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334 HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

dans les faubourgs; et les moissons brûlaient dans l’été de l’année 1 4 7 7 1 -

A Valenciennes, il n’était alors question que des courses des bons compagnons sur les Français2 ; les paysans aussi entraient dans la lutte, défendant l'héritage de la « Pucelle », comme les gentilshommes; Allemands et Anglais tenaient garnison à Valenciennes, portant les robes et les parures de la ville3. Ils couraient sur les gens du Quesnoy ; et ceux de France assiégeaient Condé qu’ils incendiaient.

En 1478, des trêves intervenaient entre le roi et le duc d’Autriche4. Mais ces trêves n’empêchaient pas les courses ; les compagnies françaises, boutées dans Arras, surprennent Douai. Alors le roi Louis, n’ayant pas conliance dans les gens d’Arras, les disperse, à Paris, à Tours, à Rouen : on imposait à Arras le nom de Francheville 5. Et l’abbaye de Saint-Waast, la plus notable de la région, était ruinée à ce point qu’il n’y avait plus un religieux pour y chanter une seule messe. « Et estoient leurs cloistres, dortoirs et devotes chapelles pleines des religieux de Mars, des gendarmes et compaignons de guerre, lesquels, en lieux de plains chants notables et a Dieu adreschans, chantoient chansons infâmes et deshonestes et a lui desplaisans, jouoient a dez, a tables, cartes et aultres jeux méchants, et en lieux de saincte lecture, disoient a Dieu injure. »

Et combien de compagnons « François, Bourguignons, Espagnols, Lorrains et Barrois, entremeslés ensemble, et de plusieurs routiers et grands pillards de guerre, tant de cheval que de pied », foulaient les Ardennes 6 !

En 1479, les trêves sont générales entre Français et Bour-

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