Cette remarque a déjà été faite par Gaston Paris, p
ARNOUL GREBAN
Testament, le Mystère de la Passion est une œuvre parisienne par excellence. Car le maître ès arts qui la composa, « a la requeste d’aucuns de Paris1 », répondait aux vœux d'une population qui a toujours été avide de spectacles; et son œuvre n'a pu naître que dans un grand centre, capable de lui fournir les 220 personnages qui remplissaient les épisodes de son drame, une population nombreuse qui devait en écouter les quatre journées si pleines d’événements. Comme Villon, c’est à Paris que Greban connut ce qu’on peut appeler le succès. Car, avant 1 4v3 , « ceulx de Paris » avaient déjà joué sa Passion à trois reprises 2.
Entre i45o et 1 4 3 5 , maître Arnoul Greban devait demeurer attaché à Notre-Dame, comme organiste, et diriger la maîtrise des enfants de chœur3. Au cours de l’année 1 455 , il se rendit vers Charles d’Anjou, comte du Maine, frère de René, roi de Sicile, et beau-frère du roi Charles VII, dans bien des circonstances, un vice-roi V
Charles, comte du Maine, dut réserver à Arnoul Greban un accueil que lui méritaient son grand talent et aussi son origine. Car nous savons que ce seigneur aimait beaucoup les livres, qu’il appréciait les « belles doctrines, et mist grant peine a les acquérir5 ». Après le roi, au dire de Chastellain, c'était l'homme qui « volait de la plus haute esle ». Il se gouvernait avec sagesse et l’on vantait son éloquence, sa générosité. Le comte du Maine se montrait épris de nouveautés ; ainsi on le vit, aux fêtes de Nancy, organiser, pour la première fois à la cour de France, des joutes et des réjouissances à l'instar de la maison de Bourgogne. Le roi René, vers 1 45 1 , lui avait dédié son Livre des tournois « pour le plaisir, disait-il, que je congnois de pieça que prenez a veoir
2. Note du manuscrit de la Bibl. Nat., ms. fr. 8 1 6 (éd. G. Paris et G. Raynaud,