CHAPITRE I
At.FOBT, JIAISOSS, VILLENEflVE-SAlNT-GEORGES, CROSNE, OlÉBtS. BOaTliïHOS, BKUNOY
Après avoir franchi la Marne sur le pont de Charcnton, oii
voit a gauche un vaste établissement, autrefois l'ancien ehâl- au d'Alforl, aujourd'hui VEcole vétérinaire. M. Bertin, min m des finances, avait déjà, en 1761, établi une école vétérinaire i Lyon; en 17 fi l, fut fondée celle d'Alfort. Dans i et établissement on reçoit des élèves nationaux et étrangers; on leur ciwigne l'analomie, la pharmacie, la matière médicale, l'art de gueur les ma adies des animaux, les soins qu'on doit donner a leur traitement, a leur éducation, les proportions qui constituent U beauté de chaque espèce, etc. Des professeurs habiles Tout des cours sur ces diverses parties des sciences.
On y voit un superbe cabinet de zoologie et d'anatomie, ou l'art de disséquer et d'injecter est porté au dernier degré de perfection.
La ménagerie doit aussi fixer l'attention des amateurs d'histoire naturelle : on y conserve plusieurs espèces d'animaux étrangers.
Dans une des salles est le buste en marbre de Claude Bourg'Iat, qui, le premier, proposa au ministre l'établissement de eette école vétérinaire, et qui en fut nommé le premier directeur. Ce buste, qui fut inaugure en 1780, est un ouvrage du sculpteur Unisot.
Sur une des portes de la même salle, on lit ces deux vers :
Dipatrii, purgamus agros, purgamut agrestes; ros, mata de nostris pellite limitibus.
De vastes jardins offrent une précieuse collection de plantes.
Les animaux malades, comme chicus et chevaux , y sont traités avec soin, moyennant une pension.
Lorsqu'en 1814 les troupes étrangères envahirent le territoire de la France et qu'ils menaçaient Paris, les nombreux élève* de cette école, a l'exemple de eux de l'École polytechnique prirent volontairement les armes pour la défense de la patrie.
Ce villacc, appelé aussi Malsons-Alfort parce qu'il n'est qu 'à une demi-lieue d'Alfort, est situé à deux lieues au sud est d Paris, sur la grande roule de cette i ille à Lyon.
Deux églises ou chapelles existaient en ce lieu dès avant le x» siècle. « Mayeul, abbé de Cluny, ayant rétabli la régulanta dans l'abbaye de Saint-Maur-dis-Fossés, vint trouver le ni <r Hugues Capet à Paris, et le pria de subvenir aux besoins ,v « ces religieux, en leur accordant quelques terres, voisines de « leur monastère. Ce prince fit à I instant expédier une charte « par laquelle il donnait à cette communauté la seigneurie d'un a vi Ingc appelé NMiuiOMJ, avec les prés, les terres, les mou- « lins, les pacages, les eaux et leur cours, cl les serfs; de plus. « les deux églises du lieu, dont la principale appelée Mater « Eeclesia, est chapelle du titre de Saint-G.rmalu, ensemble o tout le droit de voirie, otnnem cirariam, dans l'étendue de ce a domaine, chargeant les religieux de prier Dieu pour lui, pour « la reine son épouse et pour Robert, leur (Ils, qui régnaitavec a eux. La date de ce dit lômc est c 088 '. »
Peu de temps après, la nominaliou à la cure, qui avait été réservée à l'évéque de Paris, fut aussi concédée A l'abbé de Salnt-Mnur. Cet abbé eut alors une demeure à Maisons; et la chapelle de Saint-Cermain. dont il vient d'être fait mention, y fut comprise. Il était seigneur du lieu, dont presque tous les habitants supportaient le joug de la servitude. L'abbé rendait li justice. Une pièce du xnr* siècle fait mention d'un homme qui eut une oreille coupée pour avoir \olé uu habit.
1 UHuf, Kme xii, p. R.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Il panlt que l'abbé avait crée quelques fief* dans cette seigneurie. Plusieurs chevaliers ont porté te nom du village. On y vovait encore, au temps de Louis XIV, un vieux château avee deux tourelles, qu'on disait avoir été béti pour la célèbre mal tresse de François I", ou par Henri 11. son (ils. Diane l'habita, dit-on. quelque temps après la mort du dernier monarque; puis, de là, elle se rendit à Anet, où elle mourut.
La congrégation de Saint-Maur vendit Maisons en 164»; et l'archevêché de Paris rentra en possession de ce lieu en 1664. Lorsque cet archevêché fut érigé en duché-pairie, ce village fut nommé, dans les lettres-patentes, comme première terre de ce duché.
L'église de Maisons n'a de remarquable qu'un clocher en pierre, qui parait être du xiv* siècle et de construction anglaise. Les Anglais restèrent longtemps maîtres de ce village à cette époque.
La proximité dn confluent de la Marne et de la Seine rend la position de Maisons avantageuse. Le territoire des environs produit du grain. H y a des pâturage*. On y trouve dea carrières de pierres de liais, dont l'exploitation "est très-productive.
On remarque dans les environs le château de Chartnttmntau, ancien heu appelé Charntontulum ; le Ckdttau-Gaillard; la maison de M. G. Saint-Georjtei.adminislrateur-géneral des messageries royales, dont les janlinssont fort beaux ; mais surtout le domaine d'un de nos plus célèbre» agronomes. M. Ivart, où l'art a rendu fertile et produetif un terrain sableux qui semblait condamné à la stérilité. Us grands travaux que fait (aire chaque année M. Ivart sont un bienfait pour la commune. Robespierre a possédé quelque temps une habitation à Maisons.
Maisons appartient au département de la Seine, arrondissement de Sceaux, canton de Charenton. U forme, avee Alfort une commune d'environ 900 habitants.
Bourg assez considérable situé sur la Seine à quatre lieues au sud-est de Paris.
Ce lieu est très-ancien. C'était au vin» siècle une terre qui appartenait â l'abbaye de Saint-Germain : on l'appelait VUla nota- Ce nom fut simplement traduit dans l'origine par relui de Ville neuve, auquel un ajouta dans la suite celui de saint Georges, patron de l'église du lieu, atin de le dlsiinguer de Villeneuve- le-Roi, qui n'en est pas très-élolgné. Gérard, comte de Paris, sous l.harlemagne, jouissait en cet endroit, d'un péage que le monarque fit concéder a l'abbaye. On voit dans le livre de 1 abbé Irminon, écrit quarante ans après, le détail de tout ce que l'abbaye possédait dans ce village. Il y avait un manoir seigneurial, mamum domimeatum cum cawd, des terres labourables et des bois^ une pièce, dont le circuit était de quatre lieues, et dans laquelle on élevait cinq cents porcs. Le village se composait de soixante mtis ou maisons affranchies ou libres, et de quatorze. maisons de serfs*. II y avait dès lors une église, sans doute sous l'Invocation de saint Germain, ou peut-être de saint Vincent, dont ce lieu prétendait posséder des reliques. Le culte de Saint Georges a été, comme nous l'avons dit ailleurs, introduit en France postérieurement.
C'est de Villenruve-Saint Georges que l'abbaye tirait le vin dont elle usait journellement ; et ce vin parait avoir été longtemps en grand renom.
Au x» siècle, les seigneurs, en appauvrissant la France par leurs brigandages et leurs guerres privées, s'étaient appauvris eux-mêmes. Ils pillaient surtout les biens des églises et des monastères. I«urs supérieurs furent obligés de choisir et de payer d'autres seigneurs pour les défendre. Ces seigneurs choisis étaient nommés dtftn*t«rt ou «roués. Souvent ils pillèrent les biens et opprimèrent les habitant* qu'ils étaient tenus de protéger. Etienne de Garlande et Amauri, comte d'Évreux, étaient, sous le règne de Louis-le Gros, les avoués de l'abbaye de Saint- Germain à Villeneuve-Saint-Grorgt s. la protection de ces avoues étant onéreusv, l'abbé Hugues fit, tn 1 1 38. commutation de ce droit pour une rente annuelle de soixante mulds de vin.
I tlistnin de 4» Sat*l-'ïtrmetn-dti-Prh
» GclUathri,!. tom«vn,ro| »»î.
Villeneuve-Saint-Georges était, au xiii* siècle, on des lieux qui devaient une fois par an le gltc au roi : il fut affianchi de cette servitude, en 1X48. Sur la fin du même siècle, l'abbé de Saint-Germain, ayant voulu forcer les ItabitanU à payer les frais qu'il avait faits pour la guerre de Flandres, fut déboute de sa demande par le parlement, sur ce qu'ils avaient déjà payé le cinquantième et le centième pour cette guerre. Ayant représenté, en 1 40T, que le roi, la rtint et attira eeignture et dame§ de non utof, allant à l'abattement dt la tkaut, avoitnt accouttumi dt logtr à Villeneuve Saint-Gtorgtt, et, aussi, qu'ils étaient obligés de donner à chaque roi de France un dîner pour son avènement, Charles VI les exempta des frais du logement et du repas, par lettres confirmées dans la suite. Avant celte époque, plusieurs rois ont fait quelques séjours dans ce lieu; et plusieurs actes y ont été signés.
En 1468, un hôpital fut fondé à Villeneuve-Saint-Georges. La chapelle portait le titre de Saint-Simon-Sain t-Jude. Cet établissement n existe plue.
En U89, les troupes de la Ligue pénétrèrent par force dans Villeneuve-Sainl-Georges, qui avait alors l'apparence d'une petite ville, et y commirent beaucoup d'excès. Dans le délire du fanatisme qui les agitait, des soldats forcèrent, un vendredi, les prêtres, le poignard sur la gorge, à baptiser des veaux et des cochons, sous le nom de carpes, de brochets et de barbeaux, alla de pouvoir, en liberté de conscience, manger de la viande un jour prohibé. On se plaignit à Mayenne de ces violences: palientone, répondit-il, /ni besoin d'tux pour vaincre {« tyran: il s'agissait de Henri IV.
Au temps de la Fronde, en 16M, sis semaines après le combat de la porte Saint-Antoine, Turenne, voulant prévenir la jonction de Condé et du duc de Lorraine, vint s'établir a la porte même de Villeneuve-Saint-Georges, derrière le bois, dans l'angle que forment la Seine et l'Hières. Condé s'avança et vint se poster é très-peu de distance de l'armée royale. Turenne, après être resté quelques jours dans cette position, se vit obligé de la quitter pour se rapprocher de Paris. Le duc de Lorraine, qui s'était avancé par un autre côté, entra alors dans Villeneuve-Sdint-Georg< ss, et livra le* maisons au pillage.
lie bourg est bâti au pied d'un coteau riant : sur sa sommité ainsi que sur sa pente, on volt plusieurs maisons de campagne enrichies de jardins, dont les habitants jouissent d'une vue très-étendue et variée. Le sol environnant est fertile et bien cultivé. Sur les bords de la Seine existent plusieurs porta, où stationnent des bateaux chargés de vins, eaux-de-vie, bout et autres marchandises pour l'approvisionnement de Paris.
A l'extrémité septentrionale est une raffinerie de sucre considérable. II y a une tuilerie.
lin I«I6, l'association des chevaliers de Saint-Louis avait établi dans ce bourg une maison de retraite pour les veuves infirmes ou pauvres des chevaliers; mais, ces dames n'ayant pas pu vivre en paix, il fallut les séparer et se borner aux secours â domicile.
11 y a dans les environs de Villeneuve Saint-Georges plusieurs maisons remarquables : il faut citer particulièrement le château de Reguregard, situé vers la cime du coteau de Villeneuve, quia appartenu au contrôleur-général Le Pelletier, successeur deColbert. Ce ministre en a fait la description dans une lettre adressée â Rollin Le sénateur et pair de rraoce Vernler, qui a habité ce château, a publié la traduction de cette lettre, et y a ajouté une nouvelle description à laquelle nous empruntons les passages suivants :
a Ce château, placé sur une montagne, aux deux tiers de sa « hauteur, domine le vaste bassin de la Seine, embelli de tout « ce que l'art et la nature ont de plus séduisant. Au-dessous « et au midi de cette habitation, ce fleuve forme une eon- « vexitc, qui, par des détours multipliés, se prolonge de droite « et de gauche à plus de deux lieues de distance, sans rien
• dérober a l'oeil de ses sinuosités.
« Plus loin, au-delà du fleuve, est une immense et fertile » plaine, terminée par des coteaux qui forment un demi -cercle
• concave, très-allongé. Ce« coteaux, couronnes par des vignes, « des forêts, des pares, d< s jardins, des allées symétriques, des « châteaux, des moulins et des villages sans nombre, fixent et
• terminent agréablement la vue.
« De cette habitation on découvre les dômes, les tours et « autres grands édifice* de la capitale, les Montagnes de Mont-
Slî
« ranrtre, du Calvaire, et, du coté opposé, l'antique fanal de « Monl-Lhéry.
« Quoique trè*-élevé, ce château jouit de l'avantage inappre- « ciablc «l'avoir, même dans l»s sécheresses, dis eaux abon- ■ liantes, limpides, s.ilubres et toujours fraîches. Klles alimcn- « lunt non -seulement le château, mais encore I» ferme et ses « dépendances, font jouer deux jets d'eau, et retombent ensuite
lu par cascades dans une rivière anglaise.
m Le parc, d'une assez grande étendue, communique au
' l jardin, et fait le principal ornement de l'habitation : il est « planté, par intervalles, d'arbustes qui forment des berceaux. « d'arbres fruitiers, de vignes, et couvert d'un bois percé par < de grandes allées et de uombreux sentiers en forme de labyn rinthe». •
Les habitants de Villeneuve-Saint-Gcorges sont aujourd'hui moins cre Iules et plus raisonnables qu'ils ne l'étiient autrefois. Ces habitants, lorsque la yelée attaquait leurs vignes, en accusaient leur patron saint Georges, et s'en vengeaient de la manière suivante :
Le jour de la fêle de ce saint, au lieu d'offrandes et de louantes, ils accablaient son image d'injures, la traînaient et la jetaient dans la Seine.
LViistencedeeetusage.au xvr* siècle, est attestée par Robert Eti-nne, et, au xvttr, conllrmée par un savant ecclésiastique, l'nblté Lebeuf. « Vous ave* peut Aire cru, dit-il, dans une >ettre « adressée à l'auteur du Mercure, que les gens de Villeneuve » étaient les seuls qui eussent la hardiesse, le 23 août. de jeter u l'image de leur saint patron daus la Seine ou dans l'auire « peûte rivière voisine , parce que leurs vigne» avaient gelé. » fl cite alors plusieurs autres exemples d un usage pareil, pratiqué en divers lieux*. Il est en effet peu de villages, peu de villes en Fiance et dans les autres étais de l'Europe, où cetle fausse idée de la religion chrétienne, cette superstition dérivée d-i pigsnismc, n'ait été et ne soit encore peut-être en vigueur.
Villeneuve -Saint -Georges appartient au département de Srine-ct-Oisc, arrondissement de Corbeil. On y compte environ 1,000 habitants.
S IV.-Cro.nr
VI liane situé sur la petite rivière d'Hlércs, à quatre lieues et demie au sud-est de Paris.
Ce lieu appartenait primitivement à la paroisse de Villeneuve- Saint-Gcorges; il en fut détaché au nu* siècle. Dans les titres latins, le nom est écrit Crona ou (Jrotna. On a voulu voir l'éivmologic de ce root dans gronna, qui siguilie marécage, suivant Dueange*.
Une chapelle existait alors à Crosne, et elle était dans lu ilependance de l'abbaye de Saint-Germain. C« -lie chapelle fut probablement remplacée, au xiu" sie I . pir l'église aelucll-, qui est dédiée a Notre-Dame. Sur un des piliers à droite est celte inscription en caractères gothiques :
Bonnes gens, plaise vous savoir que l'église de Noire-Dame de Crosne lui dédiée le 1" diman e de juillet mil v c et IX, par révérend père en Dieu, frère Jehan Nervel, cféque de Nagarence, prieur de Saimc-Calhe rlne-du-Vau dea-Ecoliers.
Indépendamment de Notre-Dame, cette église a pour patron saint Eutrope, en grande réputation pour la guérison des maux de tête et surtout des estropiés.
Eu 1248, l'abbé de Saint-Germain exempta les habitants de Crosne, ainsi que ceux de plusieurs autres lieux environnants, d**s droi's de taille et de for mariage. Ce dernier consistait à empêcher les mariages d'un habitant de la seigneurie avec un sujet de la seiuneuric voisine. Les futurs époux étaient obliges de solliciter et de payer cette permission : on prohibait et l'on prohibe encore dans quelques lieux l'exercice d un droit naturel, pour avoir la faculté d'en vendre l'exemption.
Cette terre fut successivement possédée par Philippe de Savoisy, chambellan du roi Charles V, par If fameux Olivicr-lc- Daiin ou le Diable, valet de chambre de Louis XL Ml pllUMUl I membres de la lamille Brulard. par le maréchal d'Arcourl , le duc de Briincas, etc. l-e château fut visite par Louis MU. Il n été détruit lors de la Révolution.
i fhétnm dt nnnrtijvri. i «. r H. Vrrnirr, acuiteur, H07, lo-S. > Jfarrur* i* Fr»net, mai I7SS, p. »»o. ' ftloaa. Ducangli. >»re Grimn*, m -fui lo
L'histoire littéraire de France doit signaler le nom de ce village aux souvenirs de la postérité. Là naquit, le I*' novembre 1 030, le poète qu'on a appelé le législateur du Parnasse français. Son père, Gilcs Bodcau , gre lier au parlement, avait une maison située en face de l'église, « t qui existe encore. C'est dans cette maison que Itoileau reçut le jour et sa première éducation.
Crosne appartient à I arrondissement de Corbeil. Ou y compte environ -100 habitants.
S T.-«ma.
Hourg sitné sur la rivière du même nom, à cinq lieues au sud -est de Paris.
Edera, lledtra, Hetdera, llierra. Erra, Irrya, sont les nom* donnés à ce lieu par les anciens titres. L'abbé Lebeuf aconiectm que. ce nom dérivait d' lledtra, lierre, à cause des forêts qui couvraient les environs de ce lieu. On ignore si c'est le village qui adonné son uom a la rivière, ou s'il la reçu d'elle. On ignore aussi à quelle époque ce village eut une église paroissiale. Cche qui existe encore a pour patrons saint Honcst, prêtre de Pawpelune, de plus saint Loup et saint Luc. Cette église n'a rien dr remarqu.ible. Autrefois, on voyait dans la chapelle seigneuriale, située à coté du chœur, les monuments sépulcraux de Dreux- Hudé qui avait possédé cette seigneurie.
Au xiv* siècle, la seigneurie d'Hieres appartenait à la maison de Conrlciiay ; elle fut ensuite possédée par les Budée. Guillaume Budée, si célèbre par ses travaux pour la restauration des lettres, et à qui François I" doit, en grande partie, son titre de pronrleur ni lettre», le plus glorieux de ses titres, possédait une maison et un jardin dans lesenv Ironsdu château, dont son Mn aîné étnit seigneur, line belle source , qui traversait la petite propriété du savant helléniste, a conservé le nom de Fontaine Budée: on y a placé son buste, avec ces vers, attribués à Voltaire :
Toujours vive, «bon tante et pare. Un doui penchant règle mon cours :
lient r- u t l'ami de ta nature Oui voit ainsi rouler ses jours!
Le château seigneurial, ouvrage du xv siècle, avait été construit en grande partie avec de la brique, et offrait des tourelles et des créneaux. Les armes des Budée se voyaient sur U porte.
Le crédit des seigneurs d'Hières valut h ce village, sous If règne de Louis XI, l'établissement de deux foires annuelles et d'un marché le jeudi de i haquo semaine.
Le bourg d'Hieres peut aussi se prévaloir d'une abbaye di i fille* de l'ordre de saint Benoit, fondée, au mois de lévrier il 33, par une dame nommée Eutiacht de Corbeil, qui donna à cette abbaye des biens considérables , lesquels furent augmen es par la générosité des seigneurs cl du roi» Louis le-Jeune. Mauri.e de Sully, évêquede Paris, eu 1106, vint encore ajouter de nouvelles richesses aux richesses déjà surabondantes de cette abbaye '. Il en résulta des désordres qui remplacèrent la conduite austère des religieuses. Au xv siècle, les guerres avaient amené beaucoup d'irrégularité dans ce couvent et ruiné ses bâtiments. Labbesse Jeanne Allegrin répara un peu ces ruines; mais l'bonueur d'avoir réforme et reconstruit prcsqu'ciitièremenl ce monastère appartient a Marie d'E toutcviile, >eco»dr abuessr triennale. Aux abbesscs triepnalcs succédèrent lesabbcsses titulaires à la nomination du roi : ce fureut de grandes il pompeuses liâmes, nommées par l'intrigue, qui trouvèrent il i les revenus de l'abbaye un moyen d'ajouter à la fortuite de leur famille.
Ces religieuses, d'abord d'une conduite très-austère, s'absu M lent même d'oeufs dans leurs repas; mais cette ferveur ses soutint pas : elles mangèrent des œufs dès le xiv* siècle, et • donnèrent de plus fortes licences. Marie de Pisselcu, dert.i abbesse triennale, d'une famille galante, fut interdite pour s dérèglements.
La Révolution a dispersé les religieuses; mais les hatùncu i n'ont pas subi le sort de [a plupart des édtliccs de ce genre. U * existent encore et sont disposes pour une lilature ou toute au! exploitation industrielle. La rivière traverse l'enclos.
■ Elle» niaient même de* |>ro|.riélét * Paria. I ne mai ton qu'élira pwaeaWe^' au quartier Saiiil-I'aiil a donné leur Dora a B ne rue : ce 11* il et Vmum/Air- i
ou drt .Vonaiiaid'Aiérrf
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. 313
Hièrcs est fitué dans une prairie t<ès-agréablc, qu'arrose et embellit la rivière qui port* le nom de ce bourg. Cette rivière e«t remarquable ; elle ne déborde que rarement, ne pèle jamais, tt dhparalt en quelques endroits, sans laisser de traces de son 10 irs. Bile réparait ensuite pour aller se jeter dans la Seine, à une petite lieue du bourg.
Lescamaldules, dont le couvent est situé à environ cent toises du bourg d' Bières, étaient des religieux ermites, institués en Italie par saint Roumald , en Tau tooo, et qui avaient pris leur nom de la soliiude de Camaldoli, en Toscane, où ils s'étaient établi*. Ils pénétrèrent en Fmnce au xvir siècle; fixés d'abord dans les environs de Tournait , ils vinrent peu après à Hières, où le doc d'Angou'ême, bâtard de Charles 1\ . leur fit construire une maison, à laquelle il annexa une partie de In forêt de Gros- Bois, qui lui appartenait. Dans le cours du siècle suivant, ces religieux, pensant que leur situation actuelle n'était pas celle qui convenait à l'austérité de leur institut, se séparèrent et vécurent, pour la plupart, en véritables anachorètes. Ils vivaient du travail de leurs mains, et fabriquaient diverses étoffes.
Des trappiste» sont aujourd'hui établis dans l'ancienne maison des camaldnles. A peu de dislance, des femmes s'étaient réunies dans une maison pour y vivre soumises à la même règle : elles sont actuellement au village de Valentou , qui n'est pas treséloigné.
On remarque dans les environs d'Wferes plusieurs malsons de campagne agréables : deux surtout qui ont appartenu, l'une au célèbre comédien Dazincourt, l'autre à Mure), auteur de plusieurs poèmes lyriques. Le château de la Grange-du- Milieu, i aussi la Grange-le-Roi, parce que Louis XIII y avait ' quelques constructions pour en faire un rendez-vous de chasse, est d'une belle construction. Il est siloé au c*nlre des bois que couronnent les hauteurs d'Hières; les avant-cours sont vastes et entourées d'une double enceinte de fossés. Le parc, de cent viogl arpents, a été planté sur les dessins de Le Nôtre. Ce château a appartenu à la duchesse de Guise, veuve du Balafré, puis ensuite au maréchal de Saxe, dont il rappelle encore plusieurs souvenirs. Dans les environs de cette belle habitation est le Moni-Oriffon, du haut duquel on découvre Paris.
Bières appartient au département de Seine-et-OLse, arrondissement deCorbeil. On y compte environ mille habitants.
% MMt««rM.
Village situé sor la grande route de Paris à Melun, à quatre lieues et demie de cette dernière ville.
Les anciens titres latins de ce lieu l'appellent Mont Gitonit. On ne sait point l'étymologie de ce nom, ni comment il a été ainsi altéré. On peut croire qu'il a fait anciennement partie de la paroisse de Vignan.llen fui détache vers le milieu du xm* siècle. Quelques parties de I église semblent appartenir à cette époque. Elle n'offre, au surplus, rien de remarquable. Le Grain , mailre des requêtes de l'hôtel de la reine, et auteur de plusieurs ouvrages historiques, y avait une maison où il mourut en 1643.
Au bas de la hauteur sur laquelle est le village, comme l'indique son nom, était une chapelle de Sainl-Barthélemi, ancienne malndrerie, recule dans la suite à ('Bétel-Dieu de Corbeil.
Ce Heu était, eomme le précédent, une seigneurie qui appartenait à la famille de Dreux-Budée. Postérieurement le château fut possédé par Sillery, chancelier sous Benri IV, et par le marquis de Boulainvillkers, prévôt de Paris, qui en fit une fort belle résidence. C'est encore actuellement un des plus beaux domaines des environs de Paris. Le parc a quatre-vingts arpents. Les jardins sont magnifiques. Une belle avenue conduit du château à la forêt de Sénart.
Ce village est considérable. Le terroir est en labour, vignes, bois, etc. Il appartient à l'arrondissement de Corbeil. On y compte, eo y comprenant quelques dépendances, 1,100 à 1,300