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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
c condamné à être conduit, à une heure de relevée-, avant > <•f près, de la Male-Maison aux fourches patibulaires, où il pa- * raltra nu-pieds, nu-bras, la corde au cou, et les mains liées «'derrière le dos. Des qu'il y sera arrivé, après avoir porté un m des corps sur ses épaules, jusqu'au cimetière de Saint-Denis, « il portera de même les autres corps, successivement les jours c suivants. ■ Le bailli fut en outre condamné à paraître dans la même attitude, c'est-à-dire les mains liées derrière le dos et ! la cordeau cou, dans l'église de Reims, dans les cathédrales de la province, dans celles de Paris, de Sens, de Rouen, d'Orléans, et d'y assister un jour de dimanche nu de fête à une procession solennelle, à laquelle on devait l'aire lecture de la sentence. Pour conserver le souvenir du crime, l'évèque voulut encore
qu'on (fabriquât cinq bassins d'argent, du poids de cinq marcs et de la valeur de soixante-cinq livres, et qu'on y joignit cinq cierges du même poids et de la valeur de trois livres, pour brûler continuellement devant les reliques de la cathédrale; le bailli Tut condamné, en outre, à prêter serment qu'il n'exercerait jamais aucune charge de judicature, et à entreprendre le voyage de la Terre-Sainte, avec défense de rentrer dans la ville uns la permission de l'évèque.
Le corps de ville était étranger à toute cette affaire; cependant, comme les clercs avaient été arrêtés par le prévôt royal de la ville, en conséquence de résolutions prises par le chapitre de la cathédrale, le corps de ville fut obligé de fonder mi chapelles, chacune de vingt livret paris is de rente annuelle : on
VW'ï» Lyoas-U-Forei
voit que l'Église savait tirer parti de tout. Il semble qu'il entêté aussi naturel d'établir la rente en faveur des parents des clercs morts ; parents qui fondaient peut-être sur eux l'espérance de leurs vieux jours.
Amiens fut souvent visité par saint Louis : c'est la que ce roi rendit, en 1364, la fameuse sentence entre les luirons et le roi d'Angleterre. La même année II y signa, avee le roi breton, un traité par lequel il rendit aux Anglais l'Agenais et quelques autres territoires. L'an 1 279. le roi d'Angleterre Edouard, et Phihppe-le-Hardi, fils de saint Louis, signèrent encore un traité de paix a Amiens. Cette ville fut souvent le lieu de rendez-vous donné dans ces occasions. C^est aussi à Amiens qu'É<louard d'Angleterre, en 1329, après bien des difficultés, rendit hommage au roi Philippe-de-Valois, pour la Guienne et ses autres possessions en France : l'élite des deux cours séjourna plusieurs jours à Amiens.
L'an 1 3-to, Edouard, s'étant approché d'Amiens, y mit le feu, et ravagea impunément les châteaux et les villages circonvoisini.
L'an 1846, après la fatale bataille de Crécy, Philippe-de- Valois, suivi seulement de cinq seigneurs, vint, en toute haie, se réfugier à Amiens, où il convoqua les grands du royaume nlln d'aviser aux moyens d'arrêter les progrès d 'Edouard, et de le forcer i lever le siège de Calais; mais toutes ses tentatives u eu-
rent aucun suceès; et, comme Edouard faisait sans cesse de nouveaux progrès, le roi ordonna, avec l'agrément de l'évèque et du chapitre d'Amiens, que de nouvelles fortifications seraient faites à Amiens, autour des faubourgs : l'ouvrage fut interrompu pendant* les guerres , et le projet ne fut rempli que sous Louis XI.
Sous le roi Jean, et pendant la régence de son Ois Charles V, la tranquillité d'Amiens fut quelquefois troublée; mais ce* troubles ne furent que passagers. En 13S7, eut lieu un événement digne d'être rapporté.
• On avait arrêté, par ordre du régent, l'épouse du gouverneur d'Artois et celle du vldame de Poix, qui, tous deux, étaient dans les intérêts des N'avariais.' Ce* seigneurs demandèrent leurs femmes. Le peuple s'y opposa Irrités de ce refus, le gouverneur d'Artois et plusieurs autres chevaliers firent entrer secrètement. plusieurs soldats dans le faubourg , proche l'cgli.'C de Saint- Firmin-à-la-Pierre. Cette troupe se c cacha dans l'hospice de l'abbaye du Gard, entre les nouveaux « murs et les anciens. Dès que la nuit fut venue, ils firent
■ main-basse sur tout ce qui se présenta, et ouvrirent une des
■ portes. Tout fut mis au pillage; quantité de maisons et quel- « ques églises furent consumées par les flammes. Cependant on « sonna le tocsin ; et, les habitants du cœur de la ville s'étant
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
a npp-ochés de la porte Saint-Firmln, le combat r|ui s'y donna « dura longtemps. Encouragés par l'avantage qu'ils rcmportè- « renf. avee le secoue» de Morel de Fiesmcs, comte de Joigny « e' connétable, et du comte de Saint-Pol, gouverneur de la a rrovfore, ils demandaient a poursuivre les Navarrnis : nv»is a Firmin Coqucrcl, flls de Mathieu, qui, en qualité de
■ mnyeur. devait I I mener à l'ennemi, s'opposa a leur réso- « lution : ce qui le t't soupçonner de trahison, le comte de o Saint-Pol, sans le secours duquel la ville é Ml pcnlue, le dé-
0 posa le dernier novembre. Jacques de Sam' Fuseiin, eapic tainede la ville,
a et l'abbé du « fiard, convaln- « eus d'intelligent ce avec les en- « nemis. perdirent • la tôle; et dix- « sept bourgeois
■ furent pendus
1 dans le grand
■ marché pour le o même crime. On u abattit aussitôt « ap'ès tout ce qui « était hors de la « vieille forte - « resse »
Kn i3BO,le connétable de Fiesmes fut dargé du soin de défendre la ville «••m Ire les tentatives de* Ans! ds; et, au mois <l o -tobre, <>n ..lait i. <lan» les anciens faubourgs, b s maisons et les églises dont la position pouvait nuire A la défense de la place.
Fni373,lecorps- <le-v ille reçut du roi fHwrifl V l'ordre d«» contraindre les habitants, lessujels •le l'évoque et ci-ux du chapitre, à tra- » ailler aux fortifleatlnn>, vous peine d'amende.
Le mariage du roi Charles VI et de la trop fameuse Isabcau de Bavière se fli à Amiens, en 1 285. et fut suivi de fêtes brillantes.
On raconte que celtcreiiiesans pudeur se ren lit plusieursfois a Amiens
pour visiter le prétendu chef de saint Juin H.p'iste.
En 1300, la ville fut agrandie du c<Mé desportis de Noyon et de Paris.
Dans le xv* siècle, la ville d'Amiens fut troublée par les discorde» des Bourguignons et des Armagnacs.
En 1417, le duc de Bourgogne, gouverneur de Picardie pour le roi Charles VI, se rendit maître de tout ce pays; la reinemère se joignit a lui contre son (Ils Charles VII. Dès l'an MIS, ce due de Bourgogne s'était tellement mis en faveur auprès des Amiénois. que ceux cl se liguèrent avec lui par un traité signé au mois d'août 1417.
Cependant Charles VI, au mois de juillet, défendit au corps-
I Dtlre, BUMr* it l*t<IU d 'Jan'nu, u». i, pi«< SSt tISM.
Si iii-Uu "i «le It'.iuea.
de-ville de laisser entrer dans ses mur» ce duc ni aucun de ses gens, à moins qu'ils ne fussent munis de ses lettre-; mo'S le parti du due picwdail a Amiens; il, de plus, la reine qui le soutenait, ordonna, le 13 novembre, aux maire et échevin», de lui obéir en tout, et de ne fa re aucun cas des ordres des gouverneurs pl ici s .ar le roi et p»r le dauphin.
Hans le meuv temps, par suite désordres du roi, le-corp*-do ville, qui obéissait alternativement à fou» l<s parti», fit muni, la Mlle de touies les cbo>eg neicvaires en cas d'attaque, et lit abattre 'e nouveau les maisons trop voisines de la muraille.
L'an 1431. Henri V, roi d'Angleterre, séjourna A Amiens avec Ca- Iherire de France, son épouse , et le roi d'Ecosse, son prisonnier, c Lors- « que le roi d'Angleterre ordonna aux habitants de porter leur vaisselle d'argent pour la mon-
■ noyer, il abu<a « de cet ordre en « dépouillant les <• particuliers de a leur argenterie « sans leur en rem-
■ bourser la va-
• leur. Jean de « Luxembourg lui i ayant envoyé la o garnison du « Ouesnoy, il la fit « mourir; it plus u de deux mille au « très p rsonnes
• furent victimes a de sa cruauté.
« En 1433, i on- « tlnuelepérc Daire. le dur de Bedl'ort, régent île France, et le due <le Bourgogne , ennemis déclarés de Charles Ml.
« s'assemblèrent a a Ambns, pour « convenir entre « eux des moyens « de troubler la » Irnuquilliié de
• son règne. La a tuine du royau- « me était leur ob- « jet prineipal, et a tout >c tramait « aux frais du a ni d'Ang eterre.
« Plem, due de Bretagne et Arlusdc Ri"hcmond, fou frère, « s'y rendirent aussi it logèrent a lévèché. Amedée, duc de o Savoie, y i nvoya au si -es ambassadeurs. Ces princes, np ès o de grandes rar-sses réciproques, firent contre le roi une <r alli nce offensive et dérensive. et décidèrent que la «ouverai-
■ ne lé de la couronne demeurerait au roi d'Anale erre. Pour a mieux cimenter cetie nbiance, Jean, duede Bedforl. épousa « Anne, sœur de Philippe, duc de Bourgogne, et Mnrgucriir, c son autre so?ur, fut donnée au comte de Blchcmmid. Après « cette union, ils résolurent d'atta |uer le roi de tous côtés. « Le duc de Bjuruoine choisit la Pic irdie pour son quar- • tier, et la ville d'Amiens M donna quatre mille livres
■ pour faire le siège du Crotrov. »
L'an M34, par traité signé à Arras. le roi Charles VU céda
(oatatiuVK. — Il v PlttM frci» s. liHllill «I O.mp.
«94 HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Amiens au duc de Bouruo^nc. qui vint < n prendra possession p u de temps après. Le roi qui s'était réservé la souveraineté de celle ville, y flt son entré'- solenn Ile en U>n. Al»r» les Anglais étaient maîtres de* châteaux voisins. On les en délogea en 1442.
Charles VU étant mort en 14411, deux ans après, le roi Louis XI retira les ville* rniragee* au duc de Bourgogne, parle traité d'Arras. Amiens rentra sous son autorité ; mais II en lit bientôt cession au comte de Cliarohùs, tils du due de Bourgogne.
L'entrée de ce comte, qui eut lieu en 1460, fut tres-solennelle; et le frère Michel, religieux dominicain, reçut du corpsde-vîlle une recompense pour avoir fait représenter des mystères dans cène occasion.
Cependant, en 1470, Antoine de Chabannes, comte de Dammurtiii. lieutrnaiil-gcncral |x>ur le roi, en Picardie, vint camper près de la ville On lui envoya des députes; le comte les - reçut bien, mois leur lit connaître que le roi voulait que la ville se soumit à lui. « et que si l'on différait, la place aérait détruite,
• de façon que les habitants pourraient »e souvenir longtemps a de leur entêtement. Il leur donna jusqu'au lendemain pour a y rélléchir, et les congédia1. • Les mêmes députés fureut renvoyés de nouveau; et, après quelque» conférences tenues, Ils amenèrent avec eux dans la ville huit seigneurs de la suite du comte de Daminartin. Ceux-ci, après avoir montre le* ordnsdu roi, demandèrent aux habitants s'ils voulaient être bous Erança s et fidèles à sa Majesté ; tous répondirent que oui ; et le même jour le comte fit sou entrée pour le roi ; et, le lendemain, on chanta le T» D*um, pour rcuare grâces a Dieu de cet événement.
De ce. te époque datent Ira privilèges Ira plu* importants de la ville d'Amiens. Pour donner aux habitant* des marques de ta satisfaction, le roi accorda à la ville l'exemption des t uiles comme a celle de Paris; doute cents livres a prendre sur le* aides, pendant six ans, pour réparer les fortifications , et voulut a que les habitants qui tenaient des fiefs ne payassent
■ aucun droit et fussent exempta d'alier faire la guerre au « dehors, à condition de s'habiller et dés armer pour la défense
■ de la vide. Il régla qu on n'introduirait aucune ^aruisou que « du consenti mem des bourgeois; que chaque Muet il y aurait « une franche foire, qui durerait Lui jours; que les habitants a pourraient vendre du sel au profit de la ville, n la charge « d'entretenir les fortifications; que les impositions qu'on levait s dans la vide et les faubourgs, sur la bourgeoisie, pour la « ha*ane. les cuirs, les laines, le* poissons drau douce, etc., « etc., seraient abolies; qu'on ne conserverait que celles du « huitième des vins, eervoises et autres boissons vendues en « détail, duquel huitième il remettrait ta moitié, qu'on perce-
■ vrait les droits ordinaires sur les vins et les draps vendus en
• gros ; >i.i |. bc ail à pied fourchu, etc., etc. • Ces privdeges ,ont iialés de Bcauvaii, du mois ne mars 1470.
Par de nouvelles lettres données à Amboisc la même année, le roi exempta de nouveau la ville de g>ruison, fit remise des im ôl*, déchargea lea bourgeois du ban et arrière-ban, de» droits de francs liefs. de nouveaux acquêts, des rentes viagères et du arrtrugti dut aux partùam du duc J» llourgoyne; des ta i les, de la justice des pre>ôts et de celle des maréchaux.
Eu 1471, il ordonna que la ville d' Amiens demeurerait a jamais unie à la couronne, sans pouvoir en être détachée pour |uelque cause et dequelque manière que ce fut, et, pourexpriut r celle volonté, il douua pour dcwse a la ville : Litiii lesari' viminr jungor: Je suis unie aux lis par un lien indissoluble.
Ijc roi douuu insulte cdre aux magistrats de contraindre le peuple, a quatre lieues à la ronde, de venir travailler aux fortifications, ou ne contribuer à cet tffet. De plus, il permit au corpt-dr-villc de démolir, creuser, traverser tout ce qu'il jugerait convenable : c'est l'époque du dernier agrandissement de la ville1.
Le due de Bourgogne, outré de la reddition d'Amiens, vint camper près de l'abbaye de Saint-Acheul, où il resta pendant six semaines, tirant sur la ville u coups perdus. Il lut obligé de se retirer rans rieu avoir effectué.
Eu 1476, fut conclue a Amiens une trêve de sept ans, entre hdouard, roi d' Angleterre, et Louis XI. Le roi de France
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envoya a Edouard trois cents chariot- du meilleur vin', et fit dre,«ser a la porte de la Mlle deux grandes tables garnies, à chacune desqm Iles étaient cinq I six bom i es à gros vendes, eba-gés de tenir tele à eux qui vou Iraient boire : on offrait des rafraîchissements n tous les Anglais de la suite dÉdouanl; on les défrayait dons les auberge* où ils descendaient; et l'on apprit que, dès huit heures du malin, il y avait déjà eu près de deux cents éeots dans un seul cabaret.
Eu 1483, le loi I ouis \l étant tombe malade, on transporta près de lui des reliques de l'église cathédrale : ce qui ne l'cmpè< ha pas de mourir.
Vers ceUe époque, les mystères de la Passion étaient en grande vo-ue à Amiens.
A I entrée de François I" à Amiens, ea 1617, le canon y tira pour la première fois1.
Amiens contribua pour doute mille livres à la rançon du roi, fait prisonnier devant Parie.
« Sur ces entrelaites, dit le père Daire, Louis Bcrquin. gen- « tilhomine du pays d Artois, étant sorti nés prisons ou il « avait de détenu l'an 1633, pour cause d'hérésie, se retira à a Amiens où il commença d'abord à débiter aeserreurs, au grand « scandale du peuple el du cierge. Pour arrêter ces désordres, t l'eveque se transporta a Paris et, sur ses plalnt<s, le parlement « fit arrêter le novateur, qui fut brillé à Paris le 6 avril 1629. * Voila la première tentative faite h Amiens contre la religion eatbolique-romaine : elle fut suivie de b aucoup d'autres.
Au mois de juin 1646. les rempart» furent garnis d'artillerie, parce qu'on craignait les Anglais, qui avaient fait une descente en .Normandie.
Eu 1547, le roi Henri 11 fit son entrée à Amiens. Sur le passage du roi, on voyait dans les rues des thca'irs, sur le quel» on représenta des mystères, dont Antoine Lemaire et Jean Obry, rhétoriciens, furent charge : on leur donna pour réco npense quarante livres. Le roi recul des présents qui consistaient en huit pièces de vin, en viande de boucherie, en volailler! en gibier. Alors la jeunesse de la ville représentait, les jours de dimanches el de fêtes, dans l'hôul commun de la vtlie, les mystères de saint Jean-Baptiste.
Eu 1660, sous Charles IX, les protestants commencèrent a prendre les armes dans le Brauvaisis et la Picardie. Plusieurs magistrats d'Amiens adoptèrent la réforme; le prince de Coude fil des instances réitérées au mayeur qui était partis m du protestantisme, pour l'euitager à lui livrer la ville; mais ce inagisuat ne voulut rien entendre.
Le il mai de la même année, le roi ordonna qu'aucun hérétique ne pourrait exercer mi religion dans Amiens ni dans ia province. ■ En conséquence, on chas a les reli^ioun tires les
• plus connus; d'autres furent dé osés de leurs emplois ; et, a api ès avoir enlevé chei les libralr. s et brûlé les livres où ■ leurs erreurs étalent semées, on redoubla de soin pour la a garde de la ville. Les armes qui se trouvèrent dans le palais a episcopal furent distribuées aux habitants. On défendit aux a nouveaux religionnaire-« de se trouver (dus de quaire en se i,
• hic: et lévéque était p.utlculieieiiient cliaige d'empëch-r « leurs assemblées, s
Cependant les Huguenots, en conséquence de l'édit de janvier 1662, établirent leur prêche chez la demoiselle Marcel, vis-avis l'église des Auuustius ; mais, le 1 3 mai suivant, la persécution recommença contra les protestants, I.esicur de Picquigny. vidaine d'Amiens, lit en ever des maisons de relie ville les Bibles, les Nouveaux-Testament*, les P-n unes a l'usage des protestants, el les lit biùler sur In place du marché; d forum un attroupement de catholiques, qui se porta dans la mai .on ou se tenait le piêche, démolit cette maison, et fit brûler la chaire du miuistie. Les magistral» ordonnèrent le désarmement des protestants el leur éloiguemeol de la ville. Il y eut de i art et d'autre diverse» violences, el des hommes tués, surtout parmi les protestants qui restaient dans la ville. Il y eut plusieurs actes révoltants, dont je répugne à offrir les détails.
Le ministre protestant lui-même fut pris, et ses meuble* pi lés par le peuple. Les eehcvms protestant* se p avilirent île ces violence»; le ministre fut délivré de prison et le prêche rétabli; et on ordonna d'emprisonner ceux qui avaient attaque
« MimoirH éê Usiwi • at|litrri 4* It i ...»
UISTOIRK DES ENVIRONS DE PARIS
les huguenots : on mit alors plus de deux cents catholiques en pris m
Le uci nicr jour du mois, le cardinal de Bourbon, étant à Amiens, ordonna aux piotestants, sous peine d'être pendus, de sortir de la ville .lans dpux fois vingt-qnatreyieures, ou de rentrer dans le sein ue l'Église. Il obligea en même temps ceux d.ml la religion était suspecte, de faire, dans l'espace de trois jours leur | rofession de loi à I évèque.
Par Miile «lu traite de paix du la mars 1663, Charles IX envo\ h di s cnminis-nires dans les provinces pnir rétablir les religionna<rcs dans leurs bien» ; un proche pour les protestants Tut établi dans le faubouig de Hem par le iieuteranl-ge uéral de ïu province.
<>l codant, en 1666, on eut avis que le roi devait passer par Aiiuens; on prépara tout pour, le bien recevoir; et on lui présenta huit pièces de vin clairet et quatre de blanc, six bœuf gras, dou/.-- luouliins, douze faisans, douze hérons, douze paons, do ze .0.18 d'Inde, douze aigrettes, six cygnes, six butors, six cLogucs, douze chapons gras, douze poulets et six douzaines de cailles '.
Eu ioft8, un couvreur, en plein marché, blasphéma contre la mese, et insulta un prêtre; de la, une émeute populaire : le couvreur fut tué pur les catholiques, qui assommèrent près de cent protestants. Le 13 novembre, le roi accorda le par ion à ces catholiques; et, l'a inee suivante, le prêvlie bâti dans le faubourg du Hem fut mis en vente par les officiers du roi.
Les guerres civiles, et surtout les guerres de religion, attirèrent en France, à diverses époques, beaucoup d'autres désordres. Voici ce qu'on lit dans h- journal de 1 tstmle, sous la fin de Tannée 1674 : « En ce mois décembre), un capitaine Dau- • phinois, nommé Le Gai, qui avait suivi le roi en Pologne, et « a qui sa Majesté avait donne, pour récompense de ses services, « les évéchès de Grenoble et d'Amiens, vacants par la mort du a cardinal de Crequy, vendit à une garce de la cour l'évec-bé « d Amiens, pour la somme de trente mille francs.
Ce honteux trafic des Léuélices ecclésiastiques était alors, et de puis le concordat, fort eu usage.
t es peuples de Picardie, eu 1676, furent les premiers à entrer dans la ligue formée conta- les Huguenots. La plupart des Amiénois signèrent cette union.
Hien ne peint mieux l'état des esprits à cette époque, que le mémoire suivant, rédigé pur un des et- bc vins :
i* Un ne souffrira ni cabarets, ni maisons publiques ou suspectes piès des portes et des remparls, dans la crainte que l'ennemi ne s'y relue pour exécuter quelque projet contraire au bien public;
2* Les ponls-lcvis seront libres, sans être rtteuus par des verrous ; ils seront muwis d une banièie au-dchors de la v ille ; il y aura à choque côié trois cauomiiers pour défendre le passage, qui sera terme par des grilles de fer:
8* Les habitants des faubourgs et villages, a une lieue à la ronde, seront contraints de faire l< guet d'un village a l'autre avec des lanternes suurdes'el des bassins d'airain, dans lesquels il y aura des poids ou des aiguilles, pour aveitir s'il y a des ennemis eu campagne. Ils auront, en outre, des cornets pour donner le signal; et l'ou fera le guet dans ksclocbeis, ou i on sounera le tocsin selon le bc<oin; et, le lendemain, à l'ouverture ues pertes, on viendra donuer avis de ce qui se sera passé dans les environs;
4' Les cabareliers et aubergistes de deux lieues a la ronde, examineront les passants, *' informeront de leurs noms, et eu feront le rapport ;
6* Un bouchera lescbaufoursducôtéde la porte de Montreuil ; on plaet-ia à clmque porte un nombre suffisant de suidais pour dés.ii'iuer et interroger ceux qui entreront, auxquels ou ne n udra leurs armes qu'après les avoir conduits chez le mayeur ou cli»-z un échec in qui leur délivreront le.-, passe ports;
6* Ou choisira cent hommes courageux, qui, au moinare bruit, »e rendront devant l'HolcI-de-Ville, armes de piques d'Espagne, de mousquets, de hallebardes, do marteaux et de haches, afin d'aller, sous la cumiuite de cneis entendu», s'opposer aux surprises, et animer le peuple ;
7. On fera des magasins d'arquebuses, de «.ousquets, de bâtons terres, d'arquebuses à crocs, moutées sur deux brouettes
> Mtyuiru <Ui 4«llk*uU<MU <U U rUi» S'AjaUat.
garnies de sacs pleins ue Liioe, pour s'en barricader selon l'exigence des ras ;
8* Les fêtes et le* dimanches, on fera tirer an mousquet pour exercer les habitants : le coup Juge le meilleur gagnera un vene de trois »ous; ceux qui en approcheront le plus, un verre de deux fous. Dans 1rs jours gras, on construira quelques forts pour en faire de fausses alloues, et divertir, par cet exercice, 1rs rois et le» princes, lorsqu'ils passeront. Ces jeux ne sont pas inutiles; et François I", accompagné des princes, ses fils, lit combattre et makonntr (combattre à coups de poing», taxer), grand nombre d'habitants en sa présence, devant rHôlel-de- Villc;
o» Les dimanches et fêtes, on n'ouvrira point toutes les portes ; et l'on avertira souvent ceux de Pkquigny de bien garder leur passage -,
lu* On contraindra les habitants de faire le serment de bourgeoisie: et l.-s plus aises, en faisant leur premier serment, donneront une arme;
lt» On ne recevra aucun étranger qui aura été banni |K>ur avoir été soupçonne d'être de mauvaise rie;
13* On fera exactement la garde la nui»; et l'on mettra ut.c cloche au-dessus de chaque corps-de-garde, aOn qu'il ne se passe rien dont on ne soit informé.
Cette même année 1 67G, on commença à mettre d»ns les rues pendant la nuit, des lanternes qui n'étaient couvertes que d dtainine.
En 1681, la compagnie det joueur t, de la paroisse Snlnt- Jao<|iies, représenta l'histoire de Tobie; mais, en 1683, un habitant du village de Bouquainville joua une coiixnédie dans la chambre du conseil, en présence du corps di-vill -.
l a même année, au mois de novembre, les habitants du bourg de Brctcuil, tous vêtus de blanc ; el ceux de quinze à seize villages d alentour, au nombre de nlus de Uo'S m Ile des deux sexes, tenant une petite croix de boisa la main et i-hantnnldes prières, vinrent en procession à Amiens : cette troupe fut reçue a la porte de bVauvais par l'évèque. le clergé et les habitants de la ville, qui la conduisirent au travers des rues tapis-é.s, jusqu'à la cathédrale, où l'on avril prépare un nutel dans la nef. pour poser le Saint-Sacrement. Ap ès la cérémonie, les bourgeois. ,i lVnvi l'un de l'autre, logèrent chez eux les pèlerins. qutv le lendemain, après avoir entendu la me>se a la catht.iMÎe, furent reconduits, dans le même ordre, jusqu'à la porte de Beauvais.
En 168-1, on Ht un magasin pour l'artillerie ; et 1 on plaça de nouveaux canons sur les murs.
« Le 16 lévrier 1677, le sieur de Humière. accompagne de «t Jeux ou trois cents chevaux, avec bon nombre de noblesse » picarde, entra dans Amiens, à dessein de forcer les Labilaiits « à signer la Ligue; mais, voyant le peup'e mutiné, et arme « pour repousser la force par la force, il s« retira avec sa « courte honte; et, depuis [1688], les députés d'Amiens vinrent « vers le roi, à Mois, rapportèrent exemption de jurer ei signer « la sainte Ligue, moyennant six mille livres qu'ils promirent « à sa Majesté, qui ne demandait que semblables refus pour ■ avoir de l'argent, a
Los Aiiuénoi» se seraient acquis un honneur éternel s'ils eus- en t persisté dans cette lésolulion; mais, ensuite, placés dans d'autres cisconslances, sons d'à Jtrcs magistrats, entraînés par le cierge, par la noblesse et par l'exemple di s autres vides, h- au mai 1688, ils eurent presque tous la faiblesse ou fireut lu sottise de signer la Ligue, et de lui jurer fidélité.
Bientôt après, le duc d Autnale vint s'emparer d'Amiens; et, le 34 octobre, le duc de Mayenne y fit son entrée ; les habitants qui tenaient encore pour le roi furent insultés, maltraités, mis en pi ison ou chasses.
Alors se tenaient les états de Blois, où fut signé l'édit d'union ; un prédiculeur séditieux annonce a Amiens l'assassinat do cardinal et du duc de Guise, en ajoutant que les dépu ès de la ville avalent éprouvé le mémo sort, quoique réellement ils n'eussent été qu emprisonnes. Le peuple entra d abord en fureur; mais le mayeur parvint à l'empêcher de faire main-basse sur les Huguenots et sur quelque bourgeois que les magistrats avaient fait arrêter comme contraires à l'union : ce majeur fut forcé de rendre les clefs de la ville ; et l'en fit emprisonner un grand nombre de personnes du plus hautrnng, comme otages des députes.
Le. 28 décembre, le sieur Balapny de Cambrai fil dire aux Amiénois qu'il était résolu de venger le sang des princes de 1 luise, cl <'e secourir Amiens de tout son pouvoir; on accepta ses offres, le priant de tenir ses troupes en campagne ; et le 2tt, à son de trompe, on déclara la guerre an roi, avec sommation aux gentilshommes des environs de se rendre dans la ville, sous peine d'être pillés et regardés comme ennemis de la religion.
■ Le It, Saveuse, gouverneur de Dourleng, fut invité h venir « travailler, conjointement avec les maire et échevins d' Amiens, « aux moyens de défendre le pays et la religion. On engagea « aussi 1rs autres villes de h province à envoyer leur» députés. « Claude Hi-u, avocat, fut député a Bcauvais et a Crandviller,
0 afin d'exciter les habitants à s'armer pour venger les cruautés « commises A Blols. On envoya trente arquebusiers à Corbie ;
* trente autre furent détaché» pour se rendre à Moreil ; et l'on « transporta des poudres à Mont lidicr. »
F.n janvier 1589, le sieur d'F.pinay, capitaine de cinquante hommes de pied, et le seiimeurde Seîieval, qui en commandait qn,Ttre-\ itiuts , tenaient la campagne avec d'autres troupes légères, à la solde de la ville. Ce 12, on écrivit une circulaire aux doycus ruraux pour les obliger d'ordonner aux curés de nurs doyennes de publier .m pi»Vc la résolution, prise par h s trois états du royaume, de défendre de tout leur pouvoir la icli'.-ion rathol que. « Le fanatisme était si fort, dit le' père » Dairc, qu'un courrier étant arrivé avec des lettres du roi, on « jeta le paquet dans le feu, sans l'ouvrir, et on renvoya le « courrier A minuit1, »
r.és lors, les troupes de la ville tinrent la campagne, assiéger' nt les châteaux, bloquèrent les villes, et portèrent partout la terreur.
» I c 2 février, le duc d'Aumalc, chef de la Ligne, fit son « entrée dans Amiens ; toute la ville alla à sa rencontre jusqu'au
1 dehors des portes : <>n lui présenta le dais; mais II refusa de « se mct're dessous. Comme il avait été choisi par la chambre i du conseil des états, on écrivit aux autres villes de la pro-
' u vinec pour leur n.aiider d'envoyer leur procuration pour son « élection en qualité de gouverneur et de lieutenant -général. « Pi ridant son sé;our, on fit plusieurs processions publiques. m l e puiple y assistait avec un grand extérieur de dévotion. " l.'s uns étaient vêtus de blanc, li s autres de grottes toiles, <> en signe de pénitence. On les faisait |>our la conservation •< de la religion ; et le duc y as«i ta plusieurs fois pieds nus. > u I c 19, on lit a la cathédrale un service solennel pour les a princes tués A Blois; le corps-de-ville y assista, précédé de <• vingt quatre serpent* de nuit, qui tenaient chacun une torche
• aux armes des (luises. Le chœur était tendu de draps; et
* l'on avait dressé une chapelle ardente de velours. Pour con- « server le souvenir de ce qui s'était passé à Blois, on repré-
• senta cette scène tragique sur deux grands tableaux, qui « restèrent au pupitre de l'église pendant près de six ans.
« Les jours suivants, on lit le même serv ice dans les autres a églises de la ville. Ensuite on lendit des ebaines, on posa « du canon à la Belle-Croix, au Crand-Marché et devant IHAa lel-de-Ville.
• Le 22, on manda à la noblesse du Ponthieu, de se rendre « le 20 A Saint-ltiqu'cr; celle du Beavaisisetdc Breteuil, le 27 ; a celle des prévôtés de Beauquène, de Fouilloy cl de Dourlens, « le 28 ; celle de Corbie et des prévôtés de Vimeu, de Péronne, « de Moutdidicr et de Bove, le 29, afin de se joindre A l'armée, u sous peitie de voir saisir leurs biens, d'être poursuivis et i divlnivs traîtres ;i Dieu 1 1 a la patrie.
a Le 25 mars, fétc de l'Annonciation, le duc d'Aumale fit faire u une procession à laquelle il se trouva avec ses gentilshommes
< et des chantres qu'il avait amenés avec lui. Ils y parurent a les uns et les autres habillés en forme de capucins et couverts i de toile, avec un cierge blanc à la main : leur chant imitait i celui dis Feuillants. Cette procession, que toute la populace i suivait, se rendit à l'église des Célcstins, alors voisine de la
< porte Saint-Pierre.
a l es jours suivants on fit d'autres processions particulière* i dans toutes les paroisses, pour implorer le secoursde Dieu *. » Eu juillet, on imposa une taxe à tout le clergé ; et le lèle
' I' Mtr fft'ilot'ré •(' fit tillt d'Amirnt, un., i, p«(r • M., (M,, !»•»« evi«l»i»tW.
était tel que le chapitre de la cathédrale mit en question si l'on vendrait les chasses des reliques pour payer cette taxe.
Sur ces entrefaites on apprit la mort" de Henri III. cl l'on refusa de reconnaître Henri IV.
La duchesse de l.onguevllle était restée prisonnière a Amiens. Déguisée^ en paysanne, elle parvint à s'échapper: mais, ayant été reconnue, clic fut ramenée dans la ville, ou elle supporta toute espèce d humiliations. Sa présence excita des huées ; le peuple lui jeta de la fange au visage ; on I obligea même à souffler dans le canon d'un pistolet armé ; elle fut ensuite conduite en prison1. Un nommé Barbier, qui avait favorisé son évasion, fut assommé à coups de pierres, et ensuite pendu par la populace, et traîné par les rues.
Cependant le parti de la Ligue s'affaiblissait par toute la France ; et , pendant qu'à Amiens les catholiques prenaient , pillaient el rasalenl les châteaux des environs, on apprit la perte de la bataille d Ivry : ce qui jeta la consternation dans tous les esprits, mais n'empêcha pas les Amiénois de pousser les hostilités avec une nouvelle ardeur. Et, comme les royalistes venaient quelquefois désoler les environs, on lit plus profondément creuser les fossés de la ville; on arrêta tous ceux qui parurent favorables au roi de Navarre; h s maisons des raubourgs furent démolies. On plaça trois pièces de canon devant I Hôtcl-de-Ville et une à la Belle-Croix ; on chargea ces pièces de balles el de têtes de clou ; on mit dans chaque carrefour des arquebuses a croc. Des chaînes furent tendues A chaque pont en dedans de la ville ; l'on arma tous les religieux de piques ferrées ; et la garnison eut ordre de se rendre armée aux églises, lors des matines de la nuit de Noël, afin d'éviter toute surprise. I e duc d'Aumale venait de temps «n temps à Amiens, afin de réchauffer le rèle des habitants pour la Ligue. On défendit sous peine de mort, de tenir des discours favorables au roi de Navarre *.
Les frais et les dépenses continuelles que la Ligue causait réduisirent la ville à un élat déplorable ; et, quoiqu'on eût saisi les biens de tous ceux du parti opposé, on ne trouvait plux de quoi subvenir aux besoins. La misère A laquelle le peuple était réduit aliéna les esprits.
Sur ces entrefaites, le roi accorda maiu-lcvée de la sxisic des biens des ligueurs, A condition de* réciprocité envers ceux de son parti , A condition aussi qu'on ne recevrait aucune troupe dans Amiens, ni dans Abbeville Les habitants d'Amiens, qui commençaient A se lasser de la Ligue et de ses instigateurs, , prêtres ou nobles, frappés de celle prop>sition, ouvrirent Ici ' yeux, et s'aperçurent qu'ils étaient dupes
Le 5 août, les ducs de Mayenne et d'Aumalc ordonnèrent la publie it n» i de la trêve.
Les registres du chapitre d'Amiens font connaître un fuit d'une hardiesse singulière. Un Suisse de la garde du duc d'Aumalc monta, l'épée au coté, au haut de la flèche de ta I cathédrale, lira le coq de son pivot et l'y remit; puis «pré» ! s'être pendu par les pieds, les bras étendus en croix et la tête ! en bas. il se redressa sur le croisillon et descendit tins le ' moindre accident. Singulière manière d'employer les loisirs de la trêve.
Cependant, la trêve expirée au commencement de 159-1, le roi accorda la neutralité aux habitants d'Amiens; mais se< partisans n'étaient pas encore en majorité dans la ville.
Le roi lit son entrée dans Paris; le parti qui, dans Amiens, tenait encore A la Ligue, écrivit aussitôt aux villes de Peronne, Montdidier, Abbeville, Montreuil et Dourlens, pour leur notifier que, malgré le succès du roi, ils n'en resteraient pas BMilM Sdélcs au parti de la Ligue, et qu'ils te défendraient jusqu'au dernier soupir, A moins que le roi n'eût reçu l'absolution du pape.
Mais le duc de Mayenne fit savoir qu'il était dans la rés lutlon de conférer avec le roi, et invita la ville d'Amiens a enj voyer des députés; dés lors le parti du roi y grossit considérablement.
Sur ces entrefaites, Abbeville, Dourlens, Montdidier, Bove et d'autres places de Picardie, se détachèrent de la Ligue. Les ligueurs qui dominaient encore la ville d'Amiens convo nièrent une assemblée composée d'hommes de leur parti, jurèrent et
< Mimrtrtt du dut de Mcvtn.
' ir la tille d'Amieni, SO n»t. M»|.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
prie» ni la délibération de ne jamais recoonaiire le roi de Nature pour roi de France, à moins qu'il ne fût absous par le
Cependant, le 2 juillet, les Amùhiois résolurent de se soumettre au roi : le duc de Mayenne, en étant averti, lit approcher des troupes qui menacèrent de mettre la ville à feu et à sang; mais les bourgeois, loin d'être intimidés, firent sortir les compagnie* étrangères qui se trouvaient dans la place.
Alors le roi ayant embrassé la religion catholique, la ville d'Amiens, le 9 août 1694, à deux heures après minuit, fit ouvrir tes portes aux troupes de Henri IV, qui, le 36 du même mois, fit h») mirée dans celte ville. I) y fut reçu avec toutes les manifestions de la joie la plus franche. L'évéquc et le cierge le reçurent & la porte de Brauvats ; les rues par où il devait passer étaient tendues de tapisseries et le pavé couvert de Heurs. L'artillerie fit de nombeuses décharges, tontes les cloches sonnèrent, et le mayeur et les échevins lui présentèrent le poêle. Le roi trouva sur son chemin plusieurs théâtres; et, d'espace en espace, déjeunes tilles habillées en nymphes lui jetaient des fleurs et récitaient des vers à sa louange. Puis le corps-de-ville lui fit son présent, qui consistait en deux pièces de vin blanc, deux de vin elairet, six faisans, six hérons, six paons, six coqs d'Inde, six aigrettes, six cygnes, six butors, six cigognes, six douzaines de cailles, six gros chapons, trois douzaines de perdreaux, trois douzaiues de bécassines, douze levrauts et douze lapins.
Le roi fut si conteut de cette réception, qu'il en témoigna sa joie dans une lettre à la duchesse de Chatéllerault, en lui disant qu'il se réservait de lui dire de vive voix le grand contentement qu'il en avait. 11 confirma tous les privilèges dont jouissaient Us Amiénois, et y ajouta l'exemption de là gabelle
Ainsi finit le règne de la Ligue.
S ui
De son côté épuisée d
l'Espagne, toujours en guerre avec la France, s et d'argent, ne conservait plus que quelques
emps.
imprévu d'où elleéiaità
retraites, qu'elle savait encore ne pouvoir panier Tel était l'état des choses, lorsqu'un evéner faillit replonger la patrie dans l'abîme de maux d
par les
replonger la patrie peine sortie.
La ville de Dou riens venait d'être prise Cette prise mrttait Amiens à découvert.
Dans ces circonstances, Henri IV proposa aux habitants de recevoir une garnison qui les mit à l'abri d'un coup de main de la part des Espaguo's. Les Amiénois repoussèrent avec hauteur de telles propositions, et refusèrent de recevoir aucune troupe.
Le roi céda; mais la prise d'Ardres et de Calais renouvelèrent ses craintes; il lit de nouvelles tentatives : elles furent également infructueuses.
Cependant les Espagnols méditaient depuis longtemps la surprise de la capitale de la Picardie. rJernand-Teillo-Porto-Carrero, gouverneur de Douiiens , fut celui qui conçut et exécuta ce projet-, il était si petit, disent les Mémoires de la Ligue, que les Français qui virent ses armes, crurent qoe c'étaient celles d'un enfant; mais il rachetait ce défaut par de grandes qualités. Voici, selon Davila', le motif qui le détermina : « Une « jeune veuve, belle et riche, l'avait louché ; il l'avait vue plu- « sieurs fois dans une maison de campagne qu'elle avait prés « de Dourlens. Par un caprice singulier et assez peu vralscni-
• blable, je suis native d'Amiens, lui disait-elle ; je n'épouserai « jamais un homme qui sera soumis à un autre maître que moi ; « si vous voulez m'oblcnir, abandonnez le parti du roi d'Es- « pagne et devenez sujet de la France ; ou , en soumettant
• Amiens a votre maitre, faites-moi passer sous la domination « de l'Espagne : à ce prix je consens d'être à vous, a
Cependant l'entreprise était difficile; et l'Espagne ne pouvait la tenter à force ouverte : la ruse seule pouvait l'exécuter.
Une parfaite tranquillité régnait dans la ville ; on faisait exactement la garde pendant la nuit; mais, le jour, elle était si fort négligée, qu'à peine y avait-il quelques hommes dans le corps-de-garde.
' Lonh-tr-Grof , eo l » I », tttorit k cuit tillr d« prml.nc» qol forffil ron- Srm««, «n MO», par Phlhp|i«-Ai>in»li*, M fa I*»!», par Louis VIII, ne. • «T.rloir» 4tt Mofur, orJM«i</..
L'Espagnol rassembla donc des troupes en secret ; et, rendant la nuit, marcha vers Amiens : il y arriva avant le jour, et fit embusquer ses troupes inaperçue* à la faveur des ténèbres. D'épaisses haies couvraient les premières lignes; ceux qui les suivaient, au uornbre de cent, se logèrent dans la chapelle de Saint-Moutain, située à trois ou quatre cents pas de In ponc de Monstreuil. Le chef de l'entreprise, avec le reste de ses troupes, occupait la Magdelclne, distante, de la ville d'un quart de lieue ; la cavalerie s'était jetée dans nn vallon, où elle se tenait cachée.
Les choses ainsi disposées, Hc-roand-Teillo choisit seize soldats1 dont il connaissait la valeur; quatre officiers se mettent à leur tête, tous déguises en paysans «t en paysannes. Du haut d'un arbre, un des leurs observe le moment où s'ouvrirait la porte de Monstreuil; il donne le signal, et les soldats déguisés se rendent, par divers chemins, à l'endroit convenu, chargés de hottes remplies 1rs unes de noix, les autres oe pommes, etc., comme des gens qui se rendent au marché. Les quatre otficiers conduisaient un chariot1 charge d'éclats de bois, de fascines, et couvert de paille.
Cependant les mesures n'avaient pas été tellement prises que de véritables paysans n'eussent aperçu quelques soldats cachés dans les environs de la ville, cl ne fussent venus eu rendre compte aux habitants et au mayeur d'Amiens; mais celui-ci, vendu en secret aux Espagnols, traita la chose de chimère et n'en tint aucun compte1; sa conduite produisit l'effet qu'il en attendait : elle dissipa toute crainte.
Les soldats déguisés se présentent; l'air d'assurance avec lequel ils répondent à toutes les questions qui leur sont adressées achève de rassurer tout le monde; lorsqu'ils furent arrivés vis-à-vis du corps-de-garde, l'un d'entre eux délia son >ac, feignit de se laisser tomber, et répandit toutes les noix qu'il contenait. Les gens du poste de s'amucr à les ramasser et de se moquer du paysan, tandis que le chariot arrivait sur le pont, et que ceux qui le conduisaient coupaient les ttaits, afin d'empêcher les chevaux de le tirer de la position où ils l'avaient mis, et qui était telle, qu'en même temps qu'il rompait l'effet de la herse, il empêchait aussi qu'on piit lever le pont*. Alors l'un des officiers tire un coup de pistolet pour avertir ses cama-1 rades qu il est temps de sortir d'embuscade.
« Au même moment, il se pousse avec impétuosité sur la « garde, qui, peu redoutable par son nombre et par le courage « de ceux qui la composaient, se trouvait pour lors réduite à « quinze ou vingt hommes; le reste éta t occupé ou a bo rc ou à a se chauffer ; en un instant elle fut égorgée. Trois ou quatre, a plus courageux que les autres, osèrent résister; ils t'étaient a réunis et se retiraient vers les remparts toujou-s en coinbat- « tant; les efforts des Espagnols ne purent les arrêter. 1s luea rent même deux de ceux-ci, et parvinrent jusqu'à la tierce, « qu'ils lâchèrent ; mais, comme elle était faite en façon d'orgue « et composée de poutrillons détachés les uns des autres, elle « ne boucha que les deux côtés : le milieu resta suspendu par « les pieux dont le chariot était chargé, de sorte qu'on pouvait a aisément passer dessous.
« Sur ces entrefaites, deux cents soldats des plus près de la « ville s'avancent jusqu'au pont, brisent la herse, tuent le «i chariot et laissent feutrée libre. Toutes ces choses ne purent a se faire sans beaucoup de tumulte et de bruit; les habitants « des quartiers voisins de la porte de Monstreuil, curieux d'en « savoir la cause, étaient sortis du leurs inaitons. Le petit « nombre des soldats le» avait trompés; et croyant n'avoir q affaire qu'à une potence d'Espagnols, ils s'étaient armés de « tout ce qu'ils avaient trouvé sous leurs mains ; le danger a animait les plus timides. Ils attaquèrent et essuyèrent avec « courage le feu terrible des ennemis. Ce coup de vigueur étonna « les Espagnols .... Dans ce moment une compagnie de cuiu rassier» arriva et ranima le courage abattu de leurs ca- « marades.
« bans la première ardeur, les Amiénois n'avaient point « envisagé le péril ; mais le nombre des ennemis qui auymen-
i OeStrre, L« fhrooiq.e Ro«eB«ire, Hiihieu, lUteni SO, F.r.o 40, DjbicI, 10. Kout «voin Miii le plu» granit rumine. ' D'iibigité, wivt par Daniel, nrgnl* Il i lliilairt éet t/aye.r» d'AHtrillr
IllSTOlKi; DES ENVIRONS DE PARIS.
« tnit. plus de rjuctrc-vingts des leurs étendus sur In place, « le peu d'apparence d'Aire secourus par ceux des mitres quar- « Mers. tout c. la répandit la terreur, et chaeun se sauva vers
• la haute ville.
• Tout y « tait encore tranquil'c;lrmayeur, toujours pnident. a po'ir empêcher que rien ne troublât l'entreprise, avait trouvé a le moyen d'écaler le guet de la lotir du h ffmi. Ouau l on
■ commença a sonner le locin, les ennemis riaient dans 'a
■ tille, et Hcni.m l-Teillo. avec lou es ses troupes, marchait a déjn en bon ordro vers la place. Il traversa sans auerne ré- « slstanc toute la chaussée de îsaint-Lr u. A la rue des Orfèvres, « il d-lacha une partie de sa eavalcrie. et lui donna ordre
• dal'erse ranger en bataille sur le grand marché, et de tenir o en respect tons les quartiers voisins Pour lui, il gagna la h plateau blé: dp la. il envoya une partie de ses troupes se
• poster dans différents quartiers de la ville. Ces petits corp» de
• garde étalent distribués de façon qu ils pouvaient se prêter « un secours mutuel '. •
ha mars 1507, pendant qu'A Paris on se livrait aux plaisirs, aux kvlcts, aux an -* ir i l (s. on apprit, le n de ce mois, la Ulfpffaè d'Amiens. Henri IV, à cette "nouvelle, s'écria : Ce coup eit du ciel I ces pauvres gens pour avoir rrfuté une petite nnrni on que je leur ai voulu bitiller.se sont perdue. Puis, songeant un peu. il ajouta : Cent auez faire le fti de Fmnee: il e$t temps de [air- le roi de Navarre* Sur-le-champ, il lit tout disposer pour son départ
Le gcné<al espagnol, maître d'Amiens, ordonna le désarmement de tous les habitants et le pillage a ses soldats pcmlant trois jours Cette prise et ce pillage furent ■'uni. m plus sensibles au roi. qu'Amiens était alors considérée comme une des villes les plus comme i ça nt>-s et les plus ricins de France
Le roi Henri IV, attaqué au nord de la France par les Espagnols. I était aussi a l'est, du côté du Ilauphiué. par le duc de Savoie; il voyjit, par la prise d Amiens, s'accroître les espérances des mécon ents de tous les partis de l'intérieur Ses Bnapcps, ses arsenaux, ses munitions de guerre étaient en mauvais elat. Il sentit <|ue son sort et le trône des Bout bon'» dépendaient du succès de son expédition. L'activité du roi, le géulc de s»n ministre Sully, pourvurent a tout.
Henri IV donna le commandement rte l'armée du siège au maréchal de Birou, qui établit cm camp Immense où abondait le nécessaire, et même le superflu. Des princesses, des daines de la tour, notamment Gahrielle d'Estrocs, nullrcsse du mi, •lors qualifiée de marquise de Monceau, s'y étaient rendues : Icn soldat* en murmuruienl : le maréchal de litron s'en p aignil au roi, qui lit partir toutes ces dames inutiles a la guerre. Ce camp parut si vaste, si bien fourni, qu'on disait qu'une seconde ville de Paris è-ait nniivel emcnt hA'ie devant Ami-n*.
De s<m côté, l'Espagnol mu en usage, pour tM« ndre sa conquête, tout ce que l'art put lui suggère*; Il fit creuser de nouveaux fossés, établir une écluse qui, rcttnant le bras de l,i Somme qui traverse la partie ba»sedc la ville, pouvait à volonté faire regorger l 'eau et Inonder les fossés et les campagnes voisines. • Pour priver l'armée française des fourrages, on coupa
■ tous les grains assez, hauts pour être abattus ; on gâta le» autres, c Des maisons de campagne, des villages voisins et les fan -
• bourgs de lu ville, ou nous aurions pu nous loger ou nous « Tortiller, furent ra és L'abbaye de Samt-Jean commandait la a ville du côte de la porte de llautoye. elle fut entièrement a ruinée*. » Quoique les vivres ne manquassent point dans la ville on eu fit sortir les bouches inutiles, et l O'ammcut le» habitants qui s'étuient montrés partisans du roi de France.
« La ville d'Amiens est grande : son enceinte est au moins
■ d'une lieue d'éten tu-' ; le côté qui regarde la France, app le a la haute tille, est véparc de la basse ville pur plusieurs bras « de la Somme. Cette d<rniere partie regarde la Flandre ; de « ce «été, la ville se rétrécit cou idéraldeincnt. La haute ville a est un pentagone Irreuulier; la basse ville forme un boyau :
■ ce qui donne au total de la plai e la figure d'une raquette. « Tous les quiirtb s, qui composent 'a basse ville, «ont divisés « par plusieurs petits canaux faits de main d'homme et remplit
i lltlanf Miter! ,'uti «I eri/ifaie», lent H. Uiitoin i» ta mroriae 4Mm.r'l ni , |wfr« SS Cl 'OHeBle» .
• J umal .in rfjmi è* Unn I •'. loae 11, paie **9.
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t par les eaux de la Somme. Cette rivière, ayant baigné une o partie des murailles, entrait dans l'intérieur par quatre « endroits. Dans le temps du siège, comme h présent (1768), ■ Amiens avait quatre portes : ecl'c de Dérivais se trouve a dans la partie de la haute v il v la plus élevée et la plus « méridionale; la porte de Novou est située au levant de la plac»; « ce le de Von 'rescu riait dans la partie In plus septentrionale'; « enfin, la quatrième, appelée de Hautoyc, »e trouvait entre
• celles de Beau vais et de Montreseu. Les fortifications de la a bas>c ville étaient bien plus considérables que celles de la
• haute, là Somme don' ait b-jx habitants la fnc lité d'iuon 'cr e les fosses entre la porte de Noyon et celle de Moutrc>eu et « le» m ii.li- voisins du côté de Bivry. En Rénéral, Amiens « pouvait passer, dans ce temps, pour une ville trèv'ortc : ses a murailles élevées se trouval-nt flanquées de b >ulevards, de a raselis; et. de distance en distance, défendues par îles tours « et par quelques bastions. L'usage des capponics* et des a casemates était alors commun ; on en avait élevé plusieurs, a surtout du côte qui icgnrde la Flandre. Un bon chemin b couvert défen lait ces fortifications; et, pour rendre l'approa cite de la contft Fcar e plus difficile. Hernaad-Tcillo le fit a encore fortifier pendant le siège.*. »
Le roi Henri IV, n'ayant pns assez de troupes pour bloquer la ville, prit le parti de l'attaquer du coté de la Flandre, quoique ce côté fut le plus fortifié. Biron, avec quatre millp fantassins et sept cents chevaux, vint se poster entre Amiens et Dourlens, afin d'empêcher la garnison de lette dernière ville, bien supérieure a ses troupes, de secourir les assiégés sa témérité réussit;. les Espagnols n'osèrent tenter ce qu'ils auraient pu facilement exécuter.
Cependant les troupes françaises se recrutaient chaque jour; elles se trouvèrent cotni lètcs vers la fin de niai; elles s'empareient iln pos'e de la Madeleine, m lis ne purent te garder.
L'armée française se trouvait forte alors de douze a treize mille hommes de pied et de sept a huit mille chevaux; une a- nuée, si peu nombreuse, pouvait difficilement attaquer en même temps les Espagnols dins leurs murs et se défendre des efforts qu'ils se proposaient de faire pour la forcer fc lever le siège. Ou cou me i ça cependant l'nt'aquc; tou'es les troupes furent disi-osées de In manière la plus avantageuse.
Il fut convenu qu'on attaquerait la place, par tianchées, avec toutis les précautions possibles. DV.lleurs. les intelligences qu'avait Biron dans avilie lui mandaient qu une partie trèteou»iilérnble d'habitants, portés pour le roi, n'attendaient .pour agir, qu'un moment favoiable ; que les < onjures se montreraient, des que les Espagnols, occupé» au dehors, sciaient moins vlgilantssur ceux de l'intéiieur. Le plus zélé d'entre eu* était un
sieur i; oyen de la cathédra ■ ; depuis le commencement
du siège, il entretenait une correspondance suivie avec le maréchal.
Les assiégés firent plusieurs sorties et livrèrent îles combats qui n'eurent poui résultat que la pcr'e de plusieu's hommes et le retardement des travaux commencés par les Français ; ces travaux épuisaient tellement les finances du roi, qu'il écrivait a Sully, le 8 juillet : « Je n ai ni habit pour me couvrir, celui a que je porte est tout déchire, ni chevaux dans mes écuries, a ni argent pour faire bouillir ma marmiie : ce sont mes ami» a qui me nourrissent*. »
Déjà les officiers murmuraient hautement, n'étant pas payés; les soldats les initiai- nt et refusaient le service; la désertion devenait chnqucjour p usfré |Ufote : plusieurs canonniersav aient même quitte leur rosir. Ajoutez à tous ce» contre-temps relui de se voir a la veille de manquer de toutes le> munitions de gU' rre. Su ly repara tout. En peu de temps les coffres furent remplis d'argent, le» magasins de munitions; 1rs officier» furent contents et tes soldats payés.
Le 38 Juillet, Us assiégés tirent une sortie vigoureuse et meur-
i Celte porta foi pi» tard eorla«et daaa la citadelle, s m plore foieonaiiui r rr.lf dr Saint- Pierre.
» t-rlll eorpo de sarde rreuae de iiuolre à emq plrdt en U-tfr, poar * plerar quinte ou viogl meutqaeiatref » l'abri, ,o •• de» pJanrl e« a droai enlaaeors djn« le ni-de-ebau«.ee (I ruu«erlr> de lenn : il ne • ele>i.l i|U°eii>iri>n a deui pird< sur le iei-de-el»»iia*ée, el il ««■>> <le« rmhra«> m • par o* .'on n ait.
* V'Uofi *<»(->ri,a»i rl erilifitM, tome n //iilmra dt ta lur/tris* at'i- ■liai, page» St el aulaanlea
» Loure da roi * Sallj. BUUlrt dt la matin dt Btlkaa».
i Çoogle
HISTOIRE PES EWTRONS DE PARIS
trière: mal", ce fui In dernière, parce que leur nombre dini'nuait considérahlement plus encore par br> miladies que pnr le fer des Français. « Les moindres blessures devenaient, par la cor- « ruptinn de l'air régnait dans la ville, mille Toi» plus afn fr< uses <|ue la mort même; ei le> douleurs qu'olh* occasinn- « riaient inspiraient aux plus hardis la crainte et la terreur. « De la, un de nuragement Mal s'était répandu chei tous les a soldats ; et. ce découragement relevant la har liesse des habi- « Untt. on craignit qu il* ne tentassent quelque nouvelle cnb treprisr '. » Laroorlièrc, dans ses Antiquités d'Amiens, préteni :|ue, dans cette crainte, le gouverneur forma le dessein de faire égorger tous les hahilants sur Ifsquels il ne pouvait compter, mais qu'il en fut détourné par le marquis de Moutenègrc : un Mul auteur rapporte ce fait.
Les Français »e rendirent maîtres de la contrescarpe dans les premiers jours d'août. I.a descente du fossé si' lit avec beaucoup de peine : les eapponiers et les casema'e-. dont il élait rempli, en rendaient f approche difficile. Il fallut plus de vingt jours pour en déloger les Espagnols; à peine les avait-on chassés d'un pos'e. qu'il fallait les attaquer dans un outre; en même temps les eaux de la Somme retenues dans l'écluse construite dans In ville, montèn-nt dans les fossés jusqu'à huit pieds de haut. Une partie de nos tranchées furent Inondées: ce contre-temps recoin considérablement la prise de la vilb'.
Cepen ant on intercepta une Irttre du commandant au car dmal Albert, dans laqw Ile il lui disait : c Nous travaillons jour « et nuli a fortitler leravelin; l'artillerie delà ville est j'resque
• hors d'état de servir; quand nous élevons une hniteric. elle « est aussi ôt démontée par celle des assiégeants ; ils ont rm- « porté le chemin couvert, et, dans peu, ils seront aux pieds « d'S remparts *. » Il ajoutait que la garnison, réduite a deux mille fantassins et a huit cents chevaux, pouvant à urine suffire à la gaide d«» ouvrâtes et à tenir en respect les habitants, se trouvait hors d'étal 'le foire des sorties'; a je ne peux plus faire a de sorties, j'y perds trop de monde : Je donne tous les jours
• de nouveaux motifs d'espérance a nos sol 'ats par des lettres
• et des avis que je suppose recevoir de votre altesse, que j'an- « nonce être en chemin depuis un mois : que voire altesse vo'e « à mon secours, sinon elle perdra cette ville. «
Celle Irttre, rendue pulilii|ue, jeta dans tous les cœurs l'espéranrect l'envie desen ndre mnitresde la pince avant l'arrivée de l'archiduc. Les canonniers faisaient nuit et jour un feu m terrible contre le ravelin, qu'en peu de temps la bièche se trou* a praticable : aussitôt l'a- saut fut résolu, et le 24 au soir les Français se mirent en devoir de le livrer.
la première tentative n'eut aucun résultat; le lendemain, l<s Franeais furent plus heureux : ils gagnèrent du terrain sur leurs ennemis. Le quatrième jour, ils emportèrent une partie de In muraille, et ne furent plus séparés des Espagnols que par 'es nouvelles fortification» élevées par ceux- i dans la ville.
Pendant ce* attaques, le cardinal-archiduc, que le commandant de la place d'Amiens attendait si impatiemment, n'arrivait pas: il parvint néanmoins, dans les demieis jours d'août et au commen emi nt de septembre, a rassembL r son armée composée de dix -huit mille hommes de pied et de cinq mille chevaux. D'autre part, I armée française recevait chaque jour des renforts et se trouvait forte de vinut mille hommes de pied et de huit mille chevaux ; parmi bs troupe* nouvellement arrivées a l'armée française, on \ oyait figurer une héroïne qui se faisait nommer It capitaine gntton : cochant, sous des babils de guerrier la 'aililesse de son sexe, elle se fit craindre des ennemis. ■ t eut In gloire, ainsi que quatre de ses compagnes, de faire plusieurs pi i- Minn'er».
Le 4 septembre, le roi fit livrer un nouvel assaut ; mais les assiégés, eomplaut sur l'un i vée du cardinal, firent si bonne contenance, que les Français furent forces a In rcirailc. mai» non sans en retirer un grand avantage : car au travers des toiles qu'on axait tendues des deux cotes du pont, un soldat français, ayant npereu l'ombre d un homme, tira si juste, qu'il renversa celui qu'el e représentait ; c'était Heroand- leillo, l ame de l'aroiéc espagnole, qui, dans le fort de l'action, axant vu ses troupes sur le point de plier, s'était avance pour rani
■ V'l"t'i kiilnriqaiê «I trUùfnn. Ht» " Ritioir» 4* la iurprùt i'Amum», H(* *••.
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mer leur couia^e abattu - il fut remplacé par te marquis de Monlencgre.
.Cette perte fut bientôt compensée parcelle que firent les assiégeants; ils élevai' nt une batterie ; et le urand-maltre de l'artillerie, Saint-Luc, pres-nit lui-même l'ouvrage; au moment où il regardait entre deux n.jdriers qui laissaient entre eux un espaça trcs-étroit, une balle l'atteignit et l'étendu mort sur la place.
I.a charge de Saint-Luc fut vivement sollicitée par les «leor» Monti^ny et Villeroy ; l'un pour lui-même, l'autre pour son fils I. amour l'emporta ; et elle fut accordée au père de la marquise de Monceau. Gabr'clle d Estrées. a condition cependant qu'il ne l'exercerait qu'après le siège, et que jus.pj* la, un autre en ferait les fonctions : faiblesse du ml I qui accordait cette p'acc a un homme évidemmmt incapable de la remplir, au detriiin nt de tant de braves qui versaient leur sang pour défendre sa cause.
Les tranchées construites par les Français furent bientôt achevées et les nouveaux retran hements de l'ennemi attaqués; de part et d'autre on combattait avec un égal acharnement : « un pouce de terrain, perdu ou gagné, coûtait la vie à un « nombre infini de soldats ; la difficulté de la victoire animait a les assaillants. >
Au moment qu'on préparait tout pour un nouvel assaut, on reçut des avis ce/tains de la prochaine arrivée de l'armée du cardinal Albert.
Henri IV, tan suspendre l'attaque de la ville, fit. le 15 septembre, marcher environ trois mille fantassins au-dcvnr.t du corps de troupe* espagnoles qui s'approchait. Les fanta-sins, voyant ce» troupes dont le nombre surpussalt de beaucoup le leur, se replièrent. Le roi leur d donna de revenir sur leurs pas et bs forlida par des troupes nouvelles. Aux premières approche», l'artillerie espagnole fou irova le» Français et le> força a une retraite précipitée; le» ennemis, se croyant va-nqueur», s'avoncèrent près des rctranchein' nts français, et furent situés par une décharge d artillerie qui les déconcerta : ils s'arrêtèrent, et, depuis, combattirent sans «uccês. Le IB septembre, de bon matin, le roi vint reconnaître l'armée espagnole : il la Irt uva rangée en bntnilte pour dé o-jcr. I*» deux armées se trouvèrent à deux mille pas en face l'une de l'autre : elles se mnanu crent pendant septi luit heures; tandis que les chaiiots de| K^pagnols faisaient leur retraiie. plusieurs combats partiel • • m eut lieu sur les bords de la Som ne, où les Français obtinreut toujours l'avantage : le cardinal Albert «'était enfui la mut pré- -d nie . le soir du jnur de la bataille, son année uni a m exemple.
Le 18 septembre, a dix heures du matin, le commandant d'Amiens demanda la permission de faire sor ir deux geniilslionimesqul avaient à parler au duc de Biron. Ap-ès plusieurs déhats. Ils demandèrent .une trêve de d"Uie a quinze heures; renvoyés. Ils revinrent le lendemain ; nouvelle entrevue, nonveaux déhats. Le roi leur accorda six jours pour avei tir le cardinal ; et, s'ils u'etaient pas secourus dans cet intervalle de temps, il» devaient se rendre, armes et bagages.
Le M septembre, la garni-on, n'ayant reçu aucun secours, fut obligée de reudie la place d'Amiens. Voici ce qu'on lit d >ns le journal de l'Fstoile :
■ Le marquis de Monténégro en sortit avec sa carnison: il a baisa la boite au roi, étant à pied et Sa Majesté à cheval, a ayant son sceptre » la main ; et le jour même y en'ra. y I ii>ai ' M de Vie pour gouverneur, avec une forte camison' a
l.es Espagnols sortirent d'Amiens au nombre de deux mille fantassins et sept cents cavaliers; deux cents habitants cl huit cents femmes les suivirent. Il leur fallut soixante chariots pour enlever leurs blesses ei leurs bagage».
La prise d Amiens coûta près de six mt'lions d'écusd'or- mai» cette, prise d< sonna et atterra les conspirateurs, airêla les progrès d'un incendie que les ligueur», priuces ou prêties, commençaient à rallumer en France.
Après la prise d'Amiens, le roi. présentant Biron aux déput a
d- Paris, leur disait : a 1/ un, voilà M. J$ Biro» que j- fan
a coir cofonli'rr* à me* ami* tt a mtt enntmu. » t. esi le meo 0 Biron qui fut ensuit* décapi'é.
En moi, les pr.,1 stants firent signiller au h .11 1 d' Amiens un
l Jtiurnai 4a r»j«» *t Mrari IW, tan* II, MC* **' iMTWi
HISTOIRE DES ENVIRONS DR PARIS
arrêt du conseil d'État permettait l'exercic de leur religion dans le faubourg de Hetn ou dans quelque endroit romnicide et voisin de la ville, qu'on devait leur fournir dans l'espace d'un mois; mais l'cvèque, le g nvi rneueet le eorps-de-ville se pourvwrnt contre cet arrêt : il n'eut poiul d'exécution.
Sous Louis XIII. le méennt ntementctlarcnellion les princes occasionnèrent encore quelques trouble* dans Amiens. Ils furent » puisé* par le traité de paix conclu, le 2 mai ICIG, avec les princes ; cefe paix ne fut pas de longue durée.
Henriette de France, sœur De Unis XIII, avant, le tt mai 162», épousé Chanes I", roi d'Angleterre, en parlant pour se rendre auprès de son royal époux, passa dans Amiens. Les m i^istra1» de celte ville lui firent les présents accoutumés, qui consistaient m six paons, six cygnes, six faisans, trente s'X per ri», douze levrauts, douze lapins, dowe lapereaux, Imis douzaines de tourterelles, six douzaines de cailles, trois douzaines de pi.eonneaux, douze ramereaux, douze dindons, s x cbap« ns, douze ramiers, douze gelinotte», douze étnurneaux, (rois douzaines de poulets t->us ces animaux elai< nt en vie. La rem • fut si ch "rmée de ce présent, dit le père Dune, « qu'elle « or.'onna de nourrir ces volailles pour les transporter en m Ang eterre; » sans doute pour se former une basse-cour.
En i ess, le duc d'Orléans, frère du roi, conclut un traité avec l'Espagne contre la France. Le 5 juillet, la France déclara la guerre aux Espaimols. I es ennemis traversèrent la Somme; et l. s Amirno s commencèrent à craindre ; on éleva de nouvelles fo tificalions, et tout fut disposé pour la défense de la ville ; < o> hic était tombé au pouvoir <] s Espagnols; le roi en lit faire ic M<ge. Pendant cé temps le cardinal de Richelieu resta à Amiens.
Depu s celle époque, aucune querelle desro's et des princes ne troubla la tranquillité des habitants d'Amiens; mais cette ville eprouvn des ma heurs d'un autre genre.
le a ma'i iiv.n, un detmr ement de la Somme causa d'affreux ra« a^es dans Amiens ; il romp't ou ébranla la plupart des ponts, détruisit tu e partie de la citadelle, abattit plusieurs maisons de la basse ville. Ce débordement fut si considérable, qu'on allait en bateaux pot ter des vivres aux habitants des maisons submergées. La perte fut évaluée a plus de douze cent mille livres.
En 1668, la peste, qui s'était déjà manlfe^éc souvent à Amie s, se répandit a»cc tant de violence, que, dans l'espace de huit ans. elle enleva p us de vingt mille personnes, sans qu'il lût possible d eu arrêter les propres ; on établit un conseil de >an e; tous le* habi ant* se cotiser- nt pour subvenir aux bc oins dis pauvres; des ecclésiastiques, des médecins furent rmoves par la cour. Le pouvoir des prêtres, la science dis médecins ne d tournèrent poiut cette calamité. Les habitants étaie< t dans la désolation ; le commerce fut anéanti dans celle ville; buit mille ouvriers qu'elle contrnait encore, sans travail, réduits a la plus s-ande misère, ne vivaient que d'aumônes.
La même année, on ><ivi>a la ville en six quartiers, qui furent pinces sous l'inspection d'autant d echevius.
Eu fflê, le 31 juillet, le moulin à poudre de la porte Saint- Pli ne lit une explosion terrible, qui endommagea deux cents maisons, détruisit «mi rendit les p us volsiues, et causa la mort de plusieurs persoum s.
Eu l On 7 , uu édit taxa la ville à soixante-quatorze raille deux cent cinquante livres pour l'établissement ci l'entretien de trois ctnls hiutenies destinées à l'cclairer pendant la nuit. L'entretien devait coûter annuellement trois mille cinq cents livres. Ces lanternes ne furent posées que le 10 août 1717.
Ikp. is cette é oque, jusiue vers le temps où commença la Kévoiulion, on ne trouve guère dans l'histoire d'Amiens, que di> entrée» >.e rois ou de reines, des Te J)eum chantés en sitme de victoires, des fêtes célébrées m l'honneur de quelque naissance illustre : toutes choses tiès-iinporlantes saos doute au bonheur dis peuples, mais qu'il n'entre pas daus uotre plan de l< cvcloppcr ici.
• I \ - lll.C.lrc .1 »,i,l< ,.4 a. |>.ll« I* llr...lullnn
Avant cette époque, Ain'ens pouvait se preva'oir d'être la capitale 'te ia Picard e, le sié^e d'un evê hé suiïr.igant de Hem-, d'une généralité, d'une élection, d'un prcsdial, d'une jund.ction consulaire, d'une cour des mounaies, et même d'un ^reniera sel.
Elle devint alors la cap'talc du département de la Som in» ; et son évé.'hc releva de 1 > métropole des côtes de la Manche-.
En 1739. cette ville ado 'ta un règlement de discipline militaire, qui fut étendu à tout le royaume.
En «;oi, let-iminol établi daus cette ville fut l'objet d'un, dénonciation à l'A<-seniblée constituante, dans l'nff ire de la presia'ion du serment des prêtres. Cet événement troubla pendant quelques jours la tranquillité d'Amiens.
Le U ianvier I7!)l, une grande quantité d'ecdéslastlqu s . présentèrent pour prêter le serment; mais, pr un acor.l remarquable, tous ' es e-clésinsliques llrent en même temp< p..bl er des écrits contenant taur opinion indiv i uetlesur ce s rmi nt. et ces opinions se trouvaient o'une eonf Traité 1 il t'T.tt. . E les étaieut iutulées Formule du serment prt'tê iwr M. U cm. de
Celte formule, qui avait été envoyée à toutes les municipalités du département de la Somme afin de faire croire aux eccléMastlques étrangers à Amiens que la municipalité du ebeflicu s'en était contentée, contenait une restriction à la formule décrétée par l'Assemblée nationale; et I on avait porté l'a' te ntion jusqu'à intituler les exemplaires distribuées dans la %ii Je, Formule du serment à prononcer, etc. Les autres portaient : Serinent prononré
C'était un pîan concerté, qui aux apparences d'une adhésion joignait la réalité d'un refus.
Le directoire du département, instruit de ces menées, prit un arrêté portant que les auteurs des écrits seraient dénonces à l'accusateur public d'Amiens. D'un autre côté, ce directoire, instruit que les intentions d'un grand nombre d'ecclésiastiques étaient de profiter de l'espèce ii'équivoqucque 'ai suit subsister la loi sur le serun-nt (cette loi panait que les ecclésiastiques qui refuseraient le serment, seraient centis ac-ir renoncé a leurs fonctions) pour cesser h l'instant' et de concert toutes leurs fonctions, chargea la mun cipabté d'Amiens de commettre un ecclésiastique nlin de pourvoir aux besoins du culte '.
A Amiens, les ecclésiastiques qui avaient refu»é de prêter serment voulurent continuer leurs fonctions fus lu'nu retnp'acement : un eoScsiasù iue commis pai la municipalité, s'; opposant, fut assigné devant le tribunal d'Amiens, uu la»o at des ecclcsiastiq' es léfraclaircs prononça un discours qui. suivant le rapport, était combine d'avance ave • le commissaire du roi et avec le tribunal. Le tribunal renvoya l'affaire à l'Assemb ée nationale, mais cependant dérida, provisoirement, qu'attendu « qu'aucun ccelé-ias iqne n'a droit de rem»:la er lits an-iciis a curés avant qu'ils aient d'eux-mêmes abandonné leurs fonc- • tions les curés d'Amiens reprendront Fixer, icc de leurs fouc- « lions, ju»qu'a ce qu'ils aient été remplacé!1. • le comité ecclésiastique trouva la décision juste, mais prétendit qu'il n'appartenait point aux tribunaux de s'initier dans de scmblublcs questions sans le plus grand danger pour la chose publiiue, et reprocha au commissaire du roi d a>oir proies» é publiquement et dit aux juges, sans avoir été interrompu, que la loi du 26 décembre était un piège tendu à la lionne foi des prêtres par une a-semblée politique dont les membres professent battement les opinions les plus anti-catholiques, et d avoir qualifié de lilielle l'arrêté du directoire du département On l'accusait encore d'avoir dit que le serment prête par les prêlrrs réfractaires était le seul qu'ils dus ent prêter, etqu il devait leur acq»érir l'estime de tous es honnêtes gens. Le comité conclut â l'annulation de l'arrête du tribunal d'Amiens, et a ce qu'il fût déclare que la question regardait l'administration du district de cette vjllc.
Ce conflit entre le tribunal et l'administration occasionna un grand débat dans l'Assemldée. L'abbé Maury prit for ement parti pour le tribunal: mais Rarnave prononça un discours très-fort, qui entrulna la majorité, cl tut suivi d'un décret qui ordonna le remplacement des lélractaires.
En i : la société populaire d'Amiens demanda une loi coiitic les provocateurs au meurtre et à l'anarchie; un décret d'accusation contre Robespierre. Marat cl Danton; la poursuite des assassins du 2 septembre; la destitution de la commune de Paris; le rappel de Rulaud; l'abolition du tnbui.nl révolution-
• Rapport faille »J Janvier 1791 a PAMcinWet constituante, sur M. Clut-
•ty, au nom du connu- rcrirtia,lique.
• IknM la IT )nn> ici IT»I
IIISTOIIIR DIS ENVIRONS DE PARIS
nairc. clc. Celte adresse courageu e fut improuvce par la Gui- 1 vent ion '.
Apres le 31 mai, h s députés du département de In Somme flr-Mit uVe protestation poutre et Me journée fatale : cette protestation Tut dénoncée à la Convention par lu commune de Paris.
Quelque temps après, l'arbre de la liberté et le temple de la saisou furent insultés à Amiens : un nouvel arbre Tut planté et dis fêles furent données à cette occasion \
Le 13 germinal de 1 an m (1 avril 1*9."»). une insurrection rut
i a Amiens; le rcpéscntanl du peupl» Blaux et le général ni ba <ére furent hués ; mais ces troubles s'a aiscrent pmmp'ci' nt; et, peu à peu. Amlcn», comme le reste de la France, <• rouva la tranquillité, le bonheur et l'abon an c, compagnies .'un u-oi.v i if :•• ut « tabli -tir h-* principes de la liberté.
C'est à An iens que fut. tn 1802. signé entre h« républiques un taise et batave et l'Espagne dîme part. l'Angleterre de ! autre, le fameux traité qui termina une guerre sanglante de a euf années.
Par ce traité, précédé et suivi de traités avec les autres puissances européennes, la France rentrait dans se* colonies, dont l'Angleterre s'était emparée; conservait la lossession des Pays- Bas air i : hiens, de la Flandre hollandaise, de toute la pariic de l'Al'emagnesituéourln rive gauche, et compi ise entre le territoire balaie, la république helvétique et l' A Isa e; du comtat d'Avignon, de presque tout l'évêehe de Baie, de la Savoie avec CiénesetNice. I.a France conservait eu outre une haute influence dans les affaires de l'Étal de Parme, du royaume d'Étrurie, de la république italienne, des républiques helvétique et ligurienne, de la république baiavc, etc., etc.
Heureux si celui qui tenait alors dans m main la destinée de la France eût su associer aux illu-ions de la gloire quelques principes de Justice et de modération ! mais à peine les premiers bienfaits de ce traité se tirent-ils sentir que le premier consul agita de nouveau le fer du co quéraut, pour replonger In France dans les uuerres destructive» qui ne s'éteignirent qu'avec sa ' puissance.
L'histoire d'Amiens finit ici.
S * — D^wlpllon d l miras
No'is avons déjà dit quelque chose de la position, de la forme et de l'étendue d'Amiens au xvr siècle. Depuis cette époque, peu de changements se sont opérés d m* cette ville.
Le circuit d'Amiens est de plus d'une lieue ; celte ville est belle et bien bâtie; plusieurs de ses rues sont Inrgrs et ornées de belles maisons. Ou y remarque quelques édifices dignes de fixer l'attention. Elle est sur l<s bonis de la Somme, dans une situation agréable. Le terriloire d'Amtens est fertile; et ses habitants sont in Uistrieux et tres-nctifs. Aussi, de tout temps, le commerce y fut-il brillant; on y trouve des fabriques d'étoffes r n lous genres ; il s'y fait de notnbr. uses et d importantes ' expéJttions A miens est le dépôt des produits des manufactures ; non seulement de celle ville, mais de- contré, s environnant! s. Ses négociants achètent aux fabriqu«s les étoffes en éeru. et leur font donuer les apprêts convenables pour les expédier dans l'intérieur de la France et chei l'éirauger. On y trouve un" tribunal de com inerte, un conseil général des manufactures, un conseil de prud'hommes, une société d'encouragement. Parmi les différents objets fabriques dans cette ville, on ne doit pas omettre les pdies d'Amiens ^pàles de canards), célébrés par les ' gast'onomes, et dont il se fait de nombreux envois.
La vide d'Amiens peut être mise au rang des plus florissantes de la France.
Amiens est embelli par deux promenades publiques principales: le RtmfKirt et Y Autoye : la première offre de charmants points de vue. La tradition veut que le fonds ou se. trouve la seconde ait été donné à la ville d'Amiens par une fille, dont le
} testament portait : << Je donne à la jeunesse d'Amiens mon pré « nommé I Auioye, lieu où jadis J'anioye *. a
] Autrefois cinq portes donnaient entrée dans celte ville. On les lommait portes de Noyon, Beauvais, dr l'Hautoyc ou Auo ye. de Saint-Pierre et de Paris. U porte de Paris fut close de n urs vers le milieu du xviu' siècle.
■ MrmUror, ITtS, a., Si.
* Vaatlevr, an M, I7»J , n' IS, »S.
» Pi-iob »«>pnuiÉ.|. r, Oonl l»« rietr.1» p«n>f»t .,•„!• donner |>iplir«Uon.
<ln compte ansai cinq places publiques principales. Parmi les rnouumcnls publies d Amiens, deux nous paraissent mériter une attention pa- tioilière : la Cathédrale et le Beffroi.
Ancn nnement l église de l'abbaye «le Sainl A ht ul était la ralhtiiralt d'Amiens; aujourd'hui l'egl se de Xntrr-Damt jouit de cette prérogative ; elle est regardée comme une des plut belles, des plus grandes et de» mieux bâties de France. Celle éulie fu» commencée en t220. et achevée en I2CD. Elleaquatre cent d x-huit pieds de long dan- œuvre, sur quarante neuf pieds neuf pouces de large, sans y comprendre la croisée. Son éléva- I ion. en dedans du chœur, est de cent vingt-sept pieds. La croisée a cent quatre -vinst cinq ilcdsdc longueur.
Vue de face la cathédrale d'Amiens n'offre rien de remarqunhle; le portail principal est »n gén ral un peu lourd ; les toiirsqui l'accompagnent n'excèdent pus sa hauteur ; mais considérée de profil, elle |>cnt être placé ' an mne de* plus hillts cathédrales de France. I*?s contre-forts surtout ceux du chrrur, sont du travail le plus délicat cl bleu supérieurs a ceux de la cathédrale de Beauvais. C'est sous cet aspect que nous l avons fait dessiner, la Itèche. qui part d- sa toiture d'ardoises, a deux cent un picl de haut, elle est élcée i.'e quatre cent deux pieds au-dessus du sol La charpente de cette flèche est, diton. I œuvre d'un simple ouvrier ehn pi ntier. On remarque dans I intérieur du clocher une cloche d - bois, dont on se servait pour apprler les lidèles à l'oflice pendant la semaine sainte; elle rendait un son a>scz éclatant.
L'intérieur de la cathédrale d'Amiens e>t magnifique; ''ans la tour septentrionale ou montre une petite chambre, de laque le Henri IV vint, dit-on, ob erver les mouvements de l'armée des Espagnols.
On a biauioup parlé de la nef d'Amiens, et elle mérite, à tous égards, les nombreux rlo.es qu'on en a faits : c'est un des plus beaux morceaux que nousaii lègues l'architecture g thique. El-pam-e, belles proportions, solidité: tout se trouve réuni dans cette nef. C'est un morceau parfait d-ns son genre.
Le chœur est beaucoup moins célèbre; cependant il mériterait peut-être de flunrerà en éde celui île Beauvais, si reno mné parmi les ar listes. Il est moins élevé que ce dernier: il existe entre leurs hauteurs une différence d'environ vingt pieds; mat», Q peu'-etre. y a-t-tl de la prévention et même de l'injustice i Wf; vanter l'un excessivement, el a ne run dire de I autre. La su- «V p Torité de la nef peut mu >• au elncur d'Amiens, qui n'ui * doit pas moins être classé j auni les beaux morceaux d'architecture gothique.
Ce qui lui donne encore du prix, c'est la beauté et la richesse du travail des stalles, toutes couvorlcs de sculptures; chacune d'elles « présente un trait de l'Histoire Snin'c Nous avons surtout remarqué comme étant d un excellent travail a-Iles où sont représentées les histoires de Joseph, de Job, de Samsou Le couronnement de ces stalles est dignede l'attention desartistes : deux flèches en pyramide surmon eut deux d'entre elles occupées par le doyen et par quelque autre dignitaire du chapitre.
En général on voit peu de tableaux dans l'église d Amiens, mais beaucoup de stalues, presque toutes remarquables; Us chapelles sont ferméis par des grilles de fer du plus b.-au i lavail, et telles que peu d'églises en offrent de semblables.
Les autres edises d'Amiens méritent peu d être décrites. On comptait autrefois dans celle ville trois collégiales, y coinpiis la cathédrale, dix églises paroissiales, plusieurs abbayes et monastères. Il n'y a plus maintena nt que <|ualre églises.
Le iitffroi d Amiens est une espèce d'ancienne forteresse construite très-solidement, sur In place de l'Hôtel— «le- Ville. Ce vaste bâtiment était surmonté autrefois d'une (lèche gothique asse/ élégante; mais |,. 1 1; avril 1742. cette flt'vlie devint la proie des flammes, et 11 ne resta que la maçonnerie, a Une « partie des prisonniers qui étalent alors renfermes dans le « Beffroi lut transférée à la Conciergerie, mais lu plus grand a nombre se sauva. Cinq de ces prisonniers, dont trois « femmes, avant trouvé la sortie fermée par les flammes, se « réfugièrent dans le cachot le plus profond ; et ils n'en furent « retires que le lendemain, sans avoir souffert d'autre mal « qu'une extrême faiblesse. Le nommé Miuard, qui fut ren- « fermé pour démence dans le Beffroi, fut trouvé, le stirlendea main de l'incendie, dans un cachot d'en haut; il avait appéa lit, mais son estomac était fort affaibli; el on ne comprend « pas comment cet homme put résister a la chaleur, a la fumée
IIISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
« et nu Héraut de nourriture. » Déjà, en 1 552, le Beffroi d'Amiens mail été réduit en cendres, cl la cloche qui sert à Yeffroi fondue pnr un incendie.
ta Beffroi sert encore de prison; la flèche a été remplacée par une coupole d'assez, mauvais jioùt. L'horloge c»t regardée comme un chef-d'œuvre. Elle fut terminée el nos pnr Mauvoisin d'Abbeville. Il parait que cet artiste ou était peu épris de son art, ou ne menait pas une conduite fort régulière ; car, suivant la tradition, il fut enfermé rions le Beffroi pour achever son œuvre; et. en effet, on y montre encore l'établi et les outils qui lui servirent. La cloche qui sonne dans les moments d'alarme pè»c vingt-quatre milliers.
ta citadelle d'Amiens est une construction très-vaste , faite en briques, entourée d'Immenses fossés. Ce bâtiment qui semble former un village eutier , renlerme un grand nombre d'habitants. t
La population d'Amiens s'élève à 41,107 habitants.
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ta ville d'Amiens ne doit pas toute sa célébrité à son commerce et A ses monument». Elle s'e-t aussi acquis un rang; honorable dans la république des lettres par les hommes remarquahles qu'elle a produits , et par l'établissement de son Académie des sciences, arts el belles-lettres, fondée en 1750 par les soins du poète Gressel.
Parmi les hommes remarquables nés à Amiens , il fout citer Pierre-l'Ermile; Jacques Silvius, professeur de médecine; Pierre de Miraulmont. homme docte et grand recbercheur d'antiquités; Jeun Riolan, médecin célèbre; Vincent Voilure; Jacques Kohault . philosophe Cartésien ; Michel Va-cosan , savant et fameux imprimeur; Charles Dufresne du Gange ; Creuset, etc.
Pi' rre-l'Ermlte était un homme extraordinaire. Sa profession fut d'abor : celle di-s armes, qu il quitta pour embrasser la vie érémilique. 11 quitta celle-ci pour celle de pèlerin.
Ver> le commencement du xr* sleelc, l'opinion que la lin du monde approchait était généralement répandue. La frayeur poussa vers Jérusalem un grand nombre rie pèlerin» jaloux de £^ mourir dans une terre sainte, ou d'y attendre la venue du '♦^Seigneur: grands el petits, enfants, vieillards, femme*, tout le jTSnondc courait à Jérusalem. Pierre a'ia aussi visiter la Terre , .» •" Sainte vers l'an 1093. Au retour de son pèlerinage, il parcourut . 'l'Italie, la France et l'Allemagne, prêchant partout, et peignant sous les couleurs les plus vives la profanation des lieux saints, et les rigueurs exercées contre les pauvres pèlerins. Partout fun nt tenus des conciles pour engager les peuples à prendre la croix : c'est à Ocrmont que fut frappé le grand coup : le pape en personne y harangua les fidèles en plein air. promit les indulgences plénières et la rémission des péchés ; et le peuple s'ecria à Tenu : Dieu U veut f Dieu le reuf .'
Pierre eut bientôt a sa suite une foule Innombrable de petit peuple. « Aux fréquents appels de Pierre, dii un auteur conlem- « poiain '. évêques, abbés, clercs, moines et laïques, princes rie « divers pays, tout parut , autant U s hommes vertueux que les « incestueux, les adultères, les meurtriers, les voleurs; entin, « toute In chrétienté, même le- lemmes, guidés par l'esprit de « pénitence, tous joyeux, se mirent en route. »
L'une des premières divisions , composée d'environ quatre vingt mille personnes, presque toutes femmes, enfants, pillards bien plusque soldats, fut conduite par Pierre- l'Ermite lui-même; il se lit précéder d'un gentilhomme Picard, Gautier, surnomme tant avoir, qui commandait un détachement de cette singulière troupe ; il était suivi par un autre corps , sous les ordres d'un prêtre allemand, f ^es troupes lurent encore accrues en route par d'autres vagabonds italiens et allemands. Tous ensemble, marchanten véritable» brlgaeds. sans or.lre, >an» discipline, pillant , brûlant et saccageant le pays qu'ils traversaient, périrent en grande partie par les fatigues, la disette, le* maladii s et par le fer des peuples qu'ils outrageaient Voici le p.-rtiait que fait du général un auteur contemporain * : <* La couleur de sa peau a é'a't tout à fait grossière, son ■ sprit ar tent. ses pieris nu-, sa a taille courte . sa face décharnée; il portail une lu ii|uc sale. a et. partout où il allait , il était moule non sur un cheval ou a sur un mulet, mais sur un àue. a
' Alberto» Aqarou», Ce.l« 0» p«r Franc ., ét ,
• »'.'»« Xabil.on, JiWiocibifici.», lomt i, f*tr Û«.
Lorsque ces premiers croises arrivèrent & Constan' inople, Ils ne se trouvaient plus qu'au nombre de trois mille hommes, qui attendirent la les nouveaux croisés partis sous des chefs un peu plus expérimentés. •
En 1097, quelques-uns des capitaines de l'armée de Godefroy de Bouillon, fatigues de la longueur du siéae d'Antioche, résolurent de prendre la fui<e ; Pierre fut rie ce nombre; mais Tancrèdelui lit jurer. le ne jamais abandonner une entreprise Jont il é ait I àme ; et il continua à suivre l'armée.
On arrive devant Jérusalem; on en f nue le siège; mais, comme ce siège traînait en longueur, que la disette se faisait sentir, que l'eau surtout manquait aux chrétiens, on imagina, pour attirer sur la sainte milice les faveurs du ciel, d'observer un jeûne de trois jours qui furent consacrés a des cérémonie* religieuses. Les evéqnes et tout le cierge, les pieds nus. accompagnes de tout? l'armée en a>mes, firent autour de la ville une procession solennelle, qui vint s'arrêter sur la montagne des Olives Là, Pierre-l'Ermile et un chapelain du duc de Normandie, le cœur enflammé par les souvenirs que leur rappelaient ces lieux, exaltèrent les esprits par des discours pathétiques et véhéments. Aussitôt les haines que se portai, nt quelques chefs s'éteignent; les rivalités cessent: on s'emb-asse, on s'anime mutuellement; les machines frappent les murs, tout plie devant les chrétiens ; et Jérusalem est le fruit de la victoire
ta nouveau patriarche de Jérusalem fil Pierre son vicairegénéral . pendant qu'il accompagna Godefroy, marchant audevant du Soudan d'Egypte, pour lui livrer bataille.
Pierre-I Ermite mourut dans l'abbaye de Neu-Moulier , près de tïui , dont il était fondateur. Son tombeau , situé dans un souterrain au-des-ous de la tour, fut comblé lorsqu'on repara l'église ; et son corps fut transporté dans la sacristie et enf« rmé dans un cercueil de bois.
V oiture naquit avec beaucoup d'esprit , mais de l'esprit corrompu par le mauvais gnûtde son temps; ilfutundes Iteauxespnts de l'hôtel de Rambouillet, membre de l' Académie française, maître des cérémonies et introdu teur des ambassadeurs auprès de Gaston, frère de Louis XIV. Il avait puise parmi les courtisans une vanité qui fut une tache à sa mémoire
Il devait le jour a un marchand de vin d Amiens; el il en rougissait. On le plaisanta à ce sujet; on lui fit à table cet impromptu, le verre à la main :
Quoi! Voilure, lu dégénère!
Hors d'ici, niaugrebi de loi; Tu ne v au : r j s jamais ton père, Tu nt vends du via ni n'en bol.
Il était si sensible a ces plaisanteries, que Bassomplerre disait de lui : « ta vin qui fait revenir le cœur aux autres le fait « perdre à Voiture. »
Il aimait passionnément le jeu et les femmes. Il se vantait d'avoir séduit d.,<ui$ le ireptre jutqu'à la houUtte. Un jour il avait . erdu quatorze cent* louis sur sa paiole. Il écrivit a l'un de ses amis: a Envovez-moi prompiement, je vous prie, deux • cents louis, dont J'ai liesoin pour achever la somme de qua- « torxe cents louis que je peidis hier au jeu. Voi s savez que je « ne joue pas moins sur votre parole que sur la mit nne. Si vous o ne les avez pas. empruntez-les: si vous ne trouvez personne o qui veuille vous les prêter, vendez tout ce que vou> avez, jus- « qu'a voire bon ami M. Paiicquet; car absolument il me faut « deux cents louis; voyez avec quel empire parle mon amitié ; « c'est qu'elle est foi te La vô-re, qui es» encore faible, dirait : « Je vous eupptie de me prêter deux reni» huit, ri roui le pomvex « tant rou» incommoder ; je vont demande pardon ri j'en me ri « librement. »
V oilure, considéré comme litt. rateur . ne s'offre guère sous un asp et plus avantageux, quoique dans son temps il ait été, même par Boilcau . comparé' a Horace.
A moins d'être au rang d'Horace ou de v
On rampe dans la fange avec l'abbé de Pure.
Aujourd'hui on sait à quoi s'en tenir sur le mérite de Voiture ; on a de lui des lettres, dont les plus courtes lui coûtaient souvent quinze jours rie travail. Il s'en trouve quelques unes d'un i aractèic délient; mais elles sont en bien petit nombre. L affectai ion, les jeux de mots puérils , les plaisanteries fades, le» allusions recherchées , les déparent presque toutes. On peut dire à peu
HISTOIRE DES ENVIRONS HE PARIS. 20S
près les mêmes choses de ses poésies ; quelques-unes cependnnt ré mani|uent pas d'une certaine '.'race
Ou Gange (Charles Dufresne, sieur) doit être regardé comme l'un des plus savants histoilens que la Fiance ail produits. Il naquit À Amiens en 1610. fréquenta queli|tie temps le haircao «le I1 n- , mais retourna bientôt dans sa ville natale, où il livra entièrement a l'étude de l'histoire. En 1C68, il revint habiter la capitale. C'est la qu'il publia la plupart <le si s ouvrages, tous empreints de la plus solide érudition. On raconte, à l'occasion de son Glossairtd» la bas>$ latinité, que l'auteur réunit un jour plusieurs libraires dans son cabinet, et, leur montrant un vieux eotTrc pl 'Ce dans un coin, leur dit qu'ils y pourraient trouver de quoi frire un livre, el que, s'ils voulaient l'imprimer. Il était prêt a tiailer avec eux. Il* acceptèrent l'offre avec joie; mais, s'élanl mis à chercher le manuscrit, ils ne touvèrent qu'un tas de petits morceaux de papiers loups au plus" comme le dnjgt , et qui paraissaient avoir été déchirés comme n'étant d'aucun usage. Du Gange, riant de leur surprise, leur assura de nouveau que s n manuscrit était dans le coffre: enfin, l'un des llhriires, cousidrrant plus attentivement ces lambeaux de papiers, reconnut le travail de du r m..-, et s'aperçut ■ u'H n'y avait qu'a les ranger selon l'ordre alphabétique. Il fit l'acquisition du coffre, et publia le Glossaire de la basse latinité.
On ne peut bien connaître les lois, les coutumes, les usages, le langage, les moeurs de nos siècles de barbarie, -ans consulter son Gl»$>air», en sis volumes in-folio, et auxquels Do m Car peniier a ajouté un supplément eu quatre volumes, même format. Ces deux ouvrages, qui n'en font qu'un, offrent d'immenses ressources à ceux qui entrepieudraicnt d'écrire l'histoire de la féodalité et «elle du moyen-âge.
On a île duCange un grand nombre d'autres ouvrages ; notaniii-enl l'histoire de saint Louis, les établissements de ce roi, le conseil de Pierre de Fontaines et plusieurs autres pièces. L'auteur mourut en 1688.
Gresset. ta vie de cet écrivain offre un concours de circon- - I;i:h e- m <-u irres. Il n niuit .1 \ miens en 1709, M fUjésoltei l'âge de sci/.e ans , et soitil de cet ordre à vingt-six, a cause de lYclal que lit dans le monde son poème de Vert~vert ; il devint enl'm chevalier de Saint-Michel, historiographe de l'ordre de Saint-Lazare, fil plusieurs pièces de théâtre, et mourut dévot.
<> Icrf-rrr/, ipi'il C"iii|M»a dans le cioitre, est l'une des critiques les plus ingénie ii'cs de» morurs du cloître. Ce |» « nie est plein de sel , de lacilité et de grâce; Gresset , dit d'Aleu b< rt , fut l'art de deviner dans sa retraite Injuste mesure du badi âge, qui pouvait rendre piquant pour les gens du monde un ouvrée dont le sujet devait leur paraître si futile. On ra onte qu'une nligieuse visiland ne sollicita Gnssct de lui lire Vert-ttrt; Gresset se lit longtemps prier, mais consentit enfin, â condition que la religieuse serait s nie nu parloir. Il se rend en ehVt au jour dit, et commence sa lecture ; arrive a un cudr.ut des p us plaisants, il entend d> nomlrrux éclats de rire , puis, le ri >eau se levant tout-à-coup, il se voit en face de toute la communauté, rangée en cercle, la prieure a la léte; cl l'auteur fut prié de continuer la lecture jusqu'au bout
Venu à Paris, où l'avait devance >a renommée, Gresset y pu* blia plusieurs ouvrages , 1. ls que la Chartreuse , Edouard III , Sydney, et le Met haut , joué avec un très-grand succès, en 1747. Celle pièce serait comptée parmi les meilleures que nous conna s-ons, m l'on y trouvait un peu plus de ce et'* comita qui abonde che* Molière. Du reste, la facilite, la variété et les agréments de la versiticaliou, la vivacité des saillies, la vérité d« s portraits, la pincent au premier rang parmi celles du se cond O'dre ; elle conduisit, en 17 48 . son auteur à l'Académie française.
Mata bientôt, renonçant aux succès du théâtre, il publia une lettre où il peignait les dangers du spectacle. Les htléiateuis d'alors ne virent là qu'ostentation et nypoerisie; el tout le monde a retenu ces ver» fameux de Voltaire, h ce sujet ; c'est le pauvre diable qui parle:
De ver», de pmse el de bonté étouffe, Je rencontrai GrrSSCl dm» un este, Gressel, duiie <lu double privilège D'éire au collège un bel esprit mondain Et il m - le monde un homme de collège; Gresset dévot, longtemps petit badin.
Sanctifie par Ht palinodies :
Il prétendait avec componction Qu'il mil fait Jadis desromedle», Dont à la Vierge il demandait pardon.
—Gresset »e trompe, il n'est pas si coupable; Un «ers heureui et d'un tour agréable
Ne suffit pas ; il (nui une : >,
De l'intérêt, du comique, une fable
Des momr» du trmps un portrait véritable
Pour consommer ret oruvre du démon.
Mai» que Al -il dan» ton afflininn?
.... Il me donna les confit» le» pin* sifta :
1 Quilles, dit-il, les profane» ouvrages;
c Faite» drt ver» moraux contre l'amour;
« Sojei dévot, montrex-vous à la cour. »
C'était la cour de Louis XV, mé ange affreux de superstition et de débauche.
Gresset s'était alors retiré à Amiens sa pairie; il y jouissait d'un excellent emploi de linances, el y avait épousé une femme riche.
Gresset mourut en 1777.