SOMMAIRE DU CHARLEMAGNB DE GIRARD D*AMIENS
(Voy.ptgtM.)
Prologue de l'auteur (ms. 778, fol. 22 Terso). Résumé de l'histoire de Berte,elle eut du roi Pépin Charles :
La serve r'ot du roy .11. fils de mal engin, Quar onc de fere bien n'alerent droit chemin ; Mes de leur mère argent orent tant et or fin Qu'il n'orent el pals nul plos riche voisin. . . Si coD en l'auctour tmis c'on a tret du latin.
Nouvelles considérations littéraires (23 recto, colonne A). Nouveau résumé de Berte :
Le roy puis celay fet en sa Ikme engendra .y. filles et .y. fllz dont Damedieu loa. L'aisnée des .y. suers, quant on la bauptiia, . Fa nommée Gilain, que roy Pépin donna An duc Mile d'Ayglent qu'à famé l'espoosa ; L'antre ot Constance non, qu'en Hongrie envola. Qui royne fn puis de la terre de là.
Le maisné des .y. fils roy Floires pourchaça Vers Berte et vers le roy tant que on li haiUa : Cil ot ChaUes à non, mais petit amenda. En .xij. ans qu'il y fti, pour mal qui le greva; Et li aisné des fllz, qu'en France demoura, Ot non GhaUes le grant, que on bien doctrina.
Les fils de la serve (lei sert) sont mandés de Montmartre (où ils demeurent), à la mort de leur mère, qui leur a laissé dimmeuses richesses. Ils s'en servent pour se faire des amis de tout le monde, et d*abord pour gagner la faveur de Pépin en lui rendant des services (col. B). Cour que Pépin tient à Orléans (23 v*). Les serfs empoisonnent Berte. Douleur de Charles, qui s^abstient dès lors de la compagnie des serfs (24 i* A). Ceux-ci empoisonnent Pépin, qui les institue avant de mourir gardiens de l'enfant et de la terre ; mais il leur adjoint le comte Hugues d'Auvergne et le comte de Berrj (B). Pépin meurt; on Tenterre à Saint-Denis auprès de Berte. Les régents institués par lui gouvernent paisiblement pendant un an. Au bout de ce temps on découvrit la malice des serfs; car le poison qui devait tuer Charles était préparé, et il l'aurait bu si ceux qui l'entouraient ne s'en étaient aperçus. David, qui était spécialement chargé de garder le prince.
s'en aperçut le premier, avec le comte Henri et Hagaes FAuvergnat ; ils firent donc chercher le duc d'Angers, Milon ; celui-ci arriva^ et fit tant qu'il emmena Fenfant en Anjou; avec Charles étaient toujours restés le comte de Senlis, Bérard de Montdidier et plus de dix chevaliers auxquels sa mère Tavait jadis recommandé. Les serfs sont furieux du départ de Charles (v» A]; celui-ci au contraire est fort content de se trouver auprès de Gille^ sa sœur^ dnchesse d*Angers, qui de son côté est ravie de ses qualités (B). David apprend à celle-ci que les serfs se sont emparés de tout le trésor de Pépin; ils en payent quelquefois, des messagers qui vont en Hongrie savoir des nouvelles de Qiarles le Maisné^ et on leur a rapporté qu'il n'avait pas un an à vivre. Hugues et Henri reçoivent des lettres des serfs qui les engagent à passer à Paris pour s*entendre avec eux sur le couronnement de Charles; ils s'y rendent en effet (25 r* A). Heudri et Rainfroi conviennent avec eux que Ton amènera Charles à Retms^ où il sera solennellement sacré à la Pentecôte; Rainfroi promet de lui obéir fidèlement à partir de ce jour (B). Hugues et Henri retournent à Angers, et racontent aux amis de Charles ce qui s'est passé; on résout de se conformer à ce qui est convenu; mais le duc Milon conseille de faire prévenir les amis, qui s'armeront et se réuniront à Reims, au cas de trahison des serfs (r* A). On adopte cet avis; Milon va à Reims, où les serfs lui renouvellent leurs promesses (B). Les amis de Charles entourent la ville de Reims ; lui-même arrive (26 r* A), mais dans l'assemblée les serfs remontrent que ce serait folie de couronner un enfant qui n'a pas quinze ans; Hugues d'Auvergne est furieux (B) : il quitte l'assemblée. Les barons décident qu'on couronnera Charies dans un an juste (v« A). Joie des serfs, qui se promettent bien de faire mourir Charles en secret. Rainfroi demande à Charles de le servir à table (B), seulement d*un paon; Charles est indigné, mais il répond qu'il y consent; puis il va prévenir le comte Hugues de préparer ses hommes, car il pourrait bien y avoir du brait au festin. Hugues le fait, et lui promet, si les serfs donnent le moindre signe d attaque (27 r» A), de mettre l'épée à la main. La cour est splendide (B); Charles fait courtoisie à tous, sauf à ses deux frères. U va aux cuisines, en rapporte un paotuei rôti, et le lance avec la sauce au visage de Rainfroi : grand bruit, combat dans la salle du festin (r* A). Les serfs s'enfuient, et convoquent leurs amis; Hugues et les siens gagnent la campagne (B). Le duc d'Angers met Charles en sûreté dans un château fort près de Reims, et va rejoindre Hugues (28 r* A). Rainfroi sort de Reims à son tour ; les deux années se rencontrent, et la bataille allait commencer, quand le duc de Dijon, que les serfs tenaient à ami, va supplier Milon et Hugues de ne pas faire tuer tant de gens, et d'attendre an moins qu'il ait parlé aux serfs (B} . 0 réussit en effet auprès de Rainfroi [y]; celui-ci promet d'attendre la rép<»ise des gens de Charles, et d'être cou* lant sur les conditions de paix. Le duc de Dijon revient vers Hugues et Bfilon; il leur raconte la supériorité de Tannée ennemie (29 1« A); le duc d^ Angers le fait arbitre des conditions de la paix; Hugaes n'y vent avoir ancune part et se retire : on convient que Charles sera couronné dans un an, mais que d'ici là il restera dans son iige tfoaaiae, c*est-4-dire près des
serfs (B). David conduit Charles dans un lieu sûr près de la Seine; puis il revient auprès des serfs, leur dit qu'il abandonne le parti de Charles, et conquiert si bien leur confiance qu'ils n*ont plus de secret pbi^ lui, et lui dévoilent leur projet d'empoisonner Charles. Il écrit aussitôt à Hugues et à Henri : tous trois se rencontrent dans le château qu*habitc Charles, et décident de s'enfuir : à minuit ils partent (v^ A). Fureur des serfs : ils font saisir et tuer beaucoup des amis de Charles (B) ; le duc d'Angers est mis en prison. Les deux serfe régnent, et se font par leurs largesses un parti de plus en plus grand (30 r*A). Cependant Charles chevauche avec maint noble guerrier ; les fugitifs n'osent pas aller en Hongrie, pensant qu'on les cherchera de ce côté-là. lisse dirigent dans le sens opposé; ils arrivent en Navarre, et vont se loger à Pampelune, une riche cité, chez Gui de Montestière (B). Ils restent cinq jours à Pampelune ; pour que Charles ne soit pas connu, ils décident de l'appeler Mainet, nom sous lequel il devint depuis illustre en Espagne. Ils se pourvoient ensuite d'un latinier^ et arrivent à Tolède; leur interprète parle d'eux au roi, qui les retient à son service et les fait loger chez Morant, un Turc des plus preux (v« A). Le troisième jour, les Français font avec Morant une sortie contre les ennemis, et là se distinguent extrêmement. Tous font des prodiges,
Li quens Ugoes, qui fù moult preus e^rnoolt vaillans. Et li qaens de Berri, et David, et Morans, Beraiu et Esmerez, Membres et Guinemans, Fourrez et Herchembauz et Bonoefoy du Mans.
Mainet, resté seul chez Morant, se lamente de ne pas prendre part au combat; mais il sait que si ses amis l'en écartent, c'est par tendresse pour loi. 11 était mouit M et de douce acointance,
Frans et courtois et nez, sanz fiel et sans bobance ;
Mais il trouvait qu'on prolongeait trop son enfance (B), et il s*en plaint à David. Cependant le roi Galaf^e apprend que Bruiant, roi d'Aragon et de Bascle, son ancien ennemi, a envahi son fief de Monfrin ; il envoie contre lui Morant, qui emmène les Français, à la grande joie de Mainet (81 r« A). il demande à prendre part au combat; David lui représente que ce serait folie, à quinze ans (B). Tous s'accordent à cet avis, et on laisse Mainet au château de Monfrin : mais il assemble cent damoiseaux de son Age avec qui il jouait, s'arme, prend à la main un grand pieu, et tous suivent de loin Morant. Celui-ci, qui n'en sait rien, arrive près de Tamiral Bruiant (v« A), qui est campé près de l'Adoise; Morant et les siens, les Français en tète,'marchent de nuit, et arrivent le matin en face de Bruiant (B). La bataille s'engage; elle est terrible; les gens de Morant sont un contre deux (32 r» A); ils se battent toutefois admirablement, et Bruiant se doute qu'il y a des Français parmi eux (B). Vaincus par le nombre, les nôtres vont céder, quand arrive Mainet précédé de Thierri, qui porte son étendard. Mainet rencontre le roi de Portugal Justamont, qu'il tue d'un coup de son pieu (v* A); il tue ensuite Valpar, gonfalonier de Bruiant. Douleur des ennemis. Antres exploits de Mainet (B) ; il rassemble les gens de Morant,
et tous réunis ils tuent ou dispersent la plupart des ennemis. Douleur de Bruiant. Mainet prend une lance à un varlet, et tue un païen devant Bruiant (33 1^ A). L'amiral s'enfuit lui-même; Mainet l'atteint^ mais Bruiant ne le reconnaît pas, parce qu'il n'a plus son pieu (B) ; il devine toutefois en lui celui qui Ta tantgreyé, et le frappe le premier; mais Mainet le renverse d'un coup de lance^ et prend son cheval (y^ A)^ après quoi il lui tranche la tête. A ce moment accourt Hugues, qui, averti de tout^ cherchait Mainet avec angoisse (B). Joie des Français; ils se réunissent à Morant, qui revient de rencàaus (34 r^ A); il félicite Mainet, et lui prédit de grandes destinées. Puis pendant huit jours il parcourt le pays de Bruiant. Pansement de Mainet. Revenu près de Galafre, Morant lui raconte les exploits de Mainet, et lui présente la tête de Bruiant (v^ A). Galafre désire voir Mainet, si sa blessure est guérie; il lui fait dire par Moraut qu'il veut le corn» hier d'honneurs (35 r® A), et le faire chevalier au troisième jour. Morant et les autres préparent Mainet. David lui donne un haubert excellent et l'admirable épée Joyeuse; ces objets appartenaient à Pépin; les serfs s'en étaient emparés comme de tout son trésor, et David les leur avait volés (B). Le roi lui donne le bon cheval Afilé, le meilleur de l'Espagne, ce qui fait murmurer les païens. Mainet offre à Baligant, le ûls puiné de Galafre, le cheval qu'il a conquis; il jreille dans sa chambre où il y a un autel, et le londemain il est adoubé par le roi. Cour magnifique. Mainet devient ami de Galafre, et apprend promptement le sarrasinois. A cette époque d'ailleurs les Français avaient le bon usage d'apprendre les langues étrangères, et tous les gens de Mainet savaient l'espagnol (v® A). En moins d'un an et demi, Mainet soumet tous les ennemis de Galafre ; à sa prouesse i joignait toute courtoisie. Le roi avait une fille si belle que Mainet l'eut à peine vue une fois qu'il ne put plus l'oublier (B). Portrait de la princesse, qui justifie bien l'amour de Mainet (36 r*> A). Galafre se doute que Mainet est le fils de Pépin, que les bâtards ont fait sortir de France, et dont il entend tant parler : il le souhaiterait, car Pépin était le roi chrétien qu'il aimait le mieux, et Tavait secouru contre son ennemi Braimant (B). U fait part de ses soupçons à Morant, et lui dit que, s'ils se vérifiaient, il aiderait Mainet à rentrer dans son royaume, et lui donnerait sa fille : Morant lui promet de chercher à savoir la vérité (A). En effet, il parvient à se faire tout raconter par Hugues d'Auvergne, mais c'est en promettant de n'en parler qu'au roi ; celui-ci doit aussi garder le secret de peur des serfîs; en effet il s'en tait pendant un an, mais il comble sans cesse Mainet de nouveaux honneurs (B). Mais il lui arrive un fâcheux message de Braimant, qui l'avait souvent guerroyé, et qui l'aurait encore plus grevé sans les secours de Pépin; cette fois il lui demande l'hommage d'Espagne, et la main de sa fille Galienne avec le fief de Monfrin pour dot (37 r^ A). Galafre est ébahi : il aimerait mieux être mort que de donner sa fille à Braimant (B). Conseil : personne n'ose combattre Braimant; Morant seul le propose; il indique Mainet pour commander l'armée (v<> A). Galafre prie Morant de le décider à accepter cette charge, à laquelle sera joint le fief de MonfHn, et fait une réponse négative à l'envoyé de Brsûmant (B); après quoi il donne
APPENDICaS. 475
à Mainet l'honneur de Monfrin, et lui promet la main de Galienne s'il peut tuer Braimant. Mainet Ta prendre congé de Galienne^ et en la voyant U se sent certain de vaincre (38 r* A); elle lui donne des encouragements. Cette entrevue fut sue depuis de Marsiie^ le fils aîné de Galafire, qui haïssait Malnet. Celui-ci se met en marche avec ses hommes^ et vient camper non loin de Braimant^ el puy de Montesclere (B). U surprend Tannée ennemie pendant la nuit; au matin les gens de Braimant se remettent de leur premier ef&oi et résistent fièrement {r* A). Canart^ Espaullart etCadroain les rallient. Canart et Mainet se joignent (B); ils joutent. Mainet tue Canart (39 r* A). Cette mort met la déroute dans les troupes de Braimant ; Mainet les poursuit (B)^ les atteint kxmponcely en tue beaucoup, et s'empare de leur camp (v* A)^ où il partage de grands trésors à ses hommes, ne gardant pour lui que deux pavillons (B). Morant envoie annoncer la victoire à GalaCre, qui renvoie à Mainet des hommes (40 1« A.]; il fait à sa fille l'éloge de Mainet et lui apprend qui il est; il lui dit qu'il le lui donnera à mari s*il triomphe complètement de Braimant, et qu'il l'aidera à regagner son royaume contre les bâtards (B). Il en dit tant que la pucelle s'éprend de Mainet, et lui envoie Harpinel de Belcaire^ un sage latinter (v® 4); car elle haïssait à mort Braimant (B). Le messager arrive auprès de Mainet, et lui offre de la part de Galienne des joyaux (ceinture, couvre-chef et aumônière) (41 I* A). Joie de Mainet. Braimant apprend la défaite des siens; sa douleur, n vient au poncel, encore couvert de morts sanglants (B) ; Mainet s'étant retiré, les Sarrasins peuvent reconnaître leurs parents et amis. Braimant a un tel deuil de la mort de Canart qu'il en mourrait s'il n'avait l'espoir de le venger (v« A]. Les deux années restent huit jours en présence; mais, les vivres faisant défaut à Braimant, il est obligé de lever le camp (B). Mainet le suit à marches forcées, atteint Tavant-garde, et combat avec le roi Garssire de Valence (42 r'' A), qu'il tue : Tavant-garde prend la fuite (B), et sème le trouble dans le second corps. Mainet avance, mais le chemin est encombré par les harnais et les sommiers (v«A); il les fait emmener, et arrive jusqu'au gros de l'armée de Braimant (B). Celui-ci envoie proposer à Maînet un combat singulier en l'honneur de Galienne ; Mainet voudrait accepter, mais ses amis s'y opposent (43 r* A) : discussion à ce sujet (B) ; suite (v* A) ; on refuse décidément. Braimant est contrarié d'être contraint au combat général (B). Bataille. Bfainet l'engage en tuant deux rois (44 r« A), mais Braimant fait de son côté des prodiges (B) ; toutefoisla fortune penche pour les Français (v^ A); Braimant se désespère, puis il se décide à fuir (B). Mainet le poursuit, et l'atteint près du pin de Florimont (45 r<* A) ; la lutte s'engage (B) et dure longtemps (v> A) ; blessés tous deux, ils se reposent un instant, et Braimant demande à Mainet qui il est (B) ; Mainet le lui apprend, et lui dit qu'ayant entendu parler en France de Galienne, il est venu à Tolède pour son amour (46 r* A). Le combat recommence : Braimant blesse Mainet, mais celui-ci lui abat le bras droit avec l'épée (B) ; le païen essaye encore de se défendre; mais Mainet lui fait couler le branc dans le crâne (v* A). Ëloge de Mainet (B). Ses gens le cherchent avec inquiétude ; enfin Morant le trouve (47 r* A) : stupéfait de voir Braimant mort, il déclare
qu'il Ya se faire baptiser. Maine! ceint Tépée de Braimant^ se fait panser^ monte à cheval^ et rencontre bientôt Hugues (B). Il rejoint les siens, qai lui font grande fête (r* A). Mainet reste à Florimont pour soigner ses blessures, tandis que l'armée suit Morant à Monfrin (B). Mainet guéri s'y rend aussi, et envoie Morant à Galafre avec la tète de Braimant et un message pour Galienne (48 r** A). Morant porte la tète à Galafre, qui promet de bien récompenser Mainet (B) ; il assemble ses barons et leur fait part de la victoire et de son desseiu de marier sa fille au vainqueur (y^ A) ; tous le trouvent bon, et Morant fiance Galienne au nom de Mainet (B). Haine de Marsile contre Mainet. Départ de Morant (49 r* A) : il prend congé de Galienne, qui Tavertit des mauvaises dispositions de Marsile pour Mainet. 11 arrive à Monfrin; joie de Mainet (B). Celui-ci a appris que les Sarrasins menaçaient le pape à Rome ; il forme le projet, aussitôt qu'il aura épousé Galienne, d'aller le secourir. Il s'en ouvre à David et à Morant (v<> A). Ceux-ci font préparer en secret tout ce qu'il faut pour passer la mer. Pendant ce temps, Mainet, tout à fait guéri, va chez Galafre, qui le reçoit très-bien (B), puis che^ Galienne, avec laquelle il parle longuement (50 r*' A). Le lendemain, le roi la lui donne, et lui promet que Morant la conduira à Monfrin, où Charles pourra la faire baptiser, ensuite Galafre lui destine un royaume mouli bel (B). Tous s'en réjouissent, excepté Marsile, qui est plein de félonie. Mainet demande congé au roi, qui le lui accorde (B). Marsile furieux aposte des gens armés sur le chemin de Mainet; mais Morant est averti par une lettre anonyme (51 r«A).
Galafre recommande sa fille aux chrétiens (B). Ennui de Mainet quand on le prévient de la trahison que médite Marsile (v^ A). Sages recommandations du roi à sa fille (B). Mainet et les autres s'en vont; Marsile se lève à minuit pour son guet-apens (52 r» A); mais les Français prennent un chemin détourné : Marsile, frustré dans son attente, est furieux (B) ; apprenant que Mainet et les siens sont armés, il devine qu'on l'a trahi (v* A), mais il se décide à les poursuivre et à les combattre malgré cela (B). Mainet arrive à l'aguet (&3 t^ A). Combat. Hugues renverse et blesse Marsile (B) ; mais Mainet le dégage par amour pour Galienne. La bataille renforce : Mainet fait des prodiges avec Durendal, Texcellente épée qu'il a conquise sur Braimant (y^ A). Marsile est battu et s'enfuit (B). Mainet continue sa route et arrive à Monfrin, où on baptise Galienne, Morant et beaucoup d'autres; puis Mainet épouse Galienne, et envoie Morant au roi pour lui rendre compte de la trahison de Marsile (54 r* A). Indignation de Galafre quand il l'apprend (B). Pour éviter de nouvelles luttes de ce genre, Morant conseille à Galafre de renvoyer au plus tôt Mainet en France (v<* A). Galafre adopte cet avis, et fait envoyer par Morant de grands charrois à Mainet (B). Joie de Mainet : on décide d'aller d'abord secourir le pape à Rome. Les préparatifs se font discrètement (55 r* A). Regrets des bourgeois de Monfrin : départ de Mainet avec son armée (B). On s'embarque» et à dix milles de Rome on rencontre la flotte de Corsuble Vaufage, qui tenait Rome assiégée et Taffamait. Le pape avait envoyé des messagers en France et ailleurs; mais personne n'était venu le secourir (v<>A). Les Français attaquent
lesneiii de Conable (B). Les païens sarpris et désarmés résistent à peine ; les nôtres font an immense butin (56 r* A,). Mainet débarque et fait annoncer à Rome sa venue et son succès par des espions : les Romains ont peine à y croire (B). Corsuble, furieux de l'échec de sa flotte, Teut surprendre Mainet la nuit ; mais celui-ci est averti à temps par une espie (v^ A) et 86 prépare au combat (B). Gorsuble s'ayance (57 r^ A) ; pendant qu*il est loin de son camp, les Romains dans une sortie le pillent et l'incendient (B). Corsuble et les siens aperçoiTent la flamme et se désespèrent (y A). Ils attaquent cependant Mainet (B). Combat. Exploits de Mainet (58 r* A); il toe un roi des plus vaillants (B) ; les chrétiens combattent admirablement (V* A) ; les païens commencent à fuir (B). Mainet renverse Corsuble; ses gens le secourent (59* r* A)^ mais la plupart sont tués ; lui-même veut pren* dre la fuite (B) ; ses blessures rempèchent de remuer. Mainet arrive vers lui et voit qu*il n'est pas mort [y^ A). Il le remet aux médecins, se fait luimême panser, puis envoie annoncer la victoire au pape (B). Joie du pape et des Romains. Hugues et plusieurs autres arrivent à Rome (60 r<* A); Mainet est encore retenu par ses blessures (B). Hugues revient auprès de lui; ils envoient la nouvelle à Galafre (v« A). Mainet arrive à Rome où on lui fait fête (B). Corsuble meurt. Mainet lève des soldats et quitte Rome (61 r* A). Il passe MongeUy arrive à Lyon, renvoie Hugues en Auvergne et Henri en Berry ; David va prévenir le duc de Dijon, auquel il recommande le secret. Le duc arrive à Lyon et pleure de joie en revoyant Mainet (B) ; il lui raconte les actes de Rainfroi et d'Heudri, qui ont emprisonné Milon d*Ayglent, duc d'Angers; ils assiègent présentement dans Montdidier sa femme Gille, qu'ils veulent faire périr avec son fils Roland (y* )A. Le lendemain on se dirige vers Troyes ; le comte de Champagne, neveu du duc de Dijon, vient trouver Mainet, et lui offre un château, où Galienne, qui est grosse, reste en sûreté (B). On prévient Tarchevèque de Reims, qui rassemble des hommes en secret et arrive près de Charles (62 r* A); autant en fait l'évêque de Cbâlons. Les Auvergnats et les Berrichons joignent Charles sous Hugues et Henri : la plupart ne savent pas qui est Mainet ni où ils vont. On marche vers Soissons (B); on traverse la ville et on s'avance vers Montdidier; les serfs apprennent l*arrivée de Charles (v« A). Leur armée s'épouvante ; mais Headri leur dit que Charles est mort, que c'est quelque imposture de Hugues d'Auvergne, qu'au reste il saura le lendemain à quoi s*en tenir. Il se déguise eu paumier et arrive la nuit dans le camp de Mainet (B). Il est arrêté comme espion, et reconnu par un boucher de Soissons. Celui-ci, pour se venger de ce qu'Heudri ne l'avait pas payé, le dénonce à Hugues ; oD le dépouille devant Hugues; on trouve sous son esclavine de riches vêtements, et en outre du poison (63 i^ A). On fait l'épreuve du poison sur un condamné, qui meurt dès qu'il en a pris (B). Hugues annonce sa capture à Charles, qui ordonne de garder le prisonnier jusqu'à la fin de la guerre (v«A). Cette nouvelle jette le trouble dans l'armée de Rainfroi; excités par un message secret de Hugues, les gens de Rainfroi lui déclarent qu'ils vont le quitter et crier merci à leur seigneur (B). Rainfroi prend la fuite avec quelques fidèles, et son armée crie merci à Charles qui lui pardonne (64 f A). Gille,
prévenue, accourt au-devant de Charles ; ils s'embrassent tendrement (B). Charles reçoit aussi son neveu Rolandin (v^ A) ; il fait délivrer Milon et les autres prisonniers. Rainfroi s'enferme à Dînant (B). Charles prend Amiens, Noyon, etc.^ et est très-bien reçu par le duc de Brabant (65 r<* A). Rainfroi marche à sa rencontre (B) ; Charles le combat^ le fait prisonnier, puis prend toute sa terre et son trésor (v"" A). A Namur, Charles fait décapiter les serfs, puis se met en marche vers Paris; Galienne le rejoint (B). Charles entre à Paris (66 r> A), où il tient sa cour et apprend avec joie que la santé de son frère de Hongrie est meilleure (B). Le roi parcourt la France et redresse beaucoup d'abus; puis il va à Aix pour chasser; Galienne l'y rejoint, mais elle se blesse d'en/ant et meurt (v^ A), ainsi que son fruit. Douleur de Charles, qui la fait magnifiquement enterrer (B). Il retourne en France, ou plutôt en Franc-Pays, car alors on appelait ainsi ce qu'on appelle actuellement France : c'était depuis que le Troyen Francion avait exempté cette contrée des lourds impôts qui l'accablaient. Mais le nom de France ayant plu à Pépin, il l'avait donné à tout le pays qui est entre la Loire et le Rhin (67 r* A). Charles trouve sur les bords du Rhin, à Franquenehort, son frère Charles de Hongrie, qui est couronné à Soissons; Charles s'appelle dès lors Charlemaines, c'est-à-dire Charles le Grand. Hugues lui demande congé (B). Le roi le lui accorde, ainsi qu'à son cousin Henri, et augmente de beaucoup leurs domaines {y^ A). Les comtes retoui^ nentdans leur pays; joie qu'y cause leur retour (B). Hugues apprend la mort de sa femme et meurt de chagrin (68 t^ A). Charles va contre Hunanlt et Charlemagne contre le duc de Bavière (B), qu'il vainc. Hunault est aussi battu et s'enfuit chez Loup, roi d'Aquitaine (v«A); mais celui-ci le remet à Charles (B). Charlemagne épouse la fille de Désier, roi de Lombardie, puis marche contre les Saxons (69 r<^ A). Dans cette expédition l'eau manque; mais Dieu fait jaillir un ruisseau qui désaltère l'armée (B) ; les Saxons demandent la paix et donnent des otages. Charles, le mainéy tombe malade et meurt; on l'enterre à Saint-Denis (v<» A). Douleur et bonnes œuvres de Charlemagne : il reçoit à Paris l'hommage des vassaux de son frère (B). Éloge de Charlemagne. Magnificence de sa cour (70 r* A). Il comble de biens Beraut, David et Moraut : celui-ci lui demande congé pour aller voir Galafre (B). Galafre, qui a exilé Marsile, le reçoit très-bien, mais se lamente de la mort de Galienne. Pendant ce temps, Charlemagne se préparait à aller en Italie secourir le pape contre les Lombards (v* A) :
Mes renfance Mainet plus avant n'en devise; Qu'avant en veut olr si voist à saint Denise : Là sont ses fez escrips, de mainte noble emprise Qu'il flst et acheva par sa grant vaillandise. Mes renfance Challon fa en autre lieu quise, A Ais tout droitement dedans la mestre eglyse, etc.
LivBE Deuxième. — Bien des gens ont parlé de Charlemagne sans connaître tous ses exploits (70 v«B).
(Dans les quarante folios suivants, Girard se contente de défigurer Thisioire ; il suit sans doute la compilation des chroniques de Saint-Denis. Il
raconte ainsi^ aussi longuement que fastidieusement^ les guerres de Lombardie, de Saxe, de Hongrie, d'Espagne^ etc. Ses seules additions consistent à donner de temps en temps à des chefs ennemis des noms bizarres, tels que Coruufle (f^ 93 r* B), et à parsemer son récit de descriptions et de combats. Les allusions aux chansons de gestes sont rares; elles ne touchent que GuUequin (^77) et Ogler (^ 81-82). Notons comme curiosités que d'après Girard l'ancien nom de la Normandie était Qualacane (t* 94 r» A], celui de la Tille de Liège (f^ 100 t* A) Aumacie,)
Mort de Milon d'Ayglent en Flandre ; Cbarlemagne se décide à aller voir sa Mrar et ses neveux (M 1 0 r* B). 11 arrive à Vannes, où Milon avait un château^ et fait prévenir de son arrivée sa sœur Gille, qui ignorait encore la mort de son mari (v« A). Rolandin revenait de la chasse : il rencontre les veneurs du roi et leur demande de quel droit ils chassent dans la forêt de son père. Ceuxci ne lui répondent que par des railleries : l'enfant en abat deux d'un coup de bâton ; les autres s'enfuient et vont se plaindre àCharlemagne, sans savoir de qui. Revenu à Vannes, Roland met de grossiers vêtements et va au tref du roi (R). 11 s'avance au milieu des écuyers, et regarde fixement l'empereur : deux huissiers le font brutalement retirer, il les assomme de coups. On veut Tarrèter : il s*échappe, retrouve son cheval à la porte et s'enfuit sans que personne l'ait connu (f* 111 r« A). 11 avait cependant été faible et malade pendant sept années, sans quoi la duchesse l'aurait envoyé dès longtemps à son oncle. Cbarlemagne et sa sœur se rencontrent et se font grande fote (B); Charles demande des nouvelles de Roland (voA). La duchesse s'étonne de ne pas le voir : Charles lui raconte les deux aventures résumées plus haut, et Gille n'hésite pas à en reconnaître son fils pour le héros : elle l'avoue en pleurant à Cbarlemagne (B), qui lui dit de lui envoyer Roland. Gille retourne à Vannes, et après avoir grondé Roland elle lui transmet le désir de son oncle. Roland part le lendemain matin avec quelques-uns de ses compagnons et arrive au camp de Tempereur (1 12 i« A); il s'agenouille devant Cbarlemagne et lui demande pardon. L'empereur le relève et l'embrasse. Charles et sa sœur passent huit jours ensemble. Douleur de la duchesse et de Roland en apprenant la mort de Milon (B). On fait rapporter son corps, qu'on enterre à Vannes même. Charles quitte sa sœur et son neveu. Revenu à Orléans, il apprend que son fils Louis a battu les Esclavons (v« A). Charles revient à Aix, où il reçoit en message le fils de la reine Senehent de Bavière^ jouvenceau très-bien emparié (B). Après la mort de Gasselin,'mari de Scneheut, l'oncle de Seneheut, Cassile, avait pris sa terre, tué ses gens, fait du royaume un duché, et le fils de Seneheut s*était sanvé à grand' peine : ce fils était Naime. Peu de temps après son départ^ Seneheut meurt de douleur. On raconte que Naime était allé outre-mer avec son père, mais c'est folie de croire de tels récits, qui ne sont que ^a/ngierie; sa mère n'y aurait jamais consenti (113 r* A); elle avait déjà eu bien de la peine à se décider à laisser partir son époux. Naime s'était sauvé en Romanie, où il était devenu grand et preux, si bien que Cbarlemagne le reçut avec joie et lui fit plus tard recouvrer la Bavière. Ce Naime-ci n'est pas le même que celui qui jadis avait fait Pépin chevalier^ qui avait une
grande part de la Bavière et pour femme la sœur du roi Auri. Non ; notre Naime était fils de Seneheut et de Gasselin. Ce Gasselin était lui-même neveu d'Auberi^ le meilleur Bourguignon ^ qui soit monté sur destrier, et ille tua dans un moustier involontairement, croyant tuer Lambert d'Oridon, le traître ennemi de toute sa race (B). Lambert était venu trouver Auben pour le prier (traîtreusement) de le réconcilier avec Gasselin, et, se méfiant, il avait mis le soir la cbape d'Auberi, ce qui fit Terreur de Gasselin. Celui-ci en eut tant de chagrin qu'il partit pour la Terre-Sainte, où il mourut au boni d*un an. C'est de lui qu'était fils Naime, qui devint le favori et le meilleur conseiller du roi. Il l'engagea à créer douze pairs pour rendre la justice; il fit aussi chercher Roland et les nobles enfants^ Béraut, Savari, Haton et Bérenger, qu'on instruisit en toutes prouesses (v^ A), comme le témoigne l'histoire d'Aix. Ce fut aussi grâce à ses conseils que Charlemagne vainquit les Sesnes. En ce temps-là moui^t Guitequin, et sa mort termina pour longtemps la guerre , mais, comme le disent les chroniques d*Aix, elle fut reprise ensuite par Guitequin son fils, le mari de la reine Sébile, pour laquelle Baudouin passa le Rhin. C'est bourde prouvée ce que disent plusieurs, que ce Baudouin était fils de Ganelon (B), car il était fils de Milon d'Ayglent, qui l'eut de sa femme après sa délivrance de prison. On en reparlera ; mais d'abord il faut parler de Corsuble. Ce Corsuble, roi de cinq royaumes, entre autres de Jérusalem, a la folle pensée de conquérir la France ; il vient en Sicile avec sept rois, ses vassaux (il4 r<^ A). Il pille 11talie; le pape envoie demander secours à Charlemagne (B). Naime est chaîné de rassembler des troupes ; il passe à Saint-Omer. Ogier, qui y était en prison (cf. ci-dessus, P 81-82), à cause des trahisons de son père, lui fait demander à le voir. Naime était son cousin germain; il y va, et ordonne au châtelain de le lui livrer, en promettant de le réconcilier avec Charles. La fille du châtelain était grosse des œuvres d'Ogier, aussi pleurat-elle bien au départ (t^ A). Conseils de Naime à Ogier ; ils arrivent à Paris (B). L'armée se met en marche et s'approche de Rome : Corsuble se promet la victoire (i iSr^ A), et jure de ne pas laisserun Français envie (B). Naime s'avance avec une forte troupe pour surprendre le camp païen : il rencontre Danemont, neveu de Corsuble, sorti dans les mêmes intentions (v® A). Combat. Prouesses d*Ogier (B) qui réjouissent Naime (116 r<^ A). Ëtonnement et colère de Danemont en voyant qu'il n'a pas la victoire (B). Il tue le eomte du Mans (vo A) ; Ogier tue Cornufle de Nubie; les païens s'épouvantent (B). Exploits de Naime (Ml r* A). Danemont blessé prend la fuite (B). Naime de retour célèbre la bravoure d'Ogier; Charles lui pardonne et le fait son ami (v« A). Les païens se renferment dans leur camp jusqu'au rétablissement de Danemont (B). Message de Corsuble, qui demande à Charles de renier Jésus et de faire hommage pour la France (118 r« A); Charles ne répond qu'en lui proposant le combat, et fait avancer son armée (B). Bataille. Ogier tue Justamont (v« A), puis Danemont (B). Autres exploits d'Ogier (119 r* A). Cinq rois païens sont tués; douleur de Corsuble (B). Char-
t Le manaicrit donne bourjois ; il faat ccrtai- Gasselin se trouve en effet dans Auberi le Bcmt' nement lire hwrgoing. L'histoire de l'erreur de guignon.
les tue CoTSuble ; déroute des païens (v® A). Ëloge unanime d'Ogier (6). Charles ya à Rome; le pape le reçoit à grand honneur (120 r® A); il va en Lombardie^ puis retourne à Paris (B). Il donne à Naime la terre que lui avait enlevée son oncle Cassile, et va en Bavière avec lui (v^ A) ; le pays reconnaît Naime; fêtes (B). Éloge de Naimc (121 r*" A). Portrait de Charlemagne d'après Turpin (B). Voyage de Charlemagne en Orient d'après la légende latine (121-124 r» B).
(Ce livre n'est pas terminé. 11 y a un feuillet et demi en blanc^ puis vient le Livre troisième. D'après les premiers vers de ce livre (125 i*^ B) :
Quant Charlemaine f\i en France repériez D'Aspremont où il ot moult esté travelliezj
on devait y raconter^ après la fin du voyage d*Orient^ la guerre d'Aspremont. Il est fâcheux que cette partie manque.)
Livre TRoisiÊiiE. Girard suit ici le Pseudo-Turpin, en le délayant à sa manière Nous remarquerons seulement les endroits où il en diffère.
F« 125 V* B. Dans Turpin, Charles prend d^abord Pampelune; ici il prend auparavant Barcelone et Terrassonne.
F* 127 r<» A. Au lieu d'énumérer d'après Turpin les villes prises par Char^ lemagne, Girard dit :
.... Ge n'ai pas pooir que soient recité Les nous de tons les liex, quant bien y ai visé ; Par quoi legierement m'en sui outre passée Pour ce que 11 non sont plain de grant oscarté.
F« 127 V* B.ll y avait avec Charlemagne trois rois: Salomon de Bretagne, Ogier, qui venait de reconquérir son royaume, et Gondebeuf de Frise ; et dix-huit ducs ' : Roland, Naime, Estons de Langres, Richard de Normandie, le doc de Dijon, Samson, duc d'Orléans, Guineman de Bourges, Orson de Beaavais, Morantde Rivier, Galerans de Touraine, Herchcmbaut de Montfort, deux frères ducs de Liège et de Brabant, Raimond, Girard devienne, qai servait volontiers Charlemagne
Et si ot il esté grant temps son mal voillanz, Ainssi con moult de genz truevent en ces rommanz ; Mes li abregemenz Challemaine parlanz N'est pas de tous ses fez, ançois est entendanz A parler de plus granz;
Milon de Fouille, Arnaud de Beaulande, père d'Aimeri, Renier de Gènes, père d'Olivier.
F« 143 r* B. Après la mort d'Agoland, Charles vient à Saint-Jacques, où il fait élever une splendide église; puis il parcourt l'Espagne, où Agoland avait encore bien des amis :
Mes mot Gyrart d'Amiens ne sui pas enlendans Que por sa mort fùMi nus à Challes conbatans,
Gsard dit fumz$, maU U «n éoumèra trQlf <U pUu.
Ne monstrer seolement qa'estre en deûst dolans;
Quar encontre Challon n'estoit lors nus vivans
Qui en Espaigne fa^ ne roy ne amustans^
De conbatre à Cballon ne fost lor nonpuissans;
Et ce dist sains Lyons qui nous en est garans.
Qui de Ghalles sot bien touz les fez apparans.
Par quoi decrez en ûst^ qui nous est descleirans
Les fez que Ghalles flst : traiz est en ce romans;
Et est fait au conmant au frère au roy des Frans^
Le conte de Valois^ qui estre ramembrans
Veut de si nobles fez où' touz est apendans
Le bien de toute honneur en touz bons couTenans.
Et ge Gyrart d'Amiens^ qui tout sui desirans
De fere son plesir de cuer liez et joians^
Ai fet cest livre ci dont fet me fu conmans^
Et de quoi Testoire est et bêle et souflsans
De plaire à prince grant qui veut estre emprenans^ etc.
P 165 r** A. Au milieu de rénumératîon des sépultures des morts de RonceYaux^ empruntée à Turpin^ Girard ajoute :
Et moult d'autres barons^ dont ja nommer ne quier Les terres ne les nous, qu'il ne doie ennoier A moult de genz qui n'ont volenté d'alongier Les choses^ s'en les peut par reson abregier '.
Ici il quitte Turpin. Pendant que Charles était en Espagne^ les Sesnes aYaieut fait roi Guitequin, fils du premier Guitequin. CeGuitequin prit une belle femme^ qui fut depuis amie de Baudouin^ frère de Roland, comme Ta raconté Jean Bodel *.
Quand Charles est revenu de Saxe^ il se repose dans son pays^ le parcourant et faisant rendre bonne justice (165 V' A). Il va à Vienne voir Turpin qui y était resté (B), et se confesse à lui (166 v^ A). Girard reprend alors le récit de Turpin^ et le suit jusqu'à la mort de Charlemagne. Il y ajoute (168 r*' B) son enterrement et sa place dans le caveau d'après les Chroniques de Saint-Denis.
L'auteur déclare en terminant avoir surtout puisé aux chroniques d'Aix :
Et moi Gyrart d'Amiens^ qui toute l'ordenance Ai es croniques pris qui en font ramenbrance. Par le commandement le firere au roy de France, Le conte de Valois, ai pris cuer et plaisance A recorder les fez Challon
Fin (^ 169 !• A).
1 Sage précepte, que notre interminable au- * Voyez le paiiage où 11 parle de Bodel, eiteur aurait dû mieux observer. deseuB, liv. H, ch, xv, p. 190.
PASSAGES QUI SE RAPPORTENT A L*ÉPOPÉE CAROLINGIENNE dans le manuscrit de la Bibl. impér. fir. 6003.
(Voy. |»age 104.)
F* 91 ▼•-W T>. — Histoire de Berte d'après Adenès.
P* 96. — U reine Sibile *.
P» 95 T«, puis 97 r*. — I^ début d'Ogier, finissant ainsi : « Le ro^ se reffraigny et tint Ogier lonc temps comme son serf, v
F* 97 T*. « Les François orientels firent conspiracion contre le Roy par Tamonestement du conte du pays nommé Hardré, dont le roi fist moult grant justice. Ce Hardré estoit frère du Roy de par mère aultre *, et cr»niques dirent qu'il fut nepveu de Guenes^ et fut filz de la femme qui fut baUlee à Pépin quant on luy changa la Royne Berthc. »
Id. — Le roi avait beaucoup de bons cheyaliers^ « et auxi avoit le Roy Cannes de Haultefueille^ Alory et Guion ses frères. Guennes fut sire de Hautefueille en Ghampaigne^ qu'on nomme à présent Moyner^ et avoit moult de parens et de grans lignages, dont il y ot de moult vaillans hommes et de bons; mais Guennes fut un homme moult bel langager^ cauit et malicieux, et l'ama moult le Roy, et creoit moult ce qu'il luy disoit. »
F*100 ?•• — Suite de l'histoire d'Ogier. «Quant Oger vit qu'il ne povoit résister à l'empereur qui le tenoit assegé à Pavie *, il monta sus son cheval Broiefort... etsailly sur l'ost de Tempereur, et il fist moult grant tempeste d'occire gens, et passa oultre, et s'en ala droit à Chastiaufort.... De ce est dit ou livre qui parole de Oger : Sainte Marie, dist Karles, où prent Oger tel gent, qu'ilz ne se remuèrent pour pluies ^ ne pour vent *? » —
F* iOl r*. — Le hanap queTurpin fit faire pour Ogier est encore à Laon. « Brohier se vint loger assés près de Laon, et eu la place où est à présent assise une petite ville fermée nommée Bruhieres. »
F* 101 v«. — Histoire d'Aymer etd'Emais d'Orléans*.
F» 102. — Histoire de Hue de Bordeaux, où il n'est pas parlé d'Obéron*
( TejtB la Préfûee An Maeaére de M. Ooe*- * Ma. piaiet,
ttfd. * On Nconnalt U deux ▼«!» alezandriiw, dont
> Mê.per*f éridcfluiient par emnr. le pfemier est on peo «Itéré ; Ib te rapportent
• Le texte de fUlmbert ne parle paa de ce à on trait do elége de Cattelfort que raconte
•téce ; vey. ei-deeMis, p. S09, et cf. page t30, anael le texte de Raimbert (bt. ▼!).
•ote t. * Vey. ci^eeeoa, p. 403.
po 102 vo-i09 P>.— Les quatre fils Aimon.
F» 109 vo-HO i*. — Histoire des fils de Renaud.
F« 110 rM12 1*. —Voyage en Orient, d'après la légende latine.
F** 112 r»-H3 r». — Première partie duPseudo-Turpin.
F» 113. — Mort de Renaud à Cologne.
F<> 121 r<>.— Prise de Narbonne^ après la fin de la guerre d*Espagne d'àprès Turpin.
F® 121 v«. — Histoire des impôts qu'on veut lever sur les Français *.
F« 122 ro-123 r*. — Résumé de la chanson de Richer, fils de Naime*.
1 Voy. ei-deMaS| p. 829. * Voy. ci-dMwUi p. SS3.