I.ES SOURCES
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qui est incontestablement apocryphe ; c’est la lamentation de Charles sur la mort de son neveu Roland ; elle n’a d’autre autorité que celle du Pseudo-Turpin. (Ch. xxv.)
Nous ne mentionnons pas quelques petites poésies, épitaphes, dédicaces ou autres, adressées à Charlemagne ou composées pour lui par les membres de l’École palatine. Nous ne parlerons que d’un morceau épique réellement important, et remarquable d'ailleurs autant par sa valeur littéraire que par les détails curieux qu’il nous donne sur la cour du grand empereur. C’est le poëme, ou plutôt le fragment appelé par le dernier éditeur Charlemagne et le pape Léon, publié pour la première fois par Canisius, mais avec beaucoup plus de soin par M. IJer U 1 * et Conrad Orell 3, attribué par Canisius à Alcuin, par Orell à un certain Helpericus, et par M. Pertz, à l’opinion duquel nous nous rangeons, à Angilbert., surnommé Homère s. Ce |>oëme raconte, avec des circonstances déjà fabuleuses, un événement considérable du règne de Charlemagne ‘, et trace en outre le tableau poétique et vivant d’une de ces grandes chasses que l’empereur aimait tant, et auxquelles prenait part toute sa famille.
Un Irlandais, réfugié comme plusieurs de ses compatriotes à la cour de Charlemagne, a composé en son honneur cinq poëmes, dont le plus important raconte la trahison et la défaite de Tassilon, duc de Bavière * ; ces opuscules sont d’une langue et d’une versification assez bonne, mais n’ont pas grand intérêt historique.
A la même classe que ces poëtes se rattache, en ce qui concerne notre sujet, Ermoldus Nigellus, bien qu'il ait écrit après la mort de Charlemagne; le début de son poëme De Gestis Ludovici pii se rapporte entièrement au père de Louis; et ce n’est pas un des moins intéressants échantillons de cette littérature panégyrique '. Nous mentionnerons encore ici le versificateur connu sous le nom
1 Monument a, SS. Il, p. 393 et suiv. mairie, plutôt qu’à un Helpericus incon-
* Zurich, 1832, in-8°. nu, ce poème évidemment écrit par un
* Le manuscrit porte un nom tracé commensal habituel de l’empereur, et par une main un peu postérieure à sa qui expliquerait en outre le nom d’Hoda te (neuvième ou dixiéme siècle), mais mère donné, à Angilbcrt dans l’École les caractères sont assez effacés pour palatine.
avoir donné lieu aux deux leçons rappor» 4 Voy. notre livre II, ch. xti.
tées ci-dessus. Les raisons de M. Pertz 1 Publié par A. Mai, Auct. dassici,
nous paraissent très-fortes, et nous som- tome V, p. 401 et suiv.
mes, en outre, porté 5 attribuer à Angil- 1 Publié souvent, le mieux dans Pertz,
bert, commensal et gendre de Charle- SS II, p. 467 et suiv.