AA. SS. /. I
* Nous avons consulté très-utilement pour ce qui suit le Mémoire de M. Arendt, inséré dans les Bullelins de VAcad. royale de Belgique { classe des lettres , année 1861, p. 337 et suiv.).
* Perte, SS. VI, 585 ; V, 99.
LES SOURCES
fit
le rencontrer. Les récits contemporains 1 11 qui nous sont restés de cette première ouverture du sépulcre de Charlemagne constatent la véracité du témoignage d'Adémar ', reproduit par plusieurs autres historiens, qui nous montre l'empereur assis sur son trône d’or, revêtu de ses habits impériaux, son glaive à la ceinture, sur ses genoux les évangiles. D’après ces mêmes témoignages, Othon, ayant satisfait sa curiosité, fit refermer la crypte funéraire, et les restes de Charlemagne demeurèrent en repos pendant près dp deux siècles. Cette action d’Othon fut d'ailleurs fort diversement appréciée; les uns y virent un acte de piété, les autres une profanation ; d'après les uns, elle avait été ordonnée à Othon par un songe envoyé de Dieu’; suivant les autres, il en fut bientôt puni: le terrible empereur lui apparut dans son sommeil et lui prédit sa mort funeste et prochaine \
Cent soixante-cinq ans après Othon III, Frédéric 1 se trouva dans la même incertitude que lui, et cette fois elle ne peut s’expliquer que par une incurie vraiment incroyable. 11 ne fallut pas moins, nous l’avons vu, qu’une révélation divine pour retrouver le corps. Enfin on pénétra dans le caveau ; on enleva le grand empereur du trône où il avait siégé pendant trois siècles et demi, et on déposa ses restes sur un catafalque en bois, élevé au milieu de l’église'. Le 27 j uillet 1163, eut lieu la translation définitive des reliques*; mais on ne sait pas au juste où elles reposèrent jusqu'en 1213. A cette époque, elles furent placées, à l’exception du crâne et d’un tibia, dans une châsse d’argent qu'on mit sur l’autel. Par une fatalité qui semble s'être attachée aux dépouilles mortelles de cet homme dont la gloire remplissait le monde, on perdit encore, sans doute vers le seizième siècle ’, le souvenir de ce que contenait cette châsse , dont nous aurons à reparler , et co n’est que de nos jours, en 1843, qu’une découverte inespérée a fait retrouver les ossements de l'empereur dans ce qu’on croyait
1 Thietmari Chrcmicon , IV, 29 ( Pertz, SS. 111,781); Am. Ilildeshdnurues (ib., 92); Am. iMmherli ib., 91); Chrcmicon Novaliciente (Pertz, SS. VII, 10G).
* Pertz, SS. IV, p. 118.
* Pertz, SS. IV, p. 130.
* Annal. Mldcih., citées plus haut.
11 mourut en 1002, i vingt-deux ans, empoisonné, dit-on. Cette légende est racontée poétiquement au début du