Bibl. Nat., Carrés d’Hozier
HISTOIRE POÉTIQUE DU XVe SIECLE
Cadier était en ce temps-là maître des Comptes. Et, plus près de Bande, on trouvait un Jean Cadier; Michel Cadier, procureur au Parlement avant 1 484 ; Charles Cadier, licencié en lois en 1 464 , archidiacre de Troyes en 1467, et qui fut nommé conseiller aux Aides après île remarquables péripéties. Car les conseillers généraux ayant refusé les lettres royales qui 1 instituaient, il en avait obtenu d’autres pour les présidents qui les refusèrent également, à l’exception de Bezon qui prétendit introduire de force son candidat. Cadier, luttant avec les huissiers, fut arreté : Bezon fut pris entre deux portes, au milieu des procureurs et des avocats, car ce beau tumulte eut lieu au cours d’une plaidoirie1!
Or, ce Charles Cadier avait pour mère Denise Baguier, la mère de 1 évêque de Troyes, président de la Chambre des Aides, d une famille d’officiers de finances que Villon connaissait bien, et Baude mieux encore. Et ces Cadier étaient apparentés aux Befuge, d’une famille de maîtres des Comptes, aux Anjorrant, d’une famille d’avocats au Parlement. Charles Cadier, autant que nous le montrent certains documents, était un homme d'une réputation douteuse2. Un peu avant la fête des Bois de l’année 1472, il avait été blasonné par les Basochiens et il avait dû entamer une action contre Pierre d’Appoigny, clerc du procureur Laurens, qui l’avait proclamé <( corretier et fourrier d’amour du roy de la Bazoche, qui est à dire maquereau3 ». Emprisonné à la Conciergerie, Pierre d’Appoigny dut payer pour cette parole une amende de 100 s.4. Ce Charles, qui s’était signalé dans sa jeunesse,
1. Arch. Nat., Xia 48ii, fol. 56, 9 février i46g, n. 6t.; Arch. Nat., Xia 83ii 7 avril 1 46g.
2. On voit que, le 4 juillet 1 4 6 4 , il est poursuivi pour avoir insulté Matenot, le promoteur, pour lui avoir dit qu’il soutenait une femme mariée. N’ayant pas voulu lui présenter d’excuses, il fut emprisonné. Il élit alors domicile dans la maison de sa mère, la Raguière (Arch. Nat., Z103) ; quelques jours auparavant il s’était battu à coups de pierre avec un nommé Guiot Le Sueur (/6id., 16 juillet 1 464).