‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 65 sur 183 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE

Or certains de ces pêcheurs en eau trouble, responsables des maux qui viennent au bien public, ceux-là qui provoquent les guerres, les disputes, les mauvais rapports, n’avaient pas été trop contents de l’allégorie de Bande. La sotie pouvait être à la louange du roi : mais la peinture était trop directe pour que certains ne se reconnussent pas dans les herbes et les gravois qui s’opposaient au cours de la rivière de justice. Cependant Baude n'avait censuré que des vices, et d’une façon très générale. Pour prouver son bon droit, il envoyait au prince la copie de sa moralité.

Oh ! il le savait bien : si on le traitait avec tant de rigueur, c’est qu’on n’ignorait pas qu’il était originaire du Bourbonnais. Mais le prince et la cour de Parlement sont les gardes et les protecteurs du royaume (comme les cent sénateurs de Borne); et le duc de Bourbon devait être un autre Pompée,

Pour contraindre les transgresseurs,

Et pour ce portez vous l’espée...

Ainsi Baude se tournait habilement, et anxieusement, vers son prince, pour la seconde fois. Car, d’une promesse donnée verbalement, il y avait déjà longtemps, Baude n’avait vu rien venir1. Il la comparait à la « ceinture de Bourbon » (c’est-à-dire à l'emblème de sa maison sur lequel se lisait la devise : Espérance), mais à une ceinture sans boucle, autant dire inutilisable2. Ce qui n’empêchait pas, gracieusement, notre poète de prier Dieu pour le prometteur, de lui faire rappel

De la promesse dessus dicte,

Pour demourer vers Baude quicte.

Ce que furent les liens de Henri Baude avec le Bourbon-

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