevaux. a Les murs sont ornés de tètes de cerfs ; chaque extrémité
< forme une portion circulaire, fermée en cul de four, au- « dessous de la voûte, où sont peintes deux chasses, l'une au n loup, l'autre au sanglier.
a Cinquante appartements de maître occupent l'étage supé- « rieur.
« Le Parc De la terrasse du château on descend par un su- « perbe escalier dans les jardins, chef-d'œuvre du célèbre Le a Nostre. Cet ingénieux artiste a su tirer le parti le plus heu- « reux des avantages que lui fournissait la nature. La rivière
< de Nonclle y répand la richesse de ses eaux. Elle forme, dit a l'auteur de la Description dtt taux de Chantilly, la fontaine « de la Gerbe, que l'on voit avec tant de plaisir; elle produit à « droite, une superbe pièce d'eau qui symétrise avec les fossés « du château, qu'elle a eu soin de remplir. De là on aperçoit « un bras du granl canal, et, sur les cotés, le parterre, enrichi « de dix bassins enchanteurs : ceux du milieu forment miroirs. « C'est un superbe tableau, dont toutes les richesses semblent « s'encadrer au moyen d'une grande portion de cercle percée « en son milieu par une belle el large allée qui mène à la forêt « de Halallc.
■ L'Orangerie est A gauche , son architecture est belle ; et son « parterre a cinq bassins remplis par des jets d'eau qui jouent « continuellement. Le bassin du milieu est orné d'une colonne a antique de porphyre, dont la base fournit une nappe d'< au; « cette colonne supporte un octaèdre, sur les pans duquel sont a placés huit cadrans qui indiquent les heures pour différentes a villes de la terre.
« La Salle de Spectacle est construite d'après les dessins de n Bell isard ; l'élégance de sa forme, la richesse de sa décora- « tion ne sont pas ses seuls avantages : le théâtre offre un effet « que l'on chercherait en vain dans les autres théâtres de la « France. Le fond s'ouvre et laisse voir en dehors une cascade a ornée de la figure d'une nymphe; et par le moyen d'un tuyau « que l'on dispose à- volonté, il s élève sur le théâtre huit nappes « d'eau. Ces eaux qui ne sont point en peintures, commuées o avec les autres décorations, produisent le plus agréable et le « plus étonnant des spectacles. '
a Un petit canal, que forme la Nonelte, sépare du parterre « de l'orangerie l7/e-rf'.4motir et celle du Boi$ tert.
« On arrive par un pont de bois dans la première de ces îles. « A l'une de ses extrémités est, sur un piédestal, une statue en a marbre, représentant Vénus pudique, à l'autre extrémité, en. a face, est de même la Venus Callipt/ge; au centre est une salle a entourée de thermes en marbre; au milieu s'élève un Amour « sans ailes, sans carquois, et tenant a la main un cœur.
« L'ilc du bois vert forme une espèce de Wauxhall. EIm « renferme une infinité de jeux : escarpolettes, jeux de bague, a bascule A ressort, salle de danse, cabinets mystérieux ; et, à a l'extrémité, un superbé portique en treillage qui décore un « bassin cintré, où sont placées deux figures de dragons qui a se combattent : les jets qui sortent de leurs gueules se heur- « tent l'un contre l'autre, et se brisent avec impétuosité.
a Nous pourrions encore parler du Temple dt Venu*, de ta e Cascade dt Beautait, du Pavillon romain; mais la Grande « Cascade appelle notre attention.
« Gramte Cascade. Au milieu d'un bassin circulaire s'élève « un rocher, d'où sort une gerbe considérable, entourée d'un « cordon de huit jets, dorit les eaux fournissent quatre nappes, a qui sont d'autant plus étonnantes qu'on voit encore se reproa duire quinze jcis.
a Quatre gradins couverts d'un tapis de gazon toujours vert, « fleuri et décoré de sept guéridons d'où sort une onde brilm lante, circonscrivent ce superbe endroit.
« Au-dessus est un nuire bassin de treize jets placrs avec art. « Les eaux jaillissantes de huit candélabres fournissent dix « niascsrons, dont huit tiennent lieu de chapiteaux à de» espè-
• ces de saines & bandes rustiquées en forme de glaçon. L'esn pacc de l'un a l'autre pilastre est ondé, rocaille, et produit « six buffets que font jouer deux dragons et un masque.
■ Ce riche morceau est terminé en cet endroit par un troi- « sième bassin octogone, dans lequel sont cinq jets bien nourris, « et relatif» à l'étendue.
a Telle est la première partie de cette cascade, au bas de <• Inquelle se trouve un grand palier, où aboutissent six granit des allées de différents endroits du parc
« Deux beaux escaliers en fer à cheval se développent avec « grâce, et commencent à dessiner cet endroit. Les rampes h sont décorées de quatre superbes guéridons, entremêlés d'au- (i tant de jets qui retombent en deux longues nappes dans un
« deuxième bassin, où sont encore six jets; puis, dans un
» troisième bassin de quatre beaux jets : les cotés rampants de « ces nappes sont en rocailleset bordés de deux rangs dechan- « deliers, interrompus par quatre paliers ornés chacun de u jets. L'espace d'ailleurs de ces nappes et paliers forme cinq « Délies magnifiques nappes, tombant dans autant de bassins
■ garnis de soleils et de jets. Toutes ces eaux se réunissent et « passent alternativement, en bouillonnant, dans trois différent es « pièces, dont une est partagée de six jets, une autre de qua- « tre ; et enfin en un bassin qui produit un miroir, que les n\ m-
■ pbes du canton viennent souvent consulter1. »
« Le Grand Canal a trois quarts de lieue ; à sa tète est une a cbute d'eau circulaire dont l'étendue est de quinze pieds par c le haut, et s'élargit par le bas jusqu'à t renie-. L'eau tombe a dans une vaste pièce d'eau à pan ; ces eaux sont animées a par les scènes variées qu'offrent des bandes de cygnes et de « carpes énormes, dedifférentes couleurs.
a Des cygnes sauvages s'abaissèrent sur une pièce d'eau à a Chantilly ; on les prit, on leur coupa les ailes. Il en restait c encore un maie et une femelle, lorsqu'un chanoine de Senlis « les entendit rendre des sons mélodieux ; un mémoire fut, en « 1 78S, lu, à ce sujet, à l'académie des Sciences, et, par extra- < ordinaire, à celle des Inscriptions. Le prince de Condé invita
• à Chantilly des académiciens. Un cygne domestique fut sacrl- « fié a la fureur des cygnes sau\ages; parce que, suivant les a anciens, ces animaux, ne chantent qu'en signe de victoire. a Ce qu'on avait prévu arriva : le malheureux cygne domesti- « que fut mis à mort par les deux cygnes étrangers, qui ne a manquèrent pas ensuite de chanter harmonieusement leur a triomphe. Suivant l'auteur de la Description des eaux d$ a Chantilly, te mâle chantait lestons mi, fa, et la femelle mt, re-
« En 1 780, le prince de Condé se promenant avec son archio tecte dans une vaste et simple prairie arrosée par la rivière « de Nonette, le prince proposa ses idées à l'artiste; et, en a moins de trois mois, parurent le Jardin anglais et le Hameau, c dont on nous dispensera de donner la description. »
La Révolution passa; et, de tant de merveilles, à si grands frais entassées, il ne resta bientôt plus que des ruines.
« Je me suis, a écrit Cambry, représenté quelquefois le dera nier propriétaire de ce château de luxe et de délices, occupé, « dans un songe, de sa gloire, de ses succès, de ses plaisirs « passés, se réveillant dans une auberge d'Allemagne, à l'in- « stant où sa mémoire lui rappelait les fêtes qu'il donnait à son c roi, aux souverains qui visitaient la France, à la femme a qu'il adorait
c Chantilly détruit, et le prince de Condé réduit à vivre,
• malgré lui, chez les Anglais, sont deux ruines, si J'ose m'exo primer ainsi, faites pour consoler les hommes de tous les « revers de la vie. e
Le Petit Château, le château d'Enghien et les Ecuries ont été épargnés, et peuvent encore, jusqu'à un certain point, montrer quel fut autrefois Chantilly.
D'ailleurs, si ce séjour de luxe a dispara en partie, à côté se sont élevés des monuments plus modestes, mais aussi plus utiles au pays : de nombreuses manufactures ont remplace les cascades, les jets d'eau; le bonheur et l'aisance coulent encore dans le village de Chantilly, non par des canaux dorés, mais par des eouJui's impérissables : l'industrie et les travaux des habitants.
* Dt4criplie% dtt ta*x és Ckmntillf.
Le village de Chantilly a une population d'environ t.soo habitants, en partie occupés dans les nombreuses manufactures qu'il renferme. •
En face des écuries est une pelouse assez vaste . Sur un canal formé par la rivière de Nonette est une machine hydraulique, à l'aide de laquelle se remplit un ré>ervoir placé au centre de cette pelouse. Ces eaux se répartissent dans les établissements publics et dans les maisons particulières.
Chantilly a un hôpital fondé par la mnison de Condé.
Les principales manufactures sont : celle de porcelaine, a l'instar de la manufacture de Sèvres ; une filature de coton, un tissage, une blanchisserie et impression de toiles ; une manufacture de cordes pour les filatures de coton, de laines, etc. ; une fabrique de dentelles, un moulin à laminer le cuivre, etc ; etc.
A deux lieues vers le sud-ouest de Chantilly, était autrefois la célèbre abbaye de Royaumont, fondée par saint Louis, vers l'an 1217 ou 1230. Les anciens manuscrits de l'abbaye portaient 1228 ; mais Guillaume de Nangis prétend qu'elle ne fut bâtie que l'an 12SQ. a L'an du Seigneur 1230, dit-il, le quatrième de « son règne, Louis, roi de Fiance, brûlant d'un jeune et chaste « amour, et dont l'âme recherchoit le Seigneur, comme un cerf a les fontaines, construisit d'un ouvrage admirable une somp- « tueuse abbaye dans l'évéché de Bcauvais, proche de Bi-aua mont, dans un lieu qu'on nommoit Cuimnnt. laquelle, du a nom du roi, on nomme Mons regnlis, Mont- Royal, ou il in- « stitua, dans le principe, un abbé avec vingt moines, de l'ordre a de Cileaux, pour servir le Seigneur, et décora admirablement a l'Intérieur de l'église d'ornements ecclésiastiques; et, afin que i! les nioinr-s < oti-ai-r» > a Dn u puisent, plus librement et plus « dévotement, vaquer aux louanges divines, il leur donna dans « le même lieu pturima et ingentia prœdia, undè postent « sustentari. ■>
La tradition voulait que saint Louis eût travaillé lui-même à la construction de l'église de Royaumont; il donna de grands biens à ce monastère, où il se retirait souvent pour se livrer tout entier aux œuvres de piété ; il y servait les malades, mangeait au réfectoire avec les religieux, et couchait dans une chambre nu dortoir; on dit qu'il donna aussi une partie de sa bibliothèque à l'abbaye. Cinq de ses enfants furent enterrés dans son église ; on y voyait, avant sa destruction, plusieurs tombeaux de grands personnages : entre autres celui de Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, mort en 1666, tombeau remarquable comme l'un des chefs-d'œuvre d'Antoine Coysevnx, et par l'épitaphe où ce comte est qualifié, obsessor idem et obtessus, ee qui rappelle une circonstance rare dans les guerres : Au siège de Turin, en 1640, les Français étaient assiégés dans la citadelle par le prince de Savoie, qui se trouvait dans la ville ; celui-ci était assiégé par le comte d'Harcourt ; et ce dernier l'était par les Espagnols : malgré les deux armées, savoyarde et espagnole, le comte d'Harcourt se rendit maître de Turin.
Depuis la Révolution, l'abbaye de Royaumont fut vendue; les vastes bâtiments de maison conventuelle furent convertis en une superbe filature de coton, fabrique de tissus, une blanchisserie et dépendances. L'église de Saint-Louis fut démolie ; et ses matériaux servirent à bâtir un petit village, dont toutes les maisons se trouvent renfermées dans l'ancien enclos des moines, et traversées par une petite rivière, qui, près de là, se jette dans lOise.
L'établissement fondé à Royaumont est l'un des plus considérables de la France, dans son genre; le village compte une population de plus de 400 habitants.
9 II -Oeil
Petite ville située sur l'Oise, à deux lieues un quart de Senlis et à dix lieues de Paris.
Cette ville, appelé Credulium dans les titres anciens, fut, à une époque fort reculée, le siège d'une seigneurie assez considérable ; les Normands la prirent et la pillèrent plusieurs fois, ainsi que tous les autres lieux de cette partie du royaume. Il est probable que son vaste et antique château fut commencé à l'époque où l'on cherchait à opposer sur ce point une ligne de petites forteresses aux invasions de ces dévastateurs.
La fondation de l'église est fort ancienne : vers le règne de Chilpéric, c'est-à-dire à la lin du vi> siècle, le corps de saiut Évremont y fut déposé. Le clergé attaché à cette église devint
UISTOIRK DES VIHUNS DE PARIS.
postérieurement un cliopitrc qui célébrait, le 8 octobre, la fêîe du -ami p.. ii on.
Creil i|iiî, .Uns la suite des trmps. étit tombée dan» le domaine de* mis de France, fui |io*>édée |>ar Robert de France, flls de saint Louis, qui lui donna celte seigneurie à |Y| «que de son mariage a»( c Héalrix »'» Iki'irgoune. Louis, lil- de Roheit, | la donna a «ou l*"F a sa lillc H--,<t'ix, eu la mariant avee Jean d«- I uvcmlMiurg. ml de Ituiieiue. Après la mon de ce monar- • que, llé.lrix vendit u> M.-igucuric au roi de Fiance; elle revint I à >a couronne.
Ve<* U m lieu de xiv» siècle, un vigueur, ou plutôt un lu i- I pan i iinvfcrrnis, nomme Fou ■figues, éi«it inniirr de (>< il : de Ce poinl il en» oy u i| des détachements sue 1rs rnu'es voisine», et lorc ii les voyageurs a in ndre 'les saufs-conduits signés de sa main, qu'il eur faisait priver fort clier.
iharli-s V Ai bAtir à Crell. dans une ile que forme l'Oise,, un château trcs-iorl que les Anglais assiégèrent et prirent en
l.e m mni 14-lt, Charbt VII. accompiené de son fil -, vint tn<Hr- le O Lcd vtnt C« il, sons le commindcuie"t du counétohl. de i i hemont; après douze jours de >iég-. la pla-e capitula : les quatre ou cinq s ho uni s qui composaient a*gw-
ni-on te icir rert avec armes el btgag--s. L>s habitants de Paris a n't'e nouvelle téinnic lièrent leur joie pat des feux. d*-s danses et l> s c: is de !V«éls
I n i JG7 . >c« >-al> ii istes s él.'nt emparé* de C.p il pillèrent les éJi-e- i l lirulcrc t les c rps de saint Évremmt et de saint Sun, borien I a léie du premier fui scu a nreservé par les ci a- BO ne . paire qu". Ile cait dans une ih sse séparée t 6H ij»8, lis liguems surprirent Cml et s'y éialdi tôt.
I.e cl al .m n existe plu*. Il était situé dans une petite i'e, au-lrs-uu- du pont de Creil.
Quel pies années avant la Réolution. le prince de fondé, à qi.i il appartenait, ie vendit a la cliorgc de le démolir. Sur son < uip ai cmi ni a été bâtie, une ma'sou a-sex apparente, qui appartiml «clu lle-umi u madan e Juery. |l ne reste de cet an- ' i' n chille-iii q- e le soubassement d une ternisse au-devani de celle maison, laquelle e»l flan iuée d'une copèe de lour Ironquic. qui est efl* cm e-nent h base d'une des anciennes toius. Avn. | la Kév. lulinn, on muulraii eueorc aux voyageurs une ci raibr* ilonl le balrou élail 'enne par une grill»- de fer, el nii ' on assurait que le malheureux monarque f.lmrli s V| cran été n ie u o «que sa démenée se fui déclarée |.<s murailles de e. s nnlj me» appartement* parlaient encore les Iran s de» «u m mua- do siècle où on I. savait décores: les lambris étaient pe ni» eu ram Icu^ t solives des plancher* | linlcs en rouge. Sou* ' Il .i es V I. un s'y i du utlatt encore, dii-on, autour d'une large >o -se rreusée ou ni'luu .ie l'appartement; plus lardon sut pratiquer d> ehe •■ imes dans l'épais ci r même des nn rs*.
hai.s ente nume IV. et lifs-prè> du chitrnii, sont les ruine* de l'abbaye <lc Soiul-Év remont, dont le chrcuresl encore debout. Le cloelier de I église paroissiale est ni p bâti.
I.c pool est singulièrement eouslruit. On y jo it de points (Je vue ties-agriabie-. Au roucliaui se vol Mmtataire, v lla.c très-i illnn q .e. situé sur une assez liante moutiuiie. C'est dans .« pe île igli-e que I ermite Pierre précba, dll-ou, l.s premières i'iosadcs.
A ncuv ptfitis lieue» à l'est de Oeil, e*l l'trntuil, village as> /. . on-id. riilde il y existait un 'amem châieau, dont il ne iCstc plus qui- des souterrains in'i vaste», qui communiquent à «les >a rures voisine-. On peut encore juner des princ ipales di-liiln.iions ne ce cliàn au : on reconnaît la cour, les fo aés, ta p aee de »on principal cor,!» buliineut, qui dominait un imtnei se horiinn; et-., etc.
Ce r hatt ju qui aw.n appartenu au duc d'Fiitraguc», était de>cnu la proprieié du pr me de Cou. le.
On •••marque à Cred une tuprbe m '«n facture de raî nee, de en taux, de vi rre i<s et de, poleries anglaise», dont l'Oise bai-ne les bAtlmenls; ee-t le plus eonsideiablc élablUsemeitt de ni itciire rn France; qualre cuits ouvriers v sont employés! il est dirige par M. de Satnt-i.rieq.
Cred esl un cbei-lieu decanlon du département de l'Oi.se; il
t/wr»«/4« ïaTUmiUTit tiUtknrtu vil. Ut * Lon»c«, IliU-iri it la rilUdt «.a.,.,,,. y,t^ ICsStttf, IkuvifiU» 4a &p*> tMMMl SV I . i-,m« u, f*fa SS.
s y licAt un - foire chaque année, le 2 novembre; sa population Csl .1 • o M <>n 1,700 lia lu! i !•..
Les environs de i'.r*il sont très- pittoresques ; mais la Irrre, en géoéial ensemencée de seigle et de s u m* in*, n'y est pav lies -féconde. I.rs bdii ants sont occupés des divers travaux que nécessite la navigali <n e l'Oise. Il y a dans le pays plusieurs cai rieres d'où l'on lire de la pieric ir - dure; quelques familles hauiteui des demeures pratiquées daos ces carrières mêmes.
| IN -\o|enHr.-Vlrr,r.
Ce viPatre, situé sur la roule de Paris a Clermont, doit son
nom è deux jeunes princesses trwaùe*. soeurs tumelles et nommées Maure et Rrigtde, qui. s'é'aul. di -on, vouées n une vie sainte cl virginale, voyagèrent en Fnmce et en Italie »ers le réfïtic de Clovis. et, après avoir l té miraculeusenient pré-ervées de plusieurs -«ang rs. fuient enliu martyrisées au btiurj: de Halaquy en IVeauvuisis, par des tofrwrj. aux d-prar/t* el naltt affrrtiont dttqutU elles ne vonlun ni ab-olument pa» cons-n ir. aimant mieux endurer la mort que de perdre >a vi ginilé qu'i l es avalent vouée à Dieu. « Ce qui fut cau<e qu'un d'Iceux,
■ no'iuné tîriubnrl, écrasa de sa lance le eerv<au de sainte a Maure, laquelle néanmoins ne (nmba pat ow$il4t ;>ur lerrt,
• mai» te rial défont en a tendant le m irtvre de sa so>ur
■ Rrtgide; laquelle, après que l'un des mitres brigand* lui eut « pareillement écrasé la léte, tomba par lerre, et le torus de
• Miime Maure des-us elle. »
Sainte liai lui *e. qui vivait voi s le milieu du vu* •■ é. -le. ayant
enleudu parler des mirai les que Taisaient les corps des deux vieree» ense>elies a Ralaquy, s y transporta avec lou>e la cour, afln de pieudre ces re>te's préi-ieu\, el de les faire transporter dan- son abbaye de ('belles qu'cl e faisait con-truiie alors. On i le» plaça donc sur un chariot : mai*, arrivé au carrefour de iNi geui, le chariot s'arrèla; et tous les efforts des bariifs' et des I hnnimrs ne purent jamais le faire mouvoir sur la route qu'on , vantail lui fa re prendre. La mue enmmmida alors de luis er les lœufs pu n Ire la direction uu'il leur planait, ai'm qu'on connût par la quel lieu h s sninlcs filles choi-issaieni pour demeure. I.i» rés a eux-mêmes, les bœufs allereni jusqu a l'endroit appelé l'epnis la eroix de Sa n e-Maurc: et après qu'on eul fait encore de vains efforts n^ut leur faire pr- ndre In route deCml, ils allèrent ju-qo'à l'église de Nogent. oà les clo hes tonnaient alor* d'rtlet-mt'met, >ans que personne y touchAt. Il lui don • convenu que 1rs c rps us deux vu r.es s- r ien< admis dans celle église. « Toutefois, en attendant l'a • is et conv il « tant du Pape que de l'ordinaire, h-s r rmu s furent mis au « cimetière de Nagent, visv'thvk de l'auii l. du eAte de l'oiic t « (on sont à p ésent bâtis le eba^r et le principal nutel}, jus- « qu'à re que. pir déc:cl de lég'ise, en fût oroonné, et </tM « /du « giandt mirarit ap]<ar»ttri>l. »
Ces miracles se firent ai ! nuire, car il parait que 'es oo ps des
princesses restèrent iians le cimetière i «la n piè- <ie quaire.
riècWa; mais a il arriva que. du temps d'Urlmiu III (qui lleu- « liss- ii en l'an i lia). Ira servil-nr» de Mes-ircGamier, e bail valiar de Sentis, p-rdireut de nuit une vache de p<>i* noir, o lequel e patn la iiiiii au cimetière de Nouent -ur le lom'M-uu « des vierues, lesquels, l'ayant trouvée courbée et ratU ainte a d- se lever, la nouvèrent qu'elle rtml deernue bltt trhe -iu « fdlé duquel elle nr-ii towhé le lambeau ; émerveides qu'ils a mni, diient l'un à l'nuire que ce n'étoil pas la taehe qu ils
• n voient perdue; l'auiredisoii que, si c'émil la même, elle rea tournerdit en son lieu, am i qu'elle avoit aceoutumé; ce « qu'elle lit . ce qui causa que les scrwlcur» racnntcreut ce te o merveille à tous ceux qu'ils reneontroieiit. n ooirant la vache a qui é'oil devenue blanche d'un cùlé. Dès lors ce ion coina mon a n'être honoré et visite par bs afdbe» de diveises maa la lies, lesquels s'en re'ournolent avec uiande jiee et liesse, « sains el gimris, d nnuient Inuanue h Dieu. Quelque temps « api es, la vache s'étanl de rechef adirée, el ayai-t pass' la
• nuit an méin» In'ii, et <• >• rlu- -nr les sépulcres des saintes a vierges le- m rv teais, ne l'avanl trouvée, allèrent la iccher- « cher au même heu qu'ils a«oiem fait a-i procèdent, où ils a la troinèreut couchée, el, l'ayaul conlraintc de se lever,
■ la trouvèrent elrt totalement biaiche; la renommée du mia racle s'elant répandue par tome la France le i*mple r nt en a grande abondance à Xoge.it. désirant voir celte merveille,
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« d'oo plusieurs, affectés de diverses ma'adies et lanmicms. « s'en retourner ni sains et yuans. Ce Tut dos lo:s que le « lage de Notent fut i apié du nom de* virr-c*. »
l.es corps furent «lors exhumés et transportés par le< évêqnes de Beauvais et de Senlis ; et le pan»- eanou-.-a |.s deux princesses En 1541. saint Louis fit agrandir l'é^ii-e et hatir le chœur tel qu'on le voit encore. I es reliques fi.rpiit déposé* s en sa présence dans des eliâs-es «'ont il a» ait fait présent à I lise : depuis ectie époque, le- deux saintes firent plusieurs autres miracles n«n moins remarquables que celui de lu rocAe noire dVtnnti* bltwehr '. •
Toutes ces merveilles, même le fait de raernndis*cmrnt de l'église de Nagent par saint l.oi.is, d ivent être rangées parmi les produirions nommées au xit* sied , Conte* d tou ; ce sont des fictions imaginées par les légendaire- qui s'étaient fait un devoir de tueulir par piété : pro pltlatt mtntiri.
S W.— ttrwifc
Village situé à quinze lieues au nord de Paris, entre Creil el Clermont-Oive.
La ramil e Dup'essfs possédait >a seigneurie de Liancmirt. A In lin du x\i* siècle, Nic> Us d'Amer». I en élail s teneur : il avait de trm is huns. mais peu d'est rit et une stature difforme ; il épousa la fameuse Oahrielie d Kstrérs; mais H'-nri IV Dccou-entu à ce mariage qu'à condition qu il ne serait |ws consommé. Cette eondi ton. déshonorante pour les contrariants et fui t scandaleuse pour le publie, f t uni éV par quelques-uns de» succis-eurs de Henri IV. Ce mariage fut dissous dans la suite; el Canne le d'E*lrées os-a de se qualifier dame de Liancourt. Cen« femme dé honorée n'en devint que plus illustra; le roi la fit iiiarqui-C de Monceaux el puis duchesse de Beajifort. I e seigneur de Liancourt dc»inl premier couver du roi; et son oncle fut gral.lié du .onlon de l'ordre du Saint- Esp il. etc. On voulut cacher I tufamie de ce mariage avec des liires fécaux.
Par le mar a.'e de Gahriellc Duple-s'a-Lianenint, fille de Chnrhs. avec Krançon V, duc de La Hoi-hefoucauld, lastùneuriede Lumcourt p.is»a. en 16 1 1, dans la famille de La Rochefoucauld, qui l'a |>u*sé 'ée jusqu'à • «w jours.
« Dans l'an on lisseiurnt de Ch-rmont. dit Cambry. rien ne « IVmj orte sur la riel>e.v<e et sur les agréments d - in Vnllée— « Do ée : les eaux de la B;èehe el de la Bernnnelle la tra-
• versent Un- loum sa longueur; des montagnes boisées três- ■ ré ondes la dominent à l est : c*«sl un paysage enclianleur
• dont rien n'égale la vanélé. 'a ftaicheur et la verdure. • L* château de Liancourt eiait mnj stoeuse.nent assis al! milieu des eaux, djtit l'art avaii tiré parti pour l'embelliiseiuenl de ce S'jmir
■ En traversiint le vi'lngfl fort bien haiî qui s'élève sur la « tôt-, ou a<ri>e par une pente as-ex rapide jusqu'à I ..mirée « d un imuti nse jar.Un un^ nis, dont les promenades varié s, « plant e> d u<brc* verts. laissent apercevoir les pavantes en « cliauteuis >-e la V allée-Do ée. En passant sur la croupe de
• la montagne qui s avance «ers le sud-est. ou |'eut, de la m hau eur qui domine llieux, parcourir l'immense et délicieuse « vallée de l'Ois -, promener son œil sur les revers > e la furél « d'Hulalle, et voir s é.le\er dan» le lointain, du mili u des « praines | rès de Creil. 1 1 muntague el le château de Monlao t -il e : au nord es', la vue s'étend jusqu'au- lela de la forêt « de t ompiègne; mais rien ne channe lait, ne l'attira, ne le « tares*.- cm. me le» caillons huilants «!•• I Oi«e, ses rives i-al-
• m s it tiun.jutlles, el les maisons délicieuses qui les !<or- « deuL a
A«ai.t la Résolution, M. de Liancourt avait établi deux manu 'a l u i es iniportautes près du nm bateau ; l u m- faisait, a»ee le p us giaml succès. îles cm des aussi belles que celles d'Angleterre: t'ai lic était une filature de coton : ces manufactures occupaient trois c< ni s ouvriers.
M de Liaucouri a»ait aussi établi une éiole militaire sur la moqUgoc qui iluranie se» tenes.
Les cour», la t'ava e, une aile du château, furent détruits; on ne co. s. na que la partie ..e ce vs^te i Aliment qui contient la bibliothèque; et al. ue Liancourt ue dut la consef vation d.uœ
« Usivtl, BUMrt .* Ur,U,44 AmmmO. M «I Ml».
I a' lie do sa Toi tune qu'au Prvlanée qu'où avait plai e dans son chà'iMu.
o Le pan; est abattu. .lirait Cambry. Reliré dans un pn- « Villon qtti n'a qu un rei-d - haussé • et un seul c'age. le i-ro- « piiét lire, fermier, eulilvateur, manufacturier de Uancourt.
• rénlse, exécute toutes les eonceptio'ui que -es le-lures, que « ses vovtges, que la fréquenta u m des hommes ont pu lui « profil er. Il perfectionne toutes les <s èees de cultures, « soigne les plus billes ra es d'animaux, et répand ebex tous « ses voisins les pn.cédé* de la nouv«|le agriculture; il leur « inspire pour leur état l'amour qu'il éprouve lui-même, |<s
• aide de ses currei's, de ses moyens, de ses exemples, et
• réalise tout ce que nous nous pi-muetton» de rétablissement
• des grandes fermes expérimentales. »
« Si cha me canton de la France possédait un homme aussi ■ tourmenté de l'amour du bien, faisa t p*ur l'opérer -t'aussi
« grands ►actifl-es, la t-rrede Fn nre. aidée de sa fc d le
« naturelle par tous les m<.ye. s de l'industr e, eftVerail t jen- « tôt les récits vrais, quoique rtounants, de la prospérité de « I agriculture en Angleterre. »
M. de La Rocli foucauld -Liancourt, après avoir consatre sa vie et sa forune au soulagement <> math -ureux s'e-t vu, par un aete injuste, privé de ia faculté de leur prodiguer rluv longtemps ses bienfaits.
( V -(lrrnnnl-fn.Hr»nnl«li
Ville située sur uneéminenee. sur la ront .'de Paris * Amiens, à quatorze lieues cl au nord de Paris, a six lieues et a l eM de Bout vais.
Le nom de ce Heu est commun à plusi u i vil'es et bourgs de France. S'il signifie, comme il parait, Monl-ll uslre, on Luorce qui a mérité au mont sur lequel <st assis ce I eu c« tte qna- UfieMkw honorable. Le château de C ermont e>a t nrUluane-' meut une forteresse, qui, à «c qu'on croit, fut cous" mue p >ur airéter les incursions des Normrnds. Ses seigneurs, ilout on connaît quelques-uns u»urpi;rcn'. sous le re«i|.-«tà 'exempkde lluuuis Cap- 1, un litre qui ne 'eur appartenu t pas; ils se nieiit comtes; et. bien loin de proléger ia ••outrée coiiIm* le- eu nemis de la France, iN la déso crent par des pierres conli miellés avec les si loueurs > oisins, et par des triganda.es envers les haiiitanls des campagnes. Un des p us turbulents de ces * comtes. Kaoul I", ne fut pas toujours en paix avec le chapitre de Beauvais; mai, son audace s'évanouissait devant >c» fuuJre> •a erd«ul<a.
V* t hapitre faisait défrieher la forêt de Noircaux; Rao-jl, prétendant qu'il usurpait ses «iroils fit chasser le» ouvrier*. I e cha ilre lan a une eve »mmuni -atiun contre le setgn ur ula- «icux qui osait met re In ma m sur les b eu* et su. les ho u nede t Eg ise. (^t acte, dont ou voit plusieurs exemples da s ces temps d'anarchie féodale, épouvanta le comte: il mira • n p urparh-r; et, I année suivante, qua re membres du chaprre a>ant solennellem ni juré que tel et 'il leur droit, il «e «lés s a r t . u teopposition '. Mai» bientôt u e nouvelle querelle naquit >nlre le turbulent seigneur et les chanoines : il s'euiitani d une "-oison qui leur appartenait. Le c>ianitre fit un nouvel osai <i i m tyen qui lui a«ait déjà réussi : il i xomnounia le oonifl ; celui ci, après une lutte as e* opiniâtre, fol enli i ob <ge de céder <-t «le <io mer p eine s <tls action aux channim-s '. Ces deiuvl s c ant terminés, il se croisa el fit partie de I evp dt ion de t'hii ppc- Auguste. 11 fut tué. en tint, au siège de Saint- J< au -d'Acre. Ce com'e n'a.ail p .inl lais-è de Ois. Calhcr'ne, s« fille ainé-, é,iousa Louis, comte de Bois, e| *n eut Tbihauil, dit le Jeune, le dernier comte de. celte amille, m >rl sans en te ls un l i < H. Philippe Angu-te. ayant alors acheté des bérili<rs col aicr iux de Thibauil I ur* droits au comté île CL rinout, eniuv<s il dans lu iiicine année son (ils Philippe. Ce prince mourut en 1 23 1 II laissait « eux Ihles : l'ainee, Jeanne, épousa Cuu> herjiu (Gauthier de Chatilluu, qui alla mourir en Egy.ùe a In suite 'le •amt Louis. Comme il ne laissait point d'en a::t, à la m *rlde J -aune, en t2.»o, le roi prh posses ioo du comté ee'.l rtfll ni. eu qualité de plus proc e héritier de Jeanne, el II voulut le réunir à la couioune. Mais ses frères, I s comtes de Poitiers et d'Anjou, prélendirenl que cet apanage d'un prince du sang toyal devait
1 1. Citrêul. it Sanl-Pirm dt RhumA, M. ISS v". «II. Ht», toi »T -,
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
être partagé entre eux. lin parlement Mcidt, après sepl années de contestai ons, en faveur du monarque, qui, suivant l'exemple de Philippe-Auguste, donna, en 1269, le comte de Clermont pour apanage à ton sixième (Ils Robert de France, lige de la maison de Bourbon. Les lettres-patentes détaillent comme suit les possessions constituant alors ce fief royal : C'est à tavoir, mitre ckdlel de Clermont arec toute» »e< appartenances, la Meuritleen-llét, la forêt et les appartenantes d'icelle, Creiey arec toute* te* appartenante», Sàchy atee toutes ses appartenances et tout ee que nous avons à Gournay-sur- Aronde, et quelques autres chose* que nous avons et poste*son* en la comté de Clermont et Mort, avec te* appartenance*, fiefs et domaine*, et quelconque* autres choses que non» avons illeuc. Et toutes ces choses tir uni dites yril Robert et si hoirs tenu en fié et hommage tige de nom roy de France, et de ce seront tenu rendre service de hu: à v eur. de* choses toute* voye* que li comte de Clermont ont tenu ou devront tenir des èréque* de Biaurais et de l'abbé de Saint- Déni*, sont tenus yrinw noitre fieur comme le hoir fait Itommage à l'écéque et à l'abbe qui auront esté pour le temps
Robert était né en 1256; et le roi son père fit venir tout exprès de Rome, pour le baptiser, Humbert, général des Dominicains, si l'on en croit la chronique de saint Étienue de Limoges i. En 1272, il épousa Réatrix, fille de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais, et d'Agnes, dame de Bourbon. Ce nom, qui devait devenir celui d'une des plus puissantes dynasties de l'Europe, appartenait alors à une petite chatellenie que Hugues IV, duc de Bourgogne et aïeul de Béatrix, avait démembrée du comté de Chàïons et donnée par testament a sa petitefille. En 1279, Robert fut fait chevalier à Paris; et cette cérémonie fut célébrée par un tournoi où le prince se distingua par de brillantes prouesses. Peu de temps après, un autre tournoi, dans lequel il figura pareillement, lui devint fatal : des coups violents qu'il reçut sur la téte lui firent perdre l'esprit. En 1 283 , il devint, par la mort de sa belle-mère Agnès, possesseur de la Sirerle de Bourbon l'Archambaud, dont il prit le nom tout en conservant les armes de France, a Cette précauo tion, dit Péri-fixe *, a beaucoup mt\ i a ses descendants pour « se maintenir dans le rang des princes du sang, que ceux de « Courtenay ont perdu pour n'en avoir pas usé de la sorte. » En 1207, Robert fut un des quatre princes qui portèrent sur leurs épaules, à Saint-Denis, les ornements du t oi canonise. 11 mourut en 1318. Ce prince avait pour bailli, dans son comté de Clermont, le célèbre Bcaumanoir, qui recueillit et rédigea les coutumes du Beauvaisis, travail que Loisel \ appela le premier, le plus grand et le plus hardy auvre qui uyt été compost sur les coustumes it France.
Ce prince Robert fut le chef de la branche royale de la maison de Bourbon.
Un autre seigneur, de Clermont en Beauvaisis, est appelé Hugues; il maria sa fille Ermentrude avec Hugues d'Avranches qui eut un fils nommé Richard, lequel, en" il 20, périt dans un naufrage.
La forteresse de Clermont avait une chapelle desservie par des chapelains. Cette chapelle devint dans la suite un chapitre qui existait vers le milieu du xi* siècle ; l'église, sous l'invocation de suint Arnoult, était fort ancienne ; mais on ne sait par quel personnage elle avait été fondée. On y conservait précieusement un os du bras du saint patron. Pour reconnaître m cette relique appartenait réellement à saint Arnoult, les habitants avaient eu recours à une expérience : l'ossemenl fut jeté dons les flammes-, el, comme il en sortit intact, sur-le-cbamp il fut déposé dnns l'église, et honoré d'un culte particulier. Lne dame, d'une famille nommée Cuibert, lui fit hommage de ses diamants; et, quelque temps après, une guérisun miraculeuse en faveur d'une p< rsonne de la même famille donna heu à une fondation annuelle assez singulière : celle d'un repas splendide où figuraient les membres du chapitre de saint Arnoult*.
On lit dans la vie de Cuibert de Nogent quelques détails curieux sur l'état de cette église, vers le milieu du xi* siècle; le
Nart«nnc, n<M«rui Btutéotorum, loin, i, rot. (IIS. — Ordammanest du
Lovtrt, ion. ii, p*ge M.
* Llsto, Ckrtm. Ion. il, page C60 ' tuAi fftan ;r.
* Anlit/uHri du (Imumiih, ia-l*.
* Cjitibij, Osicripltom du Hfpartrmt»! tst l'Oiu, Um. i, pjgr 177.
seigneur de Clermont y remplissait a'ors les fonctions d'abbé; il s'avisa, sans rassembler Icclcrgé, de donner I investiture d'une prébende à Cuibert de Nogent lui même, dépouillant, par cet acte, celui qui l'avait possédé jusque-là, parce qu'il avait une femme; car, en ce temps, étoit toute nouvelle la déclaration du tiége apostolique contre let ecclésiastiques mariés. L ecclésiastique dépouillé forma une brigue puissante en sa faveur, et parvint a intimider et le comte qui lui avait enlevé sa prébende, et relui à qui elle avait été donnée : d'abord, voulant garder son épouse et son bénéfice, il cessa de dire la messe dans son église; puis, privé de son canonicat, il la célébra partout où bon lui semblait et gardait, en outre, sa femme avec lui, bientôt le bruit se répandit qu'en célébrant le saint sacrifice il avait excommunié le nouveau possesseur de sa prébende, ainsi que toute sa famille. Frappé de crainte à cette nouvelle, Gulbert renonça au bénéfice ; et sa mère fit savoir au prêtre spolié que la prébende de l'église de Clermont lui était restituée : ainsi celui-ci conserva sa femme, et rentra en possession de sa prébende '.
Aux xiv ' et xv c siècles, des incendies détruisirent les archives du chapitre; l'historien de Beauvais cite néanmoins le litre d'une concession que fit, en il 15, aux chanoines, Renaud, comte de Clermont; par cet acte il oclroya «une foire le jour « et fête de Saint-Jean et les deux jours subséquents, et avec les a profits el droits du tunlieu, forage, rouage et travers, el avec « privilège que quiconque viendrait en icelle faire trafic, ne « pourrait, pour quelque cause que ce fit, être arrêté, ni con- « venu, sinon pour homicide. Que la connoissance du Marcngné a et des délits qui arriveraient durant ladite faire, en dedans la a lieue, appartiendraient audit chapitre, ne retenant ledit o comte de Clermont autre chose en icelle que la tierce-partie a des amendes \ »
En 12.>5, saint Louis renouvela en faveur du maire de Clermont une ancienne concession des comtes : c'était de pouvoir couper chaque semaine une charretée de bois dans la forêt de la Neuville-en Hez, et de prélever également par semaine une épaule de bœuf sur les boucheries, entre les deux dimanches les plus rapproches delà Saint- Arnoult et de la Saint-Martin
Après les soulèvements de paysans qui, en 1 356, prirent naissance dans le Beauvaisis, el qu'on désigna sous le nom de la Jarquerie, Clermont fut surpris par le fameux Captai de Buch, qui y leva des contributions extraordinaires. Bientôt les Anglais, devenus maîtres d'une grande partie de la France, pillèrent et brûlèrent cette ville. Dans la suite, elle se releva de ses ruines; et on la voit encore, en 1415, résistera ses ennemis; mais le faubourg Saint-André devînt alors la proie de l'incendie. En 1430, le maréchal de Boussac assiégea et prit le château à la tète d'une aimée avec laquelle il venait de délivrer Corupiegne. Elle fut reprise par tes Anglais, et de nouveau rendue à la France par le brave La Hire, qui, fait prisonnier par les Anglais pendant qu'il jouait a la paume, leur céda cette place pour sa rançon.
Elle revint à la couronne après l'expulsion des Anglais. Au xvi* siècle, elle passa de nouveau sous une domination étrangère. En 1569, Charles IX, qui avait besoin d'argent pour combattre les protestants, qu'il devait plus tard faire égorger, aliéna celte ville française en faveur du duc de Brunswick pour une somme de trois cent soixante mille livres. Trente ans après, la duchesse de Brunswick la vendit à Charles, duc de Lorraine. Elle revint ensuite à la France ; et l'on voit, en 1615, le prince de Coude mécontent de la cour, s'y jeter à lit téte de quelques troupes et s'y fortifier. Telles sonl les fortunes diverses de cette ville.
Clermont, longtemps compris dans les limites de la Picardie, fut postérieurement réuni au gouvernement de ITIc-de- France. Il y avait une maîtrise des eaux et forêts ; c'était le chef-heu d'un bailliage, dans le ressort duquel on comptait près de deux cents paroisses ; la coutume, d'après laquelle le bailliage était régi avait soixante-dix-huit articles, c'était une des plus anciennes qui eussent été écrites.
Clermont, vu de la route de Beauvais, offre les apparences d'une assez grande ville. Son château, qui frappe d'abord 1rs regards, est un édifice ancien , et d'une construction remarquable : il est situé sur le sommet de la montagne. De ce point,
* VU à$ Guitert J* .\vftnl. Il v i, tb»p. vu.
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
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la vue embrasse une étendue considérable de pays. On peut, «lit-on. y compter le* territoire* de trente paroisses, quinze montagnes, et dix-huit parcs ou forêts. Au pied du château est In promenade de la ville, nommée le Calellirr.
Clermont possède un marche fort important, pour les grains surtout. Il y a peu d'Insdu trie: mais ses environs sont très-bien cultivés; la Hresche baigne le bas de la montagne de Clcrmonl ; le pays produit du blé, des légumes et des fruits. On estime que la seule récolle des cerises donne one somme d'environ quatrevingt mille francs. Il y a aussi quelques vignobles. Au sud de Clermont est la vallée dorét, ainsi nommée a cau«e de ses riehe>ses agricoles : elle s'étend jusqu'à Creil. Au nord de Clermont, la terre est forte et glaiseuse. Près de Fitz-James on fait des briques et des tuiles. La situation de Clermont, qui en fait un lieu de passage pour le commerce de transport de Paris à Amiens, à Compicgne, etc., concourt aussi à sa prospérité.
Cette ville n donné naissance à plusieurs personnages qui méritent d'être nommés': ce sont Chorlcs-le-Bel, roi de France ; Jeun Kernel, célèbre médecin de Henri II ; Jacques Grevin, poète, rival de Ronsard, et auteur d'une ridicule description, en vers, du Beauvaisis, et le jésuite François Magot, auteur, né en i> >•...
Parmi les lieux situés aux environs de Clermont, on peut citer Canettecourt, nommé ville dans un titre de 1303, et où l'on voit encore 1rs restes de vieilles tours; Gicourt à Flouquerolles, où existent parcillcmeut des restes d'un château qu'on dit avoir été habité par Gabrielle d'Estrées, et le village de Fitz- James.
8 VI -Mu.
Village situé sur la rivière de la Bresche, à trois lieues au nord-ouest de Clermont.
Si l'on en croit Adrien de Valois, il est mention de Bulles, sous le nom de Bubulta, dès l'an 1075.
Un Manassès de Bulles accompagna Louis VII à la croisade; dans une lettre à Suger, le roi témoigne tonte l'estime qu'il en faisait ; il mourut en II4S, au combat de Laodicée.
La seigneurie de Bulles appartenait aux comtes de Dammartin.
Pendant longtemps le commerce des toiles de demi-hollande, qui se fabriquait a Bulles, donna une grande importance à ce bourg. « On cultivait, dans les environs une grande quantité « de lins, préférables à ceux de la Frandre : les Flamands et « les Hollandais s'en procuraient à grands frais, pour donner à a leurs toiles la linesse qui fait leur réputation. Le gouverne- « ment français, jaloux de protéger ces établissements, accor- « dait à eeux qui se livraient à la culture du lin des privilèges « qui firent un moment la fortune de ces contrées : si quelqu'un ■ négligeait une année la culture de ses terres, il était permis • a tout habitant de la commune de Bulles ou de ses environs, « de semer du lin dans ses champs, en lui payant, par forme « de loyer, trois livres par mine. Tous ces détails sont attestés c par un règlement de l'intendant de Soissons. fait en 1753 '. »
Les toiles de Bulles se répandaient en France et- surtout en Espagne ; leur principal entrepôt était Beauvals ; on dit que la maison de Goussainville fit souvent, des produits de Bulles, Jusqu'à deux millions d'affaires par an.
En 1751 et 17.13, furent à peu près abandonnées les linlcrcs de Bulles; il parait que les inondations détruisirent les digues qui 1rs protégeaient.
I Mi temps de Cambry, on y comptait encore soixante a quatrevingts tisserand» qui tiraient leur lin Je la Flandre ; et ce pays, si florissant jadis, nourrissait à peine ses habitants.
A Mesnil-sur-Bulles , il reste quelques débris d'un ancien édifice, que les habitants prétendent avoir appartenu aux Templiers ; on y a trouvé beaucoup de médailles romaines.
Le village de la Neuville-en-Hez est très-peu important ; mais près de ce joli village et d'un lieu nommé le Cad/eau, on voit [es restes d'un aqueduc de construction romaine ; on y n trouvé un vase de cuivre antique et plusieurs médailles. Près de là, dans le lien nommé l.es Brûlés, on a trouvé aussi treize à quatorze cents médailles.
Saint Louis naquit au château de la Ncuville-cn-Hez, le J."> avril 1JI4. Il rut baptisé à Polssy.
' r «mbrj, IhurifUon du 4tptrttmi»l àt l'Oitt, («a, i, p«(c SOt.
S »ll »nln«-Jii«l
^ Bourg situé sur la grande route de Paris à Calais, sur la pente d'une vallée, à seize lieues au nord de Paris.
Ce bourg avait autrefois, dit la tradition, le titre de ville, sous le nom d'Arré; on découvre encore quelques vestiges de ses fosses et de ses murs, a Ils démontrent, suivant Cambry. que « rétendue de cette ville était infiniment plus grande qu'elle M « l'est actuellement. Iles tombeaux, des médailles gauloises et a romaines qu'on y découvre fréquemment, confirment ce que « nous avons dit de son ancienneté ; elle a été détruite à diverse* « époques par les Normands et par les Bourguignons. •
Il y avait anciennement à Saint-Just un couvent de Prcmontrées et un de Cordelières : ces religieuses étaient au nombre de six, lorsqu'on les réunit au couvent d'Amontecive : la plus jeune avait soixante-quinze ans, et la plus âgée quatrevingt-dix-sept.
« A la naissance d'un enfant, dit Cambry. les femmes font « de longues dissertations sur ses ancêtres, citent des anecdotes « merveilleuses, consultent lesortsurson état futur,el, comme « les fées du temps passé, prédisent quelles doivent être ses « qualités physiques et morales.
€ Le mariage est aussi l'occasion d'une réunion d'amis ci de « parents : l'épouse, conduite par son parrain, est ordinairement « vêtu* de noir; après la cérémonie, la mariée reste au pied de a l'autel, jusqu'à moment ou le plu* proche parent de son époux a la prend pour la conduire au lit nuptial. »
Autrefois on fabriquait à Saint-Just beaucoup de toiles : mais les fabriques de bonneterie ont pris le dessus.
A l'ouest de Saint-Just est la trouée de Nourard, à travers laquelle on distingue les clochers de Laon à vingt-cinq lieues de distance, et les tours de Couey-Ie-Cbàtcau, dans le département de l'Aisne.
Montigny, voisin de Saint-Just, est un village dont la plupart des habitants sont maçons ou tailleurs de pierre.
On y voit un fort qui pouvait contenir dix mille hommes. On le nomme Fort Philippe. Il fut bâti par Philippe-le-Bel, dans le temps de ses guerres avec le duc de Bourgogne, alors maître de Montdidler. Dans l'enceinte de ce fort était une tour, à la place de laquelle on cultive, ainsi que dans les fossés qui l'entouraient, de belles plantations de pommiers.
A Montigny, les plantations de pommiers sont réputées biens communaux.
8 VSl -■•liifl».
Bourg et chAteau situé dans une plaine, à peu de distance de la route de Paris à Clermont, et à cinq lieues de cette dernière ville.
Ce bourg fut, à une époque reculée, le chef-lieu d'une seigneurie, qui comprenait dix-sept villages. On ignore la date de la fondation de l'église, ainsi que ci lle de la construction du château. Des seigneurs du nom de Tristan possédèrent d'abord Maignelay; un personnage de cette maison, ayant été fait prisonnier avec le roi Jean, à la bataille de Poitiers, fut obligé, pour payer sa rançon, de vendre sa terre A un membre d'une des familles les plus anciennes de la Flandre : celle «l'Halluin. Plusieurs individus de ce nom furent successivement marquis de Maignelay; en 1580, Henri III érigea le marquisat en duchépairie. De cette famille, dans laquelle était aussi la seigneurie de Pienne,dont quelques membres ont porté le titre, Magnelay passa aux Schomberg. Dans les derniers temps, avant la Révolution, M. de La Rochefoucauld acheta cette terre du marquis de Longeval, qui ne la vendit qu'après avoir convoqué ses vasseaux, et réduit généreusement leurs renies à de très-faibles redevances,en abandonnant lesarrerages quilui étaient dus: noble conduite, trop rarement imitée par les possesseurs féodaux du royaume, et qui seule pouvait écarter l'orage dout ils étaient alors menacés.
L'église de ce village offre un portail qui n'est pas dépourvu d'élégance. Il est décoré de branches de vignes auxquelles sunl suspendues des grappes de raisin. Le bénitier est un chapiteau de colonne d'ordre corinthien. On remarque dans cette enlise quelques statues de marbre blanc : on y voyait autrefois un fort beau mausolée, contenant les centres de Florimont d'Hal luin, mort en 1601, à La Fère. dont il était gouverneur, assassiné par un lieutenant des gardes du duc de Mayenne. Ce inonu ment fut érigé par les soins de la femme de ce seigneur; et il y
HISTOIRE DES KN VIRONS DE PARIS
était représenté dan» le costume de guerre <ln temps. I.a nimbe était m na kf noir, ri la statue <lu défunt en marbre blanc. 6a m u olée a été détruit r-n lfS4.
Le château «le lllolgfïl laj <st d'une construction ancienne. C i i,ni une fortensse comme la p upart de* manoir» féodaux : on y irCxfltudl des < estes de tours; il e»t n. ceint -'e fossés et de murai Us. Au milieu de la<-our est un bas- m, nujourd'hui à sr . ilonl l'eau • tait amenée de Col» rel, et s rvait de fontaine I oblique. Lrxtéieur <ies Uàlim i ls annonçait l'npul nce de Ci u» mh les baillaient. Sur une liante t»ur à droite, dans lu paru. Hij or l'hui ruinée, était un groupe en plomb, n p éventant Judith coupant la tète a Ho ophein-. I.a fi jure avait près df ri 'uf pel» de hauteur; et on l'apeicevalt de Noynn.
On voila M/tien l»y 'eus grande» places, d >n* l'une est ornée de v'ii/ons et île quatre ranuées de hauts peupliers : de la pla<-e on communique par deux alées au bo s de Matgnrlay. qui offre d'agréables promenades; dans ee bois était un ciiéiic. qui. mesuré à quatre pieds au-dessu» de terre, avait quatorze pu ds trois pouce- de tour. A huit lieues de d. statu e on en voyait la cime : il fut vendu mille francs par M. de I.a Roche oueauld. I> IhiIs contenait plusieurs autres arbre* d'une aussi forte dimension ; ils furent coupé» en 1 720, pour servir a la construliontle l'abhayedn Samt-Just.
Il se tient cli «que année a Malgnclav deux foires où l'on vend mvirou sept ou huit mille moutons, et chaque s-m^ine deux marri), s. Les h bilanls sont en mènerai artifsel industrieux.
Laos le m me canton c»t le village de Ftrriirtt, lieu autrefois irés-con»idéraUle. et qui ne MM tient a' jourd tiui qu'environ quatre ccn's liabilams. C <lai' une * ifUteunr p ssedee, d« Us pieniieis temps, par la famil'e des l e Maître qui a fourni l> lus ru » mru.br s distingué» a la ma^KiralurcpaiisM-une, entre autres G Iles Le Maine. | remler président au pariemml, sous les V alois, »ucce»»eurs de François |«». On u» t a F< mères mu colonne portant une croix. avec la date du 1 1*3. Ce village fut ruine |eidant les guéries civiles: et les droits excessifs dont les terre» étaient g-evée» ne contribui-n ir pas pau, sans doute, à pripeiuer la misera de ses habitants. Des litres oui conserve la • ér>e assea eu leuse de cas •!• oïIh : « l' Jet Iojs et ventes a rcgl es RU' le pi d du septième de la vali ur ;
« 7* Lia hannulilé» de pri s» u et dé aura in ;
« 3' Le droit d ép-uiUi.e : il se p rcevait sur chaque porc tué a dan- la commune dont l'épaule droite était due au niuneur;
» 4* Le droit d'alToiiage. qui consistai! en deux pot» de vin « r>us sur chaque pièce de boisson mise eu vente par les calmar retiers ;
.■>• Le dr.iil de rouage : il était dû huit deniers par chaque a | aire de loues qui i xporiait du vin de la commune;
• o* Le droit i e puLeragr, app lé, dans le pan, vilriliajtr; ■ Il é<ait d cinq tout par chaque cheral qui M vautrait dam la « ru» 1 »
Km i îf.o II y eut à Paris des réclamations relativement A ces du e- obnpaiion» : les unanners es»ayerent de s'allranchir du jou^quip' saitsunux : mai le piulemcnldr finis prononça contre eux : t"ii» U-s dr-dls furent ennlirmés, h l'exceptina. cependant du rih Uktf «, que la eu r abolit. Ainsi, vi r» le mi |r«J du xviii" sîé le |e« chevaux purent Impunément te taulrtr d<ms le» rues de Fer. iér< s.
Le village de Dompitrr* se distingue par un usanc singtil er, qui y i xi-t ail fort anciennement : I r-qm- deuv p-isonueseiairni nreusees d adultère, elle» e aient citées à comparait* e. i our le carua-al p ocuain. devant . e qu'on appelait la jwiire d.t (ont J a eet'e é|ioque, le procès eiail burte»qm meni instruit pendant troi dimanctus con é. unfs sur ta place publique; il, lorsiue les accuses éta enl reeonnus eotip<tlile», on lescouil n ii.nl ,i cire
i. uirs soiri Hwnetil u- iminli-g-a» Cette exéeuifou qui l'osé*
rail sur deux manneqi.ins assis indéci minent u'iu» pour luire comprendre, de la façon la plus cl. lire, I m tu» i qu'on voulait punir. app tait un grand concours d h-ilmant -, cl donnait lien a de nombri ux désordres. Cette farce scandaleuse s'est renouvelée cepuis la Uevolutioo.
| IX.— Brrlruil
Petite ville située dans une vnlUe sur la route de Paris a Amiens, a vingt-deux lieues de Paris et à sept d'Amiens.
' Ctabfj, D—ripUtm 4m 4 if m ttmnt 4* Min, Mm i, ff* 14*
Ce lieu elail-il la pnsinon de Bralwpantium mei tUmnée dans un seul monument ancien, dan» Us ( onin cnlaitrs ne César 'îou bien elail-ce Bc uvnis comme l'-in soutenu plusieur» savant", persuadé» que h s Cauliiis. avant la domination j rj naine, avaient de» ville» et niCnu- d s villes c. pitale- f i.'e-t en rai-O'inant d'après ee faux | nno pe qu'ils »onl U mb sdans beaucoup d'erreurs. Les Gauloi» ne I Ali-saient point de» vil c» : ils habitaient de» bourgade» compnsée»d<- chaumières épjir es ; ils a> nient de» op/iida ou lor errsse» dans ksqnil e- ils >e reliraient i n temps de guerre, et qui re»l ienl iuliabi ée» pendant la pa x. Cé-ar qualifie Bratwpantiumàt forteres-e, d'op/iù/um
A un qu 'il de lieue de llrvteuil e t un terrain que depuis longtemps les habitants d>s villagra, voisns ont nommé et nomment encore Hran>u»i«m* : on y a dé" ouvert un g and nombre d'anliqu tés. des iné taille» gaul -ises r| ronn ines. des restes de murailles et des souterrains de e> n>lru> lion antique.
Mah II in pen ait que ce- restes liaient ceux de Rralu-ianlium * : d' A n ville n'est pat eio gné de partager celle upinon ' ; et M. Hou. uni, qui a lomposé un nvmrtre >ur cette positioii gauloise, déclare qu'il est tenté de l'adopter
Toujours esi-il vrai, romme le dit d'AnviUe, que I > po-Hion de Braiiupantium sur ■ es ruines est, plus que tout autic lien, couvrnalile à la marche que U n.iil Ce-ar.
Quand on parvien irait à pr> uver. comme on l'a lente, qu'il existait, dans le Itrabaut, une position de ee nom, cette preuve n'empcchi rail pa» que le te>rain qui avois ne Itrelfuil ne m I 0,1,1 -lu o imiq ié par t'e-ar. Ce terrain es sur la mmclie du conquérant ; cl, qm-n I il serait vrai qu'un nittie Brntu tiutu <e trouvât dans le ItraUaut. ci la ne prouverai) neu contre l'existence du Brntutpantium de- Urll',Tan : dans I- vois nage de llteieuil. plusnur- op/u'r/u ou fortnes«-» un u lois s <ml p rte un nom si.*iublul>le . HOU< pouvons citer pourexe'iiplc le B'tmirH des Ed*>. et le Bthrax > es lit mi: non» connaissons au n oui» deux oppida nommes Grrgucia : celui des Artstrnt et celui i es BliU, etc.
I ii t .. 74, lorsque Henri de Hourbon. premier prince du mua de Coudé, passa à tlnteail • ont il ela Ueigneur, a I n p emlre i o- session a Amiens du gouvernera* RI - e P.oartfiu, un ciné de hrcliuil lui présenta un mémoire sur cette petite ville, il n'ouhlia point de parler de Uralntpaniinm qm. outte le no Ile ttumtutvant. portait sussi celui i c la jour aux U}iritn: « pour « ee que, dit ce cnié. plusieurs irai vu et voyeni encore phuùrmn « apparilio-t eu cetic pl iee. ■ Il ajoute que des rarr er», eu y i denioiissaut les murs de ton lemeul d'un ancien édifier, dé > vrireul une con-truction souterraine qui présent dt une salle longue de quairt-trngts liedsel lar^c de trente; a une exlre uiteseevait un gradin eu façon d autel. But andc» duqu I étaient d» s canaux ou rigoles; qu i I antie extrémité il se moiivaii plusieurs marches ou ilegn-s. Le ruié 1 1 les a in s p •sonne» qui l'ac omp.ignerenl «tans la vi»de décrite i onsluicnon w e rat ite juge eut qu'cl e éta t un tem, le païen. Il ttf* qu'auihssus de cette eons t< ctkM existait, autre ois. a lien r de terre un autre leinple qui avnit elé a!>aliu. I.e p ince de Coudé, avant hesoiu de pierres, III démolir ce soutenuiu : uhu» l'rpais-eur d'une iiraudr miint'He. hs maçons déruuvrin w un vase rempli de médailles impériales '.
De toutes ces no cl de d.ver»es medai'.le» gnul i«es cl
impériiiles dmiuvei ies sur ce lerrain. il nvultc que la ■ la t « ne fi-rt- ies»e ou oppidum i|ui i> t ensuite hnh li e p n' des Romains ou Gallo Hom.uns. le-qttel- y «oiistiuisirenl de» inniee»; et, romane les' plus récent s medaill ► impéii le» dru-ouverte» eu e lieu sont du commeuecniej-l nu v" sievlc, il est iies-pio aide qu'il lui ruine en l'an 4U8, epi-que ou des n> ce de Haiharet foudirem sur la Gaule et sur l'empire romaiu , et détruisirent tout sur leur pas âge.
Lis amateurs d'antiqui<rs ont pu faire une smp'e moi d uh.ei» cinnux en fouil anl ce» ruine». Le pré et du l'éparle— nient de l'Oi-e, «lotit nou» avons déjà i lté la description. Ht explorer' la pl. inc. en diiléients endro t» ; et il rend i omi le ea ce» urme» uu risullai de se* lecbercbrs : « 11 isl un, os»ible,
1 Lib. U, r«p IMI-
' li.nuifi Ur»«0<i mm il. pj(e ISS-
* Vnlrrf Ht fa '>■«'« i itr ( 7 S
v tltnairtt 4e I'ara4rmit 4ti Imteriptiani tl BtUtt-lMtrti, lam. nvm fr»|e 4SI.
• 14 , iH4 , p.jr» t«t.
BI^ÏUinK DES ENVIRONS DE PARIS.
• vins gravure», de donner une i • !«*«- de la muni ude île v i>c* « de foi me élégante que j'iii recuet.hs dans le» fondiez rte Bra- «. tusnance. Je dois faire a >a'v ser l> s lerres cm >toyéi s dans les « po'eries ancienne* du déparlement, d'autant plus rcmarqua- « Me* qu'elles sont encore mi es en œuvre a la Chapelle- mx- « Pois, à S.tignies. etc., a Savigmes surtout ou, quand on « fouille les vlrux |<uiU, on trouve enco e des fragment* .'e « vases pan jU a ceux qu'on recueille en fouillant dans IVnc ceinte de Bratwfanti'-m. On pet voir dans les p'anchesdes c échantillon* de poteries dont j ai phisde n> uf cent» fragment». « Bernard Pnli«s> les nomme lerres sigillées; Ciylos en n fait « graver queli|ues morceaux : on y r- tr- u\e avec plaisir It-s
■ ornenv nts, les mimes, les »nltimhnni|u>s : ec qui nous donne
• quelque idée de l a>t de nos ancélr>s le- vêtements de
a nus ancêtres étaient arrêtas, bou> les, réunis pirdcs agraVs « en formes de poissons, d'oiseaux, par filigranes légers : j'en u ai qui conservent encore I émail dont ils étaient délicatement
• enrichis; t'ai des fleurons de bronze et d'or d'une extrême « finesse, di-s pnlères, des spatules d'argent, de hronne cannelé,
• destinées a l'encen» des >acrilices; des épingles, des cuillers « d'ivoire, des boucles, de* anneaux ciselés, etc. »
On croit, dans le pays, que les débris de cette vaste forteresse M-rv 11 eut h In construction de Breteuil.
Breteuil était nomme Brttolium, Bretnyihm, etc. Ce château, qu'il ne faut | as confondre avec ci lui de ttrt-teml en Kurmandie, avait, au commencement du xi* siècle, pour seigneur le comte Gil'tuin. qui, eu l'an 1020, ayant d'Avesgnnd, evéque du Mans, ach 'té le corps de saint Constate icn. le déposa dans le monastère de Suin'e Marie1, monastère ruiné par les guerns continuelles de ccfe époque. Il le rétablit, lui d -nna plusieurs terres, et le soumit à la direction de Richa d , aube de Verdun.
fii/'/u''n fts**» deux fi|s fjugut* et WaUran%e firent mo'nes au monastère de Saint-Vanins dr Verdun. Hugnr» devin1 évèque de l.anens; et Wafam* Tut nommé ablié de Vanne*. Le pape l.i ni IX, présidant, m» l'an toi», un concile à Reims, déposa Ifiigun» cause de qve'ques crimi s qu'il avait commis; Hugues, d m »| éie, suivit le pipe u qu à home |our implorer sa m séricorde. Arrive i Itoine. et dans un s\node que ce p-pe convoqua, il >c présenta nu et les pic s déchaussés, tenant des verges dont il se frappait, pleurant, poussant des cris lamentalne-, et lécilant un verset des psaumes, l e iape, louché, lui p irdonna et. 'e rélatilit dans sa lignite ; mais eu revenant dans son cvccl'é, Hugues tomba ma'adett mourut*.
Aux cornes de Breteuil d nt je viens de parler, sucée la / bmr l. adonne nu luxe, fort r cherche dans ses vê.rmmU et dans l'arrnnvemcnt de sa eh >elu'C : c'étut un élégant de Ci tin ei nqii . Bi nto<, rougissant de sa coiidunc, il s'adonna, comme sc> prédécesseurs à 'a dévotion, r nonça aux lu ve des habits et a sou comté ; et, se présentant devant s; s amis, il leur dit : a Je a su S I !n r i de B eeuil, jadis comte, jndt.-opul< nt; je ce n -en s » a me condanim r à I exil pour expier mes pccliés. • Puis n •e n tira dans le monaslrre de Crai.d-Moutier, ou il se fit moini ; e- t'e ci.n»cr-i"u s'opéra vtrs I an lOJfi; et son frère WaVran lui su céd i dans le amité de Bieteuil'.
I. a hay rci.itilic par h comte UiUuin, tnri hic du corps de saint Constun'ien, pr spera.
Le cuit" qui lui 'lad ondti a Rrelenll y attirait un grand concours d'habiianlsqui f rent euillés par plu» d'un miracle. Ce»! ainsi qu'en tâSu une femme possedie du malin esprit, ayant été e< n uile à l'atih ye pour invoquer l'aide du saint, « fut telf lement agitée et tminn nlee o ice ui [l'esprit u.aliu), que. a pendant qu'on chautoii les matines a l'heure de m nuit, îl e
■ f l précipitée dan» le puits du clol ru : tu ce p écipice. cctic a femme reelime mon»ii ur -.mil Cmist.inticn ; aussitôt un « cniend le bruit de la chute; I s religieux y accourent, lesquels '< voyant cette femme au fond du puits la retirent saine et
> Oiiibc), bt$criflm» dit Uparltmtnt éi fUiu, loin u, pagr 1*1
* lunt I <Hi«t«(r m lluM" Annmnn rrucofur* de la »Mei$t fl'a«r<THt»«,
nalil, mm i, |. a- lis, u.ut tr rom't U'i4uib, pour ...i.. i fetl* rciiqur, hn iMIg* île (rr<ei In bahiUnt. Oc •••!> cnntlr dt t'.lrraïuiil I un renir perpr- NMBV ilr i »; li*r*.,«« rhjpiirr <lu VI ,m
> //<«f' n'.i rpdttrfirmm t itd**€*iium ; — Rtrutil dtf A,tt. .•»••..« i- Frtmt: !•« il, pane iit.
• I.h itrt d* \«gnl, ctp. is ; Ktrutit de» tulorinx i» franc- , lom. ui.
Mi »»•
« siiave, sans aucune li e-Sorc et du toot dell r-'e du malin a esprit. Depuis, cette femme a vh u au village de « amp'emi, a par le temps de vin-t-quntre ans, rendant grâces à Dieu ri h ■ monsieur s>inl < onsianl en*. •
C'est unahbéde Bieleuil qui fit halir, en l'an Ut«, l'église paroi siale de ci lle prttte ville. Cette 'on alion avait te double but de salist'aiie aux l>esoinsde> li ièlcs. dont le no i.bre s e ait nccni, et de reunr les religieux n cette vie • ■onlemp'atjve qu ils préféraient naturelletnent a l'adniinis ration pertibe des hoscs saintes En 16-iâ. des bénédictins dr la congrégation de Saiut- Maur lurent Introduits c'a' s cette ahb ye.
La seigneurie, après avoir éié pos edée pendant environ un siècle par 1rs descendants de Ciliiuln, dont les noms ligu eut dans l'histoire, notamment à l'époiiue des croi a c». passa en diverses maios. Elle fui livrée. 13A3. au roi de Navarre.
En i -;.'..>, les Anglais assiégèrent la ville, et furent contraints de se reli er. Dans le siècle suivant, el'e se rendit au comte d'Etampes et tut reprise peu de temps après par I aime, qui, en vertu d'une convention avec le duc de Bourgogne, fit dén.oilr le château et les murs dont elle était enceinte. Possédée dans la suiie par la mai>on de M ntmoren y, cette s> Kiicu-ie a -partenait, au temps de Henri IV, au prince de Coudé. Henri, deuxième du nom, la vi ndil au duc de Sully.
Breteuil est en iténrral mal bâti ; et I ou n'y remarque d'autre ed. lice que l'ancienne abbaye. Une grande partie des habitants y exercent la pr<-fe>s'ou de cordonnier : c'i st la principale industrie du pays. I.e canton, qui est traversé par I ■ livieic de l'Aunoy, produit du blé, îles fruits, des légumes, etc. La ( opula'ion est de deux mil e habitants
Le château n'exi-te plus; m;>is II y n peu d'années on montrait encore les este» d'un souterrain, on, si l un en croit i« trndi ion, un seigneur du lieu, nommé tialeran ', fallait ci iciin-rdes femmes ou des lliles de Breleuh qu il a>alt enlexé s a leurs pere* ou a leurs maris, lorsqu'elle» voulait nt lui résister*.
Breteuil est un chef-lieu de canton du dépaitcmcnt Ce
I ih-e
A une demi-lieue de Br. tcuil est k p tit vill ge d' Eiqvrsni»/, «ù I ou r mm que la mni*un d'un fermier que la Irad ttuii dit avoir clé un couvent d1' Temp icr- La porte d entrée et les ca*<s eu sont remarquables, et attestent une construction loit anci'.iini'. g
S « -Allljf.
Plusieurs villes de Krance ont porté le nom d'Aillv; trois dans le seul dépar'emeni de In Somme : l'une à quatie l'aulie a une heue au nord -ouest d'Amiens, la troisième a quatre vers le sud-est de In mémi ville.
La maison d Ailly fut long emps célèbre en Picard e : Robert d'Aillv. dt U Vieu.r, par son mariage, en It4t, avec Ma guérite de Ptequigny, dans la lauiille de laquelle fut de tout lemps le <idame d'Amiens, devint lui-même sei.neur de Piequiguy, et >idamc d'Anueus. Ce vidante resta dans la famille d'Hilly jusqu'en mil), ou Charlotte d'Ailly l'apporta par ma n i.e dans la maison de Chaulms.
Voltaire, dan» sa H'nrnt<te*, a immortalisé le nom d'Ailly par un épi-ode touchant de h bataille <i'l»ry.
Les positi' ns connues dans ce département sous le nom d'Ailly suit di-tinguées par le- dénominations lïAiUy-Uaul- Ctocker, d AiUy-tur-Somuti et d\tu7y »ur-A. y«.