‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 134 sur 183 · Faictz et dictz, fol · texte numérisé non relu

Faictz et dictz, fol

2. Voir aussi, à propos de cette princesse, les pièces du ms. fr. igi65, fol. i6v0, 17.

3. Faicts et dictz, 80; manuscrit James de Rothschild, fol. 67; ms. de Tournai io5, fol. 8T0. Je suis ce texte. — Cf. Chronique, t. V, p. 94, à Bruxelles.

JEAN MOLINET RIIETORIQUEUR

illustre enfant Charles d'Austrice (i5oo), le second duc Charles, baptisé à Gand de façon si triomphale et fêté par des illuminations magnifiques et étranges1; l 'arche ducalle 2 (on voit le jeu de mot), c’est-à-dire la maison d’Autriche et de Bourgogne, pièce de circonstance écrite en i5oo; l’arche de paix, autant dire le paradis terrestre, l’étable des agneaux, où Molinet évoquait toute la famille auguste de l’empereur: l’archiduc triomphant3; son cher fils, Charles ; Marguerite, Aliénor et la petite Isabelle. Or Marguerite était sur le point de partir en Savoie4. Au mois d’août, une autre alliance était faite en France entre le duc Charles et Madame Claude. Voilà de grands espoirs de paix, quand les plus grands rois de la chrétienté contractent mariage:

Crions Noël, si faisons de grans feuz !

Enfin, dans le Voyage d’Espaigne 5, Jean Molinet convoquait :

Aux champz, aux champz gentilz bergeronnetz,

Fort mignonnetz, amoureux et gorriers,

Marchez avant, au chant des oyseletz,

Portez vos netz vestemens genteletz,

Vos chapeletz de vaneque et de lauriers;

Postes, courriers, tirez sur les sentiers De tous quartiers et allez au devant Du très illustre et cler soleil levant!

Ces (< gentilz bergeronnetz », ce sont les gens du pays de

1. Faictzel dielz, fol. 8ivo. — Bibl. Nat., ms. fr. 2300 fol. 9 5 ; manuscrit James de Rothschild, fol. 28 : S’ensuit ung dictier du dessudit Molinet pour la nativité du ducq Charles ; autre pièce, fol. 6 8 vo ; ms. de Tournai io5, fol. i3i. Chronique, t. V,

2. Faiclz et dietz, fol. 83. — L’ouvrage fut imprimé admirablement à Valenciennes par Jean de Liège « demorant entre le pont des Ronneaux et le Toucquet du leu devant le soleil » (Bibl. Nat., Réserve, Y® 1077, exemplaire unique). Ms. de Tournai io5, fol. i3oT0 Cimage de l'arche de paix qui est figurée comme l’arche de Noé).

3. On lit dans le compte de i5oi (Arch. du Nord B. 2174) que l’archiduc Philippe manda de faire payer 3o 1. à Jean Molinet « en considération de ce que, présentement, il nous a présenté en don ung livre qu’il a fait et composé a nostre louenge ». — 4. Chronique, t. V, p. i52.

5. Bibl. Nat., ms. fr. igi65, fol. 1. Cf. Chronique, t. V, p. 168 (le départ est de i5oi, la pièce date de i5o3). S. Leboucq, ms. de Valenciennes 672, fol. 266.

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

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]• rance, comme ils avaient paru dans la danse nouvelle en manière de momerie, donnée en i5oi à l’occasion du mariage de Charles d Autriche avec Madame Claude de France1; le clair soleil symbolise l'archiduc dont nous voyons le blason dessiné sur le manuscrit qui nous a conservé cette pièce et les planètes désignent les personnes de sa maison2. Sans doute, nous avons ici le schéma d une fête donnée à l’occasion de son retour, et dont Molinet a esquissé, comme il l’a fait tant de fois, le programme.

L Epitaphe de Madame Ysabeau de Castille 3 (26 novembre t 5o4) est naturellement consacrée à la louange de la reine catholique:

Ung cueur viril en très illustre dame.

Mais l’inconscience du temps et la faiblesse de l’intellect de Molinet sont marqués en des vers regrettables à propos des juifs et des Maures :

Aucuns en fist brusler pour tout potage

Et les rotist ainsi que charbonnées:

A telz reliefz n’y a point grans données 1

Or des obsèques solennelles venaient d’êtres faites à la reine catholique dans la ville de Bruxelles4.

Jean Molinet suivant l’office d’Isabelle la catholique, incliné devant l’efligie de cire qui remplaçait la reine sur la bière ouverte, dans 1 église de Sainte-Gudule, tendue de draps noirs et de draps d’or, tandis que Philippe5, fils de Maximi-

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