‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 73 sur 183 · Ibid., fol · texte numérisé non relu

Ibid., fol

deur infortune, lin basochien victime des gens de loi. Il a été un observateur et un censeur de son temps, un vrai bourgeois qui a dit son mot de politique à propos des grands événements qu'il a vus. Et il faut avouer qu'il a été particulièrement bien placé pour le faire, puisque, après une fugue pour suivre le dauphin Louis, Baude demeura un fidèle serviteur de Charles VII; et il a traversé le règne de Louis XI, vu la révolte des princes qui suivit la mort du grand autoritaire, observé la régence et l'avènement du roi Charles VIII.

Louis XI a-t-il gardé rancune à son serviteur qui l'avait simplement lâché durant ses tribulations P On ne voit pas, du moins, qu'il l’ait destitué; et il semble même qu'au moment de ses grands ennuis, Baude se soit tourné, sans succès d’ailleurs, vers son ancien compagnon 1 :

Souvieigne vous, ce dit Baude, de moy.

— Bien m’en souvient, ce luy respond le roy.

— Mais de quoy sert sans effect souvenir?

Autant vauldroit promettre et riens tenir,

L’un vault l’aultre, différence n’y voy.

Dans un autre rondeau, Baude disait encore2 :

Baude, que pence tu ? — J’escoute.

— Et quoy? — S’il cherra quelque goûte...

— De quoy ? — De la gresse de court.

— Tu pers temps; on la tient si court

Que l’on ne sçait ou l’on la boute.

Tout cela sans grande amertume. Car il est le bon limier qui ne varie pas, dira-t-il, et qui n’abandonne pas sa piste3; il se nomme le bon « chien baude » qui aimera par-dessus tout buissonner dans le taillis 4.

Du temps de Louis XI, on peut encore dater l’admirable ballade5 qui fait parler Antoine de Chabannes, comte de

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