‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 162 sur 183 · Les noires ( Ibid · texte numérisé non relu

Les noires ( Ibid

б. Traveillés (/fud.)

4 1 4 HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Et trote et trace 1 en hault et bas estage :

Service a court n’est pas vray héritage...

Devant voz huyz povres gens ayans faim,

Couchans sur fain, quierent pain et lardons2.

Nous ne povons, ne meshuy ne demain,

Tendre la main a frere n’a germain,

Pour l’inhumain brasier ou nous ardons.

Nous attendons grâce, mercy et pardons3,

Et par voz dons estre en vray repos mys :

Au grand besoing voit on ses grans 4 amys !...

C’est vrai que les défunts du Purgatoire réclamaient aux passants, sur les biens qu’ils leur avaient laissés, des messes, des oraisons, les sept Psaumes et les Vigiles des morts. Dans ces accents de Jean Molinet, il y a comme un souvenir des vers de Villon.

Toute une littérature funèbre se développa alors sur ce thème macabre5. Mais il se peut aussi qu’un événement contemporain, qui a frappé Molinet, ait inspiré cette pièce6.

Car au temps où Maximilien conquérait la Hongrie, Molinet, son indiciaire, était préoccupé par l’histoire d’un jeune lils de vingt-deux ans, Lucquet, habitant d’un village voisin de Valenciennes, garçon fort paisible à qui sa mère, enterrée au cimetière de Saint-Wast de Valenciennes depuis plusieurs années, apparut. Lucquet rapporta son histoire au clerc de l’église. Car sa mère lui avait fait signe qu elle voulait lui parler; elle lui avait dit l'horrible et intolérable tourment des peines du purgatoire qu elle endurait depuis sept ans, qu elle était seulement tirée de cet « angoisseux travail » par les prières, les jeûnes et les aumônes de personnes

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